
Bayrou trop bavard sur le RSA, ou le mensonge par profusion
Dans « L'Ere du soupçon », Nathalie Sarraute définissait, la modernité du roman comme la remise en cause nécessaire de l'auteur omniscient. Ce grand metteur en scène qui sait tout sur ses personnages, qui n'a pas de doute, qui agit le monde par son langage, devait être déboulonné comme la statue du dictateur dans les pays totalitaires libérés.
Pour la géniale figure de proue du Nouveau Roman, il était crucial de soumettre les mots à la question, de les contester dans leurs abus de pourvoir, leur prétention à nous emprisonner, à écraser de leurs gros sabots la subtilité de nos émotions. Toute son œuvre explore la richesse de ce soupçon sémantique.
L'ère de soupçon, nous y sommes aujourd'hui, mais malheureusement pas toujours pour le gain démocratique auquel pensait Sarraute. Nous habitons ce que certains sociologues appellent la société de défiance.
En termes sémiologiques, cela signifie qu'est entamé le contrat de confiance de l'interlocution. Quand un émetteur parle, son message est immédiatement soupçonné par son récepteur : qu'est-ce qu'on veut me vendre ? Qu'est-ce qui m'est caché ? Questions à la fois justifiées et à la fois vaguement paranoïaques… Posture qui descend, lointainement mais sûrement du postulat lepéniste des années 90, et qui a fait florès : l'« établissement » « médiatico-politique » nous manipule - socle essentiel du fameux « tous pourris »…
Dans le cas de Bayrou, fallait-il ou non parler de mensonge ?
La question, pour ceux qui veulent participer à une amélioration de l'interlocution démocratique -ce qui est le cas de Rue89- est donc celle de savoir s'il est possible de soupçonner à bon escient, de contester telle ou telle affirmation, sans nourrir la défiance, sans participer au truisme anti-politique ou à l'anti-parlementarisme ambiant…
Il y a quelques jours, l'épisode du feuilleton politicien dans lequel François Bayrou affirmait que le Revenu de solidarité active ne fonctionnait pas dans sa bonne ville de Pau, alors même qu'il n'y est pas appliqué, est un bon cas d'école…
Fallait-il ou non parler de mensonge ? La rédaction me dit que le débat a eu lieu en son sein. J'avoue que comme lectrice, j'ai trouvé le titre de l'article trop fort et inadapté -surtout accompagné de l'expression policière « flagrant délit » : le journaliste est-il un flic posté derrière la porte ? Le mot mensonge doit être questionné. Il appartient à la catégorie de la morale. L'employer introduisait implicitement une accusation sur l'intentionnalité de Bayrou : son désir de tromper. Or, ce désir semble moins avéré aujourd'hui que n'est révélé un fait d'incompétence.
Pas au courant, le candidat Modem ! Erreur professionnelle affligeante, incroyable faute technique… Devant cela, l'intéressé a un drôle d'argument, qui en dit long sur le métier politique : métier de seconde main, métier métalinguistique qui repose plus sur le propos rapporté que sur l'action. Des assistantes sociales m'ont dit que ça ne marchait pas à Pau, le RSA… Quelqu'un m'a dit… Décidément on n'en sort pas…
Parfois, le contraire de la contre-vérité est moins la vérité que la réalité
En fait, le papier de Chloé Leprince mettait bien en valeur la dimension intéressante de l'affaire : le réel. Le réel et son éloquence parfois. En l'occurrence ce qui importait était la réalité de l'application du RSA, dont le grand public n'a quasiment pas entendu parler, et que Bayrou lui-même finalement découvrait à l'occasion (un fait en soi).
L'anecdote montre bien finalement que parfois le contraire de la contre-vérité, est moins la vérité que la réalité. Celle-ci est le domaine par excellence du journaliste. Plus que, remarquons-le en passant, le maniement du symbolique qui ces derniers temps agite tout le monde -ce n'est pas par hasard que le mot « polémique » surgit à n'importe quel propos : pour mieux être d'accord ou pas d'accord et surtout pour mieux accuser ou mieux absoudre…
Dans un tel contexte, il est nécessaire plus que jamais de revenir aux faits, par différence avec tout ce langage produit par notre société si bavarde. Aujourd'hui, tout homme politique a comme premier réflexe de causer, de parler, de « logorrhiser »…
Bayrou évoque le brouhaha du plateau télé. Probablement, mais pourquoi ajouter encore du bruit au bruit, au risque de dire n'importe quoi ? Pour faire comme tout le monde ? Pour le plaisir de la joute verbale, pour l'excitation du duel de langage, pour le toujours possible bon mot ? La dernière élection s'est jouée sur cette oralité. Le flot a gagné, le bagout a été roi. Nous en payons le prix fort. Dans ce cadre, l'épisode Bayrou/RSA fait exister une sorte de contraire au mensonge par omission : ce qu'il faudrait peut-être appeler le mensonge par profusion. Celui qui parle est entraîné par la seule force de sa parole -phénomène largement aussi problématique que de l'être par le désir de tromper.
