Débat sur les universités: il existe un monde extérieur

Le développement de la protestation contre la loi Pécresse, votée l’été dernier au Parlement, suit son cours. L’essoufflement relatif du mouvement étudiant, par le refus d’un unanimisme construit sur des bases radicales, menace. C’est pourquoi, une partie du corps enseignant et des chercheurs des grands organismes prend le relais. Une fois levés les blocages des établissements, ceux des enseignants-chercheurs qui souhaitent manifester leur opposition à la LRU peuvent ainsi se compter comme grévistes et le déclarer à leur administration. A l’université, point de patronat de droit divin, les fonctionnaires syndiqués et engagés dans les luttes ne peuvent faire l’objet de mesures de rétorsion.

L’appel de l’étranger

Ce qui frappe toutefois dans les argumentations des adversaires de la réforme, c’est la dimension exclusivement nationale du terrain sur lequel ils se placent. Bien sûr, on entend des voix s’élever contre le fétichisme dont font l’objet les classements internationaux. De même que le refus rétroactif du processus de Bologne s’exprime ici ou là. En réalité, les dimensions non nationales de la crise ne sont évoquées que pour mieux être rejetées. L’argument de la fuite des étudiants avancés vers d’autres pays est balayé d’un revers de main, ne serait-ce que par l’évocation du fort taux de retour de ces expatriés d’un moment. Pourtant, sur ce point, une précaution s’impose. Sachant qu’une forte minorité de ceux qui choisissent de parfaire leurs études doctorales ou post-doctorales dans d’autres systèmes universitaires préfèrent y poursuivre leur carrière, peut-on considérer comme acquis que ceux qui reviennent sont toujours les meilleurs ? Même à supposer qu’on ne tienne aucun compte de la dimension internationale de la question, peut-on considérer comme acquis que les meilleurs élèves des terminales des lycées français sont ceux qui s’orientent vers les études à caractère scientifique ? On peut raisonnablement estimer que certains de ces élèves de grande qualité préfèrent suivre des filières professionnelles donnant accès à des professions rémunératrices -en tout cas bien plus que celles de l’enseignement-recherche. Ne faudrait-il pas alors évaluer l’impact scientifique cumulé de ce premier choix d’une partie des très bons élèves des lycées et de la préférence, transitoire ou définitive, de très bons étudiants pour les systèmes universitaires extérieurs ? Il est, en tout cas, déraisonnable d’analyser la situation française hors de son contexte international.

Les conséquences d’une université ouverte

Plutôt que d’affronter ces difficultés, qui relèvent de la culture de l’évaluation en cours d’expérimentation en France, on préfère réfléchir à la question abstraite des conséquences réputées a priori fâcheuses d’une université à plusieurs vitesses, et cela au pays des grandes écoles ! Des records d’inconséquence sont en passe d’être atteints. Si l’objectif que se fixe le gouvernement est de rendre notre offre d’enseignement supérieur plus lisible en dehors de l’Hexagone, il doit alors relever de lourds défis. La question n’est plus de défendre une conception de l’Université comme espace ouvert de formation faiblement sanctionnée et à peine diplômante. Ce modèle a été éprouvé, il demeure utile pour une population indifférenciée de citoyens de tous âges, désireux de parfaire leurs connaissances de la nature et des sociétés. Il est devenu un piège mortel pour les jeunes gens qui en attendent formation et débouché. On observera que c’est cette structure ouverte qui assure la pérennité de la préparation aux concours de l’enseignement secondaire dans l’université comme son épine dorsale, et peut-être sa référence intellectuelle. Même si cette présentation peut sembler dater, dans un tel mécanisme, l’utopie vincennoise diffusée et édulcorée un peu partout renforce la légitimité de l’agrégation comme garantie de rigueur et formule de débouché. Il a pour conséquence, à peine paradoxale, le renforcement de ces barrières disciplinaires qui restreignent la souplesse dans l’orientation et affaiblissent la créativité scientifique.

