Pour/Contre 23/03/2012 à 11h01

Football : peut-on encore supporter le PSG ?

Clément Guillou | Journaliste Rue89

Le Paris Saint-Germain est bien placé pour gagner le championnat de France pour la première fois depuis dix-sept ans. C’est long, dix-sept ans. Ça laisse le temps de le désirer sans limite, le titre de champion, même si le trophée est d’une laideur sans nom.

Pourtant, depuis que les « ultras » ont été évincés du Parc des Princes et que les nouveaux propriétaires qataris ont investi massivement, une partie des supporters du PSG ne vibrent plus. Ils suivent de loin les rumeurs de transferts, ne sautent plus de leur canapé quand Paris marque et acceptent un dîner au resto le dimanche soir.

D’un autre côté, s’il faut s’arrêter de soutenir un club parce qu’il a de l’argent et que son son stade est aseptisé, est-ce qu’il ne faut pas simplement arrêter de suivre le foot ?

Quatre habitués (ou ex-) du Parc des Princes nous expliquent les raisons pour lesquelles ils s’enthousiasment un peu, à la folie, ou plus du tout.

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Pour

« Qu’on soit racheté par des Américains, des Qataris ou des Anglais, c’est la même chose. D’où vient l’argent, on s’en fout. »

Rémi, attaché politique de 25 ans, était bien content de se débarrasser des dirigeants précédents, Robin Leproux et Sébastien Bazin, qui « ont tué les tribunes du Parc des Princes [on y reviendra, ndlr] et n’ont jamais sorti l’argent pour franchir un palier sportivement ».

« Toute la mauvaise foi du foot français est ressortie : pour eux, la MMArena, c’est rigolo ; le fonds de pension américain, c’est acceptable ; le paradis fiscal qu’est Monaco, on s’y est habitué ; par contre l’émir du Qatar, ils n’en veulent pas. »


Leonardo, Nasser al-Khelaifi et Carlo Ancelotti à Doha, 2 janvier 2012 (Reuters/Fadi Al-Assaad)

  • Et puis, pourquoi le PSG n’aurait pas le droit d’être riche ? Il y a quelques années, Lyon avait un budget nettement supérieur aux autres clubs français et cela ne choquait personne. Robin, 23 ans, étudiant au cours Florent :

« L’argent, je m’en fous ! On est juste supporters et ça nous est tombé dessus sans rien demander. Et tant mieux si ça arrive à nous plutôt qu’aux autres. Je préfère profiter que culpabiliser. »

  • L’été dernier, le PSG n’a pas dépensé son argent à tort et à travers comme l’avait fait Manchester City grâce à l’argent d’Abou Dhabi. Rémi détaille :

« Douchez et Gameiro sont arrivés avant les Qataris, et les recrutements suivants ont pour moi été bons, réfléchis. Le club n’est pas tombé dans la surenchère pour Bisevac, Matuidi, Menez, Sissoko et Sirigu. Ils ont sorti un gros chèque pour Pastore, il fallait s’y attendre, c’était presque une action de communication pour dire aux grands clubs : ’Ça y est on est dans la place’. »


Parc des Princes, août 2009 (PSGmag/Flickr)

  • La fin de l’ambiance au Parc ? Un mal nécessaire, disent certains. En 2009, la haine entre les supporters d’Auteuil et ceux de Boulogne était si forte que les deux virages s’insultaient pendant les matches. Jusqu’à la mort de Yann Lorence, du kop de Boulogne, lors d’un affrontement entre les deux camps devant le Parc des Princes. Pour certains, la dissolution de toutes les associations de supporters et l’instauration d’abonnements aléatoires – le « plan Leproux “ – étaient devenue impératives. Arthur :

‘Je n’ai pas connu la situation avant Leproux mais pour moi ce n’était pas des supporters, donc ça n’avait aucun intérêt qu’ils viennent au stade.

C’est sûr qu’il y a un peu moins d’ambiance, c’est un peu plus familial. Il y a trois ans, je venais sans portable au stade, maintenant je sais qu’il n’y aura pas de problème.’

