Doute raisonnable 12/08/2012 à 09h25

Carl Lewis doute d’Usain Bolt, comme tout le monde devrait le faire

Clément Guillou | Journaliste Rue89

Mis à jour le dimanche 12 août 2012 à 1h38
Corrige nationalité de Ben Johnson

Carl Lewis à gauche aux JO 1984 de Los Angeles, Usain Bolt à droite aux JO 2008 de Pékin (Pool/Olivier Morin/AFP)

Jeudi soir, après son titre sur 200 mètres, Usain Bolt s’en est pris à Carl Lewis, le plus grand sprinteur du siècle passé :

« Je vais dire maintenant quelque chose qui va prêter à controverse : Carl Lewis, je n’ai aucun respect pour lui. Les choses qu’il dit au sujet des athlètes, c’est vraiment dévalorisant. A mon avis, il ne cherche qu’à attirer l’attention parce qu’on ne parle pas vraiment beaucoup de lui. »

Par cet hommage, le triple champion olympique de Londres a ressuscité une interview de Carl Lewis il y a quatre ans dans le magazine Sports Illustrated, après le triplé olympique du Jamaïcain à Pékin. Lewis, lui-même trois fois contrôlé positif, disait :

« Je me demande encore comment il a pu passer de dix secondes à 9s60 en un an [9s69 à l’époque, ndlr]. Je pense qu’il y a un problème. [...]

Des pays comme la Jamaïque n’ont pas de programme de contrôles antidopage inopinés, donc ils peuvent rester des mois sans être contrôlés. Je ne sais pas que quelqu’un marche à quelque chose mais tout le monde doit jouer sur un pied d’égalité. [...]

Quand quelqu’un court en 10s03 une année et 9s69 la suivante, si on ne met pas (cette évolution) en doute dans un sport qui a la réputation qu’il a actuellement, c’est qu’on est un idiot. C’est tout. »

Sommes-nous idiots de ne pas penser au dopage lorsque l’on voit Usain Bolt développer sa belle foulée ? Si Bolt était un cycliste ou une nageuse chinoise, sa réputation serait déjà faite.

La moitié des sprinteurs sous 9 secondes 80 ont été suspendus pour dopage

La question « Usain Bolt est-il dopé ? » se pose à l’étranger, aux Etats-Unis notamment. Après le succès de Bolt sur 200 mètres, un journaliste a posé cette question :

« Pouvez-vous nous assurer que vous et l’équipe jamaïcaine de dopage... Pardonnez mon lapsus, pouvez-vous nous assurer que vous et l’équipe jamaïcaine d’athlétisme ne vous dopez pas ? »

La question est parfaitement inutile en conférence de presse – qu’espère-t-il comme réponse ? – mais elle mérite d’être posée.

Dans l’histoire, dix sprinteurs ont couru le 100 mètres en 9 secondes 80 centièmes ou moins. QuatreAméricains, un Canadien et cinq Jamaïcains.

Parmi eux, la moitié ont été suspendus pour dopage (Ben Johnson, Justin Gatlin, Tim Montgomery, Steve Mullings, Yohan Blake). « Soyons réalistes », disait Carl Lewis en égrénant, dans cette même interview, la liste des coureurs passés sous cette barre.

Les limites du corps humain sont incertaines


Usain Bolt lors du relais 4x100 mètres à Londres, 11 août 2012 (Franck Fife/AFP)

Bolt a donc explosé les temps d’athlètes dopés, pour certains lourdement (insuline, testostérone et EPO pour Montgomery). Pourquoi pas ? Comme l’observent les scientifiques, Bolt est un sprinteur hors normes.

Les limites physiologiques sur 100 mètres sont impossibles à cerner, jugeaient après les Jeux de Pékin un physiologiste et un biomécanicien interrogés par Wired. Ils trouvaient également Bolt hors du commun des sprinteurs.

Plusieurs groupes de chercheurs se sont demandés jusqu’où pouvait descendre le record du monde, mais ce sont généralement des modèles mathématiques basés sur l’évolution des temps.