Le meccano des fusions

Si nous souhaitons que notre système soit évalué par les autres à la hauteur qui semble équitable, encore faut-il qu’il se présente dans des formes intelligibles. Partout ailleurs que chez nous, pour dire les choses rapidement, une université comprend une faculté de droit (avec ses dérivés possibles du côté de la gestion, du marketing, des sciences politiques et sociales, de l’économie), une faculté de médecine, une faculté des sciences et une faculté des lettres (qui comprend le plus souvent les sciences humaines). Si nous souhaitons être correctement estimés, nous devons reconstituer, d’une manière ou d’une autre, des universités de ce type. Or, le problème auquel nous sommes aujourd’hui confrontés, c’est que dans un certain nombre de villes, à commencer par Paris, Lyon et Marseille-Aix, des universités résultant de la fusion d’universités faiblement pluridisciplinaires en ensembles du type décrit précédemment, additionneront des populations étudiantes allant jusqu’à plus de cent mille. Or, les établissements les plus performants d’Europe et des Etats-Unis rassemblent des populations étudiantes bien plus limitées. Parmi les mieux évalués, les moyennes se situent entre la vingtaine et la trentaine de milliers d’étudiants. Voilà un vrai défi, pour les ministres concernés, les recteurs, la Conférence des présidents des universités, pour le corps enseignant, pour les personnels, pour les étudiants.

Le renforcement des pouvoirs du président dans les universités n’est qu’un bien mince sujet de discorde au regard de ce que serait une négociation au vrai sur la restructuration de notre système universitaire, selon des formes et un langage qui soient, enfin, compréhensibles hors de nos frontières.

Encore faut-il, pour s’engager utilement dans un tel chantier, que nous soyons tous également convaincus qu’il existe un monde extérieur.


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leconcombrevert | entier !
02H54 04/12/2007

Vous dites si bien qu’il faut reconstituer des universités constituées d’une faculté de Droit (avec ses dérivés possibles du côté de la gestion, du marketing, des sciences politiques et sociales, de l’économie), une faculté de Médecine, une faculté des Sciences et une faculté des Lettres (qui comprend le plus souvent les sciences humaines).

Je suis bien d’accord sur ce point. Les entités aussi enormes, que difformes avec des milliers d’étudiants, des centaines de chargés de cours non titulaires et quelque profs atitrés qui tiennent lieu d’université actuellement sont une abération.

Seulement, je ne vois pas que la loi PECRESSE nous fasse avancer dans ce sens. C’est une loi fourre tout, dangereuse, idéologique qu’il va falloir abroger le plus rapidement possible.

 
ART MONIKA
17H54 04/12/2007

Merci à Rue89 de relancer ce dossier. Voici un autre point de vue, celui des 10877 personnes qui ont (à ce jour) signé la pétition ci-dessous:

« L’enseignement et la connaissance sont importants parce qu’ils définissent ce qui, à travers les siècles, a fait de nous des humains, et non parce qu’ils peuvent améliorer notre compétitivité mondiale », ainsi s’exprimait récemment D. Faust, présidente de l’université de Harvard. Comme l’université française a assumé depuis vingt ans un quasi-doublement des effectifs étudiants sans moyens suffisants pour accompagner cette évolution, elle se trouve aujourd’hui en grande difficulté pour remplir les missions de production et de transmission des connaissances qu’implique une telle vision. Pour améliorer cette situation, de nombreuses propositions ont été formulées par la communauté scientifique. Mais le gouvernement les a ignorées et a tiré argument des difficultés réelles de l’université pour transformer complètement, brutalement et sans réelle concertation, l’ensemble du dispositif national de recherche et d’enseignement supérieur, afin que celui-ci puisse être géré comme une entreprise, afin qu’un objectif majeur de l’enseignement supérieur soit la professionalisation immédiate, et que la recherche soit avant tout finalisée et à court terme.

L’urgence aurait dû être d’investir massivement dans les universités, y compris en moyens humains. Mais l’urgence pour le gouvernement a été la mise en place de la LRU (Loi libertés et responsabilités des universités), c’est-à-dire un cadre (l’autonomie des universités) qui lui permette d’accélérer un désengagement financier, tout en masquant cette démarche par des effets d’annonce. Cette autonomie verra un fort accroissement des pouvoirs attribués aux présidents d’université, qui auront en particulier la haute main sur les processus de recrutement de personnel, au mépris de la norme internationale, qui recommande un recrutement par des pairs compétents.

