
PAM, la machine infernale pour orienter les jeunes collégiens
Février, mars, le printemps revient, la renaissance est proche. Dans les collèges, le deuxième trimestre se termine. Les conseillers d'orientation psychologues (« copsy ») sortent des centres d'information et d'orientation (CIO) et migrent dans les classes de troisième pour une ou deux heures d'information. Les professeurs principaux sont chargés de recueillir les vœux des élèves et de leur famille.
« Vous avez le choix après la troisième : soit vous souhaitez poursuivre vos études, soit vous souhaitez entrer dans la vie active rapidement. Dans le premier cas, vous irez en seconde au lycée général, dans le second cas, vous allez dans la voie professionnelle », explique la conseillère d'orientation psychologue. « Ceux qui en ont assez de l'école, choisissez la seconde solution, vous pourrez passer un CAP ou un BEP et entrer dans la vie active ou poursuivre en bac pro ».
Ils sont fils de prolos ou d'employés, ils le resteront.
L'intelligence de la main. Il n'y a pas de honte. Quand tu es nul à l'école, on te propose d'entrer très vite sur le marché du travail, de devenir un actif. Actif : personne qui travaille ou qui en cherche ! Dans certaines formations, tu peux chercher du boulot, parfois longtemps et souvent pas celui pour lequel tu as été formé.
15 ans, 16 ans les rêves des gamins se sont envolés, certains savent depuis longtemps qu'ils n'ont pas franchi les étapes de la sélection. Option grec, ou une troisième langue ou même japonais pour être dans un bon lycée chic, blanchi grâce à la sélection sociale.
La question ne se pose pas. Ils sont fils de prolos ou d'employés, ils le resteront. Les statistiques bordel, on n'y peut rien. La machine infernale. Il faut de tout dans une République, même des parias ! On ne va quand même pas baisser le niveau et organiser des sorties culturelles dans le pays magique de Disney avec Sarkozy.
Rêves évanouis, enfouis : pompiers, pilote d'avion, prof, infirmière, fonctionnaire… Que leur reste-t-il ? Aux garçons, Zidane. Aux filles, la Star ac.
« Un logiciel nommé PAM décidera seul de votre affectation »
« Donc », continue la copsy, « vous remplissez la fiche bleue. » :
« Vous avez quatre voeux à formuler (la section et le lycée), puis cette fiche navette sera étudiée par les professeurs au conseil de classe, qui émettront un avis en fonction de vos voeux et de vos résultats : favorable ou défavorable.“Retour dans les familles puis saisie des souhaits et des notes dans un logiciel nommé PAM [procédure d'affectation multivoeux, ndlr], et lui seul décidera de votre affectation ! Courant juin, vous recevrez un courrier qui indiquera dans quel établissement vous inscrire.”
Fais le bon choix si tu peux ! Fiche navette : famille, école, famille, école et… PAM ! Au turbin ! T'avais qu'à bosser en classe ou connaître les règles du système. Egalité des chances.
“Mais tu sais bien que l'orientation c'est de la gestion de flux”, me rappelait un collègue qui connait bien la question.
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De Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
20H39 | 31/05/2008 |
Ca n'a rien de nouveau en somme. L'éducation nationale fonctionnait déjà de cette façon dans les années 70. Vous voulez dire que rien n'a changé ?
Est-ce un mal quand on sait et qu'on voit que beaucoup de jeunes sont hissés vers la 3è ou la seconde sans aucune appétence ni adéquation avec le cursus général.
En réalité même en Bac Pro ou en BTS, nombreux sont ceux qui échouent faute de capacités ou faute de goût pour les études. Et ne devrions-nous pas parler de ceux qu'on diplôme pour alimenter les statistiques, qu'on retrouve sur le marché du travail incapables d'exercer le métier vers lequel ils se sont dirigés, ou ils ont été dirigés ?
Je vis en ce moment le cas avec un stagiaire BTS en action commerciale qui n'a de toute évidence et de son propre aveu pas le niveau et un dégoût profond du métier.
à Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
De papy55
prof. en province | 10H18 | 01/06/2008 |
Peut-être que, dans une certaine mesure l'EN fonctionnait déjà de cette façon dans les années 70, mais sans les logiciels du type « PAM » (lesquels pourraient peut-être facilement adaptés à la circulation des trains ! ) qui n'ont d'autres buts que remplir et saturer des « sections » (BEP, Bac Pro, BTS,…) dont-on veut réduire le nombre par seule logique comptable.
