Mon message du jour : mais lisez de la BD, bordel !

Parlons de vous, un peu. Si vous le voulez bien, j'aimerais beaucoup vous lire me parler de votre rapport (ou non rapport) à la BD.

Pourquoi en lisez vous, pourquoi n'en lisez vous pas ? Qu'est ce que ça représente pour vous ? Êtes-vous de ceux qui lisent de tout, de ceux qui ne lisent que quelques genres bien précis ? De ceux qui n'en connaissent qu'un peu, de ceux qui en connaissent tout ? Y-a-t-il un rayon BD dans votre librairie ? Vous fait-il peur ? Finalement la BD, est ce bien sérieux ?

La bande dessinée, à mon humble avis, se destine à peu près à tout le monde, au même titre que le cinéma ou la littérature qui peuvent fournir à chacun, selon ses goûts, selon ses envies, un « matériau culturel » à se mettre sous la dent.

En ce qui me concerne, j'ai découvert la BD assez tard. Je veux dire que j'ai découvert ce qu'était réellement la BD, dans toutes ses dimensions, assez tard. Jusqu'il y a quelques années, pour moi, la BD était un art aussi respectable que les autres certes, mais dont je résumais assez aisément la dimension au génie de Franquin, à celui d'Hérgé, au dessin de Bilal, aux rêves de Pratt, à l'oiseau du temps de Loisel, ou à l'Incal de Moëbius.

Je réduisais les mangas à « Dragon Ball » sur du mauvais papier

C'était déjà pas mal. ça aurait pu être pire. J'étais toutefois assez inculte (je le suis toujours, ce qui m'oblige à un silence gêné dans bien des conversations avec des « collègues »). Je n'avais pas encore rencontré Gipi, Peeters ou Burns. Je réduisais les comics à Superman mal dessiné, les mangas à « Dragon Ball » sur du mauvais papier. Je ne savais pas. Je n'avais pas lu « Watchmen » [d'Alan Moore, ndlr], je ne soupçonnais pas Taniguchi.

Je ne savais pas parce que la BD n'existe pas vraiment dans le paysage culturel français, pas normalement. On lui trouve des figures, on expose des stars, on en parle un peu à Angoulême, on chronique de ci de là un album « important », on s'y perd.

Là où il y a dans un magazine dix pages de littérature, il y aura une demi-page de BD pour parler de l'album dont tout le monde parle déjà. Là où la télé va s'étendre sur tel ou tel thème politique, culturel ou social avec une dizaine d'auteurs « sérieux », la BD ne parvient que laborieusement à se trouver une place.

La BD n'a pas d'existence banale dans notre tradition culturelle, sinon à travers Tintin ou l'adaptation en BD de telle ou tel film, série ou phénomène. Un peu comme si on réduisait la littérature à Jules Verne et à la novélisation de Titanic.

Je ne sais pas si l'impression est la même pour vous mais, pour moi, pendant longtemps, alors que mon environnement culturel était ainsi rempli de romans, d'essais, de polars ou de films ou de documentaires… je ne pouvais me faire une idée de la BD qu'à travers ses principales figures ou par quelqu'un qui connaissait déjà.

Et pourtant, savez-vous que d'une semaine sur l'autre, si les classements des meilleures ventes de livres considéraient la BD, celles ci seraient plutôt très bien placées. Savez vous qu'un des livres qui se vend le mieux en France est une BD, plus précisément un manga, « Naruto ». On pourrait citer aussi Titeuf, Largo ou XIII. Malgré ce succès commercial, malgré ce dynamisme culturel, cette puissance économique au sein du secteur culturel, la BD ne sort pas beaucoup des publications spécialisées.

A l'occasion d'Angoulême, une fois par an, les grands médias s'ouvrent un peu à la bande dessinée. Ils vous expliquent alors qu'ils soutiennent la BD, alors même que tout le reste de l'année ils l'ignorent, la réduisant à quelques évidences de loin en loin.

« S », le chef d'oeuvre de Gipi, n'a pas fait la une de Télérama

Je voudrais vous parler de « S ».

« S » est un album d'un auteur italien, Gipi. Cet album est une merveille. L'un des plus beaux livres qu'il m'ait été donné de lire ces dernières années. Pouvez vous imaginer qu'un album comme « S » existe ? Un album dont la trame narrative est d'une ébouriffante complexité et d'une parfaite limpidité. Un album de ce genre, visuellement somptueux, modeste et virtuose au propos intelligent et fort, fait-il parti de ce que vous pensez pouvoir attendre de la BD ? Cet album m'a bouleversé. Cette bande dessinée, par son propos, son ton, la qualité de son écriture, la justesse des regards et des attitudes, m'a touché au coeur comme un film ou comme un roman. Elle me poursuit. Elle continue aujourd'hui encore de m'habiter. Elle est une oeuvre majeure. Parlez en à ceux qui l'ont lu, aux auteurs qui la connaissent et, en général, ils reconnaissent que cet auteur italien est grand, très grand.

Pourtant, Télérama, n'en a pas fait sa une (ou alors je suis passé à coté). La télé ne l'a pas invité, on n'a pas vu ses images dans nos magazines, personne n'a demandé à Gipi ce qu'il pense de ceci ou de cela. On est passé à coté. (Et pourtant, il faut bien reconnaitre qu'il y a un progrès, et que la BD dans sa diversité trouve de plus en plus sa place dans nos médias généralistes, rue89 en fait régulièrement la démonstration).

