Portrait 31/07/2012 à 18h14

Badminton : seul Français qualifié aux JO, il passe sa vie en Thaïlande

Alain Mercier | Alinea (agence de presse sportive)


Brice Leverdez à New Delhi, en avril 2012 (Roberto Schmidt/AFP)

Rien n’est plus simple que de rallier Londres depuis la France. Pas pour Brice Leverdez. Le n°1 français du badminton, seul qualifié masculin de son sport aux Jeux, s’est autorisé un curieux détour. Il a pris la route de Bangkok, en Thaïlande.

Il y était début juin, à moins de cinquante jours de l’ouverture. Puis encore aux premiers jours du mois de juillet. En tout, plus d’un mois à cogner dans le volant, soir et matin, entouré de la crème des joueurs locaux. Il raconte :

« A Bangkok, je partage la préparation d’un groupe d’une douzaine de joueurs. Trois d’entre eux participent aux JO de Londres. L’émulation est incroyable.

Surtout, quand je suis là-bas, je joue au badminton, je mange, je rejoue, je dors. Et ainsi de suite, sept jours sur sept. En France, il est plus difficile de s’impliquer à fond, les sollicitations sont trop nombreuses. »

Pour un mordu de badminton, l’Asie ressemble à un mât de cocagne. Les joueurs s’y comptent par centaines de milliers. La discipline est pour eux comme une seconde nature. Ils en apprennent les règles dès l’enfance. Les meilleurs y font carrière. Les plus costauds découvrent la fortune. Fabrice Vallet, l’entraîneur de l’équipe de France, explique :

« Le badminton fait partie de la culture, en Indonésie, Malaisie, Thaïlande. Les jeunes commencent très tôt. Leur jeu est naturel. Ils sont joueurs de badminton avant d’être des sportifs. »

Fiancé à la « perle » du badminton thaïlandais

Brice Leverdez, 26 ans depuis avril dernier, l’a compris dès son premier voyage, au début de sa carrière. Puis, malin, il a joint l’utile à l’agréable. En décembre dernier, la presse spécialisée a rendu compte de ses fiançailles à Bangkok avec Salakjit Ponsana, la « perle » du badminton thaïlandais.

Entrée à petits pas dans le top 20 mondial, cette ancienne étudiante en droit de 28 ans a gagné son billet pour les Jeux d’Athènes, en 2004. A un match près, elle serait montée sur le podium. Une performance qui l’aurait élevée au rang d’héroïne nationale, mais elle a pris la 4e place.

Les deux jeunes gens se sont rencontrés sur le circuit international. Lors de leurs fiançailles, la famille avait convié le ban et l’arrière-ban de l’équipe nationale de Thaïlande.

En première ligne, le frère de la jeune femme, Boonsak. Le n°1 du badminton thaïlandais est le plus sérieux espoir de médaille olympique d’un pays qui les compte avec peine sur les doigts d’une seule main.

A Bangkok, le mois dernier, les deux futurs beaux-frères se sont souvent affrontés à l’entraînement. Le Français assure qu’aucun des deux « n’arrive à vraiment prendre l’ascendant. Le plus souvent, on en reste à un set partout. Impossible de se départager. »

Ce qui donne des espoirs aux Français. Ni l’un ni l’autre ne souhaitent s’affronter à Londres.

Vitesse record du volant : 440 km/heure

A en croire son coach, Fabrice Vallet, cette carrière menée à cheval sur les deux continents a donné un sérieux coup d’accélérateur à la carrière du jeune Français.

Plutôt costaud pour un joueur de badminton (1,80 m pour 75 kg), Brice Leverdez a conservé de ses années de judoka une nature de guerrier. Fabrice Vallet raconte la difficulté d’un sport trop souvent assimilé à la légèreté des vacances :

« Notre sport est devenu de plus en plus rapide. La vitesse record du volant a été mesurée à 440 km/h. Et il est fréquent, au plus haut niveau international, de smasher entre 280 et 320 km/h.

