
Réforme des universités : gare à la politique du pire
Quels peuvent-être les scénarios à partir de la situation qui s'est enclenchée dans les universités ?
Imaginons d'abord que le mouvement étudiant s'essouffle et que la loi sur l'autonomie soit appliquée, alors le paysage universitaire français deviendra plus lisible. L'inégalité, aujourd'hui connue de tous, de la valeur et de la qualité des diplômes délivrés par les établissements d'enseignement supérieur sera explicite. Les formations qui sélectionnent le feront ouvertement ; les équipes qui disposent des moyens pédagogiques et scientifiques d'un encadrement et d'une formation de bon niveau pourront afficher leurs réussites.
Des établissements universitaires y trouveront les ressources pour poursuivre le cercle vertueux qu'ils auront amorcé, leurs Ecoles doctorales signeront leur marque de fabrique ou, si l'on veut, leur identité intellectuelle. D'autres établissement devront se centrer sur des formations courtes et ils pourraient découvrir, du moins peut-on le souhaiter, qu'une formation universitaire de premier cycle sincèrement pluridisciplinaire, c'est-à-dire si elle n'est pas verrouillée par le cap des concours de recrutement du second degré et de l'université, peut devenir un projet intellectuel de très haute tenue.
Imaginons que le mouvement étudiant parvienne à paralyser le gouvernement et que l'autonomie universitaire connaisse le même sort que le contrat première embauche. Dans ce cas, deux scénarios sont imaginables.
Le scénario de l'abandon de la loi
Le premier, beaucoup trop caricatural, peut prendre la forme d'une réaction lue sur le blog toulousain de Libération. Elle consiste à recommander à François Fillon de laisser tomber cette loi qui n'est qu'une source de complications, puisque les grandes Ecoles et les formations à l'étranger suffiraient largement à combler les besoins nationaux en matière de reproduction des élites diplômées. Et tant qu'à faire, autant que la Ministre de l'Enseignement supérieur rende à sa collègue des Finances les cinq milliards programmés sur la législature pour le financement additionnel des universités ! L'excès est insignifiant, mais il désigne peut-être un horizon. Non, les grandes Ecoles et les séjours à l'étranger ne suffisent pas.
Des statuts dérogatoires, au coup par coup ?
Mais, et c'est le scénario qui me semble vraisemblable, si le gouvernement devait enterrer son projet, rien n'interdirait aux présidents de quelques établissements de solliciter du gouvernement un statut dérogatoire, comme ceux dont bénéficient Paris IX Dauphine ou l'université de technologie de Compiègne.
Ces nouveaux candidats au statut particulier pourraient être d'autant plus portés à cette démarche qu'ils auraient de longue date, ou beaucoup plus récemment, établi des passerelles crédibles avec certaines des Grandes Ecoles, ou des Instituts d'études politiques. Cette procédure consisterait, en fait, à élargir de façon contrôlée et limitée la base étudiante des Grandes Ecoles, sous couvert de partenariats Université-Grandes Ecoles.
Elle permet de pérenniser le système à deux vitesses qu'administre l'Etat en France, depuis plus de deux siècles. Elle crée vraisemblablement les conditions d'une inscription de certains de ces établissements dans les classements internationaux. Elle trouve son point d'équilibre dans la définition d'une population étudiante sensiblement plus nombreuse que celles des Ecoles traditionnelles, mais maîtrisée, par numerus clausus, à la dimension jugée la plus efficace pour l'établissement et la plus profitable pour les étudiants. Elle transfère aux universités concernées la culture du concours et de l'hyper sélection, qui est le propre des Grandes Ecoles.
Le pire des cauchemars
Il est, à ce propos, particulièrement piquant d'entendre que l'on s'indigne de la perspective d'une possible université à deux vitesses, dans un pays qui a établi dans le cadre de la République le système dual le plus rigide, pour ne pas dire le plus impitoyable, de toute l'Europe.
Si tel devait être le cas, les étudiants mobilisés contre la loi d'autonomie risqueraient d'accoucher du pire de leurs cauchemars.