Ne pas rendre l'antenne. Garder la main. Le Président en rêve
Phénomène peut-être plus nouveau : on se souvient du défi lancé en 2004 par Arthur à Cauet (ou l'inverse) sur l'exploit de tenir une antenne de radio sans s'arrêter de parler durant plus de trente-six heures… Exploit réussi évidemment par l'un des deux ou par les deux, peu importe, car c'est de toute façon un certain rapport au langage qui, dans ce cas, est unilatéralement perdu.
Ne pas rendre l'antenne surtout… Garder la main… On sait ce que la présidence actuelle fait de ce rêve fou…
Une seule chose à espérer : que la maîtrise tempérée des mots devienne l'un des critères indispensables au choix du prochain président.
► L'Ere du soupçon de Nathalie Sarraute - éd. Gallimard, coll. Folio/Essais - 544p., 6,80€.
► Lire aussi : RSA : Bayrou en flagrant délit de mensonge
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De Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
20H18 | 23/02/2008 |
Il est certain que les 3 candidats se sont saoûlés de leur propre voix et continuent. Ségolène Royal n'est pas en reste avec l'affaire de la Shoah.
Bayrou est un grand diseur, petit faiseur, formé à l'école de l'UDF. Non, on n'en sort pas et on en a pris pour 5 ans, rien ne dit qu'on en sortira d'ailleurs.
à Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
De kawouede
21H07 | 23/02/2008 |
Tout à fait d'accord comptecourant
Bayrou c'est tout ce que j'aurais pu faire si j'avais été élu mais je ne l'ai pas été mais regardez quand même quel homme d'Etat j'aurais été.
http://www.lepost.fr/article/2008/02/20/1101763_un-jour-bayrou-viendra-u…
De erek
20H22 | 23/02/2008 |
Que dire ? Quand l'euphorie de l'exercice du pouvoir paraît proche de la manie, sans limite… ou quand les projections amènent à placer au dehors les tendances que l'on prêtent aux autres et qui nous font retour dans le soupçon… Nous en arrivons à nous précipiter sur chaque mot prononcé pour en donner une interprétation ! Qu'est-ce qui peut fournir un point d'arrêt au fonctionnement paranoïaque ? Une certaine idée de l'éthique ? Merci, Mariette de ne pas rester dans votre bulle ! ! ! !
à erek
De Dan51
20H39 | 23/02/2008 |
?
à erek
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 22H13 | 24/02/2008 |
? ?
De Desiderio
20H25 | 23/02/2008 |
J'ai du mal à suivre, le RMI est appliqué à Pau comme dans toutes les autres villes de France, ce n'est pas une mesure qui s'applique au cas par cas, à la ville la ville. C'est un revenu décidé nationalement qui est géré localement (plus ou moins bien), mais quand on regarde les informations à propose de Pau au sujet du RMI, on constate que celui-ci existe dans cette ville et qu'il figure sur les sites officiels de la commune avec les conditions d'attribution. Je ne suis pas membre du Modem ou sympathisant, mais enfin… de telles contre-vérités pourraient être faites à propos de communes de sensibilités différentes à partir d'affirmations non vérifiées. Je me demande pourquoi on publie de tels non-articles sur des non-sujets dans ce site qui est mieux tenu la plupart du temps.
à Desiderio
De DidierB63
Devant un écran | 21H32 | 23/02/2008 |
C'est parce que on ne parle pas du RMI mais du RSA, Revenu de Solidarité Active.