L’autonomie scientifique des universités ne sera qu’une façade dans une construction dirigiste et centralisée entièrement contrôlée par l’ANR (Agence Nationale de la Recherche), imposant une recherche sur projets à court terme, sans prise de risque, sur les axes détaillés établis par le ministère, avec un nombre croissant de personnels précaires. Ce dispositif de contrôle du champ scientifique par le politique est complété par l’AERES, agence d’évaluation entièrement constituée de personnalités nommées.

Les phénomènes de concentration de pouvoirs sans contre-pouvoirs seront aggravés par la disparition programmée des EPST en tant qu’organismes de recherche ayant une politique scientifique autonome, en particulier le CNRS, principal vecteur d’une recherche non finalisée sur le long terme privilégiant la pluridisciplinarité et la prise de risque. Les UMR (Unités Mixtes de Recherche, dépendant d’une université et d’un organisme de recherche), représentent l’endroit où peut s’articuler une vision nationale et internationale assurée par les organismes de recherche, et la dimension locale qui relève de l’université de tutelle. Cette articulation permet de coordonner l’effort de recherche dans chaque champ disciplinaire et dans le contexte international. La commission d’Aubert prépare aujourd’hui la suppression de fait de cette double tutelle, et s’apprête ainsi à casser un système qui a fait la preuve de ses vertus structurantes.

Face à ces mesures qui nous paraissent inadaptées et dangereuses, nous demandons :
Pour les acteurs de la recherche et de l’enseignement, une véritable autonomie scientifique et pédagogique par rapport au politique (qui n’implique aucunement un désintérêt pour les demandes de la société). Contrairement à ce que la référence à l’autonomie des universités veut laisser croire, cette autonomie-là leur est refusée.

Un renforcement du partenariat entre universités et organismes de recherche, en maintenant le principe d’une double tutelle (locale et nationale) sur les unités mixtes de recherche.

Une répartition complètement modifiée des affectations de moyens pour l’enseignement supérieur et la recherche prévues dans le budget 2008. Il faut diminuer les crédits affectés à l’ANR et au Crédit Impôt Recherche, pour augmenter ceux versés aux laboratoires par le biais des établissements (universités et organismes de recherche).

L’octroi aux universités d’un financement par étudiant équivalent à celui des classes préparatoires, des BTS et des écoles professionnelles. Un tel soutien public est la condition indispensable pour pouvoir renouer avec l’ambition de démocratisation scolaire et pour que le financement privé ne conduise pas à un contrôle des activités d’enseignement supérieur et de recherche par le privé.

Un plan pluriannuel de création d’emplois (chercheurs, enseignants-chercheurs, ingénieurs, techniciens, administratifs) afin de pouvoir renforcer l’encadrement pédagogique en premier cycle, sans recourir à des heures supplémentaires : il importe d’augmenter le temps que les enseignants-chercheurs peuvent consacrer à la recherche, pas de le diminuer ! La moitié de l’augmentation du Crédit Impôt Recherche suffirait pour mettre ce plan en place.

Nous demandons que les principes défendus ici soient pris en compte, et se traduisent dans les faits par un changement net de la politique menée actuellement. Nous demandons que soient clairement explicitées les perspectives d’évolution de notre système, et que toute nouvelle décision engageant son avenir soit précédée d’une concertation avec les instances véritablement représentatives des personnels. Dès à présent, nous nous attacherons à animer le débat sur ces questions auprès de nos collègues et concitoyens. Prochainement, un bilan sera fait de la prise en compte de ces demandes, notamment par la commission d’Aubert, et à travers les budgets affectés aux universités et aux organismes de recherche. Si ce bilan ne fait pas apparaître les garanties indispensables et que se confirment les menaces sur l’avenir des organismes de recherche, nous mettrons en oeuvre d’autres moyens d’action pour stopper cette évolution.

 
Hobbit
00H02 09/12/2007

c’est peut être par extensions cette logique de court terme qui est critiqué actuellement…

 
Pascal Riché | Rue89
13H04 04/12/2007

Courageux anonyme,

Votre remarque n’est pas fondée, lisez donc les six pages de notre dossier université:

http://rue89.com/universite

(Par ailleurs, Danielfi avant de voter la suspension de la grève… a voté pour la grève).

