Manifeste contre l’emploi systématique du terme « zlataner »
Dimanche 4 novembre 2012, le quotidien sportif L’Equipe a choisi comme titre de une, accompagné d’une photo du coup de pied de Zlatan Ibrahimovic sur le gardien stéphanois : « Les Verts zlatanent Paris ».
Le Comité contre l’emploi systématique du terme « zlataner » (Cestz) condamne fermement ce choix éditorial et affirme, par ce manifeste, les principes qu’il entend partager.
L’opposition au terme « zlataner » n’est pas un rejet rétrograde de tout néologisme ni une réserve orthographique – « zlataner » ou « zlatanner », au fond, peu importe.
Il ne s’agit pas non plus de dénigrer le travail des Guignols de l’info, inventeurs du terme : qu’ils ne cessent de représenter la marionnette d’Ibrahimovic répétant qu’il veut « zlataner » la Terre entière n’est pas condamnable.
Le programme fonctionne ainsi, à l’aide de gimmicks et nous ne jugerons pas la qualité humoristique de celui-ci : ce n’est pas l’endroit.
Nous estimons d’ailleurs que le terme « zlataner » résume bien à la fois l’extrême confiance en lui et le talent sportif de la star du PSG.
Ce que nous condamnons fermement, c’est l’utilisation de ce terme par les médias et son intégration dans le langage courant. Et ce pour plusieurs raisons :
- les journaux ne peuvent pas se satisfaire intellectuellement de reprendre la moindre blague des Guignols de l’info. C’est très mauvais pour l’image de la presse sportive, qui n’est déjà pas au top. A-t-on déjà vu Libération ou Le Monde titrer « Super Menteur » pour parler de Jacques Chirac ?
- l’emploi de « zlataner » à tout va par les présentateurs des émissions de football de Canal + est déjà insupportable en soi mais correspond à une logique commerciale : il s’agit de faire la publicité d’une autre émission de la chaîne. En le reprenant à son compte, L’Equipe fait la publicité des Guignols ;
- nous rappelons aux journaux couvrant la Ligue 1 qu’en se focalisant à outrance sur Zlatan Ibrahimovic et en résumant son équipe à sa grande personne, ils caricaturent un club composé de 21 joueurs internationaux. Et qu’en se pâmant devant une star internationale, ils contribuent à dévaloriser le championnat de France ;
- nous rejoignons le point de vue de Jérôme Latta, membre fondateur des Cahiers du football, qui parle de « naissance de l’Ibrahimovix ». C’est un « gimmick puéril qui nous épargne de trop nous fouler dans l’analyse », « une blague qui resterait anodine si elle ne servait de nouvelle occasion pour parler aux lecteurs et aux spectateurs comme à des enfants un peu attardés » ;
- nous rêvons que la presse sportive soit capable de rire du sujet futile qu’elle couvre autrement qu’en resservant les blagues réchauffées des Guignols ;
- nous réclamons l’interdiction de l’emploi du terme « zlataner » aux comptoirs des bistrots, aux machines à café, dans les dîners de famille, et invitons tous les passionnés de foot à faire marcher leur sens critique et inventer leurs propres jeux de mots ;
- nous assumons le côté épidermique de notre opposition. Entendre le mot « zlataner » nous donne envie de fuir la compagnie de tout interlocuteur qui l’emploiera.
Nous condamnons également toute blague dérivée de « zlataner », comme celle de Canal + qui utilisait dimanche soir le verbe « aubameyanguer » – du nom du buteur de Saint-Etienne face à Paris – ou Benoît Cheyrou qui, après OM-PSG, a inventé « andré-pierriser » – pour André-Pierre Gignac.
Pour les mêmes raisons, il est interdit d’imiter Leonardo, le directeur sportif du PSG, en disant « La prince, il dit que... » avec un mauvais accent brésilien.
N’hésitez pas à affirmer votre soutien au comité pour l’interdiction systématique du verbe « zlataner » dans les commentaires.
Le Cestz
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secrétaire
secrétaire
La langue française à survécu à l’invention de la papinade, elle survivra au verbe zlatanner (mais franchement, j’aurai plutôt dit zlatanniser si j’avais inventé le mot).




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