Tour de France 18/07/2012 à 12h08

Cyclisme : « Je me suis dopé et je ne regrette rien. Ne les jugez pas ! »

Pierre-Henri Menthéour | Journaliste et ancien coureur

Pierre-Henri Menthéour est un ancien cycliste pro. Alors que le Tour est touché par une nouvelle affaire de dopage, il explique pourquoi il s’est dopé et ce qui a changé.


Un gendarme français à Plumelec sur le Tour de France le 5 juillet 2008 (Joël Saget/AFP)

Au départ de Liège, je me suis demandé si j’aborderais le sujet dopage sur Rue89. Au vu des commentaires, c’est bien cela qui vous intéresse, je crois. La course, l’effort, le sacrifice, la souffrance ? Non ? Ok.

L’auteur

Frère d’Erwann, Pierre-Henri Menthéour a, entre autres, épaulé Laurent Fignon lors de sa victoire dans le Tour 1984 et remporté une étape. Comme tout le monde, il était dopé. Depuis, il a rendu un titre acquis après une préparation à l’EPO.

Trente ans après, sa position sur le dopage est très nuancée et, comme il l’avoue lui-même, encore floue. Il a voulu écrire ce texte en voyant la tonalité des commentaires sous les articles concernant le Tour de France sur Rue89.

Je vais essayer d’apporter une pierre mal dégrossie à cet édifice qu’est le débat sur le dopage. Petit détail qui a son importance : je me suis dopé durant ma carrière de coureur pro. J’en ai fait état.

Je ne parlerai ici que de mon cas et ne puis révéler ce que d’autres ont pu faire.

Au cours de ma vie, j’ai vécu différentes étapes. Durant la première, celle de jeune coureur pro, le fait de prendre un produit pour être plus fort ne m’a jamais posé aucun état d’âme.

L’époque ne souffrait pas la honte.

Personne ne m’a jamais fait la morale

Comme le rappelait Philippe Brunel il y a quelques jours dans le journal L’Equipe, Jacques Anquetil a toujours déclaré publiquement qu’il se dopait. Cela remet-il en cause le champion qu’il était ? Lucien Aimar, ancien vainqueur du Tour, l’a aussi dit clairement dans le même journal. C’était naturel de prendre quelque chose.

Sur un Tour de France des années 70, à la question d’un journaliste de télévision et face caméra :

- « Luis Ocana, il s’avère qu’à la suite du contrôle d’il y a deux jours, vous auriez pris des amphétamines ? Qu’en est-il ?

- C’est exact, c’est exact, c’était bien des amphétamines ! »

Frank Schleck contrôlé positif
Après l’arrestation de Remy Di Grégorio lors de la première journée de repos, le Luxembourgeois Frank Schleck, 3e du dernier Tour, a quitté la course mardi après un contrôle antidopage anormal. Ses urines ont révélé la présence d’un diurétique, qui peut être utilisé pour masquer la prise de produits dopants. A la demande de l’UCI, son équipe RadioShack l’a retiré du Tour bien qu’il ne soit pas suspendu. Schleck nie tout dopage.

Fin de l’interview. C’était Luis et c’était aussi l’époque. J’étais l’héritier, parmi d’autres, de cette époque. J’étais d’ailleurs très fier de perpétuer cet héritage. J’ai été nourri de l’Histoire du cyclisme.

La vraie Histoire ! Celle de Maurice Garin, de Lucien Petit-Breton, d’Eugène Christophe, René Vietto, Raphaël Geminiani qui fut mon directeur sportif. J’ai même rencontré Brambilla !

Ça ne vous dit sans doute rien et c’est sans importance mais pour moi, je devais être digne de mes pères. J’ai donc perpétué la tradition. Personne ne m’a jamais fait la morale sur l’éthique, la tricherie, etc…

Aujourd’hui, je ne regrette rien de ce que j’ai pu faire.

Nous les dieux, traités comme des délinquants

Ma fin de carrière cycliste est arrivée. Je suis devenu directeur sportif d’une équipe de deuxième division. Je ne me sentais pas à ma place quand l’affaire Festina est arrivée. Cette affaire fut un électrochoc pour moi. Le lynchage orchestré par les médias fut terrible. Tout le monde s’y est mis : la justice, la police et le public.