Rue89 se veut un site de débat. Pour débattre, il vaut mieux donner des points de vue différents. Crénom de nom!

 
Jonas2
23H20 04/12/2007

Si. La remarque de courageux anonyme de 8 h 57 est manifestement fondée par l’overdose d’info à sens unique que nous sert la presse à longueur de colonnes. Ses neurones, comme pour beaucoup d’entre nous souhaiteraient un site de revanche où n’apparaîtrait pas ces espèces de dépositions veules et de renoncement par rapport à je ne sais quel inéluctable décrété.
D’accord. Sa remarque n’est effectivement pas fondée, mais comme je le comprends ! Crénom de nom!

 
ada
15H06 04/12/2007

C’est exactement ça .. Encore un qui regrette l’ancienne Sorbonne.

Autre question : pourquoi les étudiants français font-ils carrière ailleurs? Parce que, ailleurs, on reconnaît les diplômes universitaires à leur juste valeur. Quelle banque française osera, comme en Angleterre ou en Allemagne, embaucher un latiniste ou un diplômé de lettres? Et pourtant, il ne semble pas que ces deux pays pâtissent de cette politique de recrutement…

 
Mimi92
17H28 04/12/2007

J’ai du mal à comprendre le propos de l’auteur, ayant quitté l’université depuis presque 20 ans.
En particulier, je n’ai pas compris le problème soulevé dans le dernier paragraphe  : il a l’air de dire qu’il faut supprimer les universités ouvertes, et introduire de la sélection pour ne pas dépasser un nombre de 20 à 30000 étudiants par fac, seul gage d’une université de qualité(c’est du moins ce que je crois comprendre du propos).
Admettons, mais que deviennent alors les autres bacheliers (ceux non admis), il se forment ailleurs ? mais où ? je croyais qu’on manquait de gens qualifiés en France, et c’est en laissant 1 sur 3 devant la porte des universités qu’on y arriverait ?

 
daniele
18H45 04/12/2007

encore et toujours faire de la selection par l’argent

 
mArie astier | étudiante
19H22 04/12/2007

« La question n’est plus de défendre une conception de l’Université comme espace ouvert de formation faiblement sanctionnée et à peine diplômante. Ce modèle a été éprouvé, il demeure utile pour une population indifférenciée de citoyens de tous âges, désireux de parfaire leurs connaissances de la nature et des sociétés. Il est devenu un piège mortel pour les jeunes gens qui en attendent formation et débouché. »

En tant qu’étudiante heureuse (histoire et sciences politiques en L3 à Paris 1), je tiens à défendre la qualité des enseignements que je reçoit. Au delà de savoir si le sujet des cours es intéressant ou pas, je pense que la fac nous apporte bien plus que du contenu mais un entrainement intensif à la réflexion, à la critique, à l’argumentation, à la recherche d’information… Autant de compétences dont j’ai eu l’occasion de constater l’utilité lors des mes quelques incursions dans la « vie active » à l’occasion de stages, impression confirmée par les témoignages d’autres étudiants autour de moi.
Je pense donc que le principal problème est cette dévalorisation des diplômes non professionalisants, dis trop généraux. Pourtant, l’avantage de ces diplômes non professionalisants est que justement ils donnent des compétences valables dans un champ très large, et permettent sans doute une meilleure adaptation de ceux qui les détiennent aux évolutions du marché du travail tout au long de leur vie.
Pour un résumé des principaux points de la loi Pécresse et une analyse de l’histoire du mot « réforme(r) » : www.cafeclope.info

 
belbernard
23H41 04/12/2007

En marge de la loi Pécresse, et de façon à compléter la mise en place d’une organisation de l’enseignement supérieur et la recherche guidée par des seuls critères de rentabilité à court terme, une série de mesures purement administratives sont en préparation par le ministère. L’une porte sur le transfert des Unités Mixtes de Recherche du CNRS (et à plus long terme de ses personnels) sous la seule tutelle des Universités. Derrière ce qui est présenté comme une simplification de la gestion des unités, se cache en fait une mesure remettant en question l’existence même du CNRS.