  • L’identité du PSG, c’est le Parc des Princes et son maillot rouge et bleu. Pour certains, tant que le club ne déménage pas au Stade de France, tant que le Parc des Princes n’est pas démoli, aucune raison d’aller voir ailleurs. Arthur menace :

‘Qu’on reste au Parc, c’est le seul truc qui compte. La maison du PSG, c’est le Parc des Princes. S’il s’installe au Stade de France, j’hésiterai à y aller.’

  • Et puis surtout, un titre et le retour en Ligue des Champions, ça ne se refuse pas. Tous les supporters parisiens se languissent de voir leur club rivaliser avec les meilleurs d’Europe, comme dans les années 1990. Pour Arthur, ce n’est pas parce qu’un club est le plus riche qu’il ne mérite pas ses victoires :

‘Si on est champion, je serai heureux parce que depuis le temps qu’on l’attend... C’est du football. Quand Lyon a été champion sept ans, on n’a pas râlé parce qu’ils avaient un budget différent des autres.’

Pragmatique aussi, Robin vibre toujours au stade ou devant son écran :

‘Je suis toujours les matches comme avant. La seule différence, c’est que je m’attends à ce qu’on gagne à chaque fois. Même si ça a beaucoup changé, j’ai toujours autant de plaisir.’

2

Contre

  • Peut-on continuer à supporter un club ultra-friqué lorsqu’on s’est dit dégoûté par le comportement d’autres clubs rachetés par des multi-milliardaires ? Tout un dilemme pour certains Parisiens. Valentin, étudiant avocat de 26 ans :

‘Je n’avais pas aimé les investissements massifs des nouveaux actionnaires de Chelsea et de Manchester City, je ne vais pas changer d’avis parce que c’est désormais au tour du PSG de jouer les nouveaux riches.’

  • Le PSG est aujourd’hui capable d’acheter n’importe quel joueur du monde. Et, souvent, se tourne vers l’étranger. En février, lors du choc contre Montpellier, l’équipe titulaire ne comptait que quatre Français – tous internationaux. Perte d’identité ? Pour Valentin, le PSG est devenu une équipe de ‘mercenaires’. Cet hiver, le club a encore recruté massivement (trois joueurs en un mois). Rémi :

‘On est vraiment tombé dans la bêtise et le manque de respect des joueurs irréprochables des saisons précédentes (Jallet, Chantôme, Ceara).’

Robin confie sa ‘peur d’une overdose d’étrangers qui remplaçeraient des joueurs comme Chantôme ou Camara qui se défoncent pour le club depuis des années’.


Antoine Kombouaré, PSG-Lens, septembre 2010 (Reuters/Pascal Rossignol)

  • Dans le même genre, les supporters n’ont pas aimé la façon dont le club s’est débarrassé d’Antoine Kombouaré, entraîneur jusqu’à la trêve. Le jeu n’était pas parfait, l’élimination en Ligue Europa pas glorieuse mais le PSG était premier du championnat. Surtout, le nouveau directeur sportif Leonardo a semblé tout faire pour faire partir Kombouaré, ancien défenseur du PSG et héros du match culte de ses supporters, la victoire 4-1 contre le Real Madrid en 1993. Rémi :

‘On ne lui a pas laissé le temps, on ne lui a pas fait confiance, et au lieu d’être sincère, on est allé cherché un faux prétexte pour le virer : la qualité du jeu. Derrière, le club va chercher un Italien apôtre d’un système ultra défensif.’


Banderole de supporters, dernier match avant le ‘plan Leproux’, mai 2010 (PSGMag/Flickr)

  • Un club qui joue le titre, ça donne envie d’aller au stade tous les quinze jours. Sauf quand on ne veut pas du tout aller au stade. Rémi et Valentin étaient des habitués du Parc des Princes, anciens abonnés respectivement à Boulogne et Auteuil. Ils y sont retournés, par l’odeur des victoires alléchés. Ils n’y retourneront pas.

‘Le Parc des Princes ne ressemble plus à rien, dit le premier. Plus d’encouragements, plus de chaleur, plus de tifos, de drapeaux, de fumis, de banderoles. A la place, des sifflets malvenus et des chants lamentables. Bref ce stade est mort !’

‘Le public a beaucoup changé. Il est attentiste, quasiment aphone lorsque l’équipe est dominée, mais se permet de siffler Pastore lorsqu’il rate un contrôle’, observe le second.

