L’important c’est les trois points 12/09/2012 à 01h15

Un public lunatique et un joli Ribéry : ce qu’il faut savoir sur la victoire des Bleus

Clément Guillou | Journaliste Rue89


Franck Ribéry après son but lors de France-Biélorussie, à Saint-Denis, 11 septembre 2012 (Franck Fife/AFP)

L’équipe de France de football a remporté son deuxième match des qualifications pour la Coupe du monde 2014 face à la Biélorussie (3-1). Elle n’a pas vraiment fait peur à ses supporters – il en reste ? – et comme on a appris à ne pas être exigeant, on dira qu’elle a été par moments divertissante.

C’est en deuxième mi-temps, paradoxalement la moins bonne, que l’équipe de France a marqué ses trois buts par le Toulousain Etienne Capoue, le Parisien Christophe Jallet et le Munichois Franck Ribéry. Entretemps, le Biélorusse Poutilo avait réduit la marque en reprenant un pénalty repoussé par Lloris.

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Le public du Stade de France est toujours aussi mauvais

Le public du Stade de France est peut-être la seule chose qui donne envie d’aimer les Bleus. L’équipe de France n’est pas très bonne mais elle l’est sans doute trop pour l’assemblée qui vient la voir jouer. Quand Olivier Giroud sort sous les sifflets après un match ni bon ni mauvaiis, on a envie de le serrer fort dans ses bras et de lui dire que Trezeguet, lui aussi, se faisait souvent siffler au Stade de France.

Il n’y a sans doute pas beaucoup de spectateurs communs d’un match à l’autre dans l’enceinte de Saint-Denis et pourtant il semble qu’on puisse parler d’un « public du Stade de France ». Lorsqu’il se rend au SDF, l’amateur de foot pose son orgueil et son cerveau à l’entrée du stade et décide qu’il va faire n’importe quoi pendant deux heures.

Ne pas chanter pour son équipe, faire la ola après 25 minutes, siffler copieusement l’équipe à la mi-temps, puis les joueurs remplacés, refaire une ola après un but et conclure par des « olés » chambreurs sur une passe à dix des Français. C’est l’application parfaite du manuel du Footix, animal de stade né en France en 1998 et dont chaque match des Bleus atteste qu’il a pris racine chez nous.

Au-delà de ce public versatile, deux chiffres qui disent tout du désamour pour l’équipe de France : France-Biélorussie a attiré à peine plus de 50 000 personnes au stade et M6 n’a fait que 21% de parts d’audience pour Finlande-France vendredi (4,9 millions de télespectateurs). Deux victoires pour les Bleus mais deux signaux inquiétants pour la Fédération.

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Ribéry sait faire deux ou trois choses avec le ballon

Cela faisait longtemps que Franck Ribéry n’avait pas brillé à la télévision française, ailleurs que dans l’Equipe du dimanche et en claquettes dans Téléfoot.

Ce mardi soir, aligné dans le couloir gauche, il a été très présent, propre techniquement et, même s’il n’a pas toujours fait les bons choix, a pris des risques et provoqué les défenseurs adverses.

Un bon centre à une touche de balle aurait pu être conclu par Olivier Giroud dont la tête fut bien stoppée par le gardien biélorusse. En deuxièmé période, Ribéry offre le premier but à Capoue sur un centre en retrait d’école et marque le troisième but des Bleus sur une pichenette, servi par Benzema.

Les buts de France-Biélorussie (3-1)

Didier Deschamps a aimé et l’a dit en conférence de presse :

« Ribéry est un joueur de haut niveau avec de la prise de risque. Il insuffle (...) dans le travail de courses quelque chose dont l’équipe a besoin. Il fait défensivement beaucoup d’efforts. »

De quoi mériter les félicitations de Matt Pokora sur Twitter. Mais est-ce que les footeux donnent leur avis sur le dernier album de M Pokora, eux ?

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Deschamps cherche son équipe

En trois matches, le nouveau sélectionneur n’a pas encore tout à fait trouvé ses hommes ni son système de jeu. C’est normal, Laurent Blanc ne savait toujours pas quoi faire au bout de deux ans.

