Cour de récré 19/02/2013 à 16h26

Harcèlement, beuveries, Twitter : comment rater ses JO en équipe

Clément Guillou | Journaliste Rue89


James Magnussen après son 100m des Jeux olympiques, à Londres (Royaume-Uni), 1er août 2012 (Matt Slocum/AP/SIPA)

Le procédé pourrait inspirer quelques fédérations sportives dans le monde. Celle d’escrime en France, ou de ski en Autriche, par exemple. Après des Jeux olympiques ratés – une médaille d’or seulement, contre 6 à Pékin –, la Fédération australienne de natation a réclamé une enquête indépendante, pour comprendre ce qu’il s’était passé.

Les nageurs sont les héros de l’olympisme australien. Affectueusement, on les appelle « les dauphins ». Leur résultat à Londres, le pire depuis les JO de Barcelone il y a 20 ans, n’a pas laissé indifférent au pays et le rapport risque de chambouler la natation australienne.

L’auteur, le docteur Pippa Grange, décrit une ambiance « malsaine » au sein de l’équipe australienne et l’absence de réaction de la part de l’encadrement tout au long des Jeux.

« Lonely Olympics »

Pour beaucoup d’athlètes, les Jeux ont été rebaptisés « Lonely Olympics » (les Jeux solitaires), écrit la consultante, parlant « d’intimidation et de bizutage » :

« Il semble qu’il ait manqué aux nageurs la force de l’expérience collective, et, plus grave, de l’amitié. Pour dire les choses simplement, cela a rendu (les Jeux) bien moins sympathiques qu’ils ne l’espéraient. [...]

Au sein de l’équipe, il y a eu suffisamment d’incidents malsains en infraction au règlement – beuveries, utilisation dévoyée de médicaments obtenus sur ordonnance, couvre-feu non respectés, mensonges, harcèlement – pour que l’on soit en droit d’attendre une réponse forte et collective de la direction aux entraîneurs, à l’encadrement et aux nageurs. Mais il n’y a eu aucune action collective de ce type. »

L’entraîneur principal, Leigh Nugent, aurait laissé les stars de l’équipe, les sprinteurs du 4x100m, martyriser des nageuses lors d’un camp d’entraînement juste avant les Jeux : canulars téléphoniques et tapage nocturne, ainsi qu’une tournée de Stilnox obligatoire au sein du relais.

L’abus de ce somnifère peut provoquer des hallucinations ou simuler un état d’ébriété. Aux JO de Pékin 2008, le Stilnox avait coûté au grand nageur australien Grant Hackett le titre olympique, selon son entraîneur, ce qui rend le sujet particulièrement sensible dans la natation locale.

Starisation

L’équipe australienne de natation, autrefois connue pour sa grande solidarité, s’est transformée en une cour de récré dont chaque athlète voulait devenir la star.

« La starisation de certains était vue par d’autres comme gênante au mieux, irritante au pire, et n’a fait qu’ajouter à la sensation que le reste des athlètes n’étaient pas vraiment considérés. »

La fragmentation du groupe, l’individualisme et l’absence de relations amicales et de confiance ont parfois poussé les sportifs à se tourner vers l’extérieur, notamment via les réseaux sociaux.

« Il n’y avait aucun filtre entre l’athlète et quiconque voulait donner son avis sur sa performance, et ces commentaires n’étaient pas nécessairement basés sur une expertise journalistique et n’avaient aucune limite.

Certains athlètes se sont beaucoup exprimés publiquement sur ce qu’ils faisaient, comment ils le faisaient et même qui ils étaient vraiment en tant que personne. Cela a eu pour effet d’encourager les émotions, bonnes ou mauvaises, à un moment où le calme, la concentration intensive et la régularité auraient dû prévaloir. »

Le déballage et les mesures qui en découleront pourraient porter leurs fruits à Rio. En attendant, elle est désastreuse pour l’image du sport, activité vénérée en Australie.

Début février, l’agence gouvernementale australienne spécialisée dans le trafic de stupéfiants avait présenté un rapport accablant sur l’état du sport dans le pays. Elle concluait à « l’usage répandu » de produits dopants « dans un grand nombre de sports et d’équipes », chez les professionnels comme les amateurs.

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  • Quand Le Tigre Lit
    Quand Le Tigre Lit
    en rédaction de Sutras du Tigre
    • Posté à 17h41 le 19/02/2013
    • Internaute 189949
      en rédaction de Sutras du Tigre

    Preum’s !

  • Manapany
    • Posté à 18h33 le 19/02/2013
    • Internaute 85932
      -

    Donc, des que des licornes apparaissent, l’equipe gagne des médailles ?

    Vous connaissez l’expression Le foot est un sport qui se joue à 22 et à la fin c’est l’allemagne qui gagne ?
    C’est une expression qui a fait flores dans les année 80...
    Sachez juste que Gerd Muller et Beckenbauer se hurlaient dessus tout les jours... Je vous laisse en tirer les conclusions qui s’imposent. : D
    L’ amitié, ça sert juste a mieux digérer les défaites, puis à se remettre au travail, pas a faire gagner des médailles... Ce qui fait gagner des médailles, c’est le travail...

    • dinhdinh
      dinhdinh répond à Manapany
      j ai deux yeux, deux oreilles, (...)
      • Posté à 18h57 le 19/02/2013
      • 181027
        j ai deux yeux, deux oreilles, (...)

      oui pour les sports individuels ca peut fonctionner mais en équipe, le travail ne suffit pas pour gagner. Et travailler la cohesion d’equipe est un metier en soit, la cohesion d’équipe ne s’arrete pas hors des bassins ou terrains, toute équipe et entraineur le savent bien.
      Lien

  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 19h03 le 19/02/2013
    • Internaute 6484
      délinquante avérée

    sacrés Australiens ! j’ai peur que les problèmes d’équipe soient génétiques ...

  • J-B
    J-B
    Etudiant. Si si, pour de vrai.
    • Posté à 02h11 le 20/02/2013
    • Internaute 58527
      Etudiant. Si si, pour de vrai.

    Euh par pure curiosité, le prénom Pippa est à ce point là répandu dans le monde anglo-saxon ?
    C’est le diminutif de quoi ?

    • Roben
      Roben répond à J-B
      Étudiant
      • Posté à 03h05 le 20/02/2013
      • Internaute 186470
        Étudiant

      Philippa pour la soeur de Kate.

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