Ligue des Champions 25/04/2012 à 00h54

Cinq trucs à retenir de l’élimination du Barça par Chelsea

Clément Guillou | Journaliste Rue89

Chelsea s’est qualifié mardi soir pour la finale de la Ligue des champions aux dépens du FC Barcelone, tenant du titre. Le club anglais, recroquevillé en défense et réduit à dix, a obtenu un nul 2-2 au Camp Nou après avoir gagné 1-0 le match aller. Messi a raté le penalty de la qualification.

Le scénario, complètement dingue, réconcilie avec le foot. On n’avait rien vu de pareil depuis la victoire de Liverpool contre le Milan AC en finale de la Ligue des Champions 2005.

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Ligue des Champions + matches aller-retour = plaisir

Le résumé de Barcelone-Chelsea (2-2)

Il est rarissime qu’une demi-finale retour de Ligue des Champions ne soit pas un régal, au moins en terme d’intensité. Mardi soir, ce n’était pas un grand match de foot – il n’y a qu’une équipe qui a joué – mais il valait par l’opposition de styles et le scénario.

Menant 1-0 après le match aller, Chelsea fait comme prévu : l’entraîneur Di Matteo place dix joueurs devant le gardien, tous dans les 30 derniers mètres, et prie pour que ça passe.

Le Barça tourne tellement devant la défense, bien mobile, de Chelsea, que ça ressemble davantage à du handball qu’à du foot. Les Catalans marquent au bout d’une demi-heure, après une énième combinaison et profitant d’une rare erreur de placement des Blues. Busquets : 1-0.

John Terry, capitaine de Chelsea, sort ensuite un geste dont il a le secret en filant un coup de genou en douce à Alexis Sanchez. Un arbitre assistant l’a vu : carton rouge.

Expulsion de John Terry

A la 43e minute, le match est, semble-t-il, plié après un deuxième but barcelonais, fruit d’une accélération de Messi suivie d’une passe pour Iniesta, dont l’enchaînement contrôle-frappe du droit est évidemment parfait.

Arrêts de jeu de la première mi-temps : la défense à trois de Barcelone laisse encore à désirer et attend tranquillement la pause. Frank Lampard lance (génie) Ramires dans l’intervalle entre Puyol et Busquets et le Brésilien lobe, d’une pichenette sans contrôle (génie), Victor Valdes sorti à l’aventure.

La deuxième mi-temps voit un Barça trop peu imaginatif buter sur l’arrière-garde – toute l’équipe – de Chelsea remotivé par cet improbable but à l’extérieur. Comme il est écrit qu’aucun vainqueur de la Ligue des Champions ne parviendra un jour à conserver son titre, Messi envoie un penalty sur la barre et frappe sur le poteau, Sanchez marque un but refusé (justement) pour hors-jeu et Fernando Torres marque sur contre-attaque dans les arrêts de jeu. Oui, Fernando Torres.

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Le Barça domine sans jouer, encore


Messi consolé par Drogba après Barcelone-Chelsea, 24 avril 2012. (Reuters/Gustau Nacarino)

La Barça a passé une semaine assez désagréable, en perdant définitivement le titre en Liga samedi (défaite contre le Real Madrid 1-2) puis la Ligue des Champions mardi. Dans les deux cas, l’équipe de Pep Guardiola a eu le ballon les trois-quarts du temps. Comme en 2009 et 2011, année où elle a réalisé le doublé Liga-Ligue des Champions.

Le jeu de passes est toujours parfait, la maîtrise technique est incomparable, mais tout devient trop stéréotypé. Les arrières latéraux ont très peu attaqué et toutes les offensives venaient d’une accélération des échanges à l’entrée de la surface de réparation.

C’est très beau mais ça tourne à la caricature. Xavi a fait 169 passes dans le match, plus que toute l’équipe de Chelsa (145). Sur le total des deux matches, les Blues ont eu 18% de possession de balle (comme Marine Le Pen) mais ils sont qualifiés.

Le Barça a quand même eu beaucoup d’occasions mais, contre une équipe réduite à dix dès la 37e minute, il aurait dû marquer plus de deux buts. Il manquait quelqu’un : Lionel Messi.