Pour Rémi, le bilan neuf mois après le rachat du club est le suivant :

‘Je démissionne petit à petit. Je ne sais même pas si j’ai envie que le PSG remporte ce championnat. J’en arrive presque à espérer qu’on finisse deuxième derrière Montpellier.’

PS : observons que personne n’a utilisé l’argument de l’hymne du club enregistré par les joueurs, un vilain remix de ‘Go West’ des Pet Shop Boys. Normal, les témoignages ont été recueillis avant la publication de ce merveilleux clip.

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  • vainsylv
    vainsylv
    Indigné
    • Posté à 11h55 le 23/03/2012
    • Internaute 95822
      Indigné

    Je suis dans la même position que Rémi et Valentin. J’ai beaucoup aimé le PSG. Vraiment beaucoup. J’ai été abonné, a Boulogne puis à Auteuil, 5 ou 6 ans je crois, et pas les meilleures années. Les résultats étaient souvent mauvais mais cela ne nous empêchait pas de vibrer, de ressentir des émotions intenses. Pourquoi ? Parce que le PSG avait une âme, quelque chose qui le rendait unique.

    L’âme du club c’est quoi ? Les joueurs ? bof ils changent tous les ans ; un stade ? oui un peu, mais vide il ne représente pas grand chose ; une histoire ? assurément, encore faut-il ne pas la brader. Mais avant tout, l’âme d’un club ce sont ses supporters, ces acteurs à part entière qui font qu’un match banal devient un véritable événement.

    Pour moi, depuis la mise en place du Plan Leproux, le PSG a perdu son âme. La ferveur spontanée n’est plus permise, les tifos, les banderoles, les drapeaux autres que ceux fournis par le club sont interdis, le spectacle doit être contrôlé, calibré. Les matches se déroulent dans une ambiance aseptisée, sans véritable ferveur. Un peu comme un match de FIFA 12 sur Playstation, les insultes et les sifflets en plus.

    J’ai beau être un supporter inconditionnel, j’ai beau avoir continué à soutenir mon club alors qu’il était aux portes de la Ligue 2, aujourd’hui, quand je regarde jouer le PSG, je ne ressent plus aucune émotion. Victoire ou défaite, c’est pareil. Je vibre d’avantage sur ma Playstation.

    L’âme du PSG n’est plus. Le Parc n’est plus peuplé que de supporters/consommateurs passifs, venus voir la jouer dernière acquisition de ces messieurs du Qatar, prêts à dépenser quand on leur dit de dépenser, passivement, sans prise recul ni réflexion. Le problème c’est que, tels des enfants trop gâtés, ces gens là finiront par se lasser quand le PSG aura raflé 3 titres d’affilée...

    PS : Je n’ai pas voulu parler d’argent ici. Cet argument n’est au fond pas valable car l’évolution du football est ainsi faite que sans argent on ne peux plus rien, ou presque.

  • Georges2LaJungle
    Georges2LaJungle
    Ingénieur
    • Posté à 12h16 le 23/03/2012
    • 183776
      Ingénieur

    vainsylv m’a devancé, et je partage le même avis que lui. (apparemment abonnés aux mêmes époques)

    Abonné de 2004 à 2009 tribune Boulogne, les résultats du PSG n’étaient pas des meilleurs (limite de la relégation), je suis allé voir le PSG-OL de mercredi soir. Je suis retourné au stade voir quelques matchs par-ci par-là ces dernières années, le constat est sans appel : Le parc, c’était mieux avant.
    Aucun kaporal (normal, les ultras sont interdit au stade) pour diriger les troupes de supporters ne compose la tribune, du coup, les chants de supporters ne sont lancés que par des petits groupes, et cela dans toute la tribune, au final cela produit un brouhaha aussi pitoyable qu’inutile.. Comme dit plus haut, plus de fumis, plus de tambours, plus de tifos, rien.

