Seul en mer 18/11/2012 à 12h37

Au Vendée Globe, on ne peut compter que sur ses six sens

Antoine Breard | Journaliste

Jean Le Cam, un des favoris, raconte en quoi chacun de ses cinq sens lui est indispensable pendant la course. Et il en a un sixième...

Marin expérimenté, Jean Le Cam est un des favoris du Vendée Globe. A 53 ans, c’est la troisième fois qu’il participe à ce tour du monde en solitaire.

Il revient, encore et toujours, car pour lui, « cette course mythique et difficile permet à chaque fois d’aller chercher ce que l’on ne sait pas, ce que l’on ne connaît pas de soi ».

Lors de la précédente édition du Vendée, il avait été l’un des skippers les plus remarqués : il avait chaviré avant d’être récupéré par Vincent Riou.

Alors qu’en une semaine de course, quatre skippers (sur vingt) ont déjà abandonné, lui espère boucler la compétition, « avant d’envisager le classement ».


Jean Le Cam aux Sables d’Olonne fin octobre 2012 (Vincent Curutchet/Dark Frame pour SynerCiel)

La course se modernise, les moyens de communication l’ont un peu changée mais dans le fond, l’histoire est toujours la même :

« Un marin seul sur son bateau face à la mer pendant trois mois. [...] On est tous un peu des barjots, ça c’est sûr. »

Bien sûr, il y a la qualité du bateau et des outils technologiques, et les aléas de la mer et du vent.

Mais ces barjots ne peuvent compter que sur eux-mêmes pour arriver à bon port. Que sur leurs cinq sens.

Six en fait.

1

L’ouïe

« Par tout temps, il faut être en mesure de comprendre ce qu’il peut se passer rien qu’à l’oreille »


Jean Le Cam aux Sables d’Olonne fin octobre 2012 (Vincent Curutchet/Dark Frame pour SynerCiel)

« Le silence est rare sur un bateau, même quand la navigation est tranquille. Il y a toujours un son, quelque chose à capter : le bruit de l’eau sur la coque, le vent dans les voiles.

Ce sont ces bruits-là que j’aime, ceux de la routine. Cela veut dire que tout va bien.

Car ce qu’il y a à entendre quand on est sur un bateau, ce sont d’abord les différences. Les différences de sons, diverses, que l’on peut avoir autour de nous.

Un changement est forcément une alerte. Ça peut être une voile qui se met à claquer, faute de vent, et qu’il va falloir changer, le bruit d’un enrouleur qui est coincé.

Par tout temps, il faut être en mesure de comprendre ce qu’il peut se passer rien qu’à l’oreille. Il faut être capable de prendre en compte le bruit du bateau en lui-même d’abord, mais aussi le bruit du vent et de la mer.


Jean Le Cam aux Sables d’Olonne fin octobre 2012 (Vincent Curutchet/Dark Frame pour SynerCiel)

En dehors de ça, il y a le contact extérieur avec la radio : la vacation. C’est un coup de fil prévu vers l’extérieur, c’est du blabla. Du question/réponse. J’aime bien, ça peut permettre de casser la routine.

Sinon, j’ai aussi un peu de musique à bord, un peu de tout : des Rita Mitsouko aux Innocents en passant par Queen ou AC/DC, mais je n’en écoute pas forcément. J’ai un casque mais ce n’est pas sûr que je m’en serve. »

2

La vue

« On a souvent l’oeil rivé sur l’ordinateur »


Jean Le Cam aux Sables d’Olonne fin octobre 2012 (Vincent Curutchet/Dark Frame pour SynerCiel)

« Contrairement à ce que l’on pense, pendant un Vendée Globe, on n’est pas toute la journée sur le pont du bateau à regarder droit devant nous où on va aller ou à faire des manœuvres.

D’abord parce que c’est intenable à cause de la vitesse, du vent, de l’eau. Et surtout parce qu’on est plus souvent l’œil rivé sur l’écran de l’ordinateur, à l’intérieur, à tenter de définir au mieux notre navigation.

Il faut avoir un œil sur tout. Analyser. C’est un sens essentiel dont on ne peut pas se passer.