Que des jeunes n'aient aucun goût pour les spécialités professionnelles dans lesquelles ils se retrouvent ne m'étonne pas, mais cet aspect a toujours existé, dans l'entourage professionnel, on a toujours des exemples de parcours atypiques, mais il y avait plus d'opportunités pour changer ! A l'inverse, combien de personnes au départ n'ont pas à priori, d'affinités avec le secteur dans lequel ils arrivent et deviennent ensuite très performants voire « passionnés » !
N'oublions pas également que la scolarité prolongée a beaucoup « servi » de tampon pour retarder l'entrée du plus grand nombre sur le marché du travail, ce « barrage de rétention » déborde maintenant (les stagiaires peu ou pas rémunérés n'arrivent même pas à trouver « preneur »)
Pour ce qui concerne, les capacités des « étudiants », je crois que les réformes « successives » de toutes ces formations, au prétexte de modernité et d'efficacité (plutôt d'efficience pour employer un terme à la mode)n'ont pas arrangé les choses !
De Desiderio
20H43 | 31/05/2008 |
La voie professionnelle n'est pas la voie directe vers la vie active. Quand on parle d'orientation vers la vie active en fin de 3e, c'est si le jeune a plus de 16 ans (fin de la scolarité obligatoire) et s'il se destine à l'apprentissage via un CFA pour préparer un BEP-CAP s'il se trouve un patron pour l'accepter. En revanche, une orientation en seconde professionnelle (donc BEP-CAP), cela conduit ensuite soit vers un bac pro, soit vers une 1re d'adaptation. Les bacs pros seront l'an prochain alignés sur 3 ans (et non plus 4, en comptant le BEP au bout de 2 ans), ce qui signifie qu'il ne s'agit plus du tout d'études courtes. La 1re d'adaptation conduit à un bac STI ou STG ou SMS dont la suite évidente est un BTS en 2 ou 3 ans. Toujours pas d'études courtes. Une minorité d'élèves des sections professionnelles de l'EN (donc hors apprentissage) poursuivent aujourd'hui au niveau du bac technologique ou professionnel (environ 40 % d'entre eux), mais la réforme en cours de l'enseignement professionnel est de faire monter ce chiffre et le principe des études courtes n'existera plus dès l'an prochain, puisque si le BEP existera encore comme niveau de qualification, comme diplôme, il ne sera plus du tout une filière avec arrêt des études ensuite (ce qu'il n'était déjà plus en partie depuis longtemps). On ment aux élèves aujourd'hui si on leur dit qu'ils peuvent s'arrêter au BEP-CAP, la volonté européenne est de faire monter 50 % d'une tranche d'âge à un niveau bac+2 (BTS-DUT-DEUG-STS) et on fait monter pour cela les plus faibles vers le bac pro ou technologique, malgré le fort taux d'échec ensuite. Si on dit à quelqu'un qu'il peut s'arrêter aujourd'hui au niveau du BEP-CAP, il sera fortement déclassé dans les années qui viennent, vu la réforme en cours.
à Desiderio
De Dan Lemille
(auteur)
Sous prof | 17H00 | 01/06/2008 |
Je ne partage pas totalement votre analyse. A la rentrée 2009, les élèves ne pourront avoir comme « choix » en fin de 3ème que le CAP ou le bac pro 3ans. Après le CAP aucune passerelle n'est pas prévu et ni même possible compte tenu des programmes et des modalités d'évaluation(ccf). De plus, connaissez-vous beaucoup d'élèves de bacs pros qui accèdent au BTS même ceux qui ont un bac 3 ans ne sont souvent pas acceptés ? Et parmi ceux qui y accèdent combien réussissent ? Enfin pour ce qui de l'orientation en technologique, il n'existe plus ou pratiquement de 1ère d'adaptation. Mais si vous avez des chiffres je suis preneur.
Enfin la réforme des LP qui est mise en place à marche forcée grâce à quelques syndicats ne visent qu'à réduire le nombre des les postes de profs (1/4 au moins) à introduire l'apprentissage. Si le souhait du ministre était d'amener des élèves à un niveau de qualification plus élevé, il conserverait le BEP qui est une rampe d'accès au bac pro en 2 ans, il mettrait en place des des bacs pro 3ans pour ceux qui peuvent suivre, et permettrait aux élèves sortant de cap d'avoir des formations complémentaires.
Le système a besoin de souplesse.
à Dan Lemille
De Desiderio
22H21 | 01/06/2008 |
Non. Il y a plusieurs choix possibles en fin de 3e : redoublement (de plus en plus exclu), vie active (donc CFA ou rien), seconde générale et indifférenciée ou professionnelle. On ne se prononce pas sur le choix des établissements du privé, mais sur le niveau et vie active peut vouloir dire poursuite d'études en Greta, CFA ou même avec reprise de l'élève par un établissement catholique. Cela ne veut pas dire voie professionnelle en LP de l'EN.
Il va exister encore des CAP et des BEP 2 ans sans bac pro à la sortie, tout comme il existe toujours des CAP 3 ans comme il y a vingt ans dans des filières très très spécifiques. Mais je rappelle qu'un élève passant le BEP 2ans passe dans le même temps un CAP ! Même si les CAP résiduels se font sur le mode du CCF et les BEP sur le mode de l'examen terminal et du CCF pour certaines matières. Pour l'instant, c'est un peu le foutoir entre les sections restant en 2+2 et les sections devenant en 3 ans. Plus les différents types de CAP-BEP.
Pour les premières d'insertion, elles existent, mais on a du mal à les remplir en lycée général, et on se retrouve en fait avec souvent des élèves qui ont été refusés en bac pro parce qu'ils posaient des problèmes de comportement. Elles sont juste à la limite de la fermeture la plupart du temps vu le manque d'effectif, mais cela a été une des voies de promotion il y a des années.
Ensuite, pour la poursuite des bacs pros en BTS, je suis comme vous et je crie au casse-cou ! Mais c'est la volonté du gouvernement actuel, malgré le taux record d'échec en première année de supérieur (près de 98 %) de cette population. A son origine, le bac pro devait être un diplôme de fin d'études à vocation d'insertion rapide dans le monde du travail et il est devenu comme les bacs généraux et technologiques le droit d'entrée à l'université ou aux études supérieures. Si bien qu'on fait disparaître le BEP (comme avant le CAP) sur le papier, afin de promouvoir un bac pro qui sera censé satisfaire des objectifs statistiques. On est en train de mettre en place une usine à gaz d'où ne ressortira que beaucoup d'échecs et de ressentiments.
Mais ce qui serait plus intéressant, ce serait de vous entendre sur les nouveaux programmes de lettres-histoire qui me sont apparus comme d'une inspiration éminemment sarkozyenne dans les intitulés et les questionnements. Là, il y a de la matière… Au lieu de dauber sans arrêt les profs de collège-lycée.
à Desiderio
De Dan Lemille
(auteur)
Sous prof | 07H18 | 02/06/2008 |
J'aimerais connaitre vos sources.Sur les questions de l'apprentissage, il y a aussi beaucoup à dire et l'enseignement privé ce n'est pas que l'enseignement catholique, mais ne vous inquiétez pas on y reviendra.
Je comprends que vous soyez agacé par ce qui est dit sur les collèges mais il faut se rendre à l'évidence, il s'agit du « maillon faible » du système éducatif.
Il est évident que si le gouvernement ne change pas grand chose c'est que cela correspond à sa vision de l'école. Difficile de développer dans un commentaire.
Si vous avez enseigné en LP, vous savez tout cela, il est difficile de sortir de son moule surtout pour les enseignants qui sont en fait ceux qui ont réussi dans le système de sélection, difficile donc de le remettre en cause.
En ce qui concerne les nouveaux programmes des bacs pro 3 ans, il y a beaucoup à dire, de là à savoir s'ils sont d'inspiration sarkozyenne ou tout simplement bâclés… Ceux des CAP sont passionnants au regard des enseignants.
De A.V.
tamagotchi89 | 20H47 | 31/05/2008 |
Au deuxième trimestre, les élèves de troisième font leurs vœux d'orientation. Le conseil de classe, qui se réunit pour examiner les résultats scolaires, émet un premier avis sur ces vœux.
