Just a perfect day 24/01/2012 à 09h55

Un dimanche heureux aux courses, loin des PMU miteux

DZIBZ | Pinaise de pinaise


Ulysse d’Hélios à Vincennes (Erwann Corbel/Picasa)

« Tu sais, son grand-père est un vainqueur de Prix d’Amérique ! » On en vient toujours à parler du Prix d’Amérique, dans le camion, avec Franck. Dimanche 22 janvier, tôt. Tôt pour un dimanche. Prendre la route pour rallier l’hippodrome de Vincennes en début d’après-midi.

Ulysse d’Hélios y court la dernière course. Notre Ulysse d’Hélios. Il est un trotteur, un sportif, un sacré. Un gentil cheval qui adore les hippodromes et donne à chaque course le meilleur de lui-même, tant et si bien qu’il déçoit vraiment rarement. D’ailleurs, la dernière fois, contre toute attente, il a remporté un beau prix à Vincennes, devançant de sérieux rivaux.

Aujourd’hui, c’est dans une course encore plus relevée que nous partons courir. Nous sommes à une semaine du Prix d’Amérique, et évidemment, tout le monde ne parle que de ça sur l’hippodrome, dans les micros, sur les écrans. Le microcosme du monde hippique se pose LA question : Ready Cash va-t-il faire le doublé, remporter un deuxième Prix d’Amérique consécutif ? Et cette question, il faut que je vous montre combien elle est passionnante.

Ce qu’il veut, c’est la fameuse cendrée de Vincennes...

Un arrêt café sur une aire d’autoroute, mais pas trop longtemps, le cheval pourrait s’agacer, à force, dans son étroit camion. Ce qu’il veut, lui, c’est la fameuse cendrée de Vincennes. Vite en découdre, c’est pour lui une course visée, il est affûté.

A l’instar de la majorité des partants du Prix d’Amérique, il courra d’ailleurs sans fers. Dites déferré. Ceci allégera sa foulée, et lui permettra probablement de rivaliser avec les sérieux prétendants à la victoire. En tout cas, la presse spécialisée ne tarit pas d’éloges à son sujet : il est donné favori dans presque tous les journaux.

Sa cote de départ ne sera pas intéressante pour les joueurs, mais il est vrai qu’il offre quelques sérieuses garanties. Surtout que son pilote (dites driver et non jockey), puisqu’on parle là de trot attelé et non de trot monté, c’est un des meilleurs, Mathieu Abrivard.

Il est un magicien, de ceux qui parviennent à maintenir les chevaux les plus compliqués au trot (le galop étant proscrit), et leur donnant des parcours toujours à l’économie. Ils ne sont que 11 au départ, mais un adversaire semble redoutable, il s’appelle Unkir d’Oo et est confié au célèbre Jean-Michel Bazire, star absolue du milieu.

A son actif, deux Prix d’Amérique (avec Mony Maker et Késaco Phédo) et de nombreuses grandes courses. Ca sera a priori le tandem à battre.

Au restaurant, on croise des légendes

Vincennes, sortir le cheval, l’amener à son box. Le faire uriner en sifflotant, partir manger. Au restaurant, on croise des légendes : Minou Gougeon fait face à Paul Viel, et là à gauche, Jean-Yves Rayon. Ces noms ne vous disent sûrement rien, mais ce sont ceux des anciens, ces hommes qui ont contribué à la qualité des trotteurs français actuels, et au niveau des courses auxquelles nous assistons. Ils sont des légendes vivantes, dans le milieu, et les jeunes les observent envieux du coin de l’oeil, comme un ado lambda ne quitterait pas du regard Rihanna.

Ils sont certainement moins sexe, mais au moins aussi admirables. Dans le self, plein de télés branchées sur Equidia. Tout le monde regarde et commente les courses. Et entre deux, on parle Prix d’Amérique. Que Ready Cash sera difficile à battre, à moins que ce diable de Jean-Philippe Dubois n’affûte comme jamais son Royal Dream dont on ne connaît pas les limites. C’est tartiflette, