Jeremy Lin, l'anomalie qui réenchante le basket américain
De quoi parlait Barack Obama mercredi matin, à bord de l’hélicoptère présidentiel Marine One ? De Jeremy Lin. Basketteur en NBA, meneur, 23 ans, 1 m 91. Rien d’extraordinaire jusque-là. Sauf que Lin est fils d’immigrés taïwanais, diplômé de Harvard et s’est fait refuser partout avant de devenir la nouvelle idole de New York.
« C’est tout simplement une super histoire, c’est ce que le président disait ce matin [...]. C’est le genre d’histoire sportive qui dépasse le sport. Il est très impressionné et tout à fait au courant », a dit le porte-parole de la Maison Blanche.
Tout le monde connaît forcément Jeremy Lin aux Etats-Unis, pour peu qu’il ait acheté un journal, allumé la télévision ou la radio depuis dix jours. Depuis que « Linsanity » (insanity signifie folie) a démarré.
Le meneur des New York Knicks n’est pas sous le feu des projecteurs parce qu’il a marqué 109 points lors de ses quatre premières titularisations, un record.
Pas non plus parce que les Knicks ont remporté leurs sept rencontres depuis qu’il est titulaire, après une série de onze défaites en treize matches.
S’il a fait la une du New York Times, c’est parce que les Américains adorent ce genre d’histoires dans lesquelles monsieur Tout-le-monde devient célèbre. Surtout quand lui-même ne s’y attend pas.
Ces derniers jours, la presse US se demande si le sport américain a déjà connu une histoire aussi extraordinaire. A l’heure qu’il est, ils cherchent encore. Voici pourquoi.
Un Asiatique qui fait du basket ?
Le basket n’est pas considéré comme un sport d’Asiatiques. Jeremy Shu-How Lin est fils d’immigrés taïwanais. Il est le premier Américain d’origine chinoise ou taïwanaise à jouer en NBA. Sports Illustrated raconte qu’à l’université, il se faisait parfois siffler dans les tribunes, où on lui disait de rentrer en Chine et d’arrêter le basket. Les recruteurs l’ont toujours négligé. Le facteur asiatique, explique à ESPN Rex Walters, entraîneur de l’Université de San Francisco :
« Les gens qui pensent que les stéréotypes n’existent pas sont fous. Si c’est un blanc, on dit que c’est bon shooteur ou un joueur enivrant. Si c’est un asiatique, on dit qu’il est bon en maths. »
Il est une aubaine pour la NBA, qui cherche à reconquérir le marché chinois laissé en jachères depuis la retraite de la star Yao Ming, avec qui il discute après chaque match. Lin est très suivi en Chine, a dépassé le million d’abonnés sur Weibo, le Twitter chinois. Le China Daily, quotidien officiel en anglais, le célèbre comme la nouvelle icône asiatique.
Il vient de nulle part
Jeremy Lin n’a pas été « drafté » (sélectionné par une équipe après l’université). Devenir titulaire en NBA sans passer par la « draft » est rarissime. Sur les 24 joueurs sélectionnés cette année pour le All-Star Game, 23 ont été draftés dès le premier tour (l’Espagnol Marc Gasol a été drafté au deuxième tour).
Cela tient beaucoup au fait qu’il est diplômé de Harvard, université davantage réputée pour ses prix Nobel (75) que ses joueurs NBA (3). Le dernier, c’était en 1954. Lin est sorti avec un diplôme d’économie et il a plus tard fait un clip expliquant que, pour entrer à Harvard, il fallait surtout avoir de grosses lunettes.
Un garçon persévérant
Jeremy Lin a pris des tas de portes dans la tête. Celles des universités, puis des franchises NBA qui n’en voulaient pas davantage. Les Golden State Warriors, sa première équipe, le font très peu jouer et le baladent dans des ligues inférieures. Ils le virent le 9 décembre dernier, Lin rebondit aux Houston Rockets... qui s’en séparent avant le début de la saison, à Noël.
Les New York Knicks le repêchent mais l’envoient vite en ligue mineure – où les jeunes joueurs sont censés s’aguerrir. Il est rapidement rappelé en raison d’une avalanche de blessures. Le coach Mike D’Antoni le lance dans le bain, et voilà.
Un mois plus tôt, il expliquait sur Twitter que le vigile du Madison Square Garden, la salle des Knicks, le prenait pour un membre du staff.
Everytime i try to get into Madison Square Garden, the security guards ask me if im a trainer LOL
— Jeremy Lin (@JLin7) Janvier 4, 2012
A New York, il dort sur un canapé

Le canapé de Landry Fields, rendu célèbre par son occupant ponctuel Jeremy Lin (Landry Fields/Twitter)
Depuis son arrivée à New York il y a un mois et demi, Lin dormait dans le canapé. Tantôt celui de son frère, dans le Lower East Side, tantôt celui de son coéquipier Landry Fields. Un SDF star de NBA, c’est pas cool ça ?
Landry Fields a mis la photo de son canapé sur Twitter, proposant de lancer les enchères. La ville étant devenue complètement folle de Lin, il y aura bien quelqu’un pour sortir un gros chèque.
Selon le Daily News, Jeremy Lin vient tout juste de se trouver un appartement.
Ça va durer combien de temps ?
Si Lin continue à bien jouer, il fera un carton auprès des publicitaires. Il est frais, humble, énergique, souriant, spontané, malin.
Le miracle (Lin veut devenir pasteur) semble ne pas devoir s’arrêter. Mardi soir, il a inscrit son premier panier décisif en NBA, dans la dernière seconde du match contre les Toronto Raptors. Ecoutez l’ambiance et regardez avec quel calme ce meneur de 23 ans, titulaire pour la sixième fois en NBA, dirige son équipe.
Son entraîneur avait choisi de ne pas prendre de temps mort avant la dernière action, expliquant :
« Il est trop bon pour que je demande un temps mort. »
Mais déjà, certains soulignent sa propension à perdre des ballons – beaucoup plus que les autres meneurs NBA – ou sa réussite moyenne aux tirs.
Le coach des Knicks a cédé à la mode des jeux de mots et appelle sa nouvelle star « Linderella ». (Cinderella = Cendrillon) Façon de lui dire qu’on n’est jamais à l’abri de rentrer en citrouille ?









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Sur Rue89Basket : une drôle de lutte des classes divise la NBA - Sur nouvelobs.comLin conduit les Knicks à une 7e victoire de rang
- Sur lemonde.frL'incroyable ascension de Jeremy Lin
- Sur linwords.comGénérateur de jeu de mots pourris avec "Lin"
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Aquaboniste
Aquaboniste
1m91 c’est effectivement relativement petit pour un basketteur... la moyenne des joueurs de la ligue pro US doit être de 2 mètres. Bon, il joue meneur de jeu, pour ce poste il est dans la norme !
L’histoire de ce joueur est belle, il est vraiment très bon, mais la sur-média-communication (liée au besoin de la NBA de retrouver le marché chinois) est assez écœurante à la longue.
Et la presse basket reste dans la bulle médiatique en surfant sur cette vague à fond pour chopper du « clic » en veux-tu en voilà ! Il suffit de regarder Basketusa et Basketsession, les deux sites français les plus connus pour le basket américain, c’est 1 article sur 2 sur Lin....
Sinon voici un forum basket ou on parle un peu de Lin mais aussi de beaucoup d’autres choses, même hors basket et hors sport :
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