Richard Virenque à côté de son avocat Gilbert Collard à l’aéroport de Lille le 15 octobre 1998 (Philippe Huguen/AFP)

Désormais, on menottait, on fouillait intimement un coureur du Tour puis on le mettait en garde a vue ! En prison, quoi… Nous, les dieux, on nous traitait comme des délinquants. Vous imaginez Zidane en garde à vue ? Pas moi.

Ce fut cataclysmique. Je réalisais que peut-être, moi aussi, j’aurais pu être là, dans cette affaire. Châtié en place publique. Pourtant, je n’ai jamais eu honte de mon passé. Je ne regrette rien et cela fait partie de mon histoire personnelle.

Je comprends aussi que les jeunes s’étant lancés dans le vélo à cette époque aient une autre mentalité. Ça vaccine ! Aujourd’hui, celui qui décide de se doper sait que c’est « mal » et il y a de vrais risques : suspendu deux ans la première fois, à vie la seconde. Nous, c’était quatre mois avec sursis et quelques mois la seconde. C’était surtout l’amende qui nous faisait réfléchir : 4 000 francs, je crois…

Quel coureur serais-je dans ce Tour ?

L’affaire Festina m’a quand même aidé à faire table rase du passé et je me suis reconverti comme journaliste reporter d’images. Petit à petit, je suis devenu hostile au dopage. Je critiquais ceux qui continuaient à employer des produits interdits. Enfin quoi, c’est tricher quand même ! Je plaisante…

J’ai essayé de comprendre pourquoi les cyclistes – et tous les autres athlètes – se dopaient. Ou pas. Si, si, il y en a ! Je me dis qu’il est tellement facile de juger les autres quand on n’est pas acteur. Quel coureur serais-je dans ce Tour ? Di Gregorio ou un chantre declaré de l’antidopage ?

A coup sûr, si je venais d’une classe défavorisée comme Rémy, j’aurais tenté d’améliorer mes performances d’une manière ou d’une autre. S’en sortir coûte que coûte sans être un véritable bandit. Mais là, je suis déjà en train de le juger. Il n’est pas encore prouvé qu’il se soit dopé, le Marseillais.

Si, par contre j’étais, comme Thomas Voeckler, le fils d’un père psychiatre et d’une mère anesthésiste, il est probable que j’aurais une conscience plus aigüe de ce qu’est la morale. Du moins, il faut l’espérer, parce que je serais plus à blâmer. Mais pardonnable quand même, parce que nous sommes tous faibles un jour ou l’autre.

Je sais leur peur d’être traîné dans la boue

Aujourd’hui, certains ne se dopent pas, ou plus, parce que c’est mal… Pourquoi ceux là ont-ils ce libre arbitre et cette conscience qui leur permet de dire non ? A mon époque, étions-nous sans foi ni loi, ou plus bêtes ?

Je crois que la peur du gendarme a fait son oeuvre. La peur d’être livré à la vindicte, aux adorateurs du veau d’or qui finissent toujours par brûler leurs idoles. Les coureurs français d’aujourd’hui ne me connaissent plus mais je sais leur peur d’être traînés dans la boue. Et c’est un vrai rempart qui les empêche de « taper dans les boîtes », comme on disait.

Bien sûr, il y a aussi ceux qui continuent malgré tout à prendre des risques. Pourquoi ? Je vais vous aider à comprendre. Vous-mêmes, n’avez-vous jamais triché ? Au volant ? A un examen ? Pour gagner de l’argent, ou ne pas en perdre ? Pour gagner du pouvoir ?

Vous ne connaissez personne parmi les puissants que nous élisons qui ne soit prêt à tout ou presque pour gagner ? Bourrer des urnes pour être Premier secrétaire du Parti socialiste, c’est pas tricher ça ?

Être parmi les meilleurs, parmi les premiers. C’est vous qui fixez le prix à payer. Que n’est-on pas prêt à faire pour réussir ? Faites votre examen de conscience avant de juger. Les coureurs sont juste des hommes comme les autres. Aucune raison qu’ils soient plus intègres que le reste de la société. Et par pitié, ne me parlez pas d’exemplarité du sport de haut niveau.