Même si parfois la nuit, on doit naviguer à l’aveugle, on a la possibilité de mettre de l’éclairage. »

3

Le toucher

« Quand il fait nuit, je peux ressentir des aspérités sur les cordes, l’usure »


Les mains de Jean Le Cam aux Sables d’Olonne fin octobre 2012 (Vincent Curutchet/Dark Frame pour SynerCiel)

« Ça passe essentiellement par les mains, évidemment, qui sont l’outil primordial du marin sur son bateau. Jai la chance d’avoir des mains qui ne sont pas très fragiles contrairement à d’autres qui peuvent avoir des crevasses assez vite. C’est un avantage, ça m’enlève une inquiétude potentielle.

On fait vraiment tout avec nos mains : on tire les bouts [le cordage en fait mais les marins n’utilisent pas ce mot, ndlr], on porte les voiles, on est en contact avec la machine que l’on doit sentir. Et puis il y a des choses que tu peux ressentir seulement au toucher.


Jean Le Cam aux Sables d’Olonne fin octobre 2012 (Vincent Curutchet/Dark Frame pour SynerCiel)

Même si j’ai un code couleurs pour mes bouts, quand il fait nuit, je peux ressentir des aspérités sur les drisses, l’usure. Ça peut aider parfois à anticiper un souci.

Il y a aussi l’aspect du mouillé qu’il faut prendre en compte. Il faut éviter d’être trempé, transi de froid, car quand tu es dans cet état, tu n’es pas efficace. Il faut donc bien se protéger même si les manœuvres sur le pont du bateau ne sont pas toujours très longues. »

4

Le goût

« Contrairement à la plupart de mes camarades, j’emporte très peu de produits lyophilisés »


Jean Le Cam aux Sables d’Olonne fin octobre 2012 (Vincent Curutchet/Dark Frame pour SynerCiel)

« Le goût et l’odorat sont intimement liés sur un bateau. En particulier pour moi car manger y est quelque chose de primordial. Quand tu entres dans une cuisine, que tu prépares un repas, c’est forcément l’odeur qui intervient en premier.

Sur mon bateau, j’aime cuisiner. L’odeur met en éveil, en appétit. Manger fait partie des principaux plaisirs de la vie et c’est impensable pour moi de ne pas retrouver ce plaisir en mer, surtout en solitaire.

Le repas est une pause nécessaire, un moment qui me permet de recharger les batteries et qui fait du bien au moral.


Jean Le Cam aux Sables d’Olonne fin octobre 2012 (Vincent Curutchet/Dark Frame pour SynerCiel)

Contrairement à la plupart de mes camarades, j’emporte un ravitaillement constitué essentiellement de plats cuisinés et conditionnés spécifiquement.

J’ai donc une part faible de produits lyophilisés qui sont rarement savoureux.

Du coup, ça implique un surpoids de 15 kilos environ, au départ, sur le bateau.

Mais ce n’est pas un problème même si on est toujours à la recherche d’économie dans ce secteur là.

Car avoir le moral donc bien manger, fait partie de la course. C’est un outil de performance. »

5

L’odorat

« Peu de terriens pourraient rester plus d’une semaine avec cette odeur-là autour d’eux »

« Comme je le disais, l’odorat est fortement lié au goût pour moi. Mais il y a aussi l’odeur que l’on retrouve à l’intérieur du bateau. Ça sent le marin, pour rester correct. Tout dépend si on range ses petites culottes dans un sac étanche ou pas, en fait !

Au bout de trois mois, ça ne sent pas la fleur et je ne pense pas que beaucoup de terriens pourraient rester plus d’une semaine avec cette odeur-là autour d’eux. Nous on est habitué à force, on fait avec. »

6

L’instinct

« Ça pourrait être notre sixième sens. Il y a des choses que l’on sait faire, des actions que l’on peut anticiper, des décisions que l’on prend par instinct. Comme dans beaucoup de métiers et de sports.

Le corps et l’esprit ont emmagasiné l’expérience et la rendent telle quelle. Ça peut être sur des choix de caps en fonction de la météo ou encore attendre un peu avant de changer une voile parce que l’on pense que le vent va jouer en notre faveur, mais aussi la façon dont on sent le bateau physiquement, s’il fait un bruit particulier.