Il y a quelques années je serais aussi passé à coté de Gipi. Je serais passé à coté parce que personne ne m'invitais à aller y voir. J'avais ce que je connaissais, j'avais les romans (qui sont la base de mon alimentation culturelle), j'avais le cinéma.

Je n'avais pas pour la BD cette curiosité que j'avais pour le cinéma et qui m'a fait découvrir, à Nîmes, au sémaphore, mon premier Kitano. Cette curiosité que j'avais pour le roman et qui m'a permis de découvrir des écrivains du monde entier je ne l'ai pas eu pour la BD.

La BD existait dans son monde, à part. Avec ses libraires spécialisés, ses lecteurs exclusifs, ses dédicaces au rituels étranges. La BD ne m'était pas particulièrement familière. Puisqu'on n'en parlait pas comme on parle des autres « arts » sans doute était elle un truc à part. Sans doute qu'on l'avait ou pas et sans doute que je ne l'avais qu'un peu.

L'amour de ma vie, ma « muse » elle-même ne lit que très peu de BD

Comme je me trompais et comme, aujourd'hui, au milieu de cet univers que je découvre encore, je me réjouis de tout ce qui me reste à découvrir et à lire.

Alors, vous qui n'en lisez pas, expliquez moi ce qui bloque, dites moi, parlons en ! Est ce le prix ? Est ce le problème de la lecture de cette image avec ce texte (je ne plaisante pas, c'est parfois un vrai problème pour les gens qui n'en ont jamais vraiment lu, un problème de sens, d'ordre, de dissociation) ? Est ce que votre libraire est méchant ? Est ce que dans votre ville la fameuse diversité de la BD se résume à quelques best-sellers ? Et vous qui en lisez, dites leur, partagez ! Tout ceci étant dit, je peux maintenant l'avouer : l'amour de ma vie, ma « muse » elle-même ne lit que très peu de BD… On cherche encore ce qui pose problème. Je ne désespère pas.

► En ce qui concerne Sextape : ça avance (page 13)

Cliquez sur les dessins pour les agrandir

► En ce qui concerne la couverture de Rosalinde, on a tout recommencé ! ► S. de Gipi - éd. Vertige Graphic-Coconino - 200p., 17€.

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Portrait de dalun

De dalun

14H59 | 04/06/2008 | Permalien

bonjour ,il est vrai que j'ai un peu décroché de la bd depuis quelques temps , restant toutefois attentif aux tardi bilal (…) .je passe mais je ne vais plus mettre le nez dedans ,à la recherche de l'album , de l'auteur découverte …ma façon de lire a changé , l'orientation vers la lecture roman polar(nouveau )et auteurs singuliers ,vient en fait de ces piles de bd ,et autres , à suivre , pilote ,échos des savannes ,fluide g,(…) qui m'ont permis de découvrirs les auteurs et de m'intéresser à leurs oeuvres passant des heures en librairie…pour la musique j'ai gardé cette envie de recherche …, pour la bd , la mort de ces magazines m'a éloigné de son monde , éloigné pas quitté …j'en ai des piles , des étagères ! alors pas séparation mais plus l'info …là : s de gipi , vous me donnez envie , je fonce ! quand à naruto j'en parle à ma grande qui s'y connait en manga .amicalement .un lecteur .

Portrait de Tyb

De Tyb

(par ici, par là) | 15H27 | 04/06/2008 | Permalien

en même temps si Naruto était en première place des ventes de livre, je crois que ça me donnerait encore plus envie de chialer que pour Marc Levy et Anna Gavalda

Portrait de Ga

De Ga

Dessineux | 15H28 | 04/06/2008 | Permalien

« Cette bande dessinée, par son propos, son ton, la qualité de son écriture, la justesse des regards et des attitudes, m'a touché au coeur comme un film ou comme un roman. “

Voyez ? vous même, vous faites cette différence d'appréciation, tout etonné que vous êtes d'avoir put ressentir les mêmes sensations avec une BD, qu'avec un livre, ou film.
Il y a, sans doute, dans votre analyse, cette part de sous estimation de son travail propre a tout dessinateur de BD qui se respecte, mais selon moi, si le 9 e Art patit de cette réputation de ‘sous-culture de masse’, c'est à cause de la fracture du continium espace temps.

je m'explique.

La Bd a mis du temps à acquerir ses lettres de noblesse, et la reconnaissance du public en tant que tel, c'est trés récent, ça à commencé avec ‘A Suivre’, vers le début des années 80 à peu prés.
Jusqu'ici, malgré l'avénement de la BD pour adulte avec Pilote, L'Echo, ou Fluide Glacial, celle çi était considérée comme un ‘loisir’.
La BD a commencé à s'enorgeuillir d'un cercle trés restreint de passionnés, qui ne suffisait pas à faire vivre le marché de la BD, mais qui a eu le merite d'être fidele aux attentes de ses lecteurs.

