
Après Cannes, place au plus petit festival de BD du monde
Où l'auteur découvre que le temps passe
Cannes est terminé, le mois de mai touche à sa fin, juin arrive et je suis dans un état de bordel avancé en mode angoisse.
J'ai terminé (enfin) « Sextape » il y a maintenant plus d'une semaine, je planche sur de nouvelles histoires qu'il faudrait que je raconte, j'ai très envie de vacances, je regarde ma fille grandir, je savoure le soleil qui se montre enfin et le PPPIFBDM (Le Plus Petit et Plus Informel Festival de Bande Dessinée du Monde) approche à très grands pas.
On ne voit pas les choses venir. Elles sont loin d'abord, puis, tout d'un coup, les voilà qui sont là, au coin de la rue, prête à vous sauter à la gueule et vous laisser étourdi par le bonheur ou démoli par l'échec.
C'était déjà comme ça pour le bac, qui arrivait vite, comme ça pour les examens en droit, les années filent bla bla bla. Ah ! ma bonne dame ! Tout ça tout ça…
Quand on monte un festival, aussi petit et informel soit-il, on fait comme on peut, on se bat avec des dossiers administratifs dont on ne comprend pas grand chose, on monte des budgets, on cherche des financements, on construit une affiche, on essuie des refus pour des motifs inattendus, on rencontre des gens, on harcèle de mails, on se perd, on se retrouve, on souffle puis, soudain on réalise qu'on y est presque, que c'est demain.
Au coin de la rue, vous dis je, au coin de la rue.
Où l'auteur tente de conjurer le sort
Le PPPIFBDM commencera le vendredi 12 juin et se terminera le dimanche 14. Je pense qu'il passera en un clin d'oeil, je prie pour le soleil, on devra peut être faire avec la pluie, je prie pour le public, on devra peut être faire avec les amis.
Dans tous les cas il faudra que ce soit une fête, il faudra être léger (mais aussi profond), il faudra donner envie de BD à ceux qui connaissent comme à ceux qui ne connaissent pas.
Il faudra y croire seul si nécessaire. Mais ce ne sera pas nécessaire. Les choses s'annoncent belles, modestes, très modestes, mais belles et surtout généreuses. Depuis les rencontres à la médiathèque carré d'art de Nîmes jusqu'aux élus langladois en passant par les auteurs, ça y est, tout le monde est motivé !
Où l'auteur parle des auteurs
L'avantage d'être un festival tout petit, d'être indépendant de tout le monde et d'être soi-même auteur, c'est qu'on a pu choisir.
On a pu choisir uniquement des gens que nous avions envie de voir. Uniquement des gens que nous avions envie de partager, des auteurs que nous ne connaissons pas forcément personnellement, dont nous ne savons pas grand chose sinon que leur travail nous intrigue, nous intéresse et nous fait vibrer ou rire. Des auteurs faciles à partager, aussi « difficiles » paraissent ils.
Nous avons fait le pari que la qualité se voit, se partage et donne envie.
Nous avons l'espoir qu'à Langlade les gens seront heureux et curieux de ces traits si variés et si nombreux, nous avons l'espoir qu'on viendra de loin pour rencontrer Christophe Gaultier, pour boire un café avec Bastien Vivès, pour se plonger dans le trait de monsieur Pimpant, pour parler des histoires avec Kris ou Christophe Dabitch.
Nous savons que ceux qui seront curieux seront récompensés par la performance d'un AK le samedi soir ou par le plaisir de découvrir enfin le troisième tome de « Rosalie Blum » de Camille Jourdy (ou les trois d'un coup, ce qui est encore mieux ! ).
Nous ne craignons pas de décevoir avec des talents aussi formidables tels que Marion Montaigne ou Erwann Surcouf, nous sommes heureux que Nicolas Wild ou Jérômes d'Aviau ancrent le festival dans le réel avec autant de talent, nous sommes heureux pour ceux qui auront droit aux dédicaces de Joël Alessandra, Bandini ou Cafard, heureux aussi pour ceux qui découvriront la générosité de Thomas Allart, et le trait somptueux de Léopold Charniot.
Où l'auteur pratique la méthode de Monsieur Coué et présente des vidéos absurdes
C'est donc relativement confiant, faisant mine d'ignorer les problèmes de budget et d'organisation, que je continue, avec mon ami Sebastien Vassant (qui sera là aussi), de monter tout ça.