Un match dure souvent autour d’une heure. Les joueurs y évoluent à une fréquence cardiaque de 160/170 pulsations par minute. »

Entre Asie et Europe, des différences de jeu

Les séjours de l’athlète en Thaïlande lui ont permis de faire le lien entre l’explosivité du jeu asiatique et le sens tactique du badminton à l’européenne.

« Les Asiatiques aiment abréger l’échange et profiter de leur vitesse pour marquer vite. En Europe, nous travaillons plus sur la stratégie, avec la volonté de construire le point.

Brice est capable de faire l’amalgame. Il est plus massif que les Thaïlandais et les Indonésiens. Mais il a beaucoup amélioré son jeu de jambes à leur contact. »

A Londres, Brice Leverdez avoue se sentir un peu isolé dans une équipe de France squelettique. Une seule joueuse, l’ancienne Chinoise Hongyan Pi, a pu l’accompagner aux Jeux. Les autres ont échoué. Il l’explique par un trou de génération :

« En France, les jeunes poussent et commencent à se montrer. Mais ils ont encore sept ou huit ans de moins que moi. J’espère que dans quatre ans, aux Jeux de Rio, on sera plus nombreux. »

En attendant, il peut compter sur sa fiancée thaïlandaise et son jeune beau-frère pour l’encourager dans les tribunes de la Wembley Arena.

Samedi soir, il a débuté son tournoi olympique par une victoire, face au modeste Ougandais Edwin Ekring, 93e joueur mondial, en deux sets secs (21-12, 21-11).

MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato
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  • spartan120
    spartan120
    lyceen
    • Posté à 22h38 le 31/07/2012
    • 173209
      lyceen

    Entre Asie et en Europe, ca ne veut rien dire.

  • isip
    isip
    en Irlande
    • Posté à 00h42 le 01/08/2012
    • Internaute 28706
      en Irlande

    J’ai suis marqué par le nombre de noms a consonance asiatique en tennis de table et badminton. Même quand il s’agit de pays occidentaux, ils sont représentés par des Asiats.

    Cela va déplaire a certains humanistes du forum mais il existe des tendances dans les aptitudes en sport selon la couleur de la peau

    Les Noirs courent vite et sont puissant. Ils excellent en marathon, basket-ball, sprint et boxe.
    Les Blancs sont intéressés par les sports stratégiques, collectifs, de concentration ou qui utilisent des infrastructures couteusess. Par exemple, ils remportent les épreuves de volley, handball, l’équitation, la voile, le canoë, le tir.
    Les Asiatiques sont agiles. Ils excellent en tennis de table, badminton, gym.

    Des qu’un athlète « sort du moule » de son sport, alors toutes les chances de gagner sont minimes.

    Vous avez déjà vu un excellent boxeur asiatique ? Un badiste occidental de renommée internationale ? Des noirs reconnus en équitation ?

    Personellement, j’ai du respect pour une nation qui va chercher une médaille la ou personne l’attends (cf le film Rasta Rocket).

    On avait JP Gatien en champion pongiste il y a quelques décénies, mais maintenant je constate avec déception qu’aucun Européen n’est capable de rivaliser avec les Asiatiques. C’est triste.

    • djouniordasouza
      djouniordasouza répond à isip
      PostDoc
      • Posté à 00h50 le 01/08/2012
      • Internaute 190685
        PostDoc

      Sûrement pour ça que Manny Pacquiao est un des meilleurs boxeurs de tous les temps Lien

    • flora73
      flora73 répond à isip
      professeur
      • Posté à 08h29 le 01/08/2012
      • Expert 120462
        professeur

      Ne pensez-vous pas qu’il y a peut-être un rapport entre les performances des athlètes et les traditions culturelles ainsi que les infrastructures qui leur sont proposées ? ...

    • fgabriel
      fgabriel répond à isip
      • Posté à 08h42 le 01/08/2012
      • Internaute 40562

      C’est fou. A partir des mêmes constatations, j’arrive à des explications complètement différentes de vous.