Bolt les a fait mentir en abaissant le record plus vite que prévu mais surtout, ces modèles sont faussés car ils supposent qu’aucun détenteur du record du monde ne s’est dopé.

La lutte antidopage progresse en Jamaïque

L’autre point abordé par Carl Lewis dans cette interview était l’absence d’agence antidopage crédible en Jamaïque, qui avait pour conséquence un très faible nombre de contrôles inopinés. Il avait raison : à l’époque, l’agence antidopage jamaïcaine n’avait que quelques semaines d’existence.

Depuis, David Howman, président de l’Agence mondiale antidopage, a adressé un satisfecit à l’agence jamaïcaine en 2010, affirmant au Guardian :

« Nous avons préparé un rapport sur les progrès de leur agence antidopage. De manière générale c’était un rapport très positif et il n’y avait rien qui ne soit pas en conformité avec le code mondial antidopage. »

Il soulignait cependant la faiblesse du nombre de contrôles hors compétition et la proximité de membres de l’agence avec les intérêts des sportifs.

Le nombre de contrôles positifs de Jamaïcains ces dernières années, généralement pour des stimulants, montre autant la tendance de ces derniers à taper dans la boîte à pharmacie que l’activité réelle de l’agence antidopage jamaïcaine.

Le retour de la testostérone, à faible dose

Mais les cas de sportifs dopés avérés et jamais contrôlés positifs, malgré des centaines de contrôles, sont multiples.

La prise d’hormones de croissances est quasiment indétectable. La prise de testostérone, le plus vieux stéroïde du monde, l’est également à une certaine dose. On prend la testostérone en gel, en patchs. On peut même placer des boulettes de testostérone sous la peau pour en libérer continuellement dans l’organisme, tout cela en restant sous le seuil autorisé.

Tous les experts observent une généralisation du microdosage. Cela consiste à prendre les produits en une plus faible quantité, ce qui amoindrit leur utilité mais les laisse moins longtemps dans l’organisme.

Les athlètes contrôlent ainsi leur taux d’hormones de croissance et de testostérone très fréquemment pour s’assurer qu’ils restent en-dessous des radars.

« C’est l’hiver que l’on construit sa puissance, grâce aux produits »


Victor Conte après le verdict du procès Balco, à San Francisco, 18 octobre 2005 (David Paul Moris/Getty Images/AFP)

Ces pratiques sont courantes en athlétisme, assure Victor Conte, un expert du dopage. A la tête du laboratoire Balco, il a alimenté de nombreux athlètes en THG, un stéroïde de synthèse.

Après avoir purgé une peine de quatre mois de prison, il tente maintenant d’aider l’AMA à débusquer les dopés. Depuis des années, a-t-il raconté au San Francisco Chronicle, il leur dit :

« C’est en octobre, novembre et décembre que l’on construit sa puissance, sa force d’explosivité et sa vitesse. Huit mois plus tard, ils gagnent des médailles d’or grâce aux produits dopants qu’ils ont pris neuf mois plus tôt.

Donc ce n’est pas la peine de faire des contrôles au Jeux olympiques. Il faut accrocher l’hameçon et lancer la canne à pêche dans l’étang à cette période. Je le sais, car c’est comme ça que je les préparais. »

Se doper pour s’entraîner plus : voilà l’essentiel du dopage aujourd’hui, contrairement à la croyance populaire qui voudrait que l’on s’injecte des produits la veille d’une compétition.

Sur Twitter, Victor Conte conclut : « Il faut plus de contrôles inopinés sanguins et urinaires en période d’entraînement, sur le territoire national. Les contrôles aux Jeux olympiques sont plus des tests de QI que des tests antidopage. »

Les huit finalistes de Pékin ? « Tous dopés »

Le principal informateur de l’affaire Balco, du nom du laboratoire de Victor Conte, s’appelait Angel Heredia.