    Le seul moment où ça a bougé durant 10 secondes d’affilés, ça a été lors du but, sur penalty.. Mais c’est tout ! Une fois le but marqué, plus d’encouragement, plus d’applaudissement, rien. On se croirait au Stade de France devant un match amical de l’EdF !
    Alors certes, sur le terrain cela se passe peut-être mieux qu’à l’époque pré-Leproux, mais dans les tribunes, c’est déplorable, et c’était pour moi mon dernier match au Parc des Princes.
    Maintenant, je pense que l’argent des Quataris + la passion des ultras, cela serait un cocktail explosif pour le PSG, et qui ne pourrait que être bénéfique à mon humble avis, car sans supporters, je vois mal comment le PSG pourrait atteindre les sommets.
    Quant aux polémiques concernant l’animosité ou la dangerosité de certains, vous les interdisez de stade, et on est tranquille. Il peut y avoir des ultras sans avoir de problème (majeur), si si, je vous assure (je n’en suis pas un, je pense simplement qu’ils sont important pour la vie d’un club et l’ambiance générale des tribunes).

    En attendant, je vais faire comme écrit dans l’article, et aller au resto’ ce prochain dimanche soir plutôt que d’aller au parc et m’ennuyer avec des chants inutiles.

    @Clément Guillou : Pour information, les « Oh hisse encul* » ont toujours existé, au moins lors des Clasico PSG-OM, ou bien aux matchs importants, ou lorsque le gardien de but poussait vraiment le bouchon en prenant plus que son temps pour effectuer son dégagement.

  • francesccino
    francesccino
    urbaniste
    • Posté à 12h39 le 23/03/2012
    • Internaute 49286
      urbaniste

    Je trouve que l’article mélange un peu trop rapidement deux choses qui n’ont pas forcément un rapport si étroit que cela entre elles : la surface financière du club et le déséquilibre sportif que cela induit d’une part, la vision qu’à le club de ses supporters et sa manière de concevoir « le match de foot » d’autre part.

    Pour ce qui est du premier aspect il faut avoir des œillères et la mémoire bien courte pour se contenter de rejeter l’investissement qatarien sur une question de principe. A l’échelon français la prise de pouvoir de canal + au PSG dans les années 90 a induit un effet similaire, permettant d’un coup au club de piller les meilleurs seconds couteaux de D1 (Brest, Montpellier) et d’attirer des stars étrangères prestigieuses (Ricardo et Valdo de Benefica, Rai, puis Okocha, Leonardo etc.). Et globalement ce type d’investissement massif non liée à un raisonnement économique est plus que courant dans l’histoire de ce sport : Tapie à l’OM, Peugeot à Sochaux, Rocher à Sainté, la Compagnie des Mines à Lens etc etc etc. Et je ne parle que de la France. Bref. Autant je peux comprendre que certains soient méfiant quand à l’origine des fonds mis en jeu par les qatariens, la manière dont ce pays s’est enrichi et est géré... autant sur le principe de l’acquisition de joueurs ou d’entraineurs de renom... j’ai un peu l’impression qu’on découvre l’eau chaude là.

    Pour ce qui est du second aspect là on touche de mon point de vue à quelque chose de plus essentiel et qui me dérange vraiment. Pour info j’ai été abonné en virage 18 ans. J’ai vu trois matchs au parc cette saison. Trois de trop. Mes derniers. On parle de marchandisation du stade de foot. De suppression de la possibilité des gens de se structurer en association. D’atteinte à la liberté de circulation et d’expression. De condamnations abusives (la plupart des interdictions administratives de stades étant annulées à postériori par la justice). De substitution sociale d’une partie du public (le prix de la place en virage est passé de 9€ à 35€ en une saison). Et de manipulation médiatique qui consiste à justifier ces mesures par un contentieux réel et qui aurait mérité d’être traité depuis longtemps mais dont la tragique radicalisation ne concernait au fond qu’une petite minorité des 15.000 anciens abonnés en virage. En Angleterre cette marchandisation du match de foot s’explique par une pure logique économique... les clubs sont des entreprises qui doivent générer du pognon. Mais pas ici puisque les qatariens gèrent le club sans espérer en tirer un profit financier.

    Dans la plupart des pays (et notamment l’Allemagne souvent citée en modèle) on est davantage dans une logique de conciliation. On conçoit le club de foot comme une entreprise marchande mais aussi comme un espèce d’élément de patrimoine. Les deux aspects s’enrichissant l’un l’autre dans un cercle vertueux. Les stades laissent alors la place à tous et offrent des loges luxueuses, des places assises confortables, des magasins et restaurants, des activités pour les enfants, mais aussi de simples gradins de bétons sur lesquels on peut, pour une somme modique, assister au match « à l’ancienne » (debout une bière à fraiche à la main). Les associations de supporters (y compris ultras) font du stade un lieu de fête, d’expression. Si on le souhaite on peut « vivre » le match et non pas se contenter de le regarder. Ces associations sont considérées comme des interlocuteurs du club et des autorités. On y discute actuellement des conditions dans lesquelles les fumigènes pourraient être réintroduits (accord des pompiers, formation des supporters, responsabilisation des assoces etc.). Ce qui n’empêchent pas de sévir lorsque le besoin s’en fait sentir. Et en ne s’en prenant alors qu’aux individus responsable des désordres. Et ça marche hein... je vous jure ! Et dieu sait que le problème du hooliganisme était autrement plus préoccupant là bas que chez nous il y à encore 20 ans.

  • PTrelawney
    PTrelawney répond à francesccino
    Dans le brouillard
    • Posté à 13h59 le 23/03/2012
    • 178593
      Dans le brouillard

    Certain clubs de foot comme Nantes, Lens, Saint Etienne, Paris et Marseille ont une âme. C’est ce que j’appellerai pour être provocateur : « le football à papa ».
    Un club de football est une entreprise de spectacles qui a une dimension économique, mais pas seulement. Aujourd’hui, un club de foot participe au développement touristique de la ville et à la renommée de cette dernière.
    Je citerai deux exemples :
    Qui d’entre vous s’il avait l’occasion de faire un voyage aux USA, aimerai voir un match de football américain, de basket ou de baseball ?
    Certainement beaucoup, ce qui prouve que ces sports ne sont rien d’autre que des spectacles et ils attirent du monde et participe à la notoriété de leur ville (Red sox pour Boston, Cow boy pour dallas, Bulls pour Chicago etc.).
    A l’inverse quel touriste américain a envie d’aller voir le PSG ? Pour l’instant pas grand monde.
    Qui d’entre vous s’il faisait une halte dans une ville comme Dortmund, Munich, Barcelone ou Milan aurait envie d’aller voir un match de foot et de payer pour l’occasion 100 euro ? Beaucoup aussi.
    Lyon a été, en France, le premier club à comprendre cela. Il est passé d’un club quasi inconnu a une entreprise de spectacle qui attire des spectateurs et pas seulement des supporters.
    La PSG va le devenir dans un très proche avenir. De plus comme Paris est une ville internationale, il lui faut des capitaux encore plus importants pour le devenir. Capitaux que lui apporte le Qatar.
    Lille à n’en pas douter va le devenir aussi (on parle d’un rachat avec les Emirats)
    Que demande le spectateur : du spectacle sur le terrain (donc du beau jeu et des vedettes) de la ferveur dans les tribunes, mais pas du débordement.
    Dans ces clubs le foot perd de son âme et je suis bien placé pour en parler puisque supporter de Chelsea en 80 (à l’époque club qui faisait passer le PSG pour des scouts) je pouvais vous dire que la ferveur n’était pas une légende et que maintenant c’est devenu n’importe quoi.
    Le foot de papa a disparu ? Pas partout puisque le Borussia arrive à combiner argent et ferveur !

  • Enlendil
    Enlendil
    Etudiant
    • Posté à 14h09 le 23/03/2012
    • Internaute 66802
      Etudiant

    Je lis les déclarations et je suis un peu sidéré. A titre d’info je serais plutôt à caser dans les « Pour ».

    Alors oui le PSG a perdu une partie de son « âme », de sa ferveur, de son animation, de sa vie dans les tribunes... Mais merde quoi, ça n’a pas été perdu suite à une logique financière, mais suite à des MORTS. On s’est toujours dit que ça n’était pas grave que ce n’était pas « la mort » non plus, mais même une fois deux décès eu, on continue de se dire que ce n’est pas ça le problème.

