
Pourquoi l'affaire Siné m'a empêché de bosser
Depuis quelques jours, je suis pris d'une folle envie de comprendre, de suivre, d'appréhender le mieux possible ce qui se joue derrière la mise à l'écart d'un dessinateur par un patron de presse. Une addiction informative m'amène à lire des titres aussi divers que Le Figaro, Libération, Le Monde diplo, Mediapart, Le Monde, Bellaciao, Acrimed ou encore, bien sûr, Rue89. Une frénésie de commentaires, une soif d'analyse, une boulimie de polémiques et, finalement, la question qui vient : « Pourquoi ça me parle à moi, dessinateur de BD tout neuf ? “
Je ne connais pas Siné. Arrivé dans la BD par un heureux hasard, je reste encore plutôt inculte quant à l'univers du dessin. Quand j'étais plus jeune, Charlie ne faisait pas partie des lectures de mes parents. Étudiant, j'ai peut-être croisé Siné quelques fois dans le Charlie d'un ami. Depuis, malgré son équipe toujours époustouflante de dessinateurs, je ne suis pas devenu un lecteur de Charlie Hebdo. Val, lui, je le connaissais. Il faut dire qu'il est incontournable. Charlie Hebdo n'est pas nécessaire pour le rencontrer.
Par cette triste histoire, j'ai donc découvert Siné. Personnage très controversé qui semble avoir décidé, toute sa vie, de rester fidèle à ses nobles et absolus idéaux de ‘jeune con’ plutôt que de se laisser glisser doucement dans les travers classiques et bien sages des ‘vieux cons’. J'ai découvert qu'il a été souvent courageux, d'autres fois discutable et qu'il a, à 80 ans, une vie plus remplie que mille autres réunies.
Des couvertures d'Hara-Kiri à l'anticolonialisme militant
J'ai bondi à la lecture de certains de ses textes passés. J'ai été frappé par l'audace de certains dessins. J'ai lu les témoignages d'amis prestigieux et, surtout, incapable de me faire, comme ça, en une pauvre semaine, la moindre opinion solide sur cet étonnant personnage. J'ai surtout été frappé, de manière connexe, par le retour sur une autre époque que cette histoire m'obligeait à faire.
Les couvertures d'Hara-Kiri, le récit d'un anticolonialisme militant, le rire libre, les Desproges et Coluche sortis de l'INA pour nous bousculer à nouveau, m'ont fait redécouvrir des perspectives oubliées.
Les Joffrin, Adler ou BHL qui ont, dans cette affaire, commis quelques-unes de leurs pires contributions au débat public, apparaissent en comparaison comme les gardiens pathétiques du temple ultra-moderne mais déjà vermoulu d'une triste pensée sous contrôle. J'ai aussi été frappé de voir que toute cette formidable agitation venait d'un vieux et de l'intervention d'autres vieux admirables dont je me suis dit qu'ils avaient de magnifiques restes de vies militantes. Je me suis demandé ce que nous avons aujourd'hui.
Je rassure Philippe Val, je ne vais pas parler de couilles. Il suffit de lire les signatures de soutien, les blogs, pour découvrir qu'aujourd'hui n'a pas encore rendu les armes. On a souvent des nostalgies bidons pour des époques inconnues. Ça nous brouille la vue. Bien sûr qu'il y en a encore, pour avoir la fibre militante, l'envie de gueuler quand l'occasion se présente, l'envie de se battre pour des mots, de discuter à l'infini, de comprendre. Il y en a toujours eu, il y en aura toujours.
C'est peut-être juste que c'est plus difficile à une époque où vous avez tout à perdre et pas grand chose à gagner. Il y a quarante ans, Jane Fonda n'avait pas de sponsors pour la faire taire et Coluche ne militait pas (à ma connaissance) pour qu'on flique et punisse ceux qui écoutaient ses sketches sur cassettes enregistrées. Aujourd'hui le paysage paraît un peu bouché, un peu sinistre. Comme si le nouveau système décourageait plus encore qu'il ne révolte.
Le Moi que l'on raconte s'est débarassé du monde
Je ne veux pas sombrer dans le cliché le plus éculé du repli sur soi, du fameux individualisme de notre époque qui expliquerait tout. L'ego comme valeur cardinale. Une époque qui n'aurait plus d'auteurs engagés, qui n'aurait rien à offrir que des petites vies joliment présentées garantie 0nbsp ; % prise de tête.