Ce n’est pas toujours très pragmatique. On sent le coup et on voit ensuite. »

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  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 13h03 le 18/11/2012
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    Le Vendée Globe challenge n’est plus la course en solitaire qu’elle était jadis.

    En effet, grâce à Internet, la plupart des participants utilsent le Web (et la Web cam) pour passer un moment en famille...ce qui rend la « solitude » aléatoire.

    Cela ne change rien à la valeur de cette course et aux valeurs intrinsèques de skippers qui acceptent d’affronter le vaste océan (plein de surprises) seul à seul.
    En plus, pour alléger le bateau au maximum, ils embarquent des menus lyophilisés dont je me lasserais volontier, même en restant à mon domicile.

    Cette course est un rude combat entre l’homme et les forces de l’océan, qui ne prévient guère s’il décide de vous envoyer une vague scélérate de traviole.

    Le plus notable est la notion de l’éloignement de tous les secours.
    Rares sont les navires qui croisent leurs routes, et lorsqu’ils se retrouvent en galère dans les 40° et 50° rugissants, ils savent qu’un SOS ne suffira pas à leur garantir qu’un navire ou un hélico se déroutera pour les assister.

    A mon avis, ils doivent vivre de très longues périodes d’angoisse réelle à ce niveau
    ...mais ce ne sont pas des freluquets, et ils font face à leurs responsabilités.
    - Leur hantise au quotidien : heurter un corps* flottant non identifié !

    ( ces mecs qui ne la ramènent pas pour autant, inspirent le respect à tous :)

    * Il y en a plein dans le grand large. Ça va du tronc d’arbre au container

    • Boutauvent
      Boutauvent répond à Yvon le Zébulon
      Testeur de temps libre
      • Posté à 19h22 le 18/11/2012
      • Internaute 45018
        Testeur de temps libre

      Je me permets : le 40ème (Sud) est appelé « rugissant », le 50ème « hurlant » et le 60ème « mugissant ».

      • Yvon le Zébulon
        Yvon le Zébulon répond à Boutauvent
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
        • Posté à 20h33 le 18/11/2012
        • Internaute 65781
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

        Merci de cette précision,
        sauf que le 60ème mugissant n’est guère fréquenté par les skippers
        Les glaces flottante y rendent la navigation bien trop hasardeuse.

         
        • raphlolo
          raphlolo répond à Yvon le Zébulon
          expat oil and gas
          • Posté à 00h59 le 19/11/2012
          • Internaute 123329
            expat oil and gas

          je crois même qu’ils n’ont plus le droit d’y aller, suite a un vendee globe qui fut une hécatombe. Les australiens s’étaient d’ailleurs plaints je crois.

          • Yvon le Zébulon
            Yvon le Zébulon répond à raphlolo
            L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
            • Posté à 09h25 le 19/11/2012
            • Internaute 65781
              L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

            « je crois même qu’ils n’ont plus le droit d’y aller,
            suite a un vendee globe qui fut une hécatombe
             »

            Je peux me tromper, mais il me semble que c’est l’année 1998 et sa course « Sydney-Hobart » en mer de Tasmanie qui a été victime d’une véritable hécatombe à la suite d’une météo pourrie.

            « L’édition 1998 fut endeuillée par la disparition de six équipiers appartenant à trois équipages différents. Cinq bateaux coulèrent au cours d’un fort coup de vent non annoncé ».
            ( source Wikipédia )

            Autrement, je crois qu’une certaine « Fastnet » en mer d’Irlande fut également une catastrophe pour nombre de skippers.
            ( de très nombreux naufrages et l’annulation de l’épreuve )

            La Mer d’Iroise (ou d’Irlande) ne rigole pas du tout du tout !

            • Boutauvent
              Boutauvent répond à Yvon le Zébulon
              Testeur de temps libre
              • Posté à 11h15 le 19/11/2012
              • Internaute 45018
                Testeur de temps libre

              Je ne crois pas que le règlement du Vendée-Globe, en matière de latitudes Sud à ne pas franchir, soit inspiré par la Sydney-Hobart et encore moins par le Fastnet...
              Soit précisé en passant que Fasnet Rock est improprement situé en Mer d’Irlande dont il est séparé par le Canal St Georges... et que la Mer d’Irlande n’est pas la « Mer d’Iroise ».