      Les Asiatiques excellent au badminton ? Lisez bien l’article, c’est parce qu’ils sont baignés dans ce sport depuis tout petit. Les Européens excellent au football ? Cela fait plus d’un siècle que les clubs, centres de formation et championnats forment les entraîneurs et les jeunes pousses. Les Noirs sont bons en sprint ou sont endurants ? Comment expliquer qu’il n’y en a aucun qui se démarque sur le 100M nage libre ou sur le Tour de France ou en Triathlon ?

      Vous avez une lecture raciale du phénomène, j’ai une lecture culturelle.

      • isip
        isip répond à fgabriel
        en Irlande
        • Posté à 09h15 le 01/08/2012
        • Internaute 28706
          en Irlande

        Donc race et culture sont intimement liés. Et parler de l’un ou l’autre pour la compétence sportive revient au même. Logiquement, ils dépendent de la position géographique (ou pays) d’un individu.

        Mais ce que je dis aussi c’est que la progression de l’Asie et notamment la Chine et Corées modifient ces tendances. Par leur nombre et leur développement culturel, j’ai l’impression qu’ils prennent du terrain dans de nouveaux sports comme par exemple le tir a l’arc pour la Corée.

    • habujoji
      habujoji répond à isip
      ?
      • Posté à 10h28 le 01/08/2012
      • Internaute 190689
        ?

      Formidable d’avoir un article sur la badminton (malgré quelques petites inexactitudes...) !
      Pour répondre à la question d’Isip « Vous avez déjà vu un excellent boxeur asiatique ? Un badiste occidental de renommée internationale ? » : oui, Peter Gade, une des plus grandes stars du badminton sur la dernière décennie. Il vient du Danemark, une des 3 nations phares du badminton avec la Chine et la Corée du Sud (et dans une moindre mesure l’Indonésie et la Malaisie). L’Angleterre et l’Allemagne sont pas mal placés non plus. Même s’il y a plus de pays asiatiques placés dans les meilleurs, il y a aussi pas mal de pays européens. En ce qui concerne le badminton ce point de vue ne tient pas vraiment la route et s’appuie sur des exemples erronés.

    • Maxine
      Maxine répond à isip
      • Posté à 12h40 le 01/08/2012
      • Internaute 39224

      Alors là à part le taux de mélanine, il va falloir me dire ce qu’il y a de commun physiquement parlant entre Hailé Gébreselassié (marathonien) et un basketteur américain genre Shaquille O’Neal....

      Pour la boxe et l’absence de boxeurs asiatiques, je suppose que les champions thai de boxe thai sont une vue de l’esprit ! Si les asiats n’excellent pas en boxe anglaise, c’est juste qu’il n’y a pas de structures et d’enseignement d’anglaise mais de la boxe thai. Et vous oubliez les mexicains et cubains... qui ont une longue tradition pugilistique. Pour les boxeurs américains, ce qui fait la différence, c’est d’être pauvre et sans culture ou avenir, plus disposer d’une salle de boxe. Et en rance on a une majorité d rebeus des quartiers qui boxent en anglaise, donc toujours une spécificité raciale ? Tiens alors qu’en française, on a plus de « blancs »...
      En free fight, qui réunit des athlètes de plusieurs écoles, on voit qu’il y a une très grande diversité « éthnique »

      Et l’équitation et les noirs, alors là... c’est uniquement culturel/social/économique, il faut de l’argent (un minimum de parents cadres sup) pour démarrer dans ce sport (pour info c’est mon ancien métier) et les qualités physiques requises ne sont pas très spécifiques, avoir de longues jambes+ petit buste et une cuisse plate aident, mais on peut faire sans. Et encore en France et UK il y a des structures pas trop chère, mais ailleurs, c’est un sport de riche et intimidant, donc aux US par exemple les buppies ne vont pas forcément y inscrire leurs enfants.

      Pour le sprint en revanche, très peu de blancs ont la caractéristique génétique qui donne (si mes souvenirs sont bons) les fibres musculaires coutes et explosives, et cette caractéristique est + répandue chez les noirs, mais pas du tout une constante.

      Bref parler des noirs comme d’un groupe physiquement homogène, dejà c’est une belle contre-vérité, il y a ne serait-ce qu’en Afrique une très large variété de morphotypes.

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