Je ne veux pas parce que je n'y crois pas. Ce n'est pas parce qu'on nous le vend que ça le rend plus vrai. Internet a donné à l” “egotrip” de nouveaux horizons mais ne l'a pas créé.
Ne parler que de soi peut même être une démarche courageuse. Ce qui inquiète plutôt, c'est que le MOI que l'on raconte s'est débarrassé du monde. Or nous avons besoin de sentir la lecture du monde derrière la démarche créatrice. Cette question, sans être nécessairement celle de la démarche militante, mais plutôt celle de la simple conscience (politique, humaniste…), me travaille depuis pas mal de temps. Je comprends mal qu'on prétende à la neutralité, qu'on puisse vouloir faire de la BD sans se poser la question de ce que l'on a à dire.
Le dessin est un langage. Sans parti-pris, sans idée, il n'est qu'utilitaire. Le problème n'est donc pas dans l'alternative “Mon Ego ou Le Monde”, mais plutôt dans la tentation de l'apathie face aux idées, aux mots, à l'échange. La curiosité, le désir farouche de l'altérité devraient être les moteurs de toute création sinon de toute vie. On devrait fuir l'entre soi, refuser de rester hermétique au monde, s'interdire l'indifférence. En tant que lecteur, on s'enrichit au contact des auteurs les plus variés, les plus éloignés, les plus proches. Avec eux, on explore, on s'implique.
Je me pose sans cesse la question de savoir si l'auteur n'est pas “obligé” de nourrir sa création de sa confrontation au monde, s'il ne doit pas assumer le monde. J'ai tendance à croire qu'on ne peut plus faire comme si la réalité n'existait pas, comme si on pouvait se placer en dehors. Si la création a un sens qui n'est plus seulement esthétique, si l'auteur a une responsabilité qui n'est plus seulement technique, alors il doit être celui qui se tourne vers les autres et dit : “Regardez ce que j'ai vu.”
Ça peut être “Gaston Lagaffe” aussi bien que l » « Incal », ça peut être « V pour Vendetta », ça peut être « Bridget Jones », ça peut être « Outremonde ». Ça peut être mauvais, ça peut être futile, ça peut être maladroit, égocentrique ou totalement démesuré, mais ça doit être issu du monde plutôt que d'un bloc mou, indolore, inodore apolitique et mignon à perpétuité.
Etre enragé peut forcer les autres à prendre position
« 1984 » ou « Farhenheit 451 » n'étaient pas seulement de la science-fiction, leurs auteurs avaient regardé le monde en face, en avaient compris les mécanismes et les directions. La lecture qu'ils firent alors se révèle, aujourd'hui, d'une terrifiante lucidité. Ils ont été lus mais jamais entendus. Pourtant, aujourd'hui, ils nous aident à comprendre.
Maintenant vous vous demandez comment j'ai pu commencer avec Siné pour arriver à la science-fiction prophétique des années 50 ? Eventuellement, vous vous demandez même où je peux bien vouloir en venir.
Siné m'a intéressé parce qu'il fait écho à cette idée d'être de ce monde, pleinement, excessivement et quelques fois, peut être, n'importe comment. Il me semble qu'il a rempli, à sa manière, son devoir d'Homme : être témoin et acteur du monde. On n'est certainement pas obligé d'être un enragé pour être intègre. Mais l'être est certainement une manière de forcer les autres à prendre position. Cette affaire m'a passionné pour ça. Parce qu'elle a fait tomber des masques.
En ce qui me concerne, après ces quelques jours un peu fous sur la Toile, je me souviendrai d'avoir emprunté les autoroutes ultrabalisées, un peu sinistres et décevantes d'étranges procureurs d'inquisition qui parlent un peu légèrement d'esthétique antisémite (dont Wagner et Céline seraient d'acceptables représentants ? ) ou de race juive (vite et mal corrigé).
Mais je me souviendrai surtout d'avoir croisé le chemin escarpé et parfois glissant d'une vie et d'une œuvre dont je ne sais que penser, tant elle est riche et complexe, mais qui impressionne et invite à réfléchir.
- 7077 visites
- Version imprimable
Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89
Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)
Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)
En savoir plusAccrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.