Impossible d’avouer

Je veux enfin parler du comportement de ceux qui sont pris au contrôle, ou d’une autre manière. Pourquoi ils nient coûte que coûte, pourquoi ils n’avouent jamais. Je crois que Lance Armstrong, sur la chaise électrique, dirait qu’il est innocent et qu’il ne s’est jamais dopé.


Lance Armstrong sur le Tour de France le 17 juillet 2005 (Javier Soriano/AFP)

Un coureur se construit un palmarès et une image dans la souffrance. Il existe par le regard de l’autre. Quand il est pris au piège et qu’on dit qu’il a triché, il se figure que tout ce qu’il a accompli va être remis en cause. Qu’il ne sera plus rien. Impossible de se renier, d’autant plus que la plupart vivent financièrement de leur passé.

Il faudrait leur lire le début du poème de Rudyard Kipling, traduit par Paul Eluard :

« Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre d’un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir (...)
Tu seras un homme, mon fils »

Passé par une période de toxicomanie

Enfin, il y a la santé. Pour ma part, pour l’instant, tout va bien, merci ! Je n’ai jamais vu ou lu aucune étude scientifique qui permette de dire que ceux qui ont utilisé des produits ont plus de problèmes de santé que les autres êtres humains. Certains coureurs ont pris des produits mais ont aussi une hygiène de vie exceptionnelle.

Dopage ou non, je pense que le sport cycliste de haut niveau n’est pas bon pour la santé : c’est trop de violence infligée à l’organisme.

Je n’essaie pas de dire que le dopage est inoffensif. Loin de là. Je sais m’être fait du mal souvent. J’ai connu l’époque folklorique des amphétamines. On en parle entre anciens en rigolant.

Pourtant, je suis passé par une période de toxicomanie. La plupart ne se l’avouent même pas. Je m’en suis sorti comme beaucoup, d’autres non. Je ne vais pas vous faire la liste des suicides et morts violentes mais elle vaut le coup d’oeil.

J’ai aussi eu recours très brièvement aux produits de « troisième génération », EPO et hormones de croissance, pour battre le record de l’heure. Ce fut très efficace, fabuleux même, je vous l’assure, mais aussi un peu flippant. Je pouvais exiger de mon corps ce qu’il n’était pas capable de donner… Pourtant, il a répondu présent, le bougre !

Les amphétamines, c’était la préhistoire du dopage. Au niveau de l’armement, c’était l’arc et les flèches. L’EPO et les modifications génétiques, c’est une bombe atomique.

Je n’ai pas tout réglé avec le dopage

La lutte contre le dopage est absolument nécessaire pour une seule raison à mes yeux : je n’aurais voulu pour rien au monde que mon fils reproduise ce que j’ai pu infliger à mon corps. Qu’un jour il puisse s’enfoncer des aiguilles dans le corps, même des vitamines, pour aller plus vite en vélo.

En écrivant cette chronique, je me rends compte que, dans ma tête, je n’ai pas tout réglé avec cette histoire. Tout n’est pas noir ou blanc dans le dopage. Comme dans la vie des hommes. C’est un peu une zone grise que l’on traverse durant sa vie de coureur.

Tous, nous avons un jour pris des libertés avec la morale. Cyclistes ou non. Il faut appliquer des règles strictes mais aussi comprendre ceux qui choisissent de « taper dedans ».

MERCI RIVERAINS ! KayOo
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  • GBabs
    GBabs
    Consultant en développement (...)
    • Posté à 12h43 le 18/07/2012
    • Internaute 151669
      Consultant en développement (...)

    « Nous, les dieux... [blablabla] »
    « A coup sûr, si je venais d’une classe défavorisée comme Rémy, j’aurais tenté d’améliorer mes performance d’une manière ou d’une autre. S’en sortir coûte que coûte sans être un véritable bandit. Mais là, je suis déjà en train de le juger. Il n’est pas encore prouvé qu’il se soit dopé, le Marseillais.
    Si, par contre j’étais, comme Thomas Voeckler, le fils d’un père psychiatre et d’une mère anesthésiste, il est probable que j’aurais une conscience plus aigüe de ce qu’est la morale. Du moins, il faut l’espérer, parce que je serais plus à blâmer. »

    Que de prétention, que de raccourcis et que de préjugés...
    C’est triste.