              • Yvon le Zébulon
                Yvon le Zébulon répond à Boutauvent
                L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
                • Posté à 12h04 le 19/11/2012
                • Internaute 65781
                  L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

                « Je ne crois pas que le règlement du Vendée-Globe, en matière de latitudes Sud à ne pas franchir, soit inspiré par la Sydney-Hobart et encore moins par le Fastnet... »

                Ces trois courses sont radicalement différentes, et je ne vois donc pas pourquoi les règlements de l’une d’elles devraient influer les règlements de toutes les autres, hors normes de sécurité.

                Pour la Fasnet fatale à plusieurs bateaux, la zone de tempête couvrait un secteur vaste, et donc, mer d’iroise ou mer d’irlande, je crois que les deux étaient concernées.

                Je n’ai pas beaucoup de précisions en mémoire,
                parce que ça date un peu. Il me faudrait vérifier tout ça.
                 ; -)

                • Boutauvent
                  Boutauvent répond à Yvon le Zébulon
                  Testeur de temps libre
                  • Posté à 13h07 le 19/11/2012
                  • Internaute 45018
                    Testeur de temps libre

                  Lors de cette Fastnet, ce n’est pas tant la tempête que la conjugaison des éléments (vent + « marée ») qui a généré une mer si peu maniable pour les unités les plus lentes (qui n’avaient pas encore viré le phare et se trouvaient en plein « shaker »), ce qui revient à dire que la zone ne couvrait pas « un secteur vaste ».
                  En tout état de cause, la zone « Fastnet » ( « Irish sea » se situant bien plus au nord) étant aussi éloignée de la zone « Iroise » (Brest) que Paris de Marseille, on ne peut pas dire que les 2 étaient concernées de la même manière.
                  D’ailleurs, j’étais moi-même en pêche ce jour là du côté des Casquets et je n’en ai pas particulièrement souffert...

                  • Yvon le Zébulon
                    Yvon le Zébulon répond à Boutauvent
                    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
                    • Posté à 13h14 le 19/11/2012
                    • Internaute 65781
                      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

                    Tu ne t’appelle pas « BOUTAUVENT » ou Bout devant pour rien.
                    Tu sembles bien plus avisé que moi sur ce sujet « pointu ».

                    ( « pointu » sans jeu de mot ).... ça c’est du Marseillais !

        • Boutauvent
          Boutauvent répond à Yvon le Zébulon
          Testeur de temps libre
          • Posté à 10h45 le 19/11/2012
          • Internaute 45018
            Testeur de temps libre

          Que tu y ailles ou pas ne change rien au fait que la grande tour métallique qui domine Paris s’appelle la Tour Eiffel. ; o)
          Lors du passage du Cap Horn, les bateaux du Vendée-Globe ne sont pas très loin du 60ème... et les skippers qui se rendent en Antarctique (certes peu nombreux) n’ont pas d’autre choix que de le franchir.

          • Yvon le Zébulon
            Yvon le Zébulon répond à Boutauvent
            L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
            • Posté à 11h00 le 19/11/2012
            • Internaute 65781
              L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

            « Que tu y ailles ou pas ne change rien au fait que la grande tour métallique qui domine Paris s’appelle la Tour Eiffel »

            Tu réagis comme si j’avais contredit les noms de « hurlant », « rugissant » ou « mugissant : ce n’est pas le cas.

            Quant au Cap Horn proprement dit, la zone est restreinte et généralement franchissable en moins de 10 h de route....
            ...ce qui fait qu’ils peuvent la franchir les yeux grands ouverts

            La vigilance totale est en effet de règle à cet endroit précis.