Seulement voilà, nous sommes passé de la reconnaissance du public, à celle du marché beaucoup trop rapidement, à peine certains éditeurs s'enhardissait pour ce ‘noble art’, que le marché commençait déja à être submergé par une surproduction de qualité assez innégale.
Ce qui a aussi eu ses avantages, puisque la BD s'est ouvert à un plus large public.(plus grande diffusion, plus gros tirages etc…)
Au début, pour justifier cette ‘surproduction’, les éditeurs ont avancé l'argument suivant : l'argent de ces ‘produits’ allait servir à sortir et soutenir de jeunes auteurs ou des auteurs plus difficile d'accés, seulement, c'est resté à l'etat de promesse, et aujourd'hui, même un directeur de collection, intégre et passionné, voit son travail validé, ou non, par des commerciaux beaucoup moins scrupuleux sur la qualité, que sur la rentabilité, supposé donc.
Du coup, de nombreux editeurs sortent trois tomes d'une serie pour les arreter dés que les chiffres de ventes sont en deça de leurs ésperances.

Ce que le public à tendance à considerer comme du foutage de gueule.et à raison.
A ça on ajoute le monopole de certaines boites fusionnés, le fait que la Fnac ait décidé de regrouper ses achats pour toute la france en fonction des chiffres de vente régionales (alors qu'avant chaque vendeur pouvait decider de ce qu'il allait mettre dans son rayon), autant d'initiatives qui n'ont fait qu'empirer les choses et nuisent à la diversité des albums proposés.

Bien sur, tout n'est pas noir, et nous sommes pas les moins bien lottis en France, loin de là, mais tout cela participe à reduire la bande déssinée comme un simple objet de (sur)consommation.
Du coup le public est devenu beaucoup moins exigeant.
CQFD.

D'ailleurs les éditeurs le disent eux mêmes, nous ne sommes plus des ‘lecteurs’, mais des ‘consommateurs’…
ça change la donne quand même.

Edit : je rebondis sur le commentaire precedant le précedent, en effet, la mort de magazines BD y est pour beaucoup, les rares qui reste sont devenus des ‘vitrines’ de boites d'éditions, et ne presentent que peu, ou pas d'interet pour les lecteurs, plus de ligne editoriale, plus de complicité avec les lecteurs, juste quelques catalogues mis à votre disposition moyennant finance.

Portrait de NonooStar

à Ga Portrait de Ga De NonooStar

Informaticien | 15H49 | 04/06/2008 | Permalien

Je vous rejoins totalement et j'ajouterais qu'un des effets pervers de la surproduction a été un formatage des séries publiés. Les quelques fois où je m'attarde sur les présentoirs BD d'une FNAC, je trouve désolant le nombre de séries fortement inspirées (si ce n'est plagiées) de séries à succès. Ainsi le très bon Troisième Testament a engendré toute une série d'ersatz basant leurs scénarios sur des complots bibliques avec sociétés secrètes, etc… (et le Da Vinci Code n'a pas ralenti le mouvement). Le succès de Lanfeust de Troy a servi de calque à une innombrable quantité de séries d'heroic-fantasy humoristiques. Sillage a généré une série parallèle (les Chroniques de Sillage, je crois) pour profiter du succès de la série d'origine, etc…

Portrait de Ga

à NonooStar Portrait de NonooStar De Ga

Dessineux | 15H59 | 04/06/2008 | Permalien

EEEh oui.
Ou comment l'art sequentiel fait place à l'art de la sequelle.

Portrait de Prolo du livre

à Ga Portrait de Ga De Prolo du livre

12H39 | 05/06/2008 | Permalien

C'est bon Ga, t'as finit ton cours ?

« les éditeurs le disent eux mêmes, nous ne sommes plus des “lecteurs”, mais des “consommateurs”… »
Ca dépend de ce que tu considères comme éditeur (va voir les conceptions américaines de Publisher et Editor).
Je te met au défi de trouver un « vrai » (ou même une moitié d') éditeur qui parlerait des lecteurs comme de consommateurs. Oui, si tu considères Mourrad Boudjellal et Hervé de la Martinière comme des éditeurs.

« certains éditeurs s'enhardissait pour ce “noble art”, que le marché commençait déja à être submergé par une surproduction de qualité assez innégale. »
Quel catalogue, collection, thème, genre n'est pas inégal dans le Livre ? Tu as une explosion d'un secteur, tu as forcément une sur production, et donc une augmentation des trucs nazes (ou ce que l'on peut considérer comme tel).

« Au début, pour justifier cette “surproduction”, les éditeurs ont avancé l'argument suivant : l'argent de ces “produits” allait servir à sortir et soutenir de jeunes auteurs ou des auteurs plus difficile d'accés, seulement, c'est resté à l'etat de promesse »
Là encore, cela dépend de ta conception d'éditeur, c'est sur que le père Boudjellal va pas nous sortir le prochain Crumb… Par contre à L'Asso…
En plus, c'est un des fondements même du métier d'éditeur, certains ne les respectent pas…
Tu crois que Glénat a survécu comment ? Grâce à DBZ…

« le fait que la Fnac ait décidé de regrouper ses achats pour toute la france en fonction des chiffres de vente régionales (alors qu'avant chaque vendeur pouvait decider de ce qu'il allait mettre dans son rayon) »
Là encore tu te plante. La fnac a toujours centralisé ses achats ; ce n'est pas parce qu'ils ont créé Ariane qu'il y a eu un bouleversement de leurs habitudes de travail. Le seul choix laissé aux vendeurs (et je dis bien vendeur, la fnac n'a que très peu de libraire) est celui des ventes « minimes », par exemple les produits culturels régionaux.
Comment tu crois qu'elle pouvait proposer des prix faibles à l'époque ? En centralisant…