123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque

































41
(Pour réagir, connectez-vous)
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 14H08 | 29/07/2008 |
Le titre m'avait attiré, le style et le contenu m'ont comblé. Votre vision coule doucement et de façon nuancée et vous n'avez pas besoin de l'agressivité de certains mots pour croire emporter l'adhésion.
Le titre est bon. Ce fut également une semaine difficile pour beaucoup d'entre nous.
Parce que vous ne l'aviez pas rencontré auparavant, vous avez eu besoin d'apprendre Siné et votre voyage fut enrichissant. Votre planning a été bousculé mais vous n'avez donc pas perdu votre temps.
Rares sont ceux qui attendent d'avoir toutes les pièces du dossier pour ouvrir le bec. C'est dire qu'ici dans la rue89, la foule des commentateurs qu'ils soient « pour ou contre » ont parlé trop souvent en dehors des clous de la prudence. Dois-je avouer que cela m'a fatigué de lire des avis si partiels et forcément partiaux ? Et que j'en suis venu à me dire que je prenais moi aussi des risques en m'aventurant parfois en dehors de mes compétences bien limitées.
On a parlé justice et procès mais quel intervenant était qualifié en matière juridique ?
On a parlé racisme, antisémitisme mais qui a lu et médité vraiment la loi ?
On a parlé de la presse, de censure mais quelle expérience avons-nous du fonctionnement d'un organe de presse, de sa façon de conduire ses choix éditoriaux, et son organisation des tâches ?
La liberté d'expression que nous avons pratiquée de façon explosive la semaine passée est-ce cela ? Seulement cela ? Suffit-il de camper sur ses positions sans chercher à mieux s'informer, sans améliorer sa connaissance des lois, des procédures, et sans prendre l'avis d'experts ?
On a dit et redit que Siné avait été renvoyé pour antisémitisme. Aujourd'hui, je m'aperçois que je ne connais pas le motif précis. J'attends de voir copie de sa lettre de licenciement. Pour ma part, contrairement à vous, la question de l'antisémitisme de Siné ne m'avait pas préoccupé car je n'imaginais pas la présence de racistes dans une équipe comme celle de CharlieHebdo. Mon présupposé était qu'on se trouvait en présence d'un dérapage ou d'une maladresse. D'autant plus que Siné validait l'idée de sa propre maladresse (vois le dossier Mediapart). Pourquoi un antiraciste ne ferait-il pas des erreurs ? Surtout un humoriste ……
Hier soir, il y avait un article sur le site du NouvelObs dont l'avantage était de donner à entendre des collaborateurs comme Charb …… L'avez-vous lu ?
à Claude PELLETIER
De Ferdinand.Bardamu
21H56 | 30/07/2008 |
Au risque une fois de plus de me prendre des pastilles « naze » dans le nez, Claude Pelletier, je vous déclare que votre bonne volonté bon enfant qui veut prendre le point de vue de tout le monde, s'identifier à tout le monde avant de prendre position ME GAVE.
Voila, je l'ai dit, il y a longtemps que cela couvait et c'est fait, je n'y reviendrai plus.
Vous nous engluez dans une espèce de compréhension universelle du monde qui ressemble étrangement aux méthodes de l'affaire qui nous occupe mais en plus « doucereux ». Vous êtes un faux cool, un agresseur au sourire d'ange et si on vous écoutait, on ne ferait rien et on n'aurait d'opinion sur rien, tant on passerait son temps à se mettre à la place de untel ou de untel.
Vous êtes la voix de la sagesse, celle qui endort les petits enfants au soir. Bref, je m'arrête là, il vaut mieux. Vous voyez, moi aussi je peux me mettre à votre place, mais pour mieux découvrir que je n'aime pas vos propos et votre morale à 2 balles.
On peut tuer par « gentillesse ».
à Ferdinand.Bardamu
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 10H16 | 31/07/2008 |
Vous avez raison. Rien ne vaut un bon emportement et un bon pugilat,
de franches saignées plutôt que mes hésitations. Et qu'un sang impur abreuve notre pauvre raison ……
Vivez vos passions ! Jouissez sans entrave.
Avant de cliquer sur envoi, je note que vous n'avez répondu à aucun des éléments que j'avais pris la peine de présenter. Vous faites bien.