Notre pays a confié aux Universités la collation des grades, aux Ecoles la sélection, aux organismes la recherche. Jusqu'à présent, toutes les démarches qui ont été entreprises pour renforcer les universités ou pour réintégrer en leur sein l'ensemble des fonctions et des capacités se sont trouvées mises en échec. La gauche s'y est attelée ; la droite s'y est attelée. Les ministres ont été remerciés sous les huées, ou condamnés à une prudence complice. Ne jouons pas, une fois encore, la politique du pire.
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De
18H35 | 14/11/2007 |
Bravo !
Merci d'expliquer en quoi se battre contre l'université à deux vitesses qu'instaurerait cette loi est absurde dans un système absolment et injustement dual aujourd'hui entre grandes écoles et universités ou universités parisiennes / universités de province.
En tant que normalien, je profite (aux détriments des étudiants des facs) d'une forme d'indépendance de mon école, qui permet (outre la sélection, qui donne de la valeur à mon statut) des moyens et des situations d'enseignement incomparables (qualités des cours, des locaux, bibliothèque ouverte jour et nuit, etc.).
Ces avantages ne sont possible que parce que l'ENS LSH (mon école) disposent de moyens et d'une relative autonomie que n'ont pas les facultés.
Refuser encore une fois cette loi mènerait à accroître ces inégalités (dont encore une fois, moi, comme tous les élèves des grandes écoles profitent).
Optons donc pour une évolution vers le haut, plutôt que le maintien d'universités dans l'état misérable où elles sont.
PS : Pourquoi le site rue89 ne traite pas de ces problèmes mais n'est que le lieu d'évocation des différents incidents liés au manifestation ? J'attendais plus d'objectivité : les étudiants et leurs « représentants » syndicats ne se battent pas par définition pour des justes causes. Attention…
Je tiens à préciser en tant qu'étudiant, rattaché à aucun parti politique, que le refus de cette loi dans le milieu étudiant, n'est pas du tout aussi évident que ne l'affirment les médias.
Si certains cèdent à la peur (= l'université va être rachetée par Total et Coca Cola), tous n'y cèdent pas.
De
19H50 | 14/11/2007 |
Le constat de Schaub est convaincant. C'est aussi pourquoi on n'a pas vu beaucoup d'universitaires prendre ouvertement le parti des étudiants - sauf ceux choqués, à juste titre, par la violence des CRS comme à Nanterre.
Cela dit, la violence de certains militants dans certaines facs ayant voté pour le débloquage n'a rien à leur envier.
Allez les gars, on range le « grand soir », et on construit une contestation solide, organisée, crédible, constructive.
De
20H26 | 14/11/2007 |
…mais le Snesup-Fsu, principal syndicat des enseignants du Supérieur, s'est prononcé pour l'abrogation de la LRU et vient même d'ouvrir un site internet dédié aux mobilisations : http://www.universite-democratique.org/
Bonne lutte aux étudiants !
De
11H00 | 16/11/2007 |
La supériorité des universités américaines crève les yeux si vous allez au MIT ou Harvard ou Berkeley ; mais il faut reconnaitre que l'université lambda du Visconsin n » a pas un meilleur niveau que nos facs…qui sont, il faut le dire en majorité et à part qques formations bien ciblées d'un niveau lamentable.
Le manque de concurrence et la décentralisation du recrutement conduisent en effet à une cooptation des enseignants fondée plutôt sur des motifs politiques que sur leurs compétences. L'ennui, c'est que la loi Pécresse introduit d'une part, une concurrence non régulée entre les universités, ce qui va rapidemment provoquer l'écroulement d'une majorité d'entre elles ; alors tous les étudiants voudront aller vers qques pôles d'excellence vite saturés ; d'autre part, le reste des étudiants ( qui n'auront pas accés à ces pôles pour des raisons financières et/ou de niveau )vont se retrouver dans des universités - poubelles qui continueront leurs pratiques de cooptation de plus belle ( avec une différence toutefois : une majorité d » enseignants ne sera plus recrutée seulement sur pression politique, mais aussi par copinage avec les personnalités extérieures du privé entrées au Conseil d'Administration de la fac ).