Comment je disais hier ? Ha oui : « Aussi prompte et rapide à juger ses contemporains que sûr de ses poncifs et ravi de balancer ses cours ? »

Portrait de Ga

à Prolo du livre Portrait de Prolo du livre De Ga

Dessineux | 14H15 | 05/06/2008 | Permalien

Je parle de ma propre experience bien sur, mais, de ce que j'en ai vu chez les éditeurs chez qui j'ai travaillé, Dupuis, Lombard, Albin Michel, La siréne, Danger Public, Le lézard,etc (Soleil je n'ai fait qu'y passer, mais bon, on connait le bonhomme…), ainsi que les journaux pour qui j'ai bossé, Spirou, Fluide, L'echo, Mickey, picsou, Psiko (ha non, pas lui tiens, là dessus Carali est un exemple),…etc, TOUS, je dis bien TOUS ont une armada de commerciaux decisionnaires, et ce n'est ni l'editeur, ni le PDG qui défend ton projet, ce sont les directeurs de collection,les editeurs sont devenus des actionnaires et, ne vous en deplaise, leurs critéres sont AVANT TOUT commerciaux.
Point barre.
Si l'asso est l'exception qui confirme la régle, les petits éditeurs indépendants, Cornelius,Paquet et autres ne font pas le poids, ne serait ce qu'au niveau de la diffusion.
Ils attendent tous patiemment de se faire racheter.

Et encore, même chez Fluide-Casterman-Flammarion par exemple, un jeune auteur voit son album royalement tiré à 3000 ex…pour toute la france.
En revanche ils vont sortir un maximum d'albums possible, réeditions à gogos et ex libris de folie.
La bas on priviligie la quantité d'albums sorti, pour être en tête à la rentrée.
J'pourrais te parler des auteurs « mis sous cloche », de l'industrialisation des techniques de création, des reventes de catalogues, des reseaux de soldeurs qui passent des contrats d'exclusivité avec les éditeurs…etc
Faut arreter de phantasmer sur notre pretendue formidable diversité,ce sont quatres multinationales qui se partagent le gateau de l'édition, ET de la diffusion, et quand tu as dit ça, tu as tout dit.

Pour exemple :
L'echo appartenait en partie à hachette,et Albin Michel qui l'a sabordé pour des raisons économiques bidons et sous pretexte qu'Hachette voulait priviligier le multimédia…pour finalement revendre le titre chez Glénat…diffusé par Hachette,et hop, les auteurs, et le catalogue avec, youpi.
Resultat, des auteurs qui se retrouvent managés par une nouvelle équipe, à l'opposé de l'etat d'esprit de l'Echo, qui sont là juste pour faire du fric.
Voici, un des nombreux exemples de comment ça fonctionne aujourd'hui.

Pour ce qui est de la centralisation des achats, encore désolé, je ne sais pas de quand date tes dernieres impressions, mais moi j'ai connu une époque ou les responsables de rayon etait partie prenante dans le choix de ces commandes, et pouvait faire un rayon consacré au roi Soleil si ça lui chantait,ou on pouvait laisser son fanzine en depot vente sur le comptoir, ce n'est plus le cas, aujourd'hui les commandes sont definies en fonction des chiffres de vente.
Si Leclerc et consort ont ouvert la BD à un plus large public, là aussi, le tri est trés selectif.

Du coup, les ptits libraires specialisées peinent à survivre, et se retrouvent souvent obligés de s'aligner sur la grande distribution, ou de fermer.
Et ça va pas s'arranger.

Il ne s'agit pas de vouloir etre elitiste non plus, au contraire, il faut cultiver cette diversité, mais en l'occurence, à l'heure actuelle le marché est monopolisé,formaté, et engorgé par une surproduction inutile qui ne laisse pas de place aux autres.
C'est peut être une vision un peu empirique, mais tu n'es pas obligé de la partager avec moi cher prol », tu peux même en avoir une approche sensiblement différente, que ça changerait pas grand chose en fait.

Allez,je te laisse t'amuser avec tes petites pastilles.

Portrait de Ga

à Ga Portrait de Ga De Ga

Dessineux | 14H34 | 05/06/2008 | Permalien

Ha et puis une petite anecdocte pour te donner une idée de la température qu'il fait dehors.

Je me souviens d'une remarque que m'avait fait un commercial de chez Dargaud-Lombard-Dupuis, à propos d'un album que je venais de livrer, et qui se passait en automne.
-« Mais pourquoi tu ne fais pas les arbres verts et le ciel bleu ? »

Moi, croyant à un test destiné à definir mon profil psychologique en vue de faire booster les ventes :
-« heu ben, pasque ça se passe en Automne ? »
-« Ha oui mais les lecteurs ont besoin de reperes, les arbres c'est verts, et le ciel c'est bleu. »

Bien sur je lui ais fait remarquer que sa remarque etait, à mon sens, complétement crétine, il l'a mal pris, arguant du fait qu'il avait vendu du « Asterix » dans son job précédent…

Ben en fait, ça m'a rassuré, parce que son collégue lui, c'etait des mercédés.