    Et pour parler du fond : tu veux te pourrir la santé, tu fais bien comme tu veux. Mais quand tu as été / es un modèle pour d’autres, abstiens-toi d’en faire le plébiscite.

  • nimagho
    nimagho
    Attentif
    • Posté à 12h45 le 18/07/2012
    • 185979
      Attentif

    Super article.
    Merci de votre franchise et de l’analyse que vous faîtes a posteriori de vos choix.
    Les cyclistes sont toujours pointés du doigt, mais il serait idiot de croire que les autres sports son propres.
    L’hypocrisie qui existe dans le sport a fini par me faire fuir les retransmissions télévisés, ces mascarades de grands événements ou je ne sais plus si c’est la performance humaine ou pharmaceutique qui m’impressionne.
    Je continue donc à faire mon petit tennis avec mes potes, le sport ça fait du bien quand tu en fais, et pour le reste, je laisse la télé au enfants.
    Si un jour, plus personne ne regarde ce cirque, tous le monde ira faire du sport pour le plaisir avec ses potes et on aura peut être des programmes intelligents à la télé....... Pardon je dois rêver........

  • otto didakt
    otto didakt
    citoyen en colère
    • Posté à 12h45 le 18/07/2012
    • Internaute 19852
      citoyen en colère

    tour de france, cyclisme, dopage...
    le marronnier préféré de juillet sent la sève monter en lui...

    il est vrai que dans le foot, le basket, le hand, le tennis, l’athlétisme etc, nos petits anges sportifs sont si cleans qu’il est quasiment inutile d’aller vérifier !

    dans un monde de compétition permanente encadrée par un système économique ou le rendement (rapport investissement/résultat) est devenu le seul vrai critère des financiers (sponsors et cie) comment s’étonner encore ?
    naïveté, foi en l’humain ?
    oui, c’est beau le sport, mais...

  • EdkOb
    • Posté à 12h59 le 18/07/2012
    • Internaute 85736

    Lu rapidement, mais bel article.

    Éloge de la compétition et de la triche (le bourrage d’urne des socialistes n’est pas l’apanage des socialistes, si bourrage il y a).

    Non, tous ne se dopent pas.

    Oui, il y a un lien évident entre dope et maladies, toxicomanies et autres dérives graves.

    Maintenant, comme le TdF est l’un des spectacles les plus importants au monde en terme de visibilité, il y a le rôle des journalistes et du public, qui réclament leurs doses de douleurs, de souffrances, de mises à morts, de lynchages publics, dans la plus grande hypocrisie.

    Souvenez-vous comment tous vous avez adulé Marco Pantani ! C’était une icone, une idole, un valeureux guerrier de la montagne. Je passe sur les superlatifs du langage journalistiques, je passe sur le public qui saluait les performances, sur l’enthousiasme qu’il déclenchait dans les foules qui s’installaient des jours à l’avance dans les montées, pour prendre leur dose de frisson, d’héroïsme par procuration...

    Marco Pantani, et tous les autres.
    Vous avez certainement beaucoup souffert sur vos vélos, à l’entraînement, tous les jours... pour donner au public et aux sponsors LE grand frisson.

    Elle est là, votre gloire et il est là, votre courage, car il en faut, pour avaler tous ces kilomètres dans la douleur et la souffrance.

    Le dopage n’enlève pas la douleur, mais il use et détruit plus vite.

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 13h05 le 18/07/2012
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    Plaidoirie pour un monde décomplexé ou il est normal d’enfreindre la loi et le faire avec le panache de celui qui veut respecter la tradition, ses pairs et lui même. Allons jusqu’au bout du raisonnement, il faut changer les règles du jeu parce qu’en fait elles ne correspondent plus au monde qui nous entoure. Aujourd’hui les athlètes mais aussi les cadres stressés et les ouvriers angoissés vivent sous amphétamines, voir cocaïne, et plus certainement sous anxiolytiques ou antidépresseurs nous vivons dans un monde de « zombis » ....alléluia
    Quitte à faire de la publicité pour la dope, autant dépénaliser le cannabis, ça évitera d’engorger nos prisons et soignera les douleurs des malades incurables.