C'est le joujou de Martin Hirsch, qui est testé dans 1 departement sur 3 (je crois, mais je fais ça de mémoire) mais pas dans les Pyrénées Atlantique.
http://polemiquons.over-blog.com/
à Desiderio
De petit chahut
21H43 | 23/02/2008 |
Il ne s'agissait pas, en l'occurence, du RMI, mais du RSA, revenu de solidarité active, qui n'est actuellement expérimenté que dans une vingtaine ( ? bientôt une quarantaine ? ) de départements.
http://www.premier-ministre.gouv.fr/information/questions_reponses_484/e…
De Dan51
20H33 | 23/02/2008 |
Cet article recadre un peu le « non-évènement » bien que certains passages soient aussi très subjectifs.
Mais ce qui me gène dans toute cette histoire, Bayrou a plus ou moins reconnu avoir fait une bourde, c'est que les journalistes divers et variés s'attardent sur lui…
Alors que dans la même émission, les deux ministres, Bertand et Dati, aidés par la journaliste A. Chabot, mentent sciemment en direct… et pourtant aucun article n'est publié à ce sujet… silence radio…
C'est cela qui m'interpelle…
Voici d'ailleurs l'extrait :
http://www.dailymotion.com/video/x4eki6_bayrou-sarkozy-linstituteur-le-c…
Est-ce que l'auteur de ces lignes voit une raison plausible au silence qui entoure CE mensonge dans la presse ?
Que dit Mariette Darrigrand à ce sujet ?
à Dan51
De Houvaton
22H54 | 23/02/2008 |
Normal Dan51 ! La ligne éditoriale de Rue89 en prise directe avec le ministère de l'intérieur pond toute une série d'articles avec du rien, des épiphénomènes greffés à d'autres épiphénomènes (j'utilise ces termes car les français aiment bien les mots qui font savants).
Le français aime ça, retrouver sur internet les petites phrases, les « non-événements » du vide sidéral de la propagande radio-télévisuelle. Même pas besoin de pub puisque l'info distillée par nos chers journalistes français indépendants est une pub en soi, une propagande qui dit au petit français : voilà ce qu'il faut que tu consommes en chair et en esprit amen. Retrouver tout ça sur internet ! faut le voir pour le croire !
Avec Internet le petit français a des ailes qu'il ne possédait pas avant. Tu crois qu'il s'envolerait pour aller voir ailleurs comment ça se passe ? Non, il ne décolle jamais et retourne au poulailler.
Cocot cot cot codec.
Cocorico
cocot côôôôôô
(Et moi ? J'attends les réactions et je suis en vacance.)
à Dan51
De Art-35_Constitution-1793
Pour une Republique Bonsensiste!! | 11H15 | 25/02/2008 |
Et pour les mensonges de Sarko ? ce n'est pas un article, mais un livre qu'il faut !
à Dan51
De Audrey64
Attaché territorial | 13H08 | 25/02/2008 |
Je pense que le but des journalistes est de souligner que Bayrou candidat à la mairie de Pau a de grosses lacunes sur le fonctionnement des administrations locales.
Il est certes évident que Bertrand et Dati ont exprimés de plus gros mensonges encore, mais bon, peut-être y sommes-nous tellement habitués (surtout Dati, qui réussit à n'avoir rien à dire et à mentir en même temps).
Le problème de Bayrou est qu'il n'est pas un candidat crédible localement, et cette bourde le souligne encore plus. M. Bayrou est éligible à Pau parce qu'il y possède…. un garage (un box, pas un commerce). Il n'a jamais habité à Pau, son seul objectif est la présidentielle, et même en temps que député on le voit rarement.
Sachant qu'il sera peu présent, qui voit-on en deuxième place sur sa liste ? Mme Josy Poueyto, ancienne adjointe d'André Labarrère (surnommée Miss Tour de France), qui connaît elle la ville sur le bout des doigts, mais ce n'est pas là le changement qu'on nous promet, n'est-ce pas ? Quitte à repartir avec les mêmes, autant voter pour la liste socialiste qui représente la majorité des conseillers sortants. J'exclut évidemment la liste Urieta, car je n'envisage même pas de voter pour un traître et encore moins pour l'UMP (« Un Médiocre Président »).
Le fief électoral de Bayrou n'est pas à Pau, où Ségolène Royal a eu presque le même score que lui au premier tour des présidentielles, mais plus au sud-est dans la plaine de Nay. Cette élection est extrêmement risquée pour lui car je pense qu'elle a été mal préparée. Les Palois ont encore en mémoire André Labarrère et ses journées à la mairie qui commençaient à 5 h du matin (pour ceux qui croyaient que c'est Sarkozy qui avait inventé le « lever tôt » ! ! ) et le semi-parachutage de l'intermittent Bayrou ne leur plaît guère.
De riverain désinscrit
20H43 | 23/02/2008 |
Sans vouloir raviver une quelconque polémique, la perte de confiance lors de la seconde moitié du XXe siècle remonte - à mon sens - bien avant Le Pen.
Le 6 mai 1958 à Mostaganem C. de Gaulle ne clame-t-il pas « Vive l'Algérie française ». On sait ce qu'il advint.
Vous jugez que le doute permanent est « vaguement paranoïaque » ce à quoi on pourrait rétorquer que les moments où la vérité à été dite (quand les politiques s'expriment et ne tentent pas de cacher certains faits) peuvent se résumer à un très petit nombre, quels que soient les sujets.
Un seul exemple : la belle fable du nuage de Tchernobyl.
Quant au « socle essentiel du tous pourris » il n'est pas du fait des électeurs mais des hommes politiques eux-mêmes : « la république des copains et des coquins » formule de Poniatowski si j'ai bonne mémoire…
alors oui, - toute - la classe politique manipule. Conséquence je ne fais confiance à personne.
à riverain désinscrit
De Art-35_Constitution-1793
Pour une Republique Bonsensiste!! | 11H10 | 25/02/2008 |
Le « Vive l'Algérie Française » était obligatoire pour intégrer les Algériens au référendum d'autodétermination.
Tout comme le Je vous ai compris que les deux camps en présence ont interprétés en leur faveur .
De DidierB63
Devant un écran | 21H38 | 23/02/2008 |
Ce qui est surprenant, c'est qu'une telle information de première importance, un « mensonge » d'une telle gravité (pour ne pas dire gravitude), ne soit développé en article que sur Rue89…
Enfin, j'ai juste fait une recherche sur Wikio et Google Actualité. Il y a peut etre d'autres sources.
http://polemiquons.over-blog.com/
De toto1701
21H44 | 23/02/2008 |
je redis, les hommes politiques devraient s'ecouter parler et la democratie s'en portera bien mieux ! !
De skalpa
actif et militant ? | 21H46 | 23/02/2008 |
Que dire ?
Merci pour ce texte et cette analyse.
et bravo !
http://kprodukt.blogspot.com
De marlier agnes
22H13 | 23/02/2008 |
Juste un truc :
les assistantes sociales si elles travaillent dans un département sont au « courant » ( par leur lecture et contacts professionnels) du bon ou mauvais fonctionnement d'une mesure.
Autre manière de le dire :
les assistantes sociales avec lesquelles Bayrou s'est soit disant entretenues ( et c'est là que se situe l'erreur : il voulait montrer : » je suis sur le terrain »), parlaient-elles de ce dispositif dans leur département ?
L'idée serait aussi de creuser et de savoir ce qu'apporte le RSA.
C'est que c'est un comble de dénoncer les politiques et leurs « mensonges » et de faire ce genre de boulette !
Pour autant c'est un des rares hommes politiques à apparaître droit, c'est vrai aussi qu'il peut être une menace pour le pouvoir actuel, alors tous faire pour le discréditer semble bien logique :
Le ministre lui a fait un communiqué ! !
En fin des erreurs, des mensonges il s'en dit sans arrêt pour autant chaue personne reçoit-elle une lettre de rectification par un ministre ? ? ?
Soyons un peu perspicace.
De vol19
awash | 22H37 | 23/02/2008 |
« Garder la maîtrise tempérée des mots » et en tout cas la prudence.
Le média televisuel, la démocratie médiatique que nous connaissons semblent difficilement relever de format de communication permettant l'« intercompréhension » (théorie agir communicationnel d'Habermas) surtout après la fameuse phrase de Patrick Le lay Tf1…, mais relever davantage d'une communication persuasive. Christopher Lasch (70) et plus tard Eugène Enriquez (83), ont, pour le dernier, il me semble bien théorisé dans la « rationalité stratégique », l'importance du masque, la logique opportuniste (faire des coups), instrumentalisante à court terme, en action et communication, d'un autrui pris davantage comme objet que sujet… Ce qui s'est passé n'est pas à la gloire du Président du modem, mais l'usage du terme de « mensonge » n'est dans le contexte probalement pas approprié par ce qu'il connote.
La « perte de confiance dans l'interlocution » découle nécéssairement de ce modèle relationnel.