En bref, comme disait, il y a qques mois ,le seul prix Nobel d'économie français Maurice Allais dans « Le Monde », la « chienlit politico- financière “ d'aujourd'hui va s'étendre à l'Université , provoquant sa crise de la même manière que le FMI a, par sa politique ultra- libérale , provoqué la crise de la plupart des pays dans lesquels il est intervenu ; la concurrence n'est une bonne chose que lorsqu'elle est régulée ! ! Sinon, c'est la Mafia, on le constate partout ( Russie ect..)
Et je ne vois pas en quoi cette crise douloureuse pour l'Université sera salutaire pour l'éducation ou la nation : elle ne contribuera qu'à accentuer les différences de niveau qui existent déjà aujourd'hui entre Grandes écoles et la plupart des Universités.
De
20H31 | 14/11/2007 |
Ceux qui veulent connaître les dangers que la LRU fait courir à l'Enseignement supérieur, peuvent lire l'analyse succincte qui en est faite par une tendance du Snesup-Fsu : http://www.emancipation.fr/emancipa/IMG/pdf/loi_pecresse.pdf
Bonne lutte aux étudiants !
De
11H09 | 15/11/2007 |
En tant que dirigeant d'une Grande Ecole, je ne remercierai jamais assez l'unef et autres « étudiants professionnels » (parfois, devrait-on vérifier leur statut supposé d'étudiant, d'ailleurs…) de leur sabotage : depuis que les Facs sont bloquées (du moins, les plus mauvaises, condamnées à moyen terme, inexorablement : les Tolbiac, Nanterre et autres), c'est un afflux de candidatures futures pour nos GE. La réforme Pécresse est une bonne réforme. Si elle permet de sauver les 30 bonnes facs des 55 autres canards boiteux qui condamnent le système universitaire français, ce sera déjà ça de gagné… Donc merci aux agitateurs professionnels et vraiment désolé pour les vrais étudiants en quête de devenir et d'avenir. Mais les provocateurs s'en foutent, eux, ils se recaseront comme permanents à la LCR…
De
13H37 | 15/11/2007 |
Je doute qu'un « dirigeant de Grande Ecole » (les grandes écoles ont des directeurs) puisse tenir des propos aussi agressifs vis-à-vis d'Universités ou de partis politiques quels qu'ils soient. On devrait vérifier le statut de dirigeant de cet auteur anonyme d'ailleurs ! Ce soit-disant « dirigeant » ne mérite même pas les 30 secondes que je viens de passer à écrire ce commentaire ; je plains sincèrement ses élèves et collaborateurs.
Le système des Grandes Ecoles, au sein duquel j'ai été formé, est effectivement une particularité française. Il ne faut pas oublier qu'elle est intrinsèquement lié à un réseau de « corps » qui structurent l'activité économique, politique, sociale de la France (corps des Mines, corps des agrégés, etc…). Ces lobbies soutiennent le système des Grandes Ecoles qui n'est pas seulement un moyen de produire une élite, elle sert également à ce que ces élites aient le sentiement de partager des valeurs communes et à créer des connivences.
Opposer Université, Grandes écoles, organismes de recherche n'est pas productif. Attiser les rancoeurs, les déceptions, les jalousies ne fait pas progresser. Il faut par contre traiter un vrai problème qui est : 1) tout enseignant aimerait avoir des étudiants de qualité, motivés, et bien adaptés aux filières 2) le nombre d'étudiant a augmenté de façon faramineuse, les débouchés n'existent pas toujours.
On met beaucoup d'argent dans les grandes écoles pour former des gens que l'on a excessivement sélectionné à l'entrée et on se gausse d'avoir produit une élite à la sortie ; où est le mérite ? La solution est sans doute de sélectionner partout, dans toutes les formations, de proposer toutes sortes de formations de façon à ce que tout le monde y trouve sa place, et de mettre autant de moyens que dans les grandes écoles ; la réussite est alors assurée, pour tous.
De
20H55 | 17/11/2007 |
je suis enseignant-chercheur dans le réseau Polytech.
Nous sommes des écoles d'ingénieurs universitaires, nous sélectionnons mais n'avons pas « la crème », nos cursus sont professionalisés, nous avons plein de boursiers crous, d'étudiants africains, les étudiants sont encadrés, les enseignants-chercheurs sont des universitaires ordinaires,
membres de labos où nos équipes sont mixtes avec les enseignants d'UFR. On est ni riche ni pauvre, on travaille juste correctement.