Puis, au troisième trimestre, les élèves expriment leurs trois vœux définitifs (c'est magique) correspondant à trois choix d'orientation par ordre de préférence, et le PAM entre en action.
« Je veux voyager loin. »
« Je veux découvrir les étoiles. »
« Je veux abolir les frontières. »
Le PAM a affecté l'élève Louchard au transport routier.
De caro
délinquante avérée | 21H27 | 31/05/2008 |
Tout à fait d'accord avec Desiderio.
Si le jeune n'a pas 16 ans, pas de CAP/BEP en apprentissage. Il reste des classes adaptées où ils pourront faire des stages quasiment tout au long de l'année, histoire de « choisir » leur futur domaine professionnel, ou les CAP/BEP via l'Education Nationale.
Bien souvent, les jeunes ne choisissent pas. J'ai compris maintenant que le PAM les envoyait où il y avait de la place.
Et c'est comme ça qu'arrivent dans les missions locales (tant qu'elles existent et s'ils le veulent bien) des jeunes cassés et écoeurés, ne sachant plus ce qu'ils veulent et ce qu'ils peuvent devenir.
Supprimer les CAP/BEP est une catastrophe. Bien peu de jeunes arrivera au bac pro et la grande majorité va se retrouver, par force, sur le marché du travail, sans diplôme, taillables et corvéables à merci.
Le patronnat prend le relai, avec l'aide de la Région. Une entreprise (dans n'importe quel domaine) peut proposer des formations « à leur main », avec délivrance, au moins, d'un Certificat de Qualification Professionnelle, valable dans la branche. Ca coûte rien à l'Etat et ça fait de bons petits soldats.
PAM, c'est pas Pour un Avenir Médiocre ?
De Lohiel
non-officiel89.forumactif.net | 21H55 | 31/05/2008 |
Pour une fois, un petit copier-coller vaut mieux qu'un long discours
____________________________
Nous, on veut vivre
écrit le 19/05/08 à 15 : 51 : 21
Mouvement lycéen printemps 2008 - Grenoble
Jeudi 15 Mai 2008, Grenoble : le centre-ville est le théâtre de plusieurs heures d'affrontements entre quelques milliers de manifestants et les forces de l'ordre. Manifestations sauvages à répétition, lancer de canettes, de pommes pourries, ou de caillasses d'un côté, contre flashballs et grenades lacrymogènes à outrance (plus de 250 tirées dans la journée) de l'autre. L'énergie, l'entêtement et l'endurance des manifestants ont marqué les esprits et notamment ceux des tenants de l'ordre établi, qu'ils soient policiers, journalistes ou syndicalistes. Et de s'indigner plus ou moins ouvertement contre « ces pratiques qui ne mènent à rien », cette « routine des affrontements », de stigmatiser des « militants anarcho-libertaires manipulateurs ». Avec, au bout, toujours les même questions : « mais pourquoi vous faites ça ? » ; « qu'est-ce que vous voulez ? ».
Ce qu'on veut ?
Nous, on veut pas finir policier.
Lors de la dernière manif » lycéenne, Jean-Claude Borel-Garin, directeur départemental de la sécurité publique et commissaire central de Grenoble, a fait la morale aux manifestants pour leur expliquer comment réaliser une manif » « réussie ». C'est normal, il s'y connaît : c'est un homme qui a tout « réussi ». Ancien numéro 2 du Raid, il vient d'être nommé « contrôleur général », un des plus hauts grades de la Police. Ayant grandi dans la cité ouvrière et populaire de Jean Macé, parmi les pauvres ; il est maintenant bien installé parmi les dominants, habitant une maison chic dans les hauteurs embourgeoisées de Corenc. On comprend donc tout l'intérêt qu'il a à ce que les manifs soient « réussies », c'est-à-dire inoffensives pour les dominants.
Sans doute un modèle pour Amin Boutaghane, directeur des Renseignements Généraux de l'Isère et chevalier de la Légion d'honneur, ou Dorothée Celard, 26 ans et Commissaire-adjoint de sécurité-proximité de Grenoble à la tête de 400 policiers.
Ces différents exemples de « réussite » nous font vomir. Une vie passée à la défense de l'ordre établi, de l'Etat et des dominants. Une vie à ficher, interpeller, réprimer les pauvres, les fouilles-merdes, les pas normaux, les engagées, les enragés. Merci, très peu pour nous.
Nous, on ne veut ni de piscine à Meylan, ni de Légion d'honneur, ni de salaires mirobolants. Nous ne cherchons pas à avoir une vie « réussie » mais à réfléchir à comment la vie pourrait valoir le coup d'être vécue.
Nous, on veut pas finir au Daubé (ni à Libé).
Le Daubé, qui ajoute ses notes au concert médiatique nauséabond sur les « évènements » de mai 68, mais qui dénigre la page d'après les manifestations de colère actuelles.
Le Daubé qui ne manque jamais d'enthousiasme et d'entrain pour relater telle inauguration, tel match de rugby, tel débat chiant à mourir. Mais qui à propos des manifestations sauvages parle, avec dédain, de « routine ».
Non, ce n'est pas ça la routine. La routine, c'est le travail quotidien des Denis Masliah ou Vanessa Laime, « journalistes » au Daubé en faits divers. Être obligé de se torturer l'esprit pour trouver quelques traits d'humour afin d'agrémenter les informations brutes - jamais vérifiées - de la Police ; voilà bien un triste métier. On comprend dès lors qu'ils méprisent celles et ceux qui tentent de sortir d'une routine, de vivre intensément.
La routine, c'est aussi « Grenews », dernier rejeton du Daubé, qui court après les « jeunes qui bougent » qu'ils soient footeux, artistes ou contestataires pour tenter de grappiller de nouveaux lecteurs et ainsi satisfaire les publicitaires. Vendre du temps de cerveau disponible à Ikea, Renault, ou au Summum, voilà toute l'ambition politique du Daubé.
La routine, c'est l'inverse de ce que devrait faire des journalistes. Un travail d'enquêtes et d'investigations pétri d'esprit critique bien loin de la production de lèche-cul-des-autorités du Daubé. Nous, on a soif de véritables informations. On veut comprendre le monde dans lequel on vit. Pas celui des élites, le vrai.
Nous, on veut pas finir à la CGT.
Quelle tristesse que le spectacle de ces cortèges mous, transpirant la certitude d'être entrain de tout perdre. Quelle désolation que de s'apercevoir que les intérêts du pouvoir et des responsables syndicaux sont liés ; et qu'ils s'entendent très bien pour ne pas faire déborder les luttes des cadres établis, pour qu'elles ne remettent pas trop en cause le système. Quelle consternation que de voir les ex-responsables syndicaux lycéens ou étudiants rejoindre les structures du pouvoir (par exemple, au niveau local, Laure Masson et Hélène Vincent, anciennes responsables de l'Unef, aujourd'hui adjointes au maire de Grenoble).
Nous, on veut pas, dans 20 ans, se retrouver à défiler pour s'indigner contre le passage à 53 années et demi de cotisations, puis remballer nos autocollants et banderoles deux manifs plus tard, après que nos dirigeants aient obtenu des « garanties » du gouvernement. Nous, si l'on sort dans la rue, c'est parce que l'on étouffe dans les règles et normes de cette société ; et qu'on veut la changer, ici et maintenant.
« Discours, merguez et traditions. Elle est pour quand, la révolution ? »
N'en déplaise à ceux qui aimeraient bien nous catégoriser (« jeunes radicaux », « révolutionnaires », « anarcho-libertaires », « ultra-gauchistes », « casseurs », « adolescents attardés », « totos »….), nous ne rentrons pas dans des cases. Différents, multiples, non réductibles à une appellation, nous sommes unis par le refus de la fatalité et la volonté d'essayer d'ouvrir des possibles, loin des trottoirs battus.
Pas naïfs pour autant, nous sommes bien conscients que coincés entre la BAC et le Bac, ce mouvement-ci va peut-être mourir petit-à-petit. Mais ce sera pour mieux revenir plus tard. « Back dans les bacs ».
Avec toujours la même volonté de relancer l'économiste le plus loin possible et de libérer nos vies du culte du fric, de la marchandise, et de la nouvelle-réalité--mondiale-à-laquelle-il-faut-s'adapter.
Avec toujours la même volonté de résister avant que les dernières « innovations » technologiques (vidéosurveillance, biométrie, puces implantables sous la peau, drônes…) rendent suicidaires toute opposition au pouvoir.