Portrait de Julien83

à Ga Portrait de Ga De Julien83

chroniqueur de Bande Dessinée au MA... | 03H05 | 06/06/2008 | Permalien

Excellente anecdote ! Tu devrais en faire un bon projet de Bande Dessinée… via ton blog par exemple (qui en fourmille d'excellents au passage, dommage que deux seulement en soit passés à l'album : les BLATTES(au Lombard)-qu'on ne peut recommander pour les nostaligiques du groupe de Margerin « Ricky Banlieue et ses riverains » avec Lucien), et le DIVORCE (au seuil).
Mais le coup des commerciaux dans la Bande Dessinée, ça c'est une idée à creuser !

Portrait de Ga

à Julien83 Portrait de Julien83 De Ga

Dessineux | 06H37 | 06/06/2008 | Permalien

Allons, allons Julien, tu t'emballes encore.
Les Blattes ne viennent pas du Blog, c'est un projet à deux, avec Mo donc, et le Divorce c'est une initiative d'editeur, et c'est pas le Seuil, c'est Danger public.
Ensuite tout ce qu'il y a sur les blogs n'est pas destiné à être publié, ce sont des « labos » avant tout.

De plus, la BD n'est pas mon activité préferée,ni principale, je trouve ça un peu trop laborieux à mon gout.

Portrait de Ga

à Ga Portrait de Ga De Ga

Dessineux | 08H05 | 06/06/2008 | Permalien

…Et avant de voir arriver l'inneluctable conclusion de tout echange entre auteurs-editeurs-lecteurs qui se respectent, à savoir, le concours de bites, il faut savoir que des auteurs BD en France qui ne vivent que de leurs droits d'auteurs, ça doit concerner 800 personnes, tout au plus.
Mais nous sommes des milliers à vivre sporadiquement du dessin, la carriére d'un dessineux est rythmé par de petites gloires, et de grandes fiertés, juste de quoi satisfaire son ego, et relancer la machine jusqu'a la prochaine sortie.
Et franchement, à l'heure actuelle, c'est déja un putain de luxe.

La Bédé, c'est un peu comme le saut à l'elastique, c'est ceux qui s'accrochent jusqu'au bout qui réussissent à s'en sortir.

Portrait de Julien83

à Ga Portrait de Ga De Julien83

chroniqueur de Bande Dessinée au MA... | 10H29 | 06/06/2008 | Permalien

800 dessinateurs ? Je pensais que c'était beaucoup moins, que ça se comptait sur les doigts de la main : Uderzo, Zep, Moebius-Giraud (je me souviens quand Lancelot me disait « on a eu une illustration de Moebius dnas Fluide Glacial au prix de 500€ », quand j'ai vu le dessin de Moebius - c'était pour une nouvelle de Léandri- Houla ! )
et Gotlib, éventuellement quelques « stars » de chez Soleil : Tarquin, Arleston, Barbucci et Canepas.
Mais là 800…hummmmm ! Bon on rajoute Marjanne Satrapi, Bilal, Tardi…perso, pour moi ça compte sur les doigts de la main, voir une deuxième.

Portrait de Ga

à Julien83 Portrait de Julien83 De Ga

Dessineux | 11H31 | 06/06/2008 | Permalien

Ben 800, c'est un peu comme les chiffres du chomage, on comptabilise les CDD et les interimaires arf arf !

En gros ça veut dire, que dans la conjoncture actuelle, il y a pas mal de « coups » qui permettent à de jeunes auteurs de s'assurer une petite retraite tranquille (Caméra café, etc…), mais la plupart du temps, c'est ponctuel.

Et ce dont tu parles avec Moebius, il s'agit d'une pige, ça n'a rien à voir avec les droits d'auteurs perçus sur les ventes d'albums,par contre c'est sur que c'est plus interessant, financiérement, de travailler pour la presse que pour l'édition.

Portrait de Julien83

à Ga Portrait de Ga De Julien83

chroniqueur de Bande Dessinée au MA... | 12H20 | 06/06/2008 | Permalien

Oui, c'est sur, ce que tu appelais l'alimentaire dans la Bande Dessinée, entre Caméra Café et autres via la collection Jingle(ou jungle) chez Casterman, et les fameux Guides ! (tu en avais fait quelques uns à la Sirène…)oui, ça permet une petite retraite tranquille.

Portrait de Ga

à Julien83 Portrait de Julien83 De Ga

Dessineux | 12H59 | 06/06/2008 | Permalien

Ha, mais les guides j'continue,(http://www.appartelier.com/blog2ga/),moi ça m'eclate, c'est même ce que j'prefere faire, mais c'est pas de la Bédé, et ça ne permet absolument pas d'avoir une petite retraite tranquille, on n'a jamais touché un centimes de droits d'auteurs sur ce genre de trucs, c'est les soldeurs qui se font du bénéf » là dessus.

Portrait de Julien83

à Ga Portrait de Ga De Julien83

chroniqueur de Bande Dessinée au MA... | 14H33 | 06/06/2008 | Permalien

Hoooo ! je vois ça ! tu les enchaines dans la qualité, comme dans la quantité. Mince alors ! sur un livre qui se vend le plus en rayon « bande dessinée » d'une Fnac ou d'un Leclerc ou Carrefour, tu ne touches pas un cent ? !
Maintenant on fait dans la Bande dessinée Soldée !
Genre le gros pack pour l'été ! Voir aussi le gros pack de la rentrée !
Tout est en package dans la bande dessinée : un intégrale au bout de trois livres, le coffret au bout de 5 avec une place pour un 6eme à venir, du package ! du package ! le tirage spécial du jour j et celui du lendemain, le tome 1 offert avec le tome 10…Remarque après ça fait genre « pouvoir d'achat » sur la Bande Dessinée.