            • Boutauvent
              Boutauvent répond à Yvon le Zébulon
              Testeur de temps libre
              • Posté à 11h23 le 19/11/2012
              • Internaute 45018
                Testeur de temps libre

              Le Cap Horn peut être franchi en quelques heures ; on n’en dira pas autant de « la zone » dans laquelle on peut attendre plusieurs jours les vents favorables qui permettront de doubler le Cap.
              (Cf : Gerry Roof qui y a dramatiquement disparu en 1997)

              • Yvon le Zébulon
                Yvon le Zébulon répond à Boutauvent
                L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
                • Posté à 12h01 le 19/11/2012
                • Internaute 65781
                  L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

                Les problèmes particuliers du Cap Horn résultent, je pense,
                de la différence de niveau entre deux océans (l’atlantique et
                le pacifique) qui se heurtent là avec 15 ou 17 m d’écart.
                ....sans compter les courants qui filent dans ce goulet qui est un véritable goulet d’étranglement entre les deux forces.

                C’est vraiment la zone de « bouillonnement » absolu par mauvaise mer, et c’est vrai, il est difficile d’approche car deux zones spécifiques* de grand calme « encadrent » le Cap Horn.

                * Je ne parle que pour ceux qui naviguent à la voile.

        10 autres commentaires
  • Otis Redding
    Otis Redding
    Cigarettes and coffee
    • Posté à 13h00 le 18/11/2012
    • Internaute 195243
      Cigarettes and coffee

    Eh ben !

    C’est pas la crise pour tout le monde !

    • Yvon le Zébulon
      Yvon le Zébulon répond à Otis Redding
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
      • Posté à 13h14 le 18/11/2012
      • Internaute 65781
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

      Ça peut être « la crise de nerfs » pour un sponsor dont le bateau a été éliminé avant même de franchir la ligne de départ, pour avoir heurté une merde.

      Les investissemement publicitaires sont lourds, et imaginer que « sauciflard » flotte encore alors que « saucisson » rentre au bercail, ça fait mal au derche !

  • Moi Riverain
    Moi Riverain
    Lanceur d'alerte
    • Posté à 13h15 le 18/11/2012
    • Internaute 195218
      Lanceur d'alerte

    Ces gens la ont 6 sens et il leur en manque un qui est essentiel : le bon (sens) !

    Les conneries maritimes à voile, outre le risque mortel et totalement inutile qu’elles font courir aux participants, n’ont d’autre intérêt que d’alimenter les médias toujours plus avides de sensations immédiates, à défaut d’analyses et d’informations de fond.
    Et de faire de la pub à de grosses sociétés qui tentent de se bâtir une image en s’appropriant l’extraordinaire, elles qui sont les systèmes les plus normatifs du monde...

    • Gruiikkk
      Gruiikkk répond à Moi Riverain
      Etudiant
      • Posté à 23h24 le 18/11/2012
      • Internaute 129433
        Etudiant

      Ca s’appelle du sport, vous pouvez l’ignorer si ça ne vous intéresse pas mais le sport existe sans les médias et la plupart des médias parlent de sport assez régulièrement...

  • HSEHNAMAP
    HSEHNAMAP
    Votre commentaire a été (...)
    • Posté à 13h52 le 18/11/2012
    • Internaute 132226
      Votre commentaire a été (...)

    Le 6ème sens c’est la proprioception et non l’instinct, qui n’est pas un sens.
    D’autant plus dommage de rater ça que la proprioception doit être très utile sur un bateau.

    • Fabien_Chabreuil
      Fabien_Chabreuil répond à HSEHNAMAP
      Formateur
      • Posté à 05h41 le 19/11/2012
      • Internaute 70731
        Formateur

      Techniquement, la proprioception est le septième, le sixième étant l’équilibrioception. Et il y en a encore au moins trois autres : « Et un de plus ! Un !

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 15h11 le 18/11/2012
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    7) Le sens du management des hommes et des budgets
    Pour faire un Vendée Globe, il faut 4 ans de préparation et un budget en conséquence pour la construction du bateau, son avitaillement et les rémunérations de l’équipe technique, car bien que le Vendée soit un épreuve en solitaire, il faut tout une équipe à terre pour épauler le skipper. François Gabart, ingénieur de formation et âgé de seulement 29 ans possède à la fois les compétences du marin et celui du manager.
    Après avoir fait ses armes sur le circuit Figaro, il a convaincu, fin 2010, l’assureur Macif de financer un projet sur quatre ans, avec le Vendée Globe, qui s’élance samedi 10 novembre, en point de mire. Coût de l’investissement : 8 millions d’euros, dont 3 millions pour la construction d’un bateau à la pointe de la technologie. « J’ai beaucoup de chance », reconnaît le jeune skipper.
    Le Vendée Globe résiste aux vents contraires

  • Tariec
    Tariec
    « Radio Paris ment », « Radio (...)
    • Posté à 16h43 le 18/11/2012
    • Internaute 37287
      « Radio Paris ment », « Radio (...)