  • marousan
    marousan
    ingénieur
    • Posté à 14h09 le 18/07/2012
    • Internaute 95246
      ingénieur

    Bonjour,

    Je ne suis pas du tout d’accord avec ce qui est dit dans cet article.
    Une icône sportive se doit d’être irréprochable et connaitre ses propres limites pour essayer de les repousser à force d’effort et de hargne mais pas avec des artifices chimiques.

    Car en faisant cela on généralise une idée déstructurante pour la société et les jeunes à savoir que l’on peut gagner en trichant en toute impunité. Ce qui bien entendu n’est pas vrai car le sportif sera suspendu, puni et aura tôt ou tard de grave problèmes de santé.

    Le monde du sport est tellement pourri par l’argent qu’il n’y a plus de passion pour le sport et d’intégrité morale, par contre la passion du fric on la voit partout et c’est bien triste. Certes ils ont besoin de vivre mais je ne suis pas certains qu’ils aient besoin d’un million d’euro par an pour vivre à fortiori 10 voir 15 millions. Nous sommes des humains biologiques pas des machines donc il fat un peu calmer le jeux.

    Le respect sportif se gagne par l’effort, l’intégrité et une moralité à toute épreuve. Sinon on est personne dans ce monde si ce n’est un tricheur ... .

  • mmarvinbear
    mmarvinbear
    Socialiste, tendance coup-de- (...)
    • Posté à 14h21 le 18/07/2012
    • Internaute 106323
      Socialiste, tendance coup-de- (...)

    A qui la faute ?

    Au directeur de course qui exige de ses rouleurs de faire 300 km minimum dans la journée ?

    A l’organisateur, qui programme des étapes de montagnes inhumaines ? Avez vous oublié les Nantes-Bordeaux d’une traite des années 80 ?

    Vous connaissez les étapes du premier tour de France ? Paris-Lyon. Lyon-Marseille. Marseille-Toulouse. Toulouse-Bordeaux. Bordeaux-Nantes. Nantes-Paris.

    Les gars partaient aussi à 3 ou 4 heures du matin, et ils arrivaient 12 ou 14 heures après. Et il y avait trois jours de repos entre chaque étape.

    Pensez-vous que le public suivrait un tel spectacle, que FT retransmettrait cela ?

    C’est pareil pour les autres sports. Foot, tennis, rugby, athlétisme.

    On veut plus de matchs. Plus de rencontres qui durent longtemps, en avoir plus au long de l’année.

    Le premier championnat de France de foot avait 12 équipes ! 22 matchs dans la saison, à comparer aux 38 actuels. Sans compter la coupe d’ europe et les sélections nationales.

    Pour lutter contre le dopage, il faut avant tout lutter contre ses propres envies de voir continuellement du sport à la télé. Ou alors accepter l’idée de regarder aussi Pontivy- Red Star au lieu du quatrième Madrid-Munich de la saison en LDC.

    Il est de bon ton de dire que le sport est pourri. Il l’est. Mais ce ne sont pas les chaînes de télé ou les organisateurs qui ont faisandé le plat.

    C’est nous. Rien que nous.

    Alors oui, il faut faire la chasse et le ménage. Mais nous devons aussi nous inclure dans la grande lessive.

    Alors laissez tomber un peu Perpignan-Stade Français. Et allez plutôt voir Bagnères- Lourdes.

    Vous en apprendre plus sur la vie, et vous en enseignerez plus aussi à vos gosses.

  • memorisator
    memorisator
    Parisien
    • Posté à 14h25 le 18/07/2012
    • Internaute 53109
      Parisien

    Dans la course éternelle entre gendarmes et voleurs, le voleur devient de + en + sophistiqué, le gendarme suit le mouvement avec quelques instants de retard. Supprimer la loi, par exemple autoriser tous dopage, c’est comme dépénaliser, est-ce souhaitable : surement pas. D’une part, autoriser la prise de produits stupéfiants a priori uniquement autorisés très spécifiquement pour soigner (amphétamines, hormones, EPO) serait plus que dangereux, et ensuite pourquoi dépénaliser dans le sport et pas dans la vie courante ? où s’arrêterait alors la dépénalisation ? Non, il y aura toujours des tricheurs et toujours des gendarmes avec des radars, des éprouvettes, et cet équilibre fait partie de la vie.
    Je voudrais juste que l’on s’occupe des dopés et rticheurs de la finance avec autant d’acharnement et de moyens que ceux du cyclisme ! Parce que le rapport gendarmes voleurs dans les banques d’investissement, il me semble que c’est mille voleurs pour un gendarme. Et que garantir l’équité sportive c’est bien, mais les manipulations du LIBOR, les affectations hors bilan et es paradis fiscaux, ça me parait moins vendeur mais bien plus grave

