
A l'expo Denis Robert, petits fours et mises en examen à gogo
« Alors, ça y est ? T'as été mis en examen ? » C'est comme ça qu'on vous parle à la galerie W. Dans l'ordinateur de l'entrée, on inscrit ses coordonnées. Puis s'affiche un message : « Bravo, vous avez été mis en examen ! » Puis la photo de Denis Robert.
Oui, on parle bien du Denis Robert, journaliste, celui qui avait promis de ne plus jamais parler de Clearstream (la société de compensation qu'il a accusée d'avoir dissimulé des opérations illégales, ce qui lui a valu de longs bras de fer judiciaires).
Des petits fours, des femmes en robe bustier et des gens avec des accents
Denis Robert ne parle plus de Clearstream, mais il expose des toiles inspirées de listings. On a reçu une invitation sous la forme d'une « ordonnance de placement sous contrôle judiciaire » (« une idée de la galerie »), des « œuvres de Denis Robert » pour un vrai vernissage, avec des petits fours, des femmes en robe bustier et des gens avec des accents.
« La liste des parties civiles, c'est au fond à droite », dit quelqu'un. C'est aussi le nom du tableau d'1m70 sur 2m10 sur lesquels des noms sont écrits entre des lignes de listing. « Les Parties civiles » coûtent 10 000 euros. Aujourd'hui, Denis Robert vit mieux de ses peintures que de ses livres. (Est-ce que cela nous renseigne sur ses talents, ou sur les marchés de l'art et de l'édition ? )
Sur un tableau, un grand graphique montrant des relations entre des banques et des acteurs du marché, parfois des noms qui n'ont rien à voir. « C'est quatre heures de jus de crâne ».
Sur d'autres, il se raconte entre des lignes de listings. Il parle de sa voisine qui fait la vaisselle dans son grand T-shirt mauve. S'il était son mari, il soulèverait son T-shirt. « Je traîne, je bois de bières, je regarde le foot à la télé. »
Journaliste d'investigation ou artiste mégalo victimaire ?
Entre deux lignes de listing, sa petite écriture manuscrite pose la question : « Comment j'ai fait pour me retrouver là sur ce mur ? » On se demandait aussi.
Journaliste d'investigation ou artiste mégalo victimaire, c'est d'ailleurs toute l'ambiguïté de Denis Robert. On ne sait plus bien ce qui importe, lui ou ses dossiers.
Pour les fans, c'est la même chose. « Pour les novices, ça a une certaine esthétique, ils n'en comprennent pas la portée, ils ne voient pas le double fond », explique un membre de son comité de soutien qui ne préfère pas donner son nom.
Coup d'œil sur les tableaux. « Là on est au cœur de la finance mondiale. » Il demande si on a les DVD. « On peut les trouver sur le site de son comité de soutien. »
Denis Robert se décline sur tous les supports. Dès l'entrée, à gauche une vidéo d'une chanson de « Denis Robert et les Luxembourgeois ». A droite, une grande photo de Denis Robert à côté de laquelle pose le vrai Denis Robert, en train de manger un petit gâteau (un financier pardi ! ).
A des amis, il parle de son prochain procès (le 16 octobre), de Clearstream. Mince, il a dit le nom dont il ne devait plus parler. Il se reprend. « J'avais dit que je ne prononcerai plus ce nom-là, mais c'est parce qu'on en parle. »
► Denis Robert. exposition à la galerie W - 44, rue Lepic - Paris XVIIIe - jJusqu'au 30 octobre - tlj. de 10h30 à 20 h -plan
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De Eric citoyen
"Casse ta tv" c'est ta seule chance... | 11H54 | 11/10/2008 |
Denis ROBERT est bien la preuve que dans notre système « démocratique ? » il y a quelque chose de bien pourri !
J'ai peut être mal compris l'affaire … mais je cherche toujours une enquête officiel sur le sujet Clearstream ?
Non pas l'affaire Clearstream … attention … non non ! le mode de fonctionnement de Clearstream, c'est de cela dont je parle
Surtout que dans notre pays on ouvre des enquêtes , des commissions, on fait rapport pour bien moins que ça ?
Alors bravo Denis ROBERT !
Bésitos
Eric Bloggeur Citoyen
http://monmulhouse.canalblog.com/archives/2008/10/11/10909657.html
De yan
loin | 12H40 | 11/10/2008 |
moi j'ai le mien
http://cgi.ebay.fr/Le-T-SHIRT-Travailler-pour-Denis-ROBERT_W0QQitemZ2602…
De zorbek
13H38 | 11/10/2008 |
« A l'expo Denis Robert, petits fours et mises en examen à gogo »
Vous êtes sure que ce n'est pas plutôt :
» A l'expo Denis Robert, petits fours et gogos mis en examen » ?
De Valdo Lydeker
journaliste, auteur | 13H45 | 11/10/2008 |
Je trouve le ton de l'article assez méprisant et pour tout dire un peu désagréable. parce que moi, ce qui « a frappée, dans cette expo, c'est l'acharnement du bonhomme et sa capacité à rebondir : quand il bosse sur l'affaire clearstream, il le fait à fond, et en paye le prix. Et quand il se met à la peinture, il bosse aussi, et fait aussi une œuvre plastique avec des éléments forts et réussis - et des textes bien plus intéressants et émouvants que les extraits hors contextes cités ici. Et pas seulement un pince fesses mondain pour ses fans, comme le laisse entendre l'article !
De Weatherboy
Comédien dans un système oligarchiq... | 19H02 | 11/10/2008 |
Le morceau en début de vidéo m'a rappelé ce titre d'Arca, un groupe de post-rock qui avait déja composé un morceau sur fond de paroles de Denis Robert, pas sur qu'il soit à l'expo pourtant il était beaucoup mieux : -)