Il ne me semble pas que l'expression de Jean-Marie Le Pen soit en tant que telle fondatrice de la défiance (même si elle reprend un vieux thème de la fin des années 30), celle-ci s'est probalement reinstallée lentement pendant que ce modèle relationnel s'est mis en place. Pour ce qui est du discrédit, n'a t-on fait prendre beaucoup des vessies pour des lanternes ? Faut-il ne pas le dire ? Je ne le crois pas.
Le mot « paranoia », « soupçon » est-il adapté ou faut-il mieux employer « prudence », « recadrage » ?
Les risques de dérives totalitaires dans ce type de contexte ont été bien étudiées, voir les publications anciennes de la psychanalyste Janine Chasseguet-Smirgel.
De nos jours, on se préoccupe des mots, dire, pas dire, comment ? … Quand la confusion et la violence atteignent les mots : « ces mots qui tuent » (Laurent Wauquiez). Pourquoi pas « la maîtrise tempérée des mots », ou des « maux »…avant l'« hémo » ?
De Sevy
22H55 | 23/02/2008 |
2 ème fois qu'un article pointe en 1ère page de Rue 89 sur le MENSONGE de Bayrou !
Est ce réellement un mensonge ? Peut être une erreur ? Peut être les assistantes sociales ont elles parlées du RSA en général ..
La « sanction » de Rue89 me parait un peu disproportionnée.
Il me semblait qu'il y avait en ce moment des sujets autrement plus graves liés à la politique Française. A l« heure où j'écris ils n'apparaissent pourtant pas sur la page d'accueil du site.(mais je ne dis pas qu'ils ne sont jamais abordés).
Finalement c'est peut être un compliment pour Bayrou : si on ne trouve que cela à monter en épingle pour le critiquer, quand on le compare aux autres, il est donc excellent.
De huggo
23H37 | 23/02/2008 |
La parole politique a toujours été placée sous surveillance et les gens n'ont pas attendu 2008 pour la prendre avec des pincettes. Je crois que ce n'est pas tant le « bavardage » actuel qui est en cause. Les politiques, depuis bien des années, parlent. Et mentent. Cependant, entre la vérité des faits et le mensonge des mots, on laissait jadis passer un temps, une sorte de deuil sémantique, qui permettait de se renier sans trop offenser la décence – ni d'humilier d'une manière trop voyante les naïfs qui avaient cru à ces sornettes.
Aujourd'hui, les choses s'accélèrent. La plus élémentaire pudeur s'évanouit. Et on dit tout et son contraire, sans même être gêné le moins du monde. Sans, peut-être, en avoir seulement conscience…
Désormais, on peut crier « Vive de Gaulle ! » le matin et planter son couteau dans la Constitution le soir. On peut crier « Vive Jaurès ! » pendant la campagne et fêter son élection au Fouquet's. Je prends l'exemple du président parce qu'il est le plus révélateur et qu'il donne le ton à tous ses thuriféraires (je ne crois d'ailleurs pas que l'exemple de Bayrou soit le plus significatif : qu'on l'aime ou non, dans le top 50 des menteurs (ou des « incompétents ») en politiques, il faudrait être d'une singulière mauvaise foi pour le placer en tête.)
D'ailleurs, c'est révélateur, le traître en politique – celui qui renie sa parole et ses engagements trop ouvertement –, non seulement survit, mais il prospère : Eric Besson, Jean Sarkozy, et mille autres moins connus que ces deux-là.
Ce que je dis m'engage le temps d'articuler ces mots creux. Pas une seconde de plus. Ce lent délitement de la parole publique, cette dévaluation terriblement pernicieuse a commencé, je crois, sous l'ère Chirac. Mais elle est un danger mortel : si les gens n'accordent plus le moindre crédit à la parole publique ils risquent de faire de la politique par d'autres moyens…
De SJ
23H39 | 23/02/2008 |
Tout ça c'est du bla, bla. Peut-on se permettre de jouer aux ultra-puristes ? Quelle naïveté de vouloir scruter au microscope les petites imperfections. Ce qui compte c'est la volonté et la méthode, le reste n'est que brouhaha.
Et s'il fallait comparer, au pays de Sarko, Ségolène, Besancenot, Buffet, …, Bayrou est un peu au dessus lot. Et il a bien du mérite car une grande partie de la gauche et de la droite pense qu'en tapant sur le représentant du Modem on éliminera ce mouvement qui peut tant perturber le jeu et ramener la gauche au pouvoir, ce que la gauche-ultra feint de ne pas (encore) voir.