à Claude PELLETIER
De Ferdinand.Bardamu
11H56 | 31/07/2008 |
Entendons nous bien : je ne suis un pas un adepte du lissage doux de la pensée par manière policées interposées, mais suis un voyou qui manie l'invective et l'injure et nous n'avons donc rien à nous dire.
Ne vous approchez pas de moi car je considérerais cela comme un casus belli et ne répondrais plus de rien. Un homme averti en vaut deux.
à Ferdinand.Bardamu
De anar78
flaneur | 12H00 | 01/08/2008 |
Votre pseudo en dit long… Ah, j'en ai connu, des pseud-céliniens à la mords-moi-le-noeud, prenant l'invective pour un argument, la provocation pour de la distinction, et puis que dire, Céline écrit bien, mais comme disait Boris Vian, écrire merde une fois toutes les 30 pages c'est du génie, écrire merde 30 fois par page, c'est un procédé… Alors ne faisons pas de bagatelles pour un massacre, je n'ai pas vu un seul de vos posts qui exprime le début de l'ombre hésitante d'une pensée, vous aurez compris que je ne suis pas un anar de droite…
De pegaze
ingé | 13H32 | 29/07/2008 |
aujourd'hui parler de manière lucide du monde dans lequel on vit s'est prendre le risque de se faire rejetter. osez parler à voix haute des problèmes et vous voyez alors plusieurs personnes prêtes à vous rincer la tête de pensée commune car vous compromettez leur douce somnolence.
De Villo
Dessinateur | 13H42 | 29/07/2008 |
J'aime bien cette manière d'aborder le sujet. C'est sensible et intelligent. Cela témoigne d'une jolie ouverture d'esprit et d'un désir d'utopie sous-jacent me semble-t-il. La vie d'un homme qui se risque à l'exposition c'est compliqué car les embûches sont nombreuses ; Il y a les excès mais aussi les erreurs et les contradictions ; Il y a les fidélités et les infidélités mais aussi parfois les errements. Siné, lui,est d'une espèce devenue un peu rare et il ne veut pas se résoudre. Se résoudre à quoi ? Se résoudre tout court ! Siné ouvre sa gueule et la devise ni Dieu ni maître lui colle à la peau et lui va comme un gant. Siné, le dernier des anars ? …
De Jack Sullivan
en boule | 13H43 | 29/07/2008 |
Merci Thomas, ça fait du bien de lire ça après tant d'insanités et de croisades voguant sur l'eau tiède !
Penser tout haut et s'interroger, farfouiller et débattre, sont des réflexes plus vitaux que jamais. Rien n'est aussi dangereux que de choisir de ne déranger personne à aucun prix.
De nieuwendammerdijk
bilig et crayon | 14H09 | 29/07/2008 |
C'est bien exprime,senti.Merci.Dessiner,s'exprimer ce n'est jamais sans risques,sinon,ce n'est pas la peine.On en prend souvent plein la poire,mais au moins on sait pour quoi et par qui.
Il y a des compliments qui ne m'ont pas fait plaisir,mais des reproches que j'ai acclames.
De Bon Scott
14H20 | 29/07/2008 |
Thomas, avec son esprit ouvert, il ira loin le p'tit !
De uclu
14H41 | 29/07/2008 |
Merci.
De coolcool
épistémologue aventurier | 15H06 | 29/07/2008 |
Je crois que Siné s'est fait viré parce qu'il se marrait de ce que le fils Sarko se convertissait au judaïsme pour épouser une juive riche. Pourtant personne ne parle de cette histoire ? C'est vrai , ou c'était un canular ?
Si Siné se marre d'une histoire qu'il a complètement inventé, c'est pas bien. Si c'est vrai, il a le droit de se marrer. Le professeur Choron ne l'aurait pas viré, même si l'histoire est fausse.
Mais Philippe Val, cela se voit du premier coup d'oeil, n'a rien du professeur Choron.
Siné fut l'un des rares à dire qu'il aimait fumer et à raler contre la loi sanitaire. Griller des clopes ne l'empêche pas d'atteindre 80 balais et d'être toujours aussi vert. Le jeune Charb s'est répandu en imprécations contre les fumeurs, mais arrivera t-il à une telle longévité ?