Cet ancien athlète mexicain se décrit comme un chimiste, scientifique et nutritionniste. En 2008, il a raconté aux enquêteurs et au New York Times avoir fourni quantité de produits dopants à 12 athlètes médaillés olympiques, dont Marion Jones et Maurice Greene.

Au magazine allemand Der Spiegel, dans une interview réalisée pendant les Jeux olympiques de Pékin, il affirmait avec aplomb que les huit finalistes du 100 mètres étaient dopés : « La différence entre 10 secondes et 9s70, ce sont les produits dopants. »

Cette même année, Heredia disait continuer d’aider des athlètes à se doper, mais plus aux Etats-Unis. Un entraîneur de boxe dit qu’il a travaillé avec Usain Bolt mais cela n’a jamais été confirmé.

Usain Bolt ne sera peut-être jamais contrôlé positif ni impliqué dans une affaire de dopage. En examinant ses courses au microscope, des scientifiques du sport trouvent des tas de raisons à sa domination actuelle.
Il est extrêment doué et s’entraîne beaucoup. Ses courses sont un moment de grâce et il procure des émotions fortes. Bolt est une bénédiction pour l’athlétisme et, s’il ne remettait jamais les pointes aux Jeux olympiques, nous serions tous bien orphelins.

Mais ses performances, la faiblesse de la lutte antidopage et ces témoignages de piliers du système expliquent pourquoi Carl Lewis est sceptique, et pourquoi il recommande à tout le monde de l’être.

MERCI RIVERAINS ! Priscillamc
Aller plus loin
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  • Sébastien Bailly
    Sébastien Bailly
    Journaliste
    • Posté à 10h32 le 12/08/2012
    • Journaliste 700
      Journaliste
  • DEREKSTRANGE
    • Posté à 10h53 le 12/08/2012
    • Internaute 36602

    Je ne suis pas un fan du sprint, trop rapide et pas vraiment de combat entre les favoris avant la finale. Pour ce qui est des courses j’opte pour les haies ou le plat à partir de 800m.
    Bolt ne m’est pas antipathique, mais je ne suis pas sensible à son style.
    Reste la performance qui reste jusqu’à présent incontestable.
    Parce que les soupçons c’est plutôt facile à avoir, surtout après un contrôle positif (n’est-ce pas M. le Président de la FFA ? ! ?) ... si on appartient aux camp des vaincus c’est encore plus simple ... par contre des preuves, là c’est autre chose.
    Lewis et consort ont été protégés par l’AMA tout au long de leur carrière, beaucoup de leurs concurrents ont bénéficié de la même mansuétude dans leurs pays respectif (malgré quelques difformités parait-il caractéristiques d’un abus de substances prohibées ... les arcades sourcilières proéminentes et le front anormalement haut façon 3ème ligne sud-africain etc.)
    En 1984, le même Lewis -dont la modestie n’a jamais été une qualité- annonçait qu’en finale du 100 m il avait pu se contenter de marcher tellement il était facile ... parle-t-on encore de ce fameux concours de la longueur, où dominé il avait bénéficié d’un 9ème saut supplémentaire pour s’assurer la victoire et préserver son invincibilité.
    Peut-être que le tour de Bolt viendra ... ou pas ... mais ça n’est pas à un vieux beau passé entre les gouttes de jouer les pères la vertu.
    Athlète de bas niveau, je vous confirme que même un(e) quinquagénaire réalisant 50’ au 10km peut-être tenté d’améliorer des performances à coup (coût) de produits plus ou moins licites, conseillés qui par un entraineur, qui par un coéquipier, ou bien trouvé sur un forum de la course à pied.
    Pas un seul contrôle n’est en vigueur dans des courses à label départemental ou régional ... (malade, j’étais traité par un produit figurant sur la liste des produits prohibés ... mon entraineur m’a quand même dit de venir à des championnats de cross parce qu’il savait qu’il n’y aurait aucun contrôle) ... à tel point que l’on voit des athlètes de très bon niveau les écumer, surclasser tout le monde, empocher quelques centaines d’€ et en même temps s’entrainer ... pour ne rien dire des échanges de licences ou de dossard (très courus lors des courses très prestigieuses)
    Lutter contre le dopage, c’est à tous les niveaux qu’il faut le faire, combiner la sanction et la prévention ... délaisser enfin un moralisme de bas étage et une propension au lynchage (sur RMC on annonce que le contrôlé positif français au JO est militaire dans un régiment qui a payé un lourd tribu en Afghanistan ...) et surtout que la France en rabatte un peu et se préoccupe moins de trouver des alibis à ses propres échecs dans les supposées tricheries de ses fourbes d’étrangers.