Bref, ** un truc qui marche ** , pas cher et efficace,
dans les universités.
marc
De J.S.
12H32 | 15/11/2007 |
Cher Camarade (camarade normalien, pas camarade révolutionnaire…)
Permettez-moi de vous rappeler que vous êtes payé pour étudier come je l'ai été moi-même, et duement sélectionné par concours. Imaginez maintenant un système où la sélection de fait par le prix à l'entrée. Got it ? Oui, c'est l'exact contraire de ce que nous avons connu.
Ensuite, j'espère pour vous que vous êtes scientifique, et non littéraire.
Car vous comprendrez les grands malheurs qui s'abattent sur nous et vont se trouver démultipliés avec la loi Pécresse quand vous chercherez un poste de maitre de conférence à l'université …quand vous accéderez au statut envié de « jeune chercheur“- c'est-à-dire de précaire - dont il ne faut pas espérer vous débarrasser avant 35, voire 40 ans.
D'ailleurs, allez plutôt faire de la recherche dans le privé, si vous pouvez : vous doublerez votre salaire, au moins, par rapport au public.
Cela, bien sur, si vous êtes scientifique. Parce que la science et le marketing, tout le monde adore : ça rapporte. Quant à la socio, elle permet de savoir à qui s'adressed la pub, c'est utile. L'Etat comme les sponsors privés seront toujours prêts à investir un peu.
Mais langues, lettres, philo ? Conscience ? tout le monde s'en fout.C'était déjà pas brillant avec l'Etat. Alors avec Coca-Cola…
à J.S.
De
21H02 | 17/11/2007 |
Coucou
Science on s'en tape, c'est dépassé, c'est un truc de blouses blanches. C'est technologie qu'on veut.
La différence, c'est qu'on a retiré la conscience, et qu'on a ajouté le powerpoint et l'argent.
Aller faire de la recherche dans le privé ?
Il faudra chercher, parce que le privé n'en fait pas des masses, de recherche.
La sélection se fera par le prix. Il suffit de taper « top up fees » sur wikipedia. Les frais d'inscription sont de 4800 euros/an en Angleterre (certes, prêts etc…). Le point intéressant est qu'en 2010 ça doit être déplafonné.
Valérie vous attend au tournant le 32 juillet prochain, en souhaitant que vous soyez parti en vacances…
marc
De J.S.
13H01 | 15/11/2007 |
D'ailleurs… il me vient une idée : si vous pensez profiter de votre solde « au détriment des étudiants de fac » pourquoi ne pas généreusement en faire don à l'Université de Lyon, par exemple - je suis sûre qu'elle en fera bon usage.
: -)
Pardonnez ma hargne, mais je suis en train d'assister à la destruction totale et massive du système qui m'a permis d'accéder à un semblant de culture et de faire des études alors que, d'un point de vue social, c'était loin d'être acquis pour moi au départ.
Qu'arrivera-t-il, maintenant aux lycéens de ZEP, devront-ils uniquement s'en remettre à la charité des Grandes Ecoles qui leur feront des concours rien que pour eux (comme Sciences Po), ou de bienfaiteurs particuliers qui espèrent un renvoi d'ascenseur dans les 20 ans suivants, comme pour les mandarins chinois d'il y a trois siècles ?
Car il faut être d'une désopilante naïveté pour penser que les droits d'inscription ne vont pas littéralement s'envoler dans les cinq ans qui viennent.
Et dans les 5 ans qui viennent, vous n'aurez plus de solde à donner.
à J.S.
De
18H00 | 15/11/2007 |
Tout à fait d'accord avec toi J.S ! Moi même issu d'un milieu plus RMIste qu'ENArque, je me demande comment j'aurais fait s'il avait fallu que je m'acquitte des droits d'inscription à la fac, dont on sait qu'ils seront le premier facteur de sélection si on laisse la loi LRU en place. Malgré la bourse universitaire ridicule dont je bénéficiait et mes deux travaux d'étudiants je n'arrivais pas à vivre correctement une vie d'étudiant : étudier dans des conditions normales (quand on sort du bouleau à dix heures chaque soir de la semaine c'est très dur de se remettre à travailler ses cours, le week-end étant le moment priviligié pour faire le plus d'heures de smic possible…), pratiquer des activités aussi luxueuses que les bars, boîtes, restos, cinéma, bref avoir l'impression de vivre et non de survivre dans un pays ennemi !
Une piste peut-être : Cuba offre aux étudiants étrangers issus de milieux défavorisés des études gratuites… Dommage que je ne l'ai appris qu'après avoir fini mes 5 ans d'études, j'aurais sans doute profité de cet éphémère espace d'égalité sans équivalent. Viva la revolucion !
Une chose est sûre, avec le recul je me dis que j'aurais bien mieux fait de fuire à l'étranger le plus tôt possible, au lieu d'essayer de construire une vie dans un pays qui fait tout pour que je la gâche !
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 11H46 | 17/11/2007 |
Les étudiants ont raison de se battre contre un paysage universitaire qui reponds à une logique du marché - comme celle que vous pronez. La culture et le savoir scientifique ne doivent pas devenir des denrées qui se vendent au même titre que d'autres biens. Puisque vous êtes - en partie - au salaire de la Fondation Ford, s.v.p. ne vous mêles pas de ce qui ne vous regarde pas.
De compte supprimé14
19H05 | 14/11/2007 |
Hypothèse numéro 1 : je suis chercheur en nutrition dans une université financée par Danone et je dis tout le bien que je pense des produits laitiers.
Hypothèse numéro 2 : je suis chercheur en nutrition dans une université financée par Kelloggs et je dis tout le bien que je pense des céréales bourrées de sucre.
Si je dis le contraire, dans les deux hypothèses, on me cloue le bec.
Aux Etats-Unis, sur le site www.cspinet.org, vous avez la liste des universités financées par les grands groupes. Lorsqu'une étude de « scientifiques » est publiée, rien de plus simple, vous allez sur le site, vous vérifiez le nom des industriels qui l'ont financée. Et ces chercheurs sont déshonorés.
Imaginez quand le logo Areva s'affichera sur le fronton de la Sorbonne.
Une « évolution vers le haut » ?
à compte supprimé14
De
23H08 | 14/11/2007 |
Excusez le manque d'accentuation, je suis prof. dans une uni. aux USA, et je tape sur un clavier amerlo. En effet, ce que decrit « Babou » est plutot juste - et d'ailleurs bien plus sournois ici, dans notre realite quotidienne. Later….
à compte supprimé14
De
12H34 | 15/11/2007 |
Excellent commentaire ! Pour une fois qu'il y a une remarque sensée sur les conséquences de la loi Pécresse.
De compte supprimé14
19H18 | 14/11/2007 |
Autre question : pourquoi les enseignants ne bougent-ils pas ?
à compte supprimé14
De
19H53 | 14/11/2007 |
Voir la réponse plus haut (« réaliste et lucide »). Votre naïveté quant au danger de « privatisation » est désarmante. Avez-vous lu ce qu'on dit ici ou là des universités dans d'autres pays que la France (fondations allemandes, américaines, etc.) ?
Les étudiants ont tout intérêt à attendre et à mettre en oeuvre une contestation constructive, avec des contre-propositions qui pourront ensuite être reprises lors de négociations avec le gouvernement, ou lors de la prochaine alternance.
à compte supprimé14
De
20H35 | 14/11/2007 |
La preuve en est ce site ouver par le Snesup-Fsu, principal syndicat des enseignants du Supérieur : http://www.universite-democratique.org/
Bonne lutte aux étudiants !
De compte supprimé14
21H12 | 14/11/2007 |
Epatant ! mais qui donc va aller visiter votre site ? Intervenez dans les médias. Téléphone, mails…
Les « grands médias » ridiculisent les étudiants.
Aidez-les. Vous êtes les seuls à pouvoir le faire
De Rastakouer
19H37 | 14/11/2007 |
Trés bonne question Babou…. Je me demande bien..