  • lesanglier
    lesanglier
    geek sportif
    • Posté à 14h31 le 18/07/2012
    • Internaute 153777
      geek sportif

    « Je n’ai pas tout réglé avec le dopage » effectivement vous êtes encore au milieu du gué, je ne peux que vous encourager (sans haine, ni morale) à faire le reste du chemin par vos propres moyens : en allant chercher les coups de pédale un à un comme la fin d’un col hors catégorie ...

    « Vous-mêmes, n’avez-vous jamais triché ? Au volant ? A un examen ? Pour gagner de l’argent, ou ne pas en perdre ? Pour gagner du pouvoir ? “

    non, je n’ai jamais triché et c’est la chose la plus importante que m’a apprise mon sport de prédilection (l’athlétisme) : ne jamais tricher ... et surtout ne jamais tricher avec soi-même ! Par ce que les plus grandes victoires c’est celles qu’on remporte sur soi-même.

    signé un breton qui a grimpé plein de fois Miniou, Méné bré, Mur de Bretagne, Roc trédudon à pied, à vélo et uniquement à l’eau claire !

  • mickaelDC
    mickaelDC
    RAS
    • Posté à 15h31 le 18/07/2012
    • Internaute 190146
      RAS

    Votre justification de la prise de produits dopants et votre condamnation du jugement que l’on peut faire de cette pratique sont grotesques et limites insultantes. Le parallèle entre une société (« tous, nous avons un jour pris des libertés avec la morale ») qui tricherait et le cyclisme est sidérant. Vous érigez en vérité absolue un principe invérifiable et mélangez des situations incomparables. Je passe sur vos préjugés concernant le degré de morale que vous accordez aux coureurs suivant leur situation sociale.
    A vous entendre, les lois n’ont aucune valeur et les règles sont faites pour être brisées. ; l’approbation, explicite ou implicite, du dopage d’une certaine époque suffit à servir d’alibi aujourd’hui. Quelle belle image du sport !
    Les Temps ont changé comme vous le dîtes si bien et c’est tant mieux. Le dopage acquiert enfin l’étiquette qui lui correspond, celle d’une tricherie qui va à l’encontre des principes fondateurs du sport.
    La recherche du profit qui s’est naturellement et logiquement imposée avec le développement du sport professionnel n’est pas incompatible avec ces derniers mais elle doit en suivre les règles. Si le coureur « existe par le regard de l’autre » et qu« il se figure que tout ce qu’il a accompli va être remis en cause » s’il se fait prendre, les spectateurs doivent comprendre que c’est normal. Pourquoi accorder du crédit à quelqu’un qui n’était pas lui-même pendant son exploit ?
    Les champions, avec ou sans dopage, restent des champions ? Très bien. A armes égales, ils doivent l’emporter, sans artifices. L’épreuve est trop dure, on la rétrécit, on la simplifie mais elle ne perdra aucun intérêt.

  • Littlefinger
    Littlefinger
    Étudiant
    • Posté à 22h38 le 18/07/2012
    • Internaute 165954
      Étudiant

    J’apprécie beaucoup cet article, trop rare dans son genre (un plaidoyer afin de rappeler la condition humaine des sportifs de haut niveau).

    Je le trouve d’autant plus intéressant, qu’il nous (me) force à revoir notre (pré ?)jugement, sur le dopage et les dopés en mettant en exergue à la fois notre dichotomie cognitive (dopé ou propre) mais aussi les raisonnements par trop simpliste qui en découlent (dopé=mal=anormalité/non-dopé=bien=normalité).