De Hortus
00H36 | 24/02/2008 |
Ca fait beaucoup de mots pour dire… Quoi au juste ?
à Hortus
De Houvaton
12H42 | 24/02/2008 |
Pour ne rien dire mais nous montrer pour la seconde fois en trois jours arrêt sur image sur Bayrou avec à sa droite un 2 sur le front (France2 ok mais ça tombe très bien) l'étoile montante du modem, niéce de Dominique de Villepin, qui ne manquera pas de faire sa réapparition sur les écrans de Bouygues Bolloré et De Carolis Sarkozy (on appelle ça une oligarchie mafieuse droite gauche centre aux postes clefs de toutes nos Institutions).
Rien n'est du au hasard. Rue89 maitrise parfaitement la « com », fait de la « com ». Quant à l'info, la vraie, celle qui décoiffe, servons nous de nos ailes pour aller voir ailleurs sur le net.
à Houvaton
De Houvaton
12H45 | 24/02/2008 |
(Correction sans réelle importance : « avec à sa gauche » ce qui pour nous la montre à droite.)
De guichard
08H06 | 24/02/2008 |
votre insistance sur le « mensonge » de bayrou (il y a d autres facons d analyser cette declaration )est ridicule,voir sarkozienne ; dommage pour rue 89 . roberto
à guichard
De SJ
09H40 | 24/02/2008 |
Très bizarre oui, c'est un comme s'il y avait le feu de la grange et que l'on s'intéressait à une miniscule et éphémère braise.
Peut-être que le sujet principal est trop complexe à analyser, on préfère donc analyser un atome.
Pour la rédaction de rue89, il a sans doute la volonté de faire un coup, mais cela à fait pchittt… Un gros titre doit être en rapport avec le contenu sinon les lecteurs finissent par se lasser et se sentir floués.
Par ailleurs bien des sujets importants ne sont pas traités dans Rue89 ce qui est très dommageable. Je pense que la Rédaction devrait réfléchir en priorité à ce problème.
à SJ
De tomtombenz
Etudiant Master en alternance | 14H15 | 24/02/2008 |
Tu parle de la mère de Gaston qui s'est cassé la jambe en allant acheter le pain ?
Bien évidement que tout n'est pas traiter sur rue 89. Mais as tu réfléchis que c'est un journal récent, que pour s'agrandir il faut des moyens, et que pour les avoir il pourrait te faire payer un abonnement plutôt que de préférer offrir de l'information gratuitement à l'ensemble des citoyens (possédant internet) ?
Maintenant tu as raison d'exprimer l'envie légitime d'en savoir plus sur plus de choses encore. Je trouve simplement étrange ta façon de le demander.
Et entre nous, même si j'espère que l'équipe de rue89 va s'agrandir, je préfère peu d'information mais une information de qualité. Si tu veut de l'information en permanence il y a France 24 par exemple ; )
De tomtombenz
Etudiant Master en alternance | 14H13 | 24/02/2008 |
Ça fait plaisir un article comme ça qui fait réfléchir et qui élève pour le coup complètement le débat.
Le grand problème de tout ça c'est aussi le jugement de la masse qui, avide de la moindre faiblesse, est prêt à déjuger n'importe qui n'importe quand. Du coup, il vaut mieux affirmer sans savoir que d'admettre que l'on ne sait pas. C'est vrai en politique, ça l'est parfois en entreprise et même dans un groupe d'amis.
Et lorsqu'on est pris en défaut, on préfère la joute oratoire permettant une éventuelle « victoire » plutôt que de reconnaitre son erreur.
Le gros problème de l'humanité est qu'elle est composée d'humains…
De gigayoux
18H05 | 24/02/2008 |
Le contrat de confiance de l'interlocution est entamé ? Mr Darty interlocute-t-il ? Faut-il se méfier de son contrat de confiance ?
La crédibilisation du signifiant subjectif est entamé voir rétamé (ma phrase n'a aucune signification factuelle, pas plus que tangentielle, mais cela fait joli) notre sémiologue analyste de concepts (j'aime les concepts, c'est creux et ça résonne) va me donner le signifiant et le non signifié.
Allez Mariette, une analyse conceptuelle de mon propos.
Mr Bayrou à le mérite de dire une évidence ; le RSA ne marche pas à Pau, puisqu'il n'existe pas. sans verbiage.
Allez Mariette, un effort, une analyse sémiologique sur
« Casses-toi p'tit con »