Comme je suis du côté des fumeurs, je donne raison à Siné sans hésiter : je suis sur que le professeur Choron approuve mon raisonnement. Il n'aurait pas laissé a-Chat-Siné Siné par des pisse-vinaigre et des faux-culs.
Quant à BHL, je n'aime que sa femme. Avec plus d'élégance que son mari, elle avait traité avec respect Brigitte Bardot, l'antisémite bien connue. Quelle classe !
Dans une société en voie de nazification, les intellos qui n'ont rien de mieux à faire qu'assassiner les humoristes ne font pas honneur à notre pays. Ah ! Où sont les Sartre d'antan !
à coolcool
De nahera
16H38 | 29/07/2008 |
Il faut lire aujourd'hui l'origine de cette histoire sur le site « Arrêt sur images »
En fait il semble que le point de départ soit un article de Libé consacré à la visite de Sarko en israël
http://www.liberation.fr/actualite/monde/334081.FR.php
C'est dans cet article que P. Gaubert, président de la Licra « remarque qu'aujourd'hui, le fils de Nicolas Sarkozy, Jean, vient de se fiancer avec une juive, héritière des fondateurs de Darty, et envisagerait de se convertir au judaïsme pour l'épouser. “Dans cette famille, on se souvient finalement d'où l'on vient”, s'amuse-t-il. »
Instructif, non ? ? ?
Et encore plus instructif le fait que cet article ne soit cité nulle part…..
à nahera
De Jean-François@Carenton
19H24 | 29/07/2008 |
Tiens, un antisémite, un vrai, qui vient de montrer le bout de son nez. Le terme « instructif », cette allusion fine « qu'on » filtrerait la vérité (l'antisémitisme, c'est une culture de l'allusion, du gros clin d'oeil), qu'un certain lobby, j'ai des noms mais je vous fais pas un dessin…
Heurk. Couché, à la niche !
JFT_Charenton
à Jean-François@Carenton
De nahera
20H48 | 29/07/2008 |
? ? ? ? ! ! ! ! ! ! pas tout compris……
à Jean-François@Carenton
De lesuperdidou
Saltimbanque | 13H08 | 30/07/2008 |
« Tiens, un antisémite, un vrai qui vient de montrer le bout de son nez. »
Le jeu de mots et l'allusion sont plus que douteux !
…et pan sur les doigts !
à nahera
De rabouille
Musicien | 11H06 | 01/08/2008 |
Ah bien voilà qu'on met la main sur la source, enfin !
à coolcool
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 17H00 | 29/07/2008 |
Vos fumettes m'ont fait sourire. Pas votre chute.
C'est insupportable de parler de « nazification de la société », …
… car ce faisant, vous rendez insignifiant le nazisme.
Cela veut dire que le nazisme
qui est responsable de millions de morts sur les champs de bataille européens
et de millions de juifs, tziganes, démocrates assassinés dans les camps…
serait comme un simple concours de pets, une pochade grotesque de SS déguisés pour carnaval, une vulgaire démangeaison de l'entrejambe.
Je ne pense pas qu'on ait le droit de galvauder, amoindrir le langage et du coup de rendre les monstres bien plus doux !
Vous qui vous prenez pour un intellectuel de la plus belle eau, retournez à vos études d'épistémologie. Relisez Kant par exemple. Il fait toujours un tabac.
à Claude PELLETIER
De ogareff
19H31 | 29/07/2008 |
En toute honnêteté et connaissant assez bien l'histoire des années 30 et la montée du nazisme, je note quasi-quotidiennement des similitudes avec la politique de Sarkozy. Et soyez précis : il a écrit « en voie de nazification. » Exagéré et pessimiste, sans doute, mais pas complètement aberrant. L'an dernier, lorsque les sans papiers (femme chinoise, enfant ukrainien) se défenestraient pour échapper aux rafles (désolé je ne vois pas comment appeler ça autrement) de la police, on pouvait quand même légitimement établir des parallèles (toute proportion gardée, oui oui je vous le concède.)
…
à ogareff
De Claude PELLETIER
Retraité dans son jardin | 20H33 | 29/07/2008 |
Je suis sensible également à ces drames mais je me méfie des similitudes. Comparaison n'est pas (toujours) raison.
L'intention de nos politiques au pouvoir n'était pas d'assassiner ces malheureux. Le projet était de reconduire en dehors. Et ces personnes n'ont pas été poussées dans le vide.
