Coach Puel

22/09/2012 à 13h07

Avec Puel, l’appli pour comprendre ce qu’est un entraîneur de foot

Imanol Corcostegui | Rue89 Rue89
Audrey Cerdan | Photographe Rue89

Qu’est-ce qu’un entraîneur de foot ? Claude Puel, le coach de Nice, nous a ouvert les portes de son bureau. Découvrez notre appli.

(De Nice) Parce que le sport collectif n’existerait pas sans les hommes qui construisent les équipes et que transformer un amas d’individualités en mouvement collectif est une mission délicieusement complexe, nous avons voulu comprendre ce qu’est un entraîneur.

A la manière de notre rubrique « Dans la tête de » qui ausculte les hommes politiques, nous avons tenté l’expérience avec un coach de foot. Claude Puel, en l’occurrence, qui fait ce métier depuis une quinzaine d’années, champion de France en 2000 avec Monaco, deuxième de Ligue 1 à deux reprises (Lille en 2005 et Lyon en 2010), aujourd’hui à Nice.

Le quinquagénaire est souvent présenté par la presse comme quelqu’un de rigide et défensif. Consultant régulier pour Radio France, sa réflexion est riche.


Claude Puel dans son bureau à Nice le 13 septembre 2012 (Audrey Cerdan/Rue89)

Nous lui avons demandé de choisir les cinq objets les plus indispensables de son quotidien, chacun incarne une facette du job :

  • l’adaptation à l’adversaire, avec le DVD ;
  • la gestion d’un effectif et la tactique, avec le tableau Veleda : comment faire en sorte que les remplaçants ne se sentent pas exclus ? Pourquoi jouer avec 1, 2 ou 3 attaquants ?
  • l’organisation de l’entraînement, avec le chrono ;
  • le rapport à la presse. Selon le coach de Nice, le foot est un monde où « l’extérieur prend trop d’importance sur le quotidien » ;
  • la construction personnelle, avec le carnet. Puel décrit un métier qui envahit les pensées en permanence.

En plus de notre appli, voici un extrait de notre échange avec le coach de Nice, autour des évolutions du métier.

Rue89 : Comment résumer l’essentiel du travail d’un entraîneur de foot en 2012 ?

Claude Puel : Normalement, ce devrait être de choisir des joueurs et de mettre en place des compositions. Les aspects tactiques et techniques, le terrain, le contenu et la planification des entraînements... Si ça n’était que ça, ce serait super.

En fait, le métier d’entraîneur implique beaucoup d’autres choses : la connaissance d’un groupe et de ses aspects psychologiques. Aujourd’hui, c’est 40 % de notre boulot. On peut élaborer tout ce qu’on veut mais si un groupe n’est pas bien dans sa tête et se laisse déborder par les problèmes individuels, ça ne peut pas marcher.

Comment se construit la personnalité d’un entraîneur ?


Terrain d’entraînement de l’OGC Nice le 13 septembre 2012 (Audrey Cerdan/Rue89)

J’étais un joueur très polyvalent : j’ai joué 7 ou 8 postes, partout derrière, pas mal au milieu et même dans les buts. Ça me donne pas mal de vécu, de repères et d’analyses.

En plus, j’ai appris de tous les entraîneurs que j’ai eus, c’est bateau mais c’est la vérité. De bonnes et de mauvaises choses (rire). Arsène Wenger m’a beaucoup marqué, je l’ai eu pendant sept ans. Ce que j’apprécie chez lui, c’est son comportement après les matches : il peut être bouillant pendant mais a beaucoup de recul et d’analyse cinq minutes après.

La réflexion tactique se construit à mesure. Un entraîneur est comme un joueur : il progresse, il est en recherche perpétuelle, regarde tout ce qui se fait à l’extérieur. C’est une éponge, tout en devant ramener les choses apprises par rapport à soi, à sa personnalité et son ressenti.

Très critiquée ces dernières années, et encore plus depuis l’Euro de cet été, la nouvelle génération de footballeurs est-elle plus difficile à gérer ?

On pense toujours que la nouvelle génération est plus ceci, plus cela que la précédente. Les gamins évoluent. Il y a du pour et du contre. Ce qui est embêtant, c’est de retrouver un peu moins de respect et d’éducation. Tout tend à individualiser la performance du joueur.

La presse, le public, l’environnement, les amis font tout pour que le joueur ne pense qu’à lui. C’est toute la difficulté du métier d’entraîneur : c’est le seul qui rame à contre-courant, qui essaie de le mettre dans un schéma, dans un collectif, qui lui demande d’être altruiste. Ce sont des mots qui sont bannis de son vocabulaire et de sa pensée.

Quels sont donc les aspects positifs de cette évolution ?


Terrain d’entraînement de l’OGC Nice le 13 septembre 2012 (Audrey Cerdan/Rue89)

Avant, on disait : un joueur doit avoir 27 ou 28 ans pour être mature. Aujourd’hui, il peut être à son meilleur niveau dès 23 ou 24 ans. Pourquoi ? Parce que le fait d’être un peu moins respectueux détruit des barrières. Les joueurs sont plus spontanés, vont chercher les choses plus vite. Ils ne respectent pas l’ancien.

Avant, il fallait montrer patte blanche pour être accepté et se tenir à carreau. Le gamin ne doute pas. On peut le lancer précocement et souvent, il répond présent.

A côté de ça, il faut aussi gérer des joueurs très expérimentés avec qui vous avez parfois eu des problèmes à Lyon...