Guardiola a, ces dernières années, poussé dehors les attaquants qui faisaient de l’ombre au meilleur joueur du monde, Samuel Eto’o et Zlatan Ibrahimovic. Son unique avant-centre, David Villa, est blessé. Messi a trop souvent besoin de finir le boulot tout seul mais ça ne lui était pas possible mercredi soir.

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Messi est humain

Pour la deuxième fois cette saison, le triple Ballon d’Or traverse une période sans buts. Kevin Gameiro serait heureux de traverser des périodes sans but comme celles de Lionel Messi : elles durent rarement plus de trois matches. Mais celle-ci intervient au pire moment de la saison.

Messi a la poisse contre Chelsea – ou sont-ce les défenseurs londoniens qui le connaissent trop bien ? Il n’a jamais mis un but en huit confrontations. Lorsque Didier Drogba lui en a donné l’occasion, en taclant bêtement Cesc Fabregas dans la surface, Messi a envoyé son penalty sur la barre. Ça ne lui était jamais arrivé.

Le penalty manqué de Messi

A défaut de pouvoir dribbler une défense entière, Messi a tenté le coup du je-crochète-et-je-frappe-de-loin, mais le poteau était là pour suppléer Petr Cech.

Si Cristiano Ronaldo se qualifie mercredi pour la finale avec le Real Madrid, contre le Bayern Munich, il prendra un avantage certain dans la course au Ballon d’Or. En tout cas, une semaine a suffi pour relancer le débat sur l’identité du meilleur joueur du monde.

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Di Matteo ressuscite Chelsea


Di Matteo devant Guardiola, Barcelone-Chelsea, 24 avril 2012. (Reuters/Stefan Wermuth)

Deux entraîneurs ont réussi à éliminer le Barça de Pep Guardiola en Ligue des Champions : Jose Mourinho, avec l’Inter Milan en 2010, et... Roberto Di Matteo. L’entraîneur de Chelsea, enfant caché de La Fouine et Mourad Boudjellal, a su expliquer à son équipe comment défendre face au Barça sans faire trop de fautes ni exploser au bout d’une mi-temps.

Cette double confrontation consacre Di Matteo comme un entraîneur de premier plan et rappelle à quel point il a relancé Chelsea après avoir récupéré en mars une équipe en lambeaux des mains d’Andre Villas-Boas, dont il était l’adjoint. Depuis son arrivée, Chelsea a perdu un match, à Manchester City, en 15 rencontres. Remarquable.

Il a renversé le cours d’un huitième de finale de Ligue des Champions compromis, contre Naples (4-1 après une défaite 3-1 à l’aller) et qualifié Chelsea pour la finale de la Cup. Di Matteo a créé deux lignes de quatre en défense et relancé Didier Drogba et Fernando Torres en attaque.

Né en Suisse, Di Matteo a fait partie dans les années 90 des rares Italiens à tenter sa chance à l’étranger, partant à Chelsea avec quelques compatriotes (Vialli, Zola). Il y a rempli son palmarès et est resté en Angleterre pour faire ses débuts d’entraîneur à West Bromwich Albion.

Tout sauf un destin de vedette donc, mais Di Matteo, dont la durée de vie sur le banc de Chelsea ne devait pas excéder trois mois, sera probablement là l’an prochain : rien n’excite plus Roman Abramovich, le propriétaire du club, que la musique de la Ligue des Champions.

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Et sinon...

  • John Terry est vraiment un bad boy. Les Anglais vont autant en parler que de la qualification de Chelsea. Le capitaine de Chelsea et pilier de la défense de l’équipe nationale depuis bientôt dix ans a encore fait n’importe quoi en filant un coup de genou dans le dos d’Alexis Sanchez. Terry, c’est aussi le joueur qui s’est fait virer de l’équipe nationale pour avoir eu une aventure avec l’ancienne copine de son coéquipier Wayne Bridge. Et qui comparaîtra en juillet devant la justice anglais pour insultes racistes à l’encontre d’un adversaire noir.
  • Drogba n’a pas passé son temps par terre. Sa réputation de plongeur a atteint des sommets après le match aller où, a calculé le Daily Mail, il a passé six minutes trente secondes le nez dans le gazon. Wayne Rooney avait fini par lui demander sur Twitter de rester debout. Cette fois, il a été très digne malgré une crise de crampes étonnantes à la 70e minute.
  • Chelsea sera affaibli en finale. John Terry, Branislav Ivanovic, Raul Meireles et Ramires seront suspendus pour les cartons reçus mardi.
  • Raymond Domenech en soutane. Domenech apprendra, comme toutes les autres stars sur Twitter, qu’il faut faire gaffe à ce qu’on écrit. Après l’expulsion de John Terry, l’ancien sélectionneur français a twitté : « Si à 11 contre 10 le Barça ne se qualifie pas je rentre dans les ordres. »