Portrait de Julien83

à Ga Portrait de Ga De Julien83

chroniqueur de Bande Dessinée au MA... | 10H22 | 06/06/2008 | Permalien

OOps, j'ai cru que « Danger Public“était une collection des éditions du SEUIL. mauvas emballage de ma part.
En tout cas, dans ton labo, il y a de bons projets.
Par contre, tu pourras me dire si ‘Les Neuneus’ (avec Folie Privée au scénario)c'est prévu à la ré-édition sous peu chez Glénat pour ‘Vents des Savanes’ ?

Portrait de Ga

à Julien83 Portrait de Julien83 De Ga

Dessineux | 11H15 | 06/06/2008 | Permalien

Nan.

Portrait de Prolo du livre

à Ga Portrait de Ga De Prolo du livre

15H58 | 05/06/2008 | Permalien

Merci O Grand Sage de me laisser faire mumuse…
Ca te vient d'où ce délire de persécution sur les « ti points rouge ?
Ha oui, nan s'cuze, avec toi c'est “point barre”.

Bon, on reprend :
D'abord, on parle de groupes éditoriaux, ou d'éditeurs ? Faut peut être savoir, et à ce moment là, on fait attention au vocabulaire. Tout tes exemples sont des maisons “façades”, appartenant au choix, à MDS, Hachette ou U.D., pas franchement représentatifs de ce que peuvent être “un éditeur”, et ce n'est pas une situation nouvelle non ?
En plus, t'es pas très clair sur Diff/Distrib, on peut être indé, et être diffusé ET distribué par un groupe…
“Ils attendent tous patiemment de se faire racheter.” Racheter, ou se faire diffuser/distribuer ? C'est quand même pas la même chose, appartenir ou avoir une plus grande visibilité ?
Et la Diff… Tu crois que sans Diff, un éditeur, quel que soit son profil et sa taille, peut se taper tout les libraires de france ? Va expliquer chez Makassar qu'ils ont un pouvoir décisionnel sur l'éditorial qu'ils diffusent, et qu'ils sont les méchants de l'histoire, tu va te faire recevoir !

“des reseaux de soldeurs qui passent des contrats d'exclusivité avec les éditeurs”
M'étonnerais qu'il y ait des contrats pour ce genre de choses étant donné que c'est illégal (dans le livre, Loi Lang).
T'as l'air de dire que c'est mesquin d'être tiré à 3 000 exemplaires ? C'est juste le tirage moyen en littérature, à peine plus du double en BD…

Et les tiennes d'impressions sur la fnac ? 1954 ? Ariane a presque dix ans, et les réorganisations des achats depuis les années quatre vingts… De mon expérience, je n'ai jamais vu un zine à la fnac.
Quand tu me sors que les petits libraires spécialisés (en BD ? ) peinent à suivre… Tu peux dire ça au libraire BD installé en face de la fnac qui lui a fait énormément de mal à Avignon, aux Cas'A Bulles installés dans les Dom, etc. ? Pourquoi il s'ouvre des librairies BD dans toutes les villes ?

Là où on est d'accord, c'est sur la baisse de niveau de la prod., et son formatage. Là où on ne l'est pas, c'est aussi sur les causes ; tu sembles t'attaquer, comme souvent les auteurs, et journalistes, aux éditeurs, du haut de leurs certitudes.
Alors que les auteurs devraient eux aussi se remettre en question de temps en temps.
Mais visiblement, c'est pas ton genre.

Edit : Concernant les réseaux de soldeurs, les contrats peuvent exister mais la législation étant très très très restrictive (pour quelques temps encore, Attali compte passer par là) c'est plus emmerdant qu'autres choses…

Portrait de Ga

à Prolo du livre Portrait de Prolo du livre De Ga

Dessineux | 16H03 | 05/06/2008 | Permalien

Resumons donc,
Les commerciaux, et les PDG ont un droit de regard sur les produits qu'ils vendent, soit, mais quand leurs décisions sont motivés par des critéres commerciaux, cela à des repercussions de l'imprimeur jusque dans l'atelier de l'auteur,et la qualité de la prod baisse effectivement et si on ne parle pas de Dargaud, dupuis, Lombard, Casterman,Fluide, Vents d'Ouest, Glénat, Delcourt, Soleil, etc, on parle de qui alors ? , c'est quand même un bon pacson des productions non ? assez representatif du panel de BD le plus vendu, et , ils appliquent tous ce genre de procédés, c'est devenu la norme.
Et l'exemple du sabordage de l'Echo demontre bien à quel point les interactions entre éditeurs (Albin et Glénat) et diffuseur (Hachette), peuvent avoir des conséquences sur le contenu, et la ligne editoriale d'une collection (vents des savanes, donc), et que ce soit chez l'echo, Fluide, ou Spirou, cela concerne une bonne partie de notre « patrimoine d'auteurs »

Il s'agit pas de faire le nostalgique a deux balles, mais cette politique editoriale est autant responsable du succés de la BD qu'elle l'est de la baisse de sa qualité.
Je ne dis pas non plus que c'est nier l'impact des reseaux indépendants, ni des initiatives d'editeurs intelligents, mais il faut admettre que que cette politique à des conséquences desastreuses sur le millieu de l'édition, et tout le monde en patit, editeurs y compris.