    Pour avoir qui plus est pratiqué le rugby à haut niveau, dans les catégories jeunes, (cadet puis junior dans un club de top14) et avoir été confronté au phénomène du dopage, je me rends compte que je pourrais presque soutenir son point de vue.

    D’abord, il convient de rappeler quelle est la place occupée dans le paysage médiatique par les sportifs. Rappeler que souvent leur sport est, pour eux, une passion, et qu’à ce titre la défaite et/ou l’échec fait figure de véritable choc émotionnel. Rappeler à quel point le succès, surtout lorsqu’il est mis en valeur, est addictif. Rappeler le nombre de sacrifices consentis pour percer. Rappeler que le monde du sport est un monde infesté de requins en tout genre (agents, scouts, managers, présidents, entraîneurs,etc...). Rappeler que l’on demande souvent à des jeunes de 22 ans de représenter tant de valeurs que nous, simples hommes ou femmes, ne respectons qu’une fois sur deux, et encore.

    Et surtout rappeler que face à tout cela, le sportif est un homme.

    La métaphore du tricheur à un examen est très appropriée. J’ai du tricher 3-4 fois grand maximum dans ma scolarité et jamais durant un examen. Si je m’étais fait attraper, on m’aurait catalogué (longtemps), comme un tricheur invétéré, un élève qui vole ses résultats, etc... Pourtant ce n’était qu’un pauvre contrôle de latin oublié, une petite interrogation de math’ pas préparée. En somme, pas grand chose.

    Rapporter dans le monde du sport cela donne une prise sur une étape où l’on se sait fatigué, une injection pour compenser un rhume passager...
    Détecté, la pratique dopante condamne son auteur au pilori, comme le décrit très bien l’auteur.

    C’est d’autant plus injuste qu’on est jamais le seul (comme quand on triche), mais voilà, omerta oblige, on ne balance jamais personne (comme en seconde), donc on est d’autant plus frustré, et le cercle vicieux n’est jamais loin derrière (dépression, acescence de résultats, perte de confiance, etc...).

    Mais je m’égare.

    Je me sens concerné parce que j’aurais pu « ouvrir la boîte ». Et je crois que j’aurais utilisé les mêmes arguments que Pierre-Henri Menthéour.

    Sauf que je ne l’ai pas fait, parce que, et je pense que c’est ici que PHM me parait franchir un mur que je n’ai pas voulu sauter, je n’aurais plus jamais pu prendre du plaisir dans ce que je faisais, je me serais mis à me mentir à moi-même, et c’est quelque chose que je n’ai jamais supporté.

    Pour moi si t’es mauvais, t’es mauvais, à toi de (re)devenir meilleur. Je trouve qu’il n’y a rien de mieux que de courir à en vomir pour progresser et battre son record/adversaire. C’est mon avis et je comprends que lorsque le sport devient une raison d’être, à la fois intellectuellement (c’est une passion, un métier qui définit l’être humain) et matériellement (c’est un gagne-pain), il puisse être perçu comme naïf et hors-contexte.

    Se doper c’est renoncer à être le meilleur, à être fier de soi, à s’amuser ; c’est être dans le déni de la réalité, dans le mensonge permanent.

    Et c’est pourquoi le message de l’auteur perd en crédibilité et en véracité, donc en force ; et l’auteur lui-même en capital empathie : se prendre pour « un dieu » (bel exemple de perte de la réalité) et glorifier à la fois une drogue (amphétamine), qui a fait des ravages dans la société, mais aussi des produits qui tuent (des jeunes pas assez malin/riche pour acheter les anti-coagulants qui vont avec l’EPO ; de la coke qui provoque des malaises cardiaques...) relève de l’inconscience, de la bêtise, de l’égo mal placé.

    Ainsi, si je peux comprendre, je ne peux pas approuver cet avis, qui reste en plus habité par trop de préjugés ou raccourcis simplistes.

    Un bel essai, mais qui, en l’état ne sera jamais transformé.

