JO : exclues pour avoir voulu perdre. Injuste ?

Les Indonésiennes Greysia Polii (dr.) et Meilana Jauhari (g.) serrent la main aux Sud-Coréennes Kim Min Jung et Ha Jung Eun, à Londres, 31 juillet 2012 (Adek Berry/AFP)
(De Londres) Les spectateurs des épreuves de badminton mardi à Londres ont assisté à deux des plus mauvais matchs de l’histoire. C’est normal : personne ne voulait gagner.
Lors des derniers matchs de la phase de poule du double féminin, une paire chinoise ne voulait pas battre ses adversaires sud-coréennes et vice-versa. Pourquoi perdre ? Parce qu’une défaite leur évitait de rencontrer d’autres Chinoises, têtes de série numéro 2.
La victoire sud-coréenne contre les Chinoises, numéro un mondiales, entraîna un autre match faussé entre une autre paire sud-coréenne et ses adversaires indonésiennes : il fallait perdre pour éviter ces Chinoises.
Un problème prévisible
Le système des matchs de poule produit parfois, dans tous les sports, ce genre de configuration dans lequel une équipe a tout intérêt à perdre pour rencontrer une équipe plutôt qu’une autre au tour suivant.
Dès que les spécialistes de badminton ont su que le tournoi olympique, pour la première fois, commencerait avec des poules, ils ont senti que ce genre d’arrangements se produirait.
Les matchs ont tourné à la farce sous les sifflets du public, les joueuses faisant tout pour servir dans le filet ou envoyer le volant en-dehors des limites du terrain. Malgré l’avertissement de l’arbitre, les « bad girls » ont continué à mettre beaucoup de bonne volonté : dans le premier match, aucun échange n’a dépassé quatre coups. Les commentateurs de la BBC étaient révoltés.
Gail Emms, médaillée d’argent en badminton aux JO 2004, a affirmé à la radio britannique que la situation était annoncée dès la réunion des entraîneurs la veille :
« Les entraîneurs se sont rassemblés et ont dit à l’arbitre : “Ecoutez, c’est déjà arrivé. Dans le groupe D, il y aura des matchs très bizarres”. L’arbitre a rigolé et dit : “Soyez pas bêtes !” Les entraîneurs lui ont répondu : “On connaît le sport, on connaît les joueuses et les équipes et on sait que ça va se passer comme ça.” »
Les Sud-Coréennes mauvaises perdantes
Vous et moi, en équipe à la plage, aurions peut-être pu battre ces Chinoises numéro un mondiales. Les deux matchs ont été gagnés par les Sud-Coréennes, très mauvaises perdantes dans le sens premier du terme. Mais ce mercredi, le CIO a mis tout le monde dans la même charrette pour disqualifier les huit joueuses.
Le comité olympique chinois a lancé une enquête sur le comportement de ses joueuses et un journaliste de l’agence officielle Chine nouvelle a trouvé ça honteux :
« Ces manœuvres ne vont pas à l’encontre des règles et sont souvent présentées comme des tactiques ou des stratégies car elles sont un bon moyen d’obtenir la médaille d’or. Donc pourquoi pas ? Mais ces manœuvres nuisent à la morale et à l’esprit du sport (...) Elles ne respectent pas le public. Même si elles (les joueuses) gagnent la médaille d’or, il faudra les critiquer. »
L’important, c’est la médaille d’or
Le journaliste chinois a raison dans la première partie de son exposé. On n’a pas attendu un match de badminton pour savoir que le mot de Coubertin, « l’important c’est de participer », n’avait plus rien à voir avec les Jeux olympiques.
Le tableau des médailles est montré dès que possible, surtout quand notre pays est en tête. Vous n’avez pas entendu parler d’Adrien Mattenet dans ces Jeux, parce que le pongiste français n’a pas gagné. Il a juste participé.
Les Chinoises, comme les Sud-Coréennes, les Français ou les Péruviens sont là pour gagner une médaille, l’or si possible. Pas pour se faire sortir en quarts de finale parce qu’ils sont tombés dans la mauvaise partie du tableau.
La stratégie des joueuses de badminton n’est pas si différente de celle d’un Michael Phelps qui nage ses séries « tranquillement » parce qu’il sait qu’il a de nombreuses courses à disputer, ou d’un Usain Bolt qui coupe son effort aux trois-quarts d’un 200 mètres pour économiser des forces. Le but n’est pas de gagner des matchs éliminatoires : le but est de gagner la médaille d’or et de trouver le meilleur moyen d’y parvenir.
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boulanger anarchiste
boulanger anarchiste
Je ne vois pas la similitude entre des champions qui s’économisent pour de prochaines courses (le but étant de se qualifier pour atteindre le tour suivant) et des joueurs qui perdent sciemment un match (je crois savoir qu’une confrontation directe veut que l’on veuille gagner sa confrontation) pour s’assurer un tour suivant plus facile. Le premier relève de la stratégie, le deuxième de la tricherie. Quand on cite « l’important est de participer », cela ne veut pas dire qu’être présent est suffisant.




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