Quant au tirage moyen, tu te gourres, aujourd'hui si tu veux etre visible 3000 c'est pas suffisant, chez Lombard, ils sortent moins d'albums, mais tire à 15 mille, c'est trop, mais c'est ce qu'il faut pour faire connaitre un auteur.
On en arrive à ce genre d'innégalité absurde.

J'ai DEPOSE des fanzines dans des Fnacs,il y avait meme tout un reseau de fanzines, et prods indé qui s'entraidait pour aller les deposer en stock, dont les requins marteaux, Blanquet, etc.
Ca plus la tonne de libraires specialisées, aujourd'hui disparus pour la plupart (je persiste).
Quant à Makassar, merci, je connais les loustics, j'ai aussi été diffusé par eux, et j'en rigole encore.

C'est donc beaucoup plus difficile de « placer » un projet perso, que de livrer un « produit » bien formaté comme y faut,et il faut bien manger, la nourriture,c'est comme la remise en question, elle est innhérente au processus de création, et en ce qui me concerne, tant que tu essayes pas de peter plus haut que ton cul, que tu arrives a vivre de ta passion en faisant ce qu'il te plait, c'est ce qui peut t'arriver de mieux.
Et en general, je fonctionne sur un pied d'égalité avec mes éditeurs,c'est un boulot à deux, et je respecte le sien.

Mais bon, je comprends que tu defendes ton bifteck, c'est de bonne guerre.

Edit : et j'te met une pastille pertinete sur ton dernier post, tu vois j't'aime bien au fond.

Portrait de Ga

à Ga Portrait de Ga De Ga

Dessineux | 16H08 | 05/06/2008 | Permalien

ReEdit : Pour les soldeurs, tu peux trouver des albums sortis il y a trois mois, genre toutes les sous prods de Soleil, vent d'ouest etc, et l'auteur (jeune en general) ne touche rien là dessus, c'est comme les contrats ou tu commence a toucher tes droits d'auteurs à partir de 15mille ex vendu, avec un tirage à 3000ex, ça aussi c'est en train de devenir une norme.

Portrait de Prolo du livre

à Ga Portrait de Ga De Prolo du livre

09H02 | 06/06/2008 | Permalien

Effectivement, pour Soleil, même à la parution, tu peux les trouver chez les soldeurs (il y a encore quelques années)… Ce qui est totalement illégal (délai d'un an de la parution à la solde, Attali veut ramener ce délai à six mois)… Mais on ne dit rien au principal fournisseur de volume de chez Hachette, propriétaire du club de rugby de Toulon, et fossoyeur de Futuropolis, hé… on bosse avec Gallimard…

Pour les contrats d'auteurs que tu décrits… Et ben, on appelle pas ça des contrats d'édition… C'est limite du compte d'auteur !

Portrait de Ga

à Prolo du livre Portrait de Prolo du livre De Ga

Dessineux | 09H44 | 06/06/2008 | Permalien

Ha je suis bien d'accord, c'est même carrément l'arnaque, mais renseigne toi un peu, tu verras que ce type de contrats sont trés repandu, et encore, les pourcentages varient entre 3 et 7% selon les éditeurs.
Mais les avances de droits, elles, varient entre 3000 euros, et 16000 pour le dessinateur de BD lambda.
C'est de ça qu'on vit d'ailleurs.

Parceque attention, je ne dis pas que « ces » éditeurs sont forcément représentatifs de toute une profession,, ni qu'ils sont tous pourris, ou qu'ils pratiquent tous ce genre de procédé illégal, mais ce sont des tendances qui ont eu une facheuse propension à se généraliser.
Il est là aussi l'aspect pervers d'un secteur qui marche.

Non seulement ça decredibilise le marché, mais en plus, avec toutes ces fusions, et ces rachats compulsifs, c'est leur indépendance, et celles des auteurs qui est menacé et tout ces exemples sont assez symptomatiques des conséquences qu'a pu avoir cette politique economique sur NOS professions.

Portrait de NonooStar

De NonooStar

Informaticien | 15H38 | 04/06/2008 | Permalien

Avec un oncle (très) collectionneur et passionné de BD, j'ai nagé dedans depuis ma plus france entendre (petit hommage à Hergé). J'en ai énormément lu durant mon enfance et mon adolescence et si ma passion est restée intacte, mes achats et mes coups de coeur sont devenus moins fréquents pour la simple raison que je suis devenu plus exigeant.

En outre, j'ai trouvé mon bonheur dans la frange indépendante du comics américain avec évidemment Watchmen, V pour Vendetta et From Hell d'Alan Moore (bien qu'il soit anglais), les Sin City de Frank Miller, l'univers ésotérico-scientifico-gothico-bourrin de Mike Mignola (Hellboy et ses dérivés ainsi que l'excellent Homme à Tête de Vis) ou les scénarios mélangeant culture pop et vitriol de Warren Ellis (les premiers Authority, Planetary et l'ultra-méchant Transmetropolitan).