    A l’heure où j’écris, nous sommes 313 867 geeks à mener notre bateau virtuel sur les traces réelles des marins réels.

    Pour nous 1°) la vue rivée sur l’écran d’ordinateur fait aussi partie de notre quotidien pendant 3 mois, jour et nuit pour certains. 2°) le gout est aussi important mais l’infrastructure « at home » permet de bien manger/boire pour tenir le coup. 3°) Là je rejoint Le Cam : l’instinct est important, en fait c’est le seul truc qui vous sauve quant à votre classement au bout des 3 mois. Vous pouvez chuter de 50 000 places en une nuit et les regagner en une matinée. Les choix stratégiques quant aux caps et bascules de vent peuvent devenir problématiques et parfois le feeling permet de faire LE bon choix, celui qui vous fera remonter d’un coup ...ou presque...vers les 1ers (les 10 000 1ers j’entends ; o) ou les derniers.

    Pour conclure, je dirais que ceux qui tiennent les 3 mois de course sont tout aussi « chtarbés » que les vrais de vrais, voire même plus.
    Si si car pour ces derniers, nul échappatoires sous peine de finir fou ou de servir de diner aux crabes, pas de choix possible. Alors que nous pauvres marins virtuels remettons en cause parfois notre boulot (beaucoup naviguent du bureau), notre vie de famille (faut apprendre à se decoller de l’écran, madame peut l’avoir mauvaise trés vite et 3 mois c’est long). Et notre santé à cause des insomnies liées aux changements de caps/voiles en pleine nuit (pour ceux qui n’ont pas les options de conforts payantes) , le nombre de clopes fumées, le nombre de rhum but et la position assise véritable fléaux des temps modernes, le tout couplé à une certaine nervosité en augmentation constante pendant 3 mois chez ceux qui ne supportent pas de perdre (si tant est que « perdre » signifie quelque chose quand il y a 313 000 concurrents).

    Les gamins ont leur Tamagochi à nourrir, amuser etc., les grand gamins que nous sommes avons notre Tamagochi flottant ; o)

    Bateau « Tariec » (à la position 20° N 45’ 43’’/23° W 22’ 01’’) : 116 191eme (à 16h33) à environ 210 milles plein Nord du Cap Vert.

    • Elle anonyme
      Elle anonyme répond à Tariec
      Béotienne
      • Posté à 18h18 le 18/11/2012
      • Internaute 24737
        Béotienne

      Vous êtes 120 000 ème maintenant ! Enfin, bon, je ne la ramène pas trop, j’ai perdu 40 000 place en 36h !

    • A déménagé le 07-12-2012
      A déménagé le 07-12-2012 répond à Tariec
      non connue
      • Posté à 20h44 le 18/11/2012
      • Internaute 193008
        non connue

      Ici Carabène, bien reçu ta vacation sauf que l’archipel du Cap-Vert, la mer et les bateaux ont disparu des écrans : 313000 navigateurs perdus et combien d’épouses perplexes de voir leur macho cliclicliclicliquant « actualiser la page courante » ?

  • fredylol
    fredylol
    illusionniste
    • Posté à 17h35 le 18/11/2012
    • 184345
      illusionniste

    J’ai regardé les premiéres minutes de la vidéo de l’article quand je vois ce marin a la proue de son voilier orange seul a la merci des éléments ça me fait penser a l’expérience de la vie sur terre .... miracle de la vie si prés de la mort .