Avant leur prise du pouvoir, les nazis se donnaient des formes d'organisation (groupes SA) pour poursuivre et assassiner leurs adversaires. Je crois me souvenir d'une évaluation de Marc Ferro parlant de plusieurs centaines d'adversaires, des socialistes, des démocrates, des syndicalistes tués par an. Ils étaient pourchassés jusque dans leur maison. Pour ces milices armées, il s'agissait de terroriser, de détruire l'opposition par l'élimination physique et la généralisation de la peur. Pas question d'emprisonner ou d'exiler, non tuer. Le droit : exit !
Ces précisions pour qu'on arrêter de galvauder les mots. Et pour douter de votre parallèle. S'il n'y avait dans la France de 2008 qu'une fraction de l'état de terreur fascistes des années 30 en Allemagne (et Italie), nous ne serions pas à bavarder aussi tranquillement vous et moi sur ce site. On devrait apprendre à se méfier de la milice locale, des voisins, et on ne lirait ni Libé ni Charlie ni Le Monde dont les locaux auraient brûlés. Et Le Figaro aurait peut-être du mal à survivre.
Cette exagération est grave à un autre niveau. En favorisant les analogies faciles, on se prive d'un regard suffisamment précis sur le monde d'aujourd'hui, on s'empêche de comprendre l'actualité … ce qui veut dire qu'on n'est pas prêt à trouver des parades, réagir à propos et à améliorer notre avenir.
Par rapport à l'immigration, ça fait un bail, Rocard avait commencé par déclarer que « la France ne pouvait recevoir toute la misère du monde ». On a souvent entendu cette déclaration tronquée que j'ai citée de mémoire. Mais on n'en a pas entendu la fin. Il avait poursuivi en disant que « la France —en raison de sa richesse économique— avait le devoir d'en accueillir une partie ». Le problème était donc de quantifier. Ce qui est possible ? souhaitable ?
On vit dans un pays où l'extrême-droite, appliquant une méthode classique, a semé une pagaille irrationnelle et animé la population française de façon négative contre ceux qui sont nés ailleurs et dont la France aurait besoin. C'est ce que l'on apprend en se renseignant sur la situation démographique de notre pays. Bien que présentant la meilleure natalité européenne, la pyramide des âges montre un déséquilibre structurel. Il n'y a pas assez de jeunes. On peut comprendre au passage pourquoi l'Espagne a trouvé intéressant de procéder à des régularisations massives.
Navré si je me suis un peu éloigné……
à Claude PELLETIER
De Yawn
Chomiste | 22H36 | 29/07/2008 |
Pas de quoi être navré. Ce texte de qualité a le mérite de remettre les choses en perspective.
Merci.
à Claude PELLETIER
De Alain Pacifique
09H22 | 30/07/2008 |
@ claude,
assez d'accord avec vous, n'empeche que la France est de moins en moins un exemple de démocratie, meme si la référence aux années 30 n'est pas d'actualité
De dalun
15H16 | 29/07/2008 |
re -merci pour votre sensible texte ,d'un humain réfléchissant ! ..créer c'est perdre (ai entendu cela ou lu ? ? ..), « condamné » à re-créer ….se dé-couvrir sans cesse , du lien , un fil de sens-lisible…
De macmich
16H23 | 29/07/2008 |
Excellent ! ! ! Tellement juste ! Merci !
De asozial
aus Berlin | 18H07 | 29/07/2008 |
considère, thomas, que la spécificité de cette époque est entre autres l'importance qu'à prise la « médiasphère » dans la prise en compte de la réalité.
mais il est facile d'y échapper malgré la capacité industrielle qu'ont désormais les autoproclamés faiseurs d'opinion d'imposer leurs points de vue.
suffit de pousser le bouton. la réalité reprend ses droits. nous lisons le canard enchaïné. BHL propagandise dans le désert.
les victimes sont consentantes.
De luatwork
Travailleur idéaliste | 17H01 | 29/07/2008 |
si en plus du dessin, M. Thomas nous gratifie de ses écrits régulièrement, ça nous fera du bien
bravo !
je n'ai pas osé me pencher sur l'article quand j'ai vu le nombre de commentaires, mais le titre de votre article m'a titillé, et apporté un peu de fraicheur sur le sujet
merci
De uclu
18H10 | 29/07/2008 |
La question reste que c'est la liberté sur le Net, qui se joue là dans cette affaire, et ds l'appui de notre ministre de la Culture à la position de Charlie, voir demain..