  • the ghost
    the ghost
    expatrie
    • Posté à 10h58 le 12/08/2012
    • 173412
      expatrie

    Carl Lewis surtout sait de quoi il parle, puisqu’a Seoul apres l’elimination de Ben Johnson on s’est rendu compte qu’il n’y avait vraiement personne a qui donner les medailles, donc on a fait un exemple de Johnson et on a fait comme si.
    C’est gentil a lui de nous rappeler que les sport est aussi pourri que le reste de la societe dominee par la recherche de l’argent et du pouvoir, mais il pourrait aussi lui-meme nous avouer ce qu’il a pris pour gagner ses medailles, il est soupconne d’avoir pris de l’hormone de croissance, a ce stade et comme certains de ses ex-concurents il pourrait faire son coming-out, personne ne sera particulierement choque. Ca permettra de remettre les pendules a l’heure, aux jeux de Seoul meme les femmes ressemblaient a des body-builder surcharges, de nos jours ils ont tous degonfle, les produits ont change ?

  • Anthony Boyer
    Anthony Boyer
    Libraire Téméraire
    • Posté à 11h01 le 12/08/2012
    • Internaute 190787
      Libraire Téméraire

    Rappelons que tous les coureurs de la finale du 100m ont fini sous les 10 secondes hormis asafa Powell qui s’est blessé, faisant de cette finale la plus rapide de tous les temps. On peut s’émerveiller de telles performances qui, quoi qu’on en disent, sont impressionnantes, mais on ne peut pas ne pas se poser la question. Et ce n’est pas jouer les empêcheurs de tourner en rond que de se montrer dubitatif à ce sujet (on s’était bien émerveillé des prestation de Lance Armstrong au tour de France, aujourd’hui, on sait ce qu’il en est). C’est juste aborder les choses avec un peu de recul et surtout faire contrepoids au parterre de journaliste qui se pâme devant cet homme qu’ils ont déjà remisé au rang de dieu vivant. On va se calmer, c’est juste de la course à pied (Agnel s’était d’ailleurs montré exemplaire à ce titre, considérant qu’ils (les nageurs) se contentaient de faire des allers-retours dans une baignoire géante et, qu’à ce titre, il n’y avait pas besoin de se prendre la tête.).
    Bolt s’est d’ailleurs autoproclamé ’légende’ : « Je suis une légende vivante, dites-le bien partout. J’insiste bien. Si vous ne dites pas à tous les gens de vos pays, à la télé, dans les journaux, que je suis une légende vivante, je ne donnerai plus jamais d’interviews (rires dans la salle) ».
    Un soupçon d’humilité n’a jamais tué personne.

  • sergio2
    • Posté à 11h48 le 12/08/2012
    • 178745

    A seize ans, Uain Bolt courait déjà le 200 m en 20s 25 ; quoi qu’en dise C Lewis, il n’y a pas dans sa carrière de progression fulgurante, indice d’un éventuel dopage.

  • patoche999
    patoche999
    professeur de guitare
    • Posté à 15h29 le 12/08/2012
    • Expert 171862
      professeur de guitare

    Quand je pense que le Victor Conte de l’article était le bassiste du meilleur groupe de Funk / Rock des années 90 et qui s’appelait Tower of Power. Super groupe Funkymen cocaïnés , mais qui produisait une musique endiablée à souhait.
    C’est quand même dingue ce que le destin peut produire parfois. Un mec super bon bassiste(et chanteur) dans un groupe super bon, parti travailler à fournir de la dope à des gens super chiants, les sportifs de haut niveau. Quel gâchis.

  • Lhénairvé
    Lhénairvé répond à rumpus
    Primate
    • Posté à 21h25 le 12/08/2012
    • Internaute 55424
      Primate

    Les distinction sports individuels / sports collectifs n’a pas de sens quand on parle de dopage. Que ce soit en football, basket, rugby ... la puissance physique, la vivacité, l’endurance ... sont tout aussi importants. Donc, les produits dopants peuvent êtres utiles pour améliorer les performances.
    Par contre, on n’est pas prêts d’avoir une politique sérieuse de lutte contre le dopage en football ou en NBA.
    Pour ce qui concerne l’aspect tactique, regardez bien une course de vélo, vous verrez qu’il y a un réel aspect tactique et que ça n’est pas toujours le plus fort physiquement qui l’emporte.

  • Hulk XIV
    Hulk XIV
    Roi des cons
    • Posté à 23h42 le 12/08/2012
    • Internaute 191088
      Roi des cons

    Observez bien cette juxtaposition de photos qui illustre l’article.

    On y observe que Carl Lewis est nettement plus foncé qu’Usain Bolt. On en déduit que ses ancêtres avaient été capturés dans la jungle, où on est habitué à sauter sur une branche pour échapper au tigre empoisonné ou au python à dents de sabre. Du coup, nul besoin de savoir courir vite, on sait surtout sauter (d’où la supériorité de Lewis au saut longueur, discipline à laquelle Bolt est affligeant de nullité). Ce qui fait que pour courir vite, Lewis devait se doper abondamment.

    Or, Usain Bolt, sa teinte plus claire le montre, est issu d’ancêtres capturés dans la savane, où les arbres sont rares et infestés de babouins agressifs aux femelles nymphomanes. La seule façon alors de conserver son honneur tout en échappant aux lions rugissants, c’est d’apprendre à courir très vite. Dès lors, Bolt n’a pas besoin de se doper pour courir très vite, c’est un atavisme, et Lewis est fort jaloux.

  • beaulande
    beaulande répond à Alextpe
    Des nuées de sens
    • Posté à 00h51 le 13/08/2012
    • Internaute 115981
      Des nuées de sens

    1 : Je suis bien d’accord avec cela.
    2 : Les JO je m’en tape.
    Le problème est que l’on se moque de nous. Je ne parle pas de stopper l’interdiction de dopage, mais de l’arrêt de l’hypocrisie à ce sujet, et ton argument est pile poil celui qu’il me faut pour l’appuyer.
    Quant au passé il est derrière nous. Le dopage à changé du tout au tout. Celui qui prétend le contraire est soit naïf, soit idiot, soit hypocrite, soit cynique. Ce problème rejoint tous ceux des drogues, y compris les drogues légales comme la cigarette ou les alcools.
    Il faut arrêter de prendre les sportifs de haut niveau pour des imbéciles, ils se dopent en connaissance de cause, surement plus que les fumeurs de joints. Ce sont pour la plupart des professionnels. Le danger est pour les sportifs de mon genre, qui pour espérer gagner une compète régionale de plus serrait prêt à ingurgiter ou s’injecter on ne sait quelle saloperie internetesque. Mais bon plutôt que de déresponsabiliser les adultes que nous sommes commençons par assumer. Comme je déteste la compète, le seul dopant que je prends est en soutient à une production en crise : du pinard.
    A tchin !