Portrait de Tyb

à NonooStar Portrait de NonooStar De Tyb

(par ici, par là) | 16H34 | 04/06/2008 | Permalien

Ce qui est flippant dans Transmetropolitan, c'est de le relire aujourd'hui et de constater les parallèles quasiment prophétiques avec Katrina et le comportement de Bush

Portrait de NonooStar

à Tyb Portrait de Tyb De NonooStar

Informaticien | 16H48 | 04/06/2008 | Permalien

En effet…
Et il faut espérer qu'on ne flippera pas encore plus en constatant des parallèles entre la Bête/Bush et son successeur, le Sourire, quel qu'il soit…

Portrait de parti

De parti

punishment park | 16H05 | 04/06/2008 | Permalien

mon rapport avec la bd a évolué avec le temps qui passe, elle est un jalon de ma vie « intellectuelle ». comme tous les kids, astérix et tintin m'ont botté…et puis un jour…blueberry, la claque ! contrairement à mes potes, je n'appréciais guère les comics. à l'adolescence, ce fut un nouveau choc avec tardi et adèle blanc-sec…dès lors, le mal était fait…mes études d'histoire m'ont aidé (un temps) à apprécier la bd historique (genre série glénat), peu aparavant liberatore et fluide glacial m'avaient définitevement tombé dedans…cette époque, je l'observe avec tendresse, pleine de contradictions (j'avais tendance à « consommer » plutôt que rechercher…).plus les années passent, même si je reste fidèle à blueberry ou ranxerox,je me tourne vers une bd plus « adulte », plus intime… c'est un enchantement lire sfar, blain, david b ou catel…il n'empêche que je regarde avec bienveillance un ado lisant nash ou carmen mccallum…quand il me parle d'heroic fantasy et de manga,là, je suis à la ramasse…enfin, si j'utilise parfois des extraits de bd dans mes cours, c'est peut-être parce que ça signifie beaucoup pour moi et que c'est un support parfois « intelligent »…
mais je m'aperçois que je suis devenu grave sérieux…donc c'est décidé, ce soir je m'enquille un édika et un vuillemin (ah raoul teigneux contre les druzes….un régal)

Portrait de Courageux-Anonyme

De Courageux-Anonyme

16H09 | 04/06/2008 | Permalien

-Bonjour… je m'appelle Courageux… et… euh… et je suis bédéphile…
[en coeur] : Bonjour Courageux !
-ça fait maintenant 2 mois et demi que je n'ai pas mis les pieds dans une librairie… et ça va… je tiens le coup.
*Clapclapclapclapclapclapclap*

(c'est mon rapport à la bd du moment… et à mon portefeuille : p)

Portrait de parti

à Courageux-Anonyme Portrait de Courageux-Anonyme De parti

punishment park | 16H16 | 04/06/2008 | Permalien

choeur…bonjour courageux…en ce qui me cocerne, j'ai du essuyer les quolibets de mes potes lors de mon déménagement il y a peu…lourdes tes bd ! de plus ma chérie surveille le budget…et voudrait m'astreindre à une bd par moi…heureusement, il reste la bibliothèque pour découvrir…

Portrait de Julien83

De Julien83

chroniqueur de Bande Dessinée au MA... | 18H01 | 04/06/2008 | Permalien

Les médias ne boudent pas tous la Bande Dessinée … pour preuve : tout les vendredis sur PUBLIC SENAT …à 22h20 (en gros), la plus fantasmagorique des émissions 100% consacrée au 9eme art : UN MONDE DE BULLES présenté par Jean-Philippe Lefèvre. Avec en troisieme semaine un portrait complet d'un dessinateur dans son atelier, dans son environnement.
Dans mes lectures rien n'empêche d'aller vers les grands classiques jusqu'aux contemporains, tout genres.
J'avoue soutenir plus la bande dessinée d'humour.
Mes dernières lectures que je retiens en ce moment, dans le récent : Franquin : Chronologie d'une oeuvre (de l'inédit total, tout savoir sur l'univers du dieu ! ), Le Tombeau de Champignac (Spirou & Fantasio par … Tarrin & Yann). SUPERDUPONT (to6 par Lefred-Thouron, Gotlib & Solé ) , BIOTOPE 1&2(Appollo et Bruño), La Véritable Histoire de FUTUROPOLIS (Cestac), Out of Picture (collectif des dessinateurs des studios Blue Sky : l'Âge de Glace), Sketchbook de Peter de Seve. Mais il y en a d'autres : Pascal Brutal, Les Voisins du 109 , Cosmic Roger, Forbidden Zone etc…
Par contre, il y a bien des bandes dessinées à mettre à la poubelle directement, passage au pilon, un feu de joie : toute la collection « jingle » de chez Casterman, en collaboration avec TF1 et France télévision : Candeloro, Joséphine Ange-Gardien, Fort Boyard, Kho Lanta, Pierre Palmade etc… toute la pipolerie, Coffe inclus dedans ! Qui peut croire que Eve Angeli fait dans le scénario de Bande Dessinée ! STOP ! Halte à la Bande Dessinée qu'on doit lire en buvant un coca !
Le pire, c'est qu'elles sont en promotion à la télé, des animateurs comme Fogiel, Durand, Ardisson, dont la connaissance ne dépasse pas le niveau zéro. j'ai encore plus honte avec Ali Badou sur Canal+… il est doué en littérature, mais la Bande dessinée, c'est à revoir.

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