De P a z
21H39 | 29/07/2008 |
C'est un bel hommage à Siné et à la liberté.
Total respect !
De adrien.chinn
Hésitant | 09H56 | 30/07/2008 |
Comme la plupart des commentaires ci-dessus, je voudrais féliciter l'auteur de cette chronique, un très bon résumé de la réaction du citoyen lambda (plus ou moins), qui connaissait peu ou pas Siné (je suis de « 85), et surtout l'idée que je trouve très forte de forcer les gens à prendre position dans un débat qui dépasse le simple clivage antisémite ou non, même si il semble malheureusement un pré requis pour ouvrir le dialogue.
Cette idée de remettre en cause les fameux gardiens du temple, ceux qui se posent en défenseur absolus de la morale et qui usent de leur art verbal pour tenter de discréditer leurs opposants idéologiques. (Dont Val est un archétype parfait)
En ce qui me concerne (puisque bon, comme disait Desproges (GM) “mon avis est encore l'avis auquel je fais le plus souvent référence”), les critiques virulentes de certains emmènent à penser que l'antisémitisme est davantage dans l'œil de certains observateurs qui le cherchent à toute force que dans le texte de Siné.
En effet, au vu de la façon dont la phrase incriminée est tournée, il est difficile d'y voir une connotation antisémite, juste la description de Jean Sarkozy comme un opportuniste prêt à tout pour réussir son petit bonhomme de chemin.
On peut juger de la validité de ce propos, commenter le mauvais goût de parler la vie privée d'un individu (fut il le fils de notre Président), mais dire avec conviction qu'en écrivant cela, Siné implique que les juifs sont les maîtres occultes de notre pays, relève soit de la stupidité,s oit de la mauvaise foi.
Les attaques dont Siné a fait l'objet, outre le fait qu'elle repose donc sur un fragment de phrase dont l'antisémitisme est plus que contestable, relèvent souvent des raccourcis douteux dont on semble accuser Siné.
Un exemple m'a particulièrement frappé. Après lecture de différents éditos sur le sujet, un extrait de celui d'Alexandre Adler m'a particulièrement surpris. Au détour d'une phrase il compare en effet Siné à Papon, avec l'idée que l'excuse de la vieillesse est facilement utilisée par les défenseurs de Siné, qui avaient pourtant été peu cléments avec Papon, vieux également. (“Certains invoquent son grand âge, qui semble ne pas avoir joué à l'endroit de Maurice Papon”)
La parallèle me semble plus que douteux. En effet, si les deux ont été condamné par la justice, l'un l'a été pour incitation à la haine raciale, ou l'équivalent de l'époque, ce qui est odieux, condamnable et tutti quanti, mais qui relève tout de même fondamentalement de la connerie crasse ( nulle volonté de ma part de défendre ou d'excuser Sinè pour ces actes.)
On lui reproche également des amitiés douteuses, le nom d'un groupe “ Euro Palestine ” revient régulièrement à charge, au coté de noms de divers individus ayant tenus des propos au mieux douteux, au pire clairement antisémite, passant allégrement de la critique (légale, voire légitime) de l'Etat d'Israël, aux raccourcis douteux que je ne tiens pas particulièrement à répéter ici.
Mais de là a comparer Sinè à Papon, il y a un tout de même une sérieuse marge. Papon a été condamné (sauf erreur de ma part), pour crime contre l'humanité. Les deux individus ne sont donc pas comparables, tout comme Siné n'est pas comparable aux écrivains d'extrême droite d'entre deux guerres, dont certains ont tout de même été fusillés à la libération.
Après, j'imagine que certains bons mots passent mieux que d'autres.
Voilà donc ma (longue et après relecture, assez verbeuse) contribution à ce sain débat, et accessoirement mon premier post sur rue89, joy to the world !
à adrien.chinn
De lesuperdidou
Saltimbanque | 13H14 | 30/07/2008 |
« Cette idée de remettre en cause les fameux gardiens du temple, ceux qui se posent en défenseur absolus de la morale et qui usent de leur art verbal pour tenter de discréditer leurs opposants idéologiques. »
Retour à la case « Askolovitch » !