  • Manganese
    Manganese
    Otage de l'Etat français
    • Posté à 17h50 le 18/11/2012
    • 182506
      Otage de l'Etat français

    La plus part des commentaires montrent bien la méconnaissance du monde de la navigation. Et c’est tant mieux Lorsque je lis « risque mortel » dans certain commentaire, je réponds : prendre sa voiture ou traverser la rue, il y a bien plus de risque de mourir que sur un voilier ! ! ! !
    Chaque année, il y a plus de 15 000 familles françaises (avec enfants) qui partent en voilier faire le tour du monde ou rien que l’Europe.
    Votre méconnaissance de ce monde là vous permet d’écrire que des absurdités. Mais ces tant mieux, car les personnes avec des idées comme les votre sont « néfastes » au monde du voilier et l’avantage, c’est que les personnes ayant cette vision des choses, nous ne les verrons jamais dans cette belle famille qu’est la navigation.

    • Elle anonyme
      Elle anonyme répond à Manganese
      Béotienne
      • Posté à 18h20 le 18/11/2012
      • Internaute 24737
        Béotienne

      Oui, enfin, faut quand même pas trop exagérer sur le côté belle famille solidaire et toussa toussa du monde de la voile. Ya, là aussi, des bons gros connards irresponsables, hein !

      • Manganese
        Manganese répond à Elle anonyme
        Otage de l'Etat français
        • Posté à 19h59 le 18/11/2012
        • 182506
          Otage de l'Etat français

        Je suis d’accord sur le fond. Mails il y en a bien plus sur terre qu’en mer ! ! ! !

         
        • franckd
          franckd répond à Manganese
          penguin long from ice pack
          • Posté à 12h25 le 19/11/2012
          • Internaute 123172
            penguin long from ice pack

          au delà de fait que la mer est beaucoup moins peuplée, c’est le cas dans tout les sports où on est confronté à la nature : même avec toute l’assistance électronique possible on est forcement humble ... ce qui siée assez mal au gros con ;)

        1 autres commentaires
    • A déménagé le 07-12-2012
      A déménagé le 07-12-2012 répond à Manganese
      non connue
      • Posté à 20h54 le 18/11/2012
      • Internaute 193008
        non connue

      Il y a deux jours, un candidat de Slam indiquait que son bateau avait coulé en 1 heure entre Cuba et Haïti pour cause d’OFNI. Une famille de fermiers écossais publia un livre pour repartir de zéro après avoir tout perdu avec le voilier rêvé percuté par des orques.
      « La méconnaissance de ce monde » permet d’écrire, entre autres absurdités, que les cargos aveugles et les vagues scélérates seraient à l’origine de nombre de « fortunes » de mer chaque année !

    • simla
      simla répond à Manganese
      desperate housewife
      • Posté à 01h20 le 19/11/2012
      • Internaute 164811
        desperate housewife

      Vous avez raison sur le fond...mais ayant navigué moi-même et partagé (un peu) le monde des « voileux “ ....quelques mois...cette ‘belle famille’ n’est pas non plus à l’abri de quelques mesquineries.....

      Mais bon, ça me semble tout à fait normal....on ne devient pas un ‘saint’ parce qu’on vit sur un voilier ! ! ! !

  • Elle anonyme
    Elle anonyme
    Béotienne
    • Posté à 18h27 le 18/11/2012
    • Internaute 24737
      Béotienne

    Le sens de l’équilibre aussi. Quoique, dans le cas présent, c’est anecdotique...

    • Islanick
      Islanick répond à Elle anonyme
      Terroriste
      • Posté à 20h15 le 18/11/2012
      • Internaute 194404
        Terroriste

      On dirait bien que le ballast sous le vent est resté rempli ! ...

      Ce doit être pour la photo ! ...

  • 20centimes
    20centimes
    vocabulaire limité mais j'me (...)
    • Posté à 19h35 le 18/11/2012
    • Internaute 146831
      vocabulaire limité mais j'me (...)

    Je comprends les motivations d’un Christophe Colomb ou de Neil Armstrong.
    Mais là, je suis sans voix.

  • Islanick
    Islanick
    Terroriste
    • Posté à 19h53 le 18/11/2012
    • Internaute 194404
      Terroriste

    Les courses en solitaire devraient être interdites parce qu’elles enfreignent l’une des premières règles de sécurité maritime internationale OMI qui est ...

    qu’il faut toujours avoir un chef de quart en passerelle pour assurer la veille et éviter les collisions.