Le caractère mixte de nos unités est un élément clé de l’intégration de la recherche au sein des Universités. L’enseignement, de façon encore plus forte depuis la mise en place du LMD, s’appuie sur la recherche qui de son côté ne peut se tenir éloignée de la formation. De plus, la complémentarité CNRS/Université est essentielle pour la recherche elle-même : par le rôle d’évaluation et de prospective du Comité National du CNRS, ce dernier permet de disposer d’une réflexion stratégique nationale et à long terme, alors que l’Université apporte sa vision plus ancrée sur la réalité locale, y compris en termes économiques. La coupure de ce lien, en attribuant à l’Université un rôle qu’elle n’a jamais joué dans la politique scientifique, serait catastrophique pour tous.

Pour en savoir plus et réagir, visitez le site :
http://autonomie-recherche.org

 
Ephémère
01H36 08/12/2007

MOTION 1 (fin novembre 2007)
Après un échange de vues sur les différents aspects de la loi LRU, l’Assemblée générale de l’UFR de Littérature générale et comparée de l’Université Paris 3-Sorbonne Nouvelle a voté à l’unanimité la motion suivante :

Les enseignants de l’UFR de Littérature Générale et Comparée de l’Université de Paris III, réunis en Assemblée générale, se déclarent solidaires des mouvements de contestation de la loi « LRU » dite sur l’autonomie des Universités, tant au sein de l’Université de Paris III qu’au niveau national. Ils rappellent les très graves dangers que cette loi fait peser sur le fonctionnement démocratique de l’Université française, le statut des enseignants-chercheurs, les conditions de travail des personnels BIATOS, et, plus largement sur les valeurs humanistes et scientifiques qui fondent l’Université française. Ils exigent l’abrogation de cette loi, la suspension immédiate de son application au niveau local et l’ouverture d’un vrai débat avec la communauté universitaire. Conscients de la nécessité de réformer l’Université française, ils affirment que cette réforme ne peut intervenir qu’après une vaste concertation de l’ensemble de la communauté universitaire et une réflexion globale sur l’enseignement supérieur français et les missions de l’Université.

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MOTION 2
A l’issue d’une assemblée générale réunie le 4 décembre 2007, les enseignants de l’UFR de Philosophie de l’Université Paris 1 ont adopté à l’unanimité moins une voix la motion suivante :

« Les enseignants de l’ufr de philosophie de l’université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne se déclarent solidaires des mouvements de contestation de la loi « LRU » dite sur l’autonomie des Universités, tant au sein de l’université de Paris 1 qu’au niveau national. Ils rappellent les très graves dangers que cette loi fait peser sur le fonctionnement démocratique de l’université française, le statut des enseignants-chercheurs, les conditions de travail des personnels BIATOS, et, plus largement sur les valeurs humanistes et scientifiques qui fondent l’université française. Ils exigent la suspension immédiate de son application et l’ouverture d’un vrai débat avec la communauté universitaire. Conscients de la nécessité de réformer l’université française, ils affirment que cette réforme ne peut intervenir qu’après une vaste concertation de l’ensemble de la communauté universitaire et une réflexion globale sur l’enseignement supérieur français et les missions de l’université. »

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MOTION 3
Réunis le 19 novembre 2007, les membres de la 72e section de CNU ( « Epistémologie, Histoire des sciences et des techniques ») ont adopté la motion suivante :

Les membres élus et nommés de la 72e section du CNU ( « Epistémologie, Histoire des sciences et des techniques ») tiennent :

1 – à réaffirmer la compétence des différentes sections du CNU en ce qui concerne la reconnaissance de la qualification des enseignants - chercheurs , compétence qui fait du CNU dans son ensemble une instance spécifique et irremplaçable d’évaluation des personnels d’enseignement et de recherche des universités et des grands établissements publics.

2 – à faire part

- de leur inquiétude relative à la composition des Comités d’experts constitués en application de la loi LRU, parce que les dispositions prévues renforcent le pouvoir des présidents des universités et des administrations au détriment des spécialistes, reconnus seuls compétents dans les champs disciplinaires faisant l’objet d’un recrutement ou d’une mutation d’un professeur ou d’un maître de conférence.

- ainsi que de leur inquiétude face à l’éventualité d’une multiplication des comités ad hoc au détriment de la pérennité des commissions de spécialistes constituées par champs disciplinaires reconnus.

Votants : 14
Pour : 12
Contre : 2