Domenech a passé une drôle de deuxième mi-temps puis écrit « Adios » au coup de sifflet final. A priori, il s’oriente vers un couvent jésuite, « comme ça il n’y a que la tenue à changer », a-t-il écrit.

MERCI RIVERAINS ! Deenye
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  • Carlos Carnaval
    Carlos Carnaval
    Etudiant
    • Posté à 02h40 le 25/04/2012
    • Internaute 83800
      Etudiant

    Ce match vous a sérieusement « réconcilié avec le foot » ?

    Moi je n’ai pris aucun plaisir à le regarder. Chelsea accède à la finale en faisant un non-match, le Barça, réputé meilleure équipe du monde, n’est capable de rien face à une équipe qui reste statique dans sa surface. Au delà des faits de jeux, certes spectaculaires (expulsion, penalty raté, but refusé, égalisation) le jeu en lui même fut à la fois dégueulasse, désespérant et inexistant. Et le jeu, c’est quand même ça l’important.

    Là on a juste vu 11 mecs en blancs dégager le ballon le plus loin possible dès qu’ils le pouvaient, et une dizaines de mecs en rouge et bleu ne sachant littéralement pas quoi faire du ballon.

  • Boutauvent
    Boutauvent
    Testeur de temps libre
    • Posté à 10h22 le 25/04/2012
    • Internaute 45018
      Testeur de temps libre

    Les « Compagnons de Jésus » vont être flattés d’accueillir un personnage pour qui la fin justifie toujours les moyens, en particulier les coups bas !
    D’un autre côté, en imposant à Domenech d’apprendre les évangiles par cœur, les jésuites parviendront peut-être à lui faire entrer une parcelle de philosophie chrétienne dans la tête...

  • Suvann
    Suvann
    Situation
    • Posté à 10h27 le 25/04/2012
    • Internaute 82020
      Situation

    « ça ressemble davantage à du handball qu’à du foot. »
    Depuis le temps que je dis ça, ça fait plaisir de le lire ailleurs. On lit souvent que les équipes qui défendent face au Barça font des non-match, mais pour moi confisquer le ballon et jouer au handball (alors que c’est un match de foot) c’est pareil, c’est un non-match. Faut bien comprendre que cette confiscation du ballon ne laisse pas tant de choix à l’équipe en face, soit tu bétonnes, soit tu tentes de jouer à armes égales. En tout cas oui le Barça est une caricature du « beau jeu », et personnellement c’est une caricature hideuse.

  • Suvann
    Suvann répond à blitosaure
    Situation
    • Posté à 13h49 le 25/04/2012
    • Internaute 82020
      Situation

    On va pas refaire le débat de l’œuf ou la poule, mais à mon avis tu défends comme ça quand en face tu as une équipe qui te confisque le ballon. Je ne vois pas d’alternative quand l’équipe garde le ballon pour ne pas le perdre, c’est là où intervient la caricature du jeu barcelonais, à la base c’est pour marquer plus de but que l’adversaire, mais dans ce genre de match (ou tous les matchs de l’Espagne 2010) on se demande si ils ne gardent pas le ballon pour empêcher l’équipe adversaire d’en mettre un, une sorte de nouvelle vision du « prendre moins de buts que l’adversaire ».

  • Dubatic
    Dubatic
    Responsable Marketing
    • Posté à 15h55 le 25/04/2012
    • 180064
      Responsable Marketing

    Malgré cette défaite le Barca est et restera pour longtemps encore la plus belle expression de ce sport. Le résultat d’hier soir prouve à quel point leur style de jeu repose avant tout sur une condition physique et mentale optimales. Depuis 2 semaines on voit un Barca émoussé physiquement et mentalement. Mais ne vous y trompez pas, grâce à leur philosophie et leur académie pourvoyeuse de nouveaux talents, ils glaneront bien d’autres Champions’ dans les 10 prochaines années.

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