Nous on a des rêves
De grèves sans trêves où l'on trouve du groove
D'instants intenses dépassant les interdits installés
Face à la morne mélancolie, on veut remplir nos vies de poésie
Même dans les tracts et pouvoir aux bas mots
Casser la barack, comme Obama.
Nous avons toute la vie pour ne pas nous contenter de notre sort
Nous aurons toute la mort pour ne pas avoir de remords
Nous, on veut vivre.
Premiers signataires :
Association « Place de Verdun : J'y suis, j'y reste » ; groupe « La Rue Kinousappartient » ; A l'Attac 38 ; Solidarité Bande de Gazage ; Union « Touche pas à ma rue » ; Comité pour un gazage sans OGM ; mouvement « Guerre sociale et amour fou » ; comité « Passe sur la BAC d'abord » ; club « GF 38 » (Gazs vs Fumigènes 38) ; Michel et Olivier (Derniers Poilus de la Bataille de Verdun) ; parti NPA (Noix et Pommes Avariées), Michael scofield de Prison Break, union syndicale CRS (Citron, Rage et Sérum phy) ; groupe-Facebook « Salut, ça gaze ? “, collectif unitaire ‘Un jour, j'irai au Rectorat avec toi…’ ; Ligue des Droits des Pommes, Association ‘Arrêté, crie ton nom’ (ACTN), Réseau FTC (Fous Ta Cagoule), FIDL Gastro, Front de Libération des Rues, fan-club de Magali Coppere…
http://grenoble.indymedia.org/index.php ? page=article&filtre=1&droiteA=1&…
à Lohiel
De caro
délinquante avérée | 22H21 | 31/05/2008 |
merci Lohiel d'avoir copié ce texte : -)
Quelques petites « traductions » pour qu'il soit plus compréhensible :
« Nous, on ne veut ni de piscine à Meylan,… » Meylan, LA banlieue bourge de référence
« Nous, on veut pas finir au Daubé “ Daubé = Dauphiné Libéré, presse régionale, groupe Dassault (scopress)
Bonne lecture. Ils sont bons, ces petits …
à Lohiel
De kawouede
11H58 | 01/06/2008 |
En effet y a de l'espoir ! mais combien représentent-ils dans leur génération ?
De m a i a
aquoiboniste | 21H58 | 31/05/2008 |
Conseil de classe des 1ère année de BEP Vente, il est déja 19h30…
- Proviseur : Abordons le cas de Guillaume.
- Prof de vente : Ah… Guillaume… sera jamais vendeur çui là.
- CPE : c'est étonnant qu'il parvienne à avoir 12 de moyenne en vente, tout de même, et le reste n'est pas déshonorant… Bon de toutes façons, il veut faire boulangerie, il cherche un stage pour juin.
- Prof de vente : S'il veut faire boulangerie, c'est dans le pétrin, hein, pas en face des clients, mouahahaha.
Bon ben alors ça règle le problème hein, il ne peut pas passer en terminale s'il ne valide pas un stage de vente !
- CPE : Ah ben si, erreur ! C'est à nous de le suivre dans ses voeux d'orientation, et l'an prochain, s'il par malheur il n'a pas trouvé d'apprentissage en boulangerie (ben oui c'est trop tard dans l'éduc nat, il y avait un entretien en mars, il aurait fallu qu'il ait déja choisi), eh bien ce sera à nous de lui faire récupérer ses semaines de stage.
- Prof principal : Ah non, moi je m'en occupe pas l'an prochain, hors de question, il est pas fait pour la vente, il ne sait pas se présenter, il a pas une tête de vendeur !
- Proviseur : On met quoi comme appréciation pour le trimestre ?
- CPE : faut être honnête, il a 11,28 de moyenne générale…
- Proviseur : Ok alors passage en terminale, de toutes façons c'est un cycle, il peut exiger de passer…
- CPE : bon ben machin (prof principal), il faut appeler la famille tout de même pour cette réorientation… Je veux bien la recevoir avec toi…
- Prof principal : Ben pour quoi faire ? ? ?
- CPE : ben tu sais, il y a un dossier à remplir et à saisir avant le 11 juin, il nous faut l'accord de la famille, faire des voeux, comme pour un sortant de 3ème…
- Prof principal : là ! ! ! la semaine prochaine ? ? ? ben on n'a qu'à lui faire, son dossier PAM !
- CPE : bien sûr oui, et tu vas signer pour la mère ptet ?
En plus cette année, c'est plus PAM, c'est AFFELNET, joli non ?
- Proviseur : Monsieur Machin, vous prendrez rdv avec la maman pour le dossier bidule là, et on verra ensuite…
Allez on passe à Gwladys…
…
Eh oui, même quand ils ont choisi une voie « courte », ils sont jeunes et changent parfois d'avis…
La moulinette PAM (pim pam poum) s'est transformée en AFFELNET (ça doit faire plus sérieux, plus éduc nat…), mais reste encore une bonne broyeuse à voeux, avec un système de points, de barêmes, de priorités etc.
Nos élèves vivent ça en fin de troisième, éventuellement en fin de seconde (professionnelle ou non), en fin de BEP… A chaque étape, on doit faire « mouliner » le bidule qui nous crache des listes principales faméliques, des listes d'attente immenses… et je pense aussi à ceux qui ne sont pas recrachés par la moulinette, autrement dit : non affectés, refusés.
Ils vont où, ces gamins de 3ème ?
Eh bien les familles hurlent ou pleurent au télephone, vendent leur gamin à chaque oreille qui se laisse attendrir, des gamins seuls viennent au lycée pour trouver une place « là où il en reste », en oubliant leur souhait d'avenir si fragile…
Sauf que les classes sont pleines, surtout en ZEP, le redoublement de la troisième ne réjouit pas le collège et souvent, quand on voit les bulletins, on comprend !
Durant tout septembre, on va les voir passer, leurs photocopies de bulletins sous le bras, et leur lettre expliquant que la comptabilité est leur rêve depuis tout petit…
Ensuite, il n'aurons plus leur dossier sous le bras, et zoneront en attendant les copains…
Et des fois, on ne les voit plus, ils retournent zoner dans le quartier…
Et après ?
à m a i a
De raleuse13
idéaliste ? oui ! j'assume ! | 01H38 | 03/06/2008 |
Super le prof principal ! ! !
On le sent bien motivé ! En voila un qui prend à cœur l'intérêt de ses élèves !
tain…
Heureusement, ils ne sont pas tous comme ça !
Merci pour ce témoignage !
De Jack Sullivan
en boule | 07H37 | 01/06/2008 |
Je n'en suis pas encore là avec mon petit bouchon, il s'en faut de 10 bonnes années. Mais je vois autour de moi des amis se torturer la tête avec des spéculations dignes d'une partie de « Risk » pour calibrer les souhaits de leur rejeton au millipoil, de manière à ce que le petit se retrouve dans un « bon » lycée (profs de bonne réputation, pas trop d'élèves de quartiers craignos, bon niveau d'équipement, pourcentage d'obtenion du bac élevé) , et tant qu'à y être pas à l'autre bout de la ville…. et en même temps il ne faudrait pas que des vœux trop pointus le fassent aboutir dans un établissement sans rapport avec ses choix, faute de places.
Rien qu'à entendre ces amis parler de ça, j'ai mal à la tête, on croirait la description d'un ancien rite Maya d'une cruauté inouïe… Et je ne peux m'empêcher de penser à tous ces parents qui ne peuvent pas ou ne savent pas se dépêtrer de ce genre de procédures complexes (qu'on ne leur ait pas expliqué les enjeux ou qu'il ne les aient pas saisis), comment ose-t-on nous parler d'égalité des chances quand tout le monde n'a pas, de fait, les mêmes cartes en main ?
De martha
Enseignante à la Réunion | 08H42 | 01/06/2008 |
Il y aurait , cette année, un ajout à faire pour saisir les voeux des jeunes de 3ème : le nom de la rue où il est domicilié : ce qui permet d'augmenter son barème et de l'affecter grâce au bonus de points dans le lycée professionnel de son quartier.
Comme il n'y a pas de places pour tout le monde, et que tous les ans des élèves restent sur le carreau et se retrouvent sans rien, la stratégie gagnante pour être pris en lycée pro sera de rester dans son quartier et de ne surtout pas tenter sa chance ailleurs.
Ghettoïsation : quand tu nous tiens ! ! !
De skalpa
actif et militant ? | 09H07 | 01/06/2008 |
J'ai déjà pas mal posté cette image ici, mais elle, à nouveau et malheureusement, s'impose :

http://kprodukt.blogspot.com
De GRECKO
09H30 | 01/06/2008 |
Pov pom dont tout est la faute…
Il conviendrait d'ajouter que bcp d'enfants de 14-15 ans n'ont aucune idée de ce qu'ils veulent faire,
d'ajouter, malheureusement, que beaucoup n'ayant jamais été confronté à une barrière scolaire concrète n'imaginent pas une seconde qu'ils n'auront pas leur premier voeux car car ils n'ont pas les résultats suffisants,
d'ajouter que parfois les parents n'en ont absolument rien à faire
Ne me dîtes pas le contraire je suis PP de 3° en REP depuis 10 ans.
Cordialement
De DIOPZO
09H50 | 01/06/2008 |
PAM permet d'éviter les passe-droits que certains établissement accorde à leurs élèves aux détriment d'élèves venus de l'extérieur.Les BEP les plus demandés sont ainsi accordés aux élèves les plus méritants sur toute l'académie et non, en priorité, aux élèves de l'établissement où le BEP est en place.C'est un réel progrès.
La façon dont un élève est orienté en BEP par l'équipe éducative est un autre problème. Ne mélangeons pas tout.
à DIOPZO
De papy55
prof. en province | 10H40 | 01/06/2008 |
« PAM permet d'éviter les passe-droits…. »
Il suffit d'y croire, c'est peut-être pire….. !
C'est au contraire (à mon avis) encore plus opaque !
De sev
10H11 | 01/06/2008 |
PAM serait un bon système s'il y avait :
-plus de places en lycée, toutes filliaires confondues(mais cela suppose plus de classes et donc plus de professeurs)
-plus d'orientation et d'information au cours de la scolarité (mais cela suppose plus de conseillers d'orientation psycologue).
Ce n'est pas pour rien que les professeurs et les élèves parfois, font grève depuis quelques mois au sujet des suppression de postes dans l'EN !
De VinceDeg
étudiant | vincedeg.nolizard.org | 18H08 | 01/06/2008 |
Miam, je ne connaissais pas PAM, par contre j'ai eu droit à RAVEL, la même chose mais à la sortie du bac. Puis encore notre bon ami SCEI pour savoir mon école post-prépa. Autant dire qu'il y a maintenant partout des systèmes informatiques de ce genre pour l'orientation : hierarchie de choix et zou on laisse la machine mouliner !
Que de bons moments : à l'heure même de parution des attributions, des milliers de personnes tentent de se connecter au serveur, qui plante évidemment, imaginez le stress à appuyer pendant une demi-heure sur la touche F5 en espérant voir apparaître le résultat fatidique à l'écran…
De Pidie Taf
19H45 | 02/06/2008 |
il y en aurait des anecdotes à raconter sur l'orientation de nos élèves… et les conséquences post-pam !
je viens de voir le zapping de canal+, et voici ce que j'entends : « ce qui lui faut à la banlieue c'est de la sécurité » ! oui-oui, il faut de la sécurité ! ça résoudra tous les problèmes de chômage, ça règlera la misère familiale, sociale, culturelle.
mais permettre une scolarité, des enseignements et des formations de qualité à nos jeunes de banlieue pour qu'ils puissent enfin choisir une orientation, leur métier et réussir, ça c'est secondaire !
l'égalité des chances…
ce soir je suis encore un peu plus énervée que d'habitude.
demain matin je serai face à mes élèves qui passent leur bep électrotechnique, alors qu'ils rêvaient de devenir designer ou journaliste. je regarderai sofiane, matthieu, et beaucoup d'autres. je lirai dans leur regard la peur de ne pas réussir.
j'aimerai juste leur dire ce soir que je suis fière d'eux.
De le bateleur
Apprenti humain | 21H42 | 02/06/2008 |
Un des points les plus scandaleux du « produit »
est la manière dont les notes sont arrondies dans la machine à mouliner les orientations.
En effet un 10,49 sera arrondi à 10
et un 9,50 sera également arrondi à 10
Sur un classement de 10 élève ayant des notes proches de un point
statistiquement 70% du classement sera changé
On imagine les conséquences … humaines.
Mais bien sur
statistiquement le résultat est juste.