Dans un groupe, il y a des faux et des vrais leaders. Certains le sont par la personnalité et par ce qu’ils dégagent. Ils sont donc légitimes. D’autres, au contraire, le deviennent par ancienneté sans avoir le charisme pour l’être. C’est dur à gérer.

A Lyon, il semble que certains joueurs, un notamment, avec qui j’ai eu quelques difficultés, a finalement dû être viré parce qu’il a posé problème derrière [on parie qu’il parle de Cris, ndlr]. Je ne devais pas avoir tout faux (sourire).

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  • 12 réactions
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  • Jazzmaster²
    Jazzmaster²
    être humain
    • Posté à 13h46 le 22/09/2012
    • Internaute 153265
      être humain

    « Je suis parti une semaine en vacances avec mes trois gamins, ça ne m’était jamais arrivé »

    Finalement il avait peut être oublié que l’essentiel de la vie se passait ailleurs que sur une pelouse rectangulaire...

  • jeanletanneur15
    jeanletanneur15
    forgeron
    • Posté à 14h55 le 22/09/2012
    • Internaute 187223
      forgeron

    Les jeunes font un bon travail ,il n’y a rien à dire ; Mais,quand t’ils vont sentirent l’odeur de l’argent,ce sera foutu. Chapeau Le Foot Féminin.

  • Jean-Michel Aulas
    Jean-Michel Aulas
    Superviseur d'arbitres
    • Posté à 15h01 le 22/09/2012
    • Internaute 192803
      Superviseur d'arbitres

    .

    • Tmal
      Tmal répond à Jean-Michel Aulas
      Parti rider...
      • Posté à 18h30 le 22/09/2012
      • Internaute 112672
        Parti rider...

      Oui, enfin, il est quand même resté 3 ans à l’OL... Alain Perrin n’en revient toujours pas ! Reprenez-vous Jean-Michel !

      • Jean-Michel Aulas
        Jean-Michel Aulas répond à Tmal
        Superviseur d'arbitres
        • Posté à 19h25 le 22/09/2012
        • Internaute 192803
          Superviseur d'arbitres

        Mais enfin vous ne comprenez donc pas que cette histoire de prud’hommes va encore m’obliger à vendre des joueurs ? On n’en est déjà rendus à titulariser Vercoutre. Si ça continue, l’année prochaine on fera jouer le kiné.
        Et qu’est ce que c’est que ce maillot vert sur votre avatar ? C’est très désagréable à regarder.

         
        • Tmal
          Tmal répond à Jean-Michel Aulas
          Parti rider...
          • Posté à 20h09 le 22/09/2012
          • Internaute 112672
            Parti rider...

          Désolé pour mon blouson vert, je n’avais pas prévu de vous croiser aujourd’hui... C’est juste mon camouflage de sapins. Je vous préviens je ne suis pas du genre à rider des petites collines d’herbe, donc SE très peu pour moi. Grenoble ou ETG, ça envoie plus de paté. Par contre le match de demain soir m’intéresse encore plus. Le même tarif que l’an dernier ce serait pas mal :)

          • Jean-Michel Aulas
            Jean-Michel Aulas répond à Tmal
            Superviseur d'arbitres
            • Posté à 22h06 le 22/09/2012
            • Internaute 192803
              Superviseur d'arbitres

            Vous me voyez rassuré. J’ai cru qu’un voyou stéphanois avait réussi à pénétrer jusqu’ici.
            En ce qui concerne le précédent match à Lille, ça reste un très mauvais souvenir. Cet enfoiré de Seydoux avait mis un verrou sur la porte du vestiaire arbitral. Quel geste anti-sportif, j’étais dégoûté ! Jamais je ne m’abaisserais à faire une chose pareille à Gerland.
            Bon, donc voilà on a perdu. Comme quoi une victoire se joue parfois sur des détails. Mais l’essentiel est d’apprendre de ses erreurs. Demain j’amène un passe et nanard prend un bélier. On devrait gagner.

        2 autres commentaires
  • buk100
    buk100
    mouais
    • Posté à 15h24 le 22/09/2012
    • Internaute 49386
      mouais

    Sur le sujet, il y a ce doc intéressant.

  • petit lapin
    petit lapin
    condé sans dents
    • Posté à 15h37 le 22/09/2012
    • Internaute 82080
      condé sans dents

    Supporter une équipe de foot, c’est comme supporter les cyniques investissements d’une entreprise du cac 40, mais avec un filtre « humain-dépassement de soi même-esprit collectif ».

    le second comportement étant tout aussi délétère mais moins hypocrite que le premier.

    Le foot est un peu la version « sensualisé » de la guerre économique

  • Artefact75000
    Artefact75000
    Abonnée au gaz et à l' (...)
    • Posté à 16h42 le 22/09/2012
    • 176003
      Abonnée au gaz et à l' (...)

    Compte-tenu du fait que c’est sans aucun doute le sport qui accumule le plus de débiles mentaux au mètre carré, je ne vois même pas l’intérêt de parler de la notion de respect.

  • alain georges
    alain georges
    tête contre les murs
    • Posté à 12h58 le 23/09/2012
    • 185805
      tête contre les murs

    ou est passé le premier commentaire de puel ?

  • Goethals
    Goethals
    Marolles
    • Posté à 08h52 le 26/09/2012
    • Internaute 192822
      Marolles

    Sacré Puel, toujours aussi vantard. Ce n’est pas 40 % qu’il consacre à la tactique et à la technique mais au mieux 2 à 3% vu le niveau collectif des équipes qu’il entraine. En revanche son salaire lyonnais c’était 100 fois le salaire moyen en France pour un spectacle 100% emmerdant. Une pensée émue pour les supporters niçois.

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