    Même dormir par tranche de vingt minutes vous fait prendre des risques sur des routes fréquentées.

    La veille RADAR et ses alarmes vous réveilleront les premiers jours mais ensuite, avec la fatigue, on ne l’entendra plus.

    A ce moment là, mieux vaut être sorti des routes à fort trafic ! ...

    Sinon, trois mois seul en mer à faire marcher un 60 pieds à fond la caisse est un travail de forçat, j’y ai gouté une fois sur une course plus courte et hors équipage, je ne le referais pas.

    • Seito
      Seito répond à Islanick
      ??
      • Posté à 21h22 le 18/11/2012
      • Internaute 31099
        ??

      Tout à fait exact.

      Une veille auditive, visuel et permanente.

  • Alain Pacifique
    • Posté à 21h46 le 18/11/2012
    • Internaute 24637

    3 mois en solo sur un voilier, le rêve.... mais bon , plutôt rythme croisière pour moi.
    sinon, la Rue n’est vraiment pas le lieu idéal pour discuter voile.

    • simla
      simla répond à Alain Pacifique
      desperate housewife
      • Posté à 01h16 le 19/11/2012
      • Internaute 164811
        desperate housewife

      Trois mois en solo ? Les plaisirs partagés sont pourtant les plus forts !

      • Alain Pacifique
        Alain Pacifique répond à simla
        • Posté à 09h28 le 19/11/2012
        • Internaute 24637

        il faut avoir gouté et apprécié la navigation en solo pour comprendre la différence. ceci dit j’aime aussi beaucoup naviguer en équipage, mais se retrouver « seul au monde » avec un bateau c’est un plaisir unique.

         
        • Yvon le Zébulon
          Yvon le Zébulon répond à Alain Pacifique
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
          • Posté à 11h13 le 19/11/2012
          • Internaute 65781
            L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

          « se retrouver “ seul au monde ” avec un bateau c’est un plaisir unique ».

          Il y en a au moins UN* qui n’a pas du penser comme toi !
          ( * Alain Colas disparu avec son « Manuréva » )

        1 autres commentaires
  • simla
    simla
    desperate housewife
    • Posté à 01h14 le 19/11/2012
    • Internaute 164811
      desperate housewife

    L’oeil rivé sur l’ordinateur...on mesure d’autant mieux les exploits accomplis par les explorateurs des siècles précédents ! ! ! !

    • Alain Pacifique
      Alain Pacifique répond à simla
      • Posté à 09h30 le 19/11/2012
      • Internaute 24637

      c’est sûr que depuis que le GPS et le téléphone satellite se sont démocratisés, la navigation hauturière a beaucoup changé.

    • franckd
      franckd répond à simla
      penguin long from ice pack
      • Posté à 09h42 le 19/11/2012
      • Internaute 123172
        penguin long from ice pack

      C’est un tout...Pas sûr que ces bateaux soient gérables sans l’électronique ! En 1895 Slocum se contentait d’attacher la barre de la Spray pour piquer un roupillon...

      « Seul autour du monde... » est d’ailleurs un bouquin encore plus passionnant aujourd’hui tant il permet de mesurer ce décalage : Il très loin de notre culture de la performance... j’adore.

      Edit : remarques je serait bien incapable de me remettre à la « règle à calculs » et aux Rotring... ;)

  • franckd
    franckd
    penguin long from ice pack
    • Posté à 08h54 le 19/11/2012
    • Internaute 123172
      penguin long from ice pack

    Jean oublie de dire que l’odeur de résine de ces bateaux au départ est déjà difficilement supportable... On peut préférer les culottes sales ! ! !

    • Yvon le Zébulon
      Yvon le Zébulon répond à franckd
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
      • Posté à 11h06 le 19/11/2012
      • Internaute 65781
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

      S’ils étaient fabriqués en tôle au lieu de carbone ou de résines, jamais ils ne parviendraient à boucler le tour du monde en un peu moins de 90 jours.
      ...alors faut savoir choisir : accepter l’odeur ou préférer la défaite !

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