Il n'est pas juste de dire que du fait que le monde universitaire est déjà bourré d'inégalitées, il faudrait d'emblée accepter cette loi. Le devoir d'analyse doit être fait objectivement dans les deux camps. Cette loi est-elle bénéfique pour le milieu universitaire en général ? Je ne sais pas.. Personne n'en parle clairement, et je n'entends que des lieux communs anti-sarko contre des remarques fatalistes du genre « on a plus le choix, faut faire comme ça sinon on va déperir. »
De FREDERIC 67
20H14 | 14/11/2007 |
parce qu'on travaille pour appliquer la loi et qu'on se tape la tête contre les murs : comment
faire mieux :
à coût constant (alors je ne sais pas opù passe les milliards en plus ! )
avec toujours plus d'étudiants
tout en devant :
supprimer toute idée de sélection mot tabou
et au contraire lutter contre l'échec
alors que en première année de licence la moitié des étudiants ne savent pas rédiger correctement un texte de deux pages ! ! ! ! ! ! ! !
De Auclat
20H43 | 14/11/2007 |
Ce texte est simpliste, et au final mensonger.
Ce n'est pas parce qu'il y a déjà des inégalités qu'il faut renforcer ces inégalités (c'est ça cette loi ! ).
En tout cas, bravo aux étudiants qui se mobilisent pour l'abrogation de la loi LRU et pour de meilleures conditions d'études !
Et bravo aux profs qui commencent à se mobiliser avec eux. Tous ne sont pas défaitistes…
De
22H37 | 14/11/2007 |
Bonjour,
Les enseignants sont majoritairement contre cette loi qui créée en effet, des inégalités inssupportables et donne dangeureusement plus de POUVOIR aux Présidents d'Universités, sans régler aucun problème !
La mobilisation contre cette loi est très justifiéée…
il faut qu'elle soit abrogée…ensuite se mettre autour de la table pour des pistes plus utiles..
De
23H10 | 14/11/2007 |
Relativement juste mais la loi Pécresse mettrait-elle fin au système duale qui existe aujourd'hui ? Quid des formations jugées peu rentables par les financeurs (à cet égard les propos de notre président sur la filière de Lettres sont tout simplement odieux).
Ce n'est pas cette loi de plus qui changera grand chose. Il faut de véritables états généraux de l'Université pour qu'enfin tous les acteurs (enseignants, chercheurs, étudiants, partenaires publics et privés) se parlent et trouvent des solutions ensemble !
Le mouvement des étudiants est peut-être une caricature mais il ne fait que répondre à la caricature gouvernementale. Gouvernements de ministres incompétents et en réalité peu à même de décider de quoi que ce soit, et dirigé par un président profondément aussi inculte qu'anti-intellectuels.
5 ans de perdus en perspective !
A.B. (un étudiant à Sciences Po Grenoble et en Licence d'Arts du spectacle)
De
01H09 | 15/11/2007 |
J'ai cru être dans une bonne école parce qu'il y avait une sélection à l'entrée. Mais ayant des parents qui ont trouvé les moyens de me permettre de faire ces études sans que j'aie vraiment conscience de leur coût, je ne me suis pas rendue compte tout de suite qu'une autre sélection s'était opérée, par l'argent.
Et du coup, là où je croyais trouver des gens intelligents et travailleurs je me suis trouvée entourée de gamins immatures ne connaissant pas la valeur de l'argent et se croyant plus intelligents que leurs profs, puisqu'on leur avait inculqué la haine des profs, assimilés soit à des gauchistes soit à des incompétents qui s'étaient retrouvés là parce qu'ils n'avaient pas su faire carrière en entreprises. De leurs doctorats et autres diplômes, ils n'en avaient cure, ils ne prenaient au sérieux que ceux qui avaient fait auparavant la même école, ou une « mieux classée ».
J'ai été extrêmement déçue du niveau dans ces écoles qui se vantent d'avoir un taux de placement exceptionnel. A la fin des deux années de préparation intégrée, la direction a décidé de mettre une dictée obligatoire pour l'entrée en cycle ingénieur. Ce qui me semblait un minimum pour prétendre à un diplôme d'ingénieur leur a paru scandaleux. Savoir écrire français ne leur semblait pas nécessaire.
Et le pire dans tout ça, c'est que ces gens ont de meilleurs salaires que des universitaires dont l'intelligence m'inspire le respect.