En défense, Deschamps a confimé un choix audacieux, celui de la jeunesse et de l’inexpérience européenne, en alignant une nouvelle fois Mamadou Sakho et Mapou Yanga-Mbiwa. Qui sont chacun allés de leur maladresse – penalty provoqué par Yanga-Mbiwa puis jeu à terre litigieux de Sakho en fin de match – mais ont été souverains dans les duels. Sakho a tout pris de la tête, y compris dans la surface adverse, mais sans réussite.

Au milieu de terrain, Deschamps cherche ses hommes et le renouvellement permanent n’est pas forcément de son choix, entre la méforme des uns et les blessures des autres. Titulaires du soir, Capoue, Mavuba et Cabaye ont manqué d’audace. Face à cette opposition, ils auraient dû oser plus.

Devant, le sélectionneur avait aligné Benzema et Giroud en même temps, mais l’association n’a rien produit de consistant. Benzema a continué à redescendre pour chercher le ballon et offert une passe décisive à Ribéry ; Giroud a continué à chasser en vain son premier but de la saison.

Entre le 4-3-3 et l’association Benzema-Giroud, Deschamps n’a pas choisi. Il tient à son triangle du milieu de terrain autant qu’à l’association des deux meilleurs buteurs français de l’an dernier. L’animation offensive n’est pas encore là mais les résultats oui, et c’est tout ce qui importe au nouveau sélectionneur.

Pour Deschamps, la nuit sera douce : il se couche avec un satisfecit adressé par Roselyne Bachelot. Ca ne rapporte pas de point mais c’est toujours ça que n’auront pas les Espagnols, que les Bleus iront affronter le 16 octobre.

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  • SlyTheSly
    • Posté à 10h41 le 12/09/2012
    • Internaute 24414

    J’étais un peu déçu de ne pas être allé au stade mais bon, je m’en suis vite remis : public qui siffle pour rien, supporters du PSG anti-sportifs, etc.
    J’espère que la contre le Japon en amical, match auquel je devrais assister cette fois, les abrutis seront un peu moins nombreux...

  • Lume
    Lume
    Fainéant chronique
    • Posté à 11h22 le 12/09/2012
    • Internaute 95358
      Fainéant chronique

    J’étais au stade hier. Alors bon, la ola et les sifflets, ça venait pas même endroits du stade hein, faut pas non plus mélanger tout le monde. Et si on considère qu’il y a pas mal de monde qui vient « juste pour une fois », on peut comprendre que ça suive bêtement l’un ou l’autre.

    Cela dit, j’ai lu un peu partout qu’il n’y avait pas d’ambiance dans le stade et ça pour le coup c’est complètement faux. Il manque un groupe d’ultra pour canaliser tout ça, mais la ferveur est bien là. Peut-être que si TF1 coupait le son de ses commentateurs de m**** pour augmenter celui du stade les téléspectateurs auraient une idée moins fausse de ce qui se passe vraiment.

  • nico1902
    nico1902
    Cadre precaire
    • Posté à 11h49 le 12/09/2012
    • Internaute 190950
      Cadre precaire

    C’est quand même dingue cette habitude qu’on a en France de soutenir notre équipe quand elle va bien, et de l’enfoncer quand elle ne va pas bien.

    J’ai un ami qui est supporter de l’équipe anglaise de Derby County. Derby County, c’est cette équipe qui a joué une saison en premier league (ligue 1 anglaise) et n’a gagné qu’un seul match dans toute la saison. De tels résultats dans un club français ou italien aurait provoqué la colère des supporters (avec sifflets, grève des supporters, caillassage de bus des joueurs, altercations entre joueurs et supporter au centre d’entrainement...). Au stade de Derby, le public était content d’être là, fier de soutenir son équipe dans la difficulté, fidèle à ses couleurs et à son maillot. Bien sûr, le public était triste de voir son équipe perdre tous ses matchs, mais ils encourageaient leurs joueurs quand même ! C’est ça être un supporter ! ! !

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