  • L'ami Dino
    L'ami Dino
    ex-supporter de la Juventus
    • Posté à 11h46 le 13/08/2012
    • Internaute 44072
      ex-supporter de la Juventus

    La question qui semble essentielle c’est : un athlète « propre » peut-il battre un athlète dopé ?
    Parce que bon, Lewis a battu le record de Ben Johnson, convaincu de dopage et passé aux aveux. Donc sa performance est fortement suspecte. De même, forcément, que celle de Bolt, qui courre plus vite non seulement que Lewis et Johnson, mais aussi que son contemporain Justin Gatlin, suspendu pour dopage. Le même Gatlin, une fois sa peine purgée, revient quasiment avec les mêmes performances, on y croit très fort. Chez les filles, celles qui courent plus vite que Marion Jones (6 mois de zonzon et 5 médailles olympiques retirées suite à son procès pour dopage, excusez du peu) ne paraissent pas crédible. Incontestablement, la palme de la plus grosse blague de cette olympiade revient au relais américain féminin qui pulvérise le record des Allemandes de l’Est (dont on sait aujourd’hui qu’elles avaient peut-être encore un peu de sang dans les stéroïdes).
    L’Allemagne de l’Est est aussi un bon étalon pour la natation : les records établis par les nageuses dopées à la testostérone et aux anabolisants depuis qu’elles étaient gosses sont tous tombés depuis bien longtemps, mais bon il sont tellement beaux gosses et sympathiques, nos p’tits nageurs français, et puis ceux qui doutent sont rien que des jaloux....
    Bref, il me semble hautement improbable qu’il y ait eu un seul athlète non dopé dans les finales du sprint ou sur les podiums de fond, demi fond, natation et cyclisme (où notre champion tricolore, suspendu l’année dernière pour avoir esquivé un contrôle antidopage, s’est fait battre par un anglais perfide). Pour le reste c’est plus difficile à déterminer : je ne sais pas s’il est possible de se doper pour le tir à la carabine, en revanche tous les trucs de performance physique pure (haltérophile, kayak de vitesse, etc.) on ne voit pas trop pourquoi les athlètes qui gagnent ne seraient pas dopés. Restent la voile (pour le coup le dopage c’est en course océanique, en régate je vois pas trop comment faire) et l’équitation (là c’est le cheval qui est dopé).

  • rumpus
    rumpus répond à Lhénairvé
    friend/unfriend
    • Posté à 13h23 le 13/08/2012
    • Internaute 96441
      friend/unfriend

    Ben euh pas d’accord.
    Si l’on considère qu’un sport c’est : physique + technique + tactique, les proportions ne sont pas les mêmes dans tous les cas.
    Dans un sport de course où tout le monde va d’un point A à un point B, les règles sont simples et le paramètre tactique est le moins important des 3. A plus forte raison dans un sprint.
    Donc pour moi, le paramètre dopage est plus important dans ces sports.

    Alors évidemment qu’il y a un aspect tactique dans le cyclisme (j’ai jamais dit le contraire), mais il est loin d’avoir la même importance que dans un sport co où tout est plus complexe : les règles du jeu, l’apprentissage des combinaisons, l’étude des stratégies adverses.
    Ce qui fait que je peux apprécier un joli mouvement collectif sans arrière-pensée (parce que c’est pas la nandrolone dont ils sont bourrés qui leur donne l’inspiration). Alors que quand je regarde Bolt ou Agnel, je ne vois que la surpuissance dopée.

  • Marcantoines
    Marcantoines
    trouveur
    • Posté à 15h18 le 13/08/2012
    • Internaute 55044
      trouveur

    Une performance sportive est la résultante :
    - de talents innés.
    - de beaucoup de travail, stimulation, acquisition, amélioration, adaptation.
    - de bonnes conditions de vie. Alimentation, hygiène, climat, environnement.
    Usain Bolt est un formidable champion. Qui peut en douter ?
    Usain Bolt se dope t-il ? On a parlé d’injections de sérum de veau déprotéiné et ultrafiltré ( molécules de PM < à 5000 g/mol). Evidemment, ces injections sont nocives pour la santé ( réactions allergiques). Ces injections ( 50ml) pourraient lui permettre de s’entrainer plus longtemps. Elles peuvent donc être prises plusieurs mois avant une compétition.
    Si un dosage était effectué le lendemain de l’injection, on retrouverait des séquences spécifiques de peptides de veau dans le sang.

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