On trouve même le temps de s'amuser avec les auteurs, de les transformer en lecteurs sans image de leurs propres BD pour permettre au public de faire connaissance avec eux, de découvrir qu'ils parlent italien ou qu'ils sont passés maître dans l'art de la mise en scène subtile ou grotesque. (Voir les vidéos)
Camille Jourdy se glisse dans sa couverture…
Ak nous fait son top insultes (issues de son blog)
Sebastien Vassant est en mode OSS117
Pimpant fait des mots de son blog un rap étonnant
Toutes les vidéos sont là, vous y trouverez du Rosalinde en mode Blair Witch expressionniste, du Goût du chlore en italien ainsi que les vidéos de d'Aviau, Montaigne et Alessandra.
Où l'auteur vous invite à le suivre
Alors si vous êtes un peu intéressés par la BD ou si vous ne demandez qu'à l'être, passez nous voir, c'est totalement gratuit, le programme est riche, c'est plus accessible et beaucoup moins guindé que Cannes et le palmarès sera totalement indiscutable : les auteurs gagneront à la course en sac, à la courte paille ou par les votes du public (le plus bel auteur du festival sur la base d'autoportraits).
Pour la polémique il y aura bien le meilleur absent de l'année sur une sélection très prochainement rendue publique et qui sera désigné par les auteurs enfermés dans une villa de luxe dans une pièce sombre et humide, après moults tractations, copinages et très probablement corruption.
J'espère qu'après notre palmarès il y aura de grands débats et que certains riverains s'empoigneront à ce sujet.
► PPPIFBDM (Le plus petit et le plus informel festival de bande dessinée du monde) au château de Langlade (Gard), à Nimes et aux alentours - du vendredi 12 au dimanche 14.
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De hershellgordon
20H01 | 25/05/2009 |
sacré thomas ! perso…je ne pourrais pas être dans le gard ce week-end…j'enrage ! mais bon un coup de folie…en tout cas…plein de bonnes choses au pppifbdm !
et banzaï !
edit : rosalind vaincra !
De Raslacouette
. | 13H19 | 26/05/2009 |
A la question :
« Si tu devais ne garder qu'un album de BD dans toute l'histoire de la BD ce ne serait pas quel album (par exemple) ? “
La réponse de l'un des présidents du PPPIFBDM est :
‘Alors ce ne serait pas A travers moi’ de Thomas Cadène , car pour moi le meilleur de l'histoire de la BD serait sans nul doute ‘Rosalinde’ de Thomas Cadène.”
Pas besoin de corrompre le jury Thomas !
à Raslacouette
De Thomas Cadène
(auteur)
Dessinateur | 13H29 | 26/05/2009 |
ben le problème c'est que le seul prix qui ne sera pas absurde ou sportif sera celui du meilleur absent (donc remis à un album d'un auteur qui n'est pas là par les auteurs qui sont là) donc je compte beaucoup sur la corruption de manière à renflouer les caisses du festival.
Dans ce portrait chinois de Proust Bastien Vivès répondait aussi à la question :
Es-tu plutôt content d'être co-président du PPPIFBDM ou vraiment
content ?
« Je ne me prononcerai qu'une fois le festival fini, comme cela je serai à même de savoir si ce que je ressens actuellement face au pppifbdm est sincère ou non. “
Mais je pense que la réponse qui pourrait le plus bouleverser l'histoire de la BD est sans nul doute celle qu'il fait à la question : Si tu étais un insecte, serais-tu content ? à laquelle il répond :
‘Un insecte assez cool genre mante religieuse, hanneton, coccinelle… ouais ça pourrait le faire’
Pour ceux qui ne comprennent pas cet échange tout est là :
http://www.toujoursverslouest.org/pppifbdm/index.php ? p=2
Ak, quand à lui, avait répondu à la question sur l'album qu'il ne garderait pas :
‘Ça ne serait pas la bd sur Bigard, par exemple. Non, y'a pas de blague.’
à Thomas Cadène
De Raslacouette
. | 13H41 | 26/05/2009 |
: ) Le ton est donné à travers ces portraits chinois et les vidéos ; à n'en pas douter, le PPPIFBDM est placé sous le signe du sérieux et de l'austérité !
La courte paille et la course en sac, sont des gages assurés de rigueur et d'impartialité.
Après « La plus émouvante clôture de festivals du monde », nous comptons sur toi pour nous faire part du palmarès.
Joyeux festival à vous !