C'est vraiment une caste de riches qui s'entretient, faisant croire que c'est le mérite qui les amène à gagner confortablement leur vie quand c'est en fait l'argent de leurs parents et l'entretien d'un réseau de relations bien placées.
Même quand on nous parle d'être arrivé à la force des poignets (cf Nicolas Sarkozy ou Rachida Dati) il s'agissait plus de lécher les bonne bottes et de sortir dans les bons endroits que de travail personnel et d'acharnement à se sortir de l'ignorance.
D'ailleurs aucun élève de grande école ne me contredira, on entre dans une grande école pour son réseau plus que pour la qualité de l'enseignement qui y est dispensé, des nos jours. Les dirigeants d'HEC ne s'y trompent pas, qui utilisent cela comme leur principal argument pour attirer les meilleurs élèves… qui en ressortiront avec un lavage de cerveau capitaliste du meilleur effet sur les recruteurs du privé.
De
01H52 | 15/11/2007 |
Analyse lucide et empreinte d'authenticité.
merci.
De Sebly
Intermittent de la recherche | 10H41 | 15/11/2007 |
Bravo pour votre post. Vous résumez à merveille l'un des problèmes fondamentaux de la formation des cadres et ingénieurs français qui, à mon sens, plombe la France.
J'ai travaillé l'année dernière dans le temple de la super recherche Française soit-disant d'excellence (CEA).
Y rentrer avec un parcours strictement universitaire est extrêmement difficile. Les grilles de salaires, à Doctorat équivalent, sont ajustées suivant le parcours réalisé avant la thèse (ENS=X=centrale=mines>>autres écoles >>>>>>> université)
Bref, j'ai travaillé avec des jeunes sortant de ces grandes écoles, et préparant un doctorat de sciences.
Bien que très sympathiques, ces jeunes présentent des troubles de l'égo absolument déplorables. D'une part il vivent dans une espèce de bulle ou tout leur semble dû. D'autre part, leur formatage (très visible) se traduit par une quasi-impossibilité de travailler en équipe. En effet, ils ont toujours raison, et n'acceptent pas les conseils (voire pas du tout si le conseil arrive d'un universitaire). Bourrés de théorie, ils sont de bien piètres manipulateurs. L'échec de l'expérience ratée est très mal vécu, et c'est souvent la faute des autres si ça loupe. Assurés de leur avenir, car Papa sera toujours derrière, ils présentent un niveau de créativité faiblard, pour ne pas dire ridicule.
Conclusion pour ma part : des esprits bien remplis c'est clair (type machine à recracher du par-coeur) , mais totalement déficients en terme de créativité et de relations sociales nécessaires à toute forme de recherche réussie. Et je ne parle pas d'un très grave problème d'orgueil et de considération pour les autres classes de la société.
à Sebly
De romi45
découvre l'information | 12H05 | 15/11/2007 |
j'ai un peu oublié d'aler a l'ecole, mais j'essaye de rattraper le retard maintenant.
je travaille et je manage des eleves de grandes ecoles et je dois avouer que fair eun powerpoint son et lumiere ils font ca beaucoup mieux que moi.
Appliquer concretement la theorie ils ne savent pas faire.
ceci s'applique pour 80% d'entre eux, je suis tombé sur des gens venant de grande ecoles qui etaient tres competents, humains, intelligents.
à Sebly
De
12H05 | 15/11/2007 |
Pour avoir côtoyé pendant des années, dans un labo de recherche, des Collègues issus des Grandes Ecoles je dois dire que cette analyse virulente contient quelques éléments de vérité, par exemple la faiblesse en tant que manipulateurs et des difficultés à travailler en équipe, mais il ne faut pas tomber dans le caricatural, leur créativité est largement comparable aux universitaires purs. J'aurais tendance à penser que l'énorme effort effectué au moment des concours, à une période où l'on peut être déjà très créatif (mais oui) émousse sérieusement les esprits.
L'opinion communément répandue que les Grandes Ecoles forment l'élite de l'élite et les Universités le tout venant est ridicule. On pourrait citer des prix Nobel totalement universitaires. Ce système dual est un très gros problème en France, mais je ne sais pas comment en sortir tant il est vérouillé. A côté, les « régimes spéciaux » c'est de la rigolade.
geo63