    « A grand pouvoir, grande responsabilité. » X-men

  • Seingalt
    Seingalt
    amateur professionnel
    • Posté à 10h34 le 19/07/2012
    • Internaute 166244
      amateur professionnel

    « Vous-mêmes, n’avez-vous jamais triché ? Au volant ? A un examen ? Pour gagner de l’argent, ou ne pas en perdre ? Pour gagner du pouvoir ? »

    À un examen ou pour gagner de l’argent ou du pouvoir, jamais. Au volant ça peut m’arriver, en effet. Je ne prétends pas être moralement parfait. Mais je trouve ce parallèle entre un citoyen normalement constitué et un sportif qui se dope absolument scandaleux. Les petits arrangements avec la morale qui facilitent modérément la vie et coûtent parfois une honte passagère ou un PV ne doivent pas être mis sur le même plan qu’un système organisé visant à pratiquer une activité illégale en vue de profits substantiels. Faut quand même pas déconner.
    La loi sait faire la différence entre infraction, délit et crime. Nous devons aussi savoir éviter des confusions qui, poussées un peu loin, transforment monsieur tout-le-monde en criminel.

  • Ftannenberg
    • Posté à 12h43 le 19/07/2012
    • Internaute 119494

    C’est sûr que l’auteur n’a pas les idées très claires sur le dopage, puisqu’il dit tout et son contraire dans cet article. Il essaie d’en faire une analyse détachée mais ne parvient pas au bout de ses conclusions parce qu’il refuse d’admettre qu’il a triché. Seulement un petit peu, faut-le comprendre. Un psychiatre que je ne suis pas, dirait peut-être qu’il essaie de vivre avec son histoire sans perdre trop d’estime pour lui-même.
    Il y a d’abord la référence aux anciens, tous dopés ! C’est sans doute vrai, mais c’est absurde de justifier des comportements présents parce que cela se faisait dans le temps. On voit bien où ce genre de raisonnement peut conduire.
    Ensuite, il dit qu’il n’est qu’un homme faillible comme les autres : « Vous-mêmes, n’avez-vous jamais triché ? Au volant ? A un examen ? Pour gagner de l’argent, ou ne pas en perdre ? Pour gagner du pouvoir ? ». Ben, nous avons tous nos petites faiblesses (enfin, faut voir lesquelles) mais dans le cas de ce témoignage, cela n’a rien à voir. Là, il ne s’agit pas d’un égarement momentané mais de tricherie organisée, planifiée et durable. Et comme les coureurs ont complètement basculé dans un autre monde, ils plaisantent sur le temps artisanal des amphétamines et le passage au miracle de l’EPO. Des conversations de bureau entre collègues, ou des toxicos discutant les mérites de leurs dealers ?
    L’auteur fait preuve surtout d’une totale irresponsabilité parce que certains pourraient le croire, en affirmant : « Je n’ai jamais vu ou lu aucune étude scientifique qui permette de dire que ceux qui ont utilisé des produits ont plus de problèmes de santé que les autres êtres humains. ». Ben, il faudrait qu’il s’informe. Il y a toute une littérature en ce domaine. Les décès au cours des dernières années, d’anciens footballeurs italiens encore jeunes ou ayant évolué dans ce pays, qui s’étaient dopés sont là pour le rappeler.
    Mais comme il n’est pas à une contradiction près, il ajoute : « Pourtant, je suis passé par une période de toxicomanie. La plupart ne se l’avouent même pas. Je m’en suis sorti comme beaucoup, d’autres non. Je ne vais pas vous faire la liste des suicides et morts violentes mais elle vaut le coup d’œil. »Outre la remarque assez déplacée sur « elle vaut le coup d’œil », donc, si l’on suit le raisonnement, la toxicomanie due au dopage, entraînant des suicides….ce n’est pas un problème de santé ? Les effets secondaires, peu importe !
    L’approche de ce papier c’est de dire tout n’est pas noir et blanc dans les affaires de dopage. On peut comprendre l’engrenage dans lequel est pris un coureur cycliste qui finit par se doper régulièrement….mais faut-il pour autant absoudre ces comportements et dire que tout est relatif et tolérable ? Combien de coureurs doués mais propres n’ont jamais pu défendre leurs chances, au-delà de critériums de deuxième zone, parce qu’ils n’avaient pas de pharmacie ambulante avec eux ? A tout cela, pas de réponses. Disons que l’auteur a encore du chemin à faire dans la réflexion sur son cas. S’il sort de la logique, « tout le monde l’a fait, et donc moi aussi », il y aura du progrès.

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