    On continue d’entendre « il ne s’agissait que d’une minorité ». Si c’était vraiment le cas les clubs de supporters auraient su gérer cette minorité de membres. Car rappelons nous bien qu’il s’agissait assez peu d’individus venus seul, mais pour partie en clubs. Ces gens là n’étaient pas gérés. Et quand on a commencé à les interdire de stade (c’est bien ce qui est préconisé par divers intervenants du Contre) on s’est aussitôt pris un mur de reproches comme quoi c’était inhumain, injuste, et on se félicitait des annulations d’interdictions (toujours préconisé par divers intervenants du Contre).

    Encore une fois regardez les images des affrontements qu’ils soient intérieurs ou extérieurs au parc, il ne s’agissait pas de 5 pékins contre 3 glandus, on parle de plusieurs dizaines de personnes déboulant.

    Alors oui j’ai peu goûté à l’époque Leproux, que ce soit sportivement ou en termes d’investissement, mais pour moi il restera un grand du club car c’est le premier à ne pas s’être contenté de dire « ce n’est qu’une minorité on peut les gérer » alors que les premiers morts débarquaient. Il a bouleversé le club dans les grandes lignes, agacés beaucoup de supporters qui n’avaient rien fait on est d’accord, mais pour moi il reste inadmissible de se plaindre qu’on ne peut plus venir à 30 au stade si le prix qui en découle est la mort de spectateurs.

    On est plus dans l’antiquité bordel... Et tant que ces gens là et ces idées là perdureront alors oui le football continuera d’avoir son image de supporters arriérés au près de la masse.

  • yiyi
    yiyi
    réalisateur
    • Posté à 15h03 le 24/03/2012
    • Internaute 151917
      réalisateur

    Si j’ai bien compris le PSG vient d’inventer le « foot business » ? Le Bordeaux de Claude Bez (qui paradait dans sa Limousine, dégoulinant de cupidité), l’OM de Tapy (pas besoin d’en rajouter), sans parler de certains clubs étrangers tellement vénérés et enviés même en France (occultant leur écrasante puissance financière/niveaux de dettes).

    Je pense, et ça va être dur pour certains (médias, supporters adverses), qu’il serait bon de virer les filtres anti-arabes (Qatar) et anti-parisianniste (PSG) pour retrouver un peu de lucidité et de bonne foi. Quand je vois les médias qui illustrent systématiquement leurs articles sur les salaires des joueurs en affichant la mine de Pastore, alors que ça fait bien longtemps que plusieurs clubs français ont dépassé son niveau de rémunération dans une étrange indifférence, ça montre bien que l’argent gêne seulement dans certains cas. A quand la photo de Gignac et Gourcuff, qui gagnent beaucoup plus que l’argentin du PSG, avec un rendement particulièrement désastreux ? Franchouillardise ? L’OL et l’OM flambaient pas mal (avec une certaine fierté démonstrative) sur le marché des transferts, encore très récemment, à des niveaux très élevés pour des choix pas très judicieux. On voyait ça comme la possibilité de rivaliser sur le plan européen et il n’y avait pas de débat sur les 70M€ dépensés sur Gignac, Azpilicueta, Rémy et Lucho, ou le coût d’OL Land au contribuable lyonnais... J’imagine que les lyonnais et marseillais qui depuis juillet 2011 se font les prêcheurs de l’anti foot-business vont devenir supporters de l’AS Lyon-la-Duchère et de l’US Marseille Endoume en rejetant leurs clubs de nantis.

    Le PSG version Qatari, en tant que supporter, n’est pourtant pas mon idéal. Je fais partie de ceux qui miseraient sur un PSG puisant dans son Centre de Formation (l’un des plus performants du pays, qui cumule les titres chez les jeunes) quitte à avoir des ambitions à la baisse. Mais devant un match, quand sur un but je vois la joie d’Hoarau qui traverse tout le terrain pour féliciter son coéquipier, je me fous de savoir combien leur file l’émir. J’ai toujours été derrière mon club, je vibre qu’il joue le maintien avec Bernard Mendy ou le titre avec Nene. Je n’ai pas de leçon de supporteurisme à recevoir, ni à ce qu’on me dise si j’ai le droit ou pas de supporter le PSG. Et je ne me mettrais jamais à supporter le Barça parce que c’est le meilleur club du monde (aux 364 millions d’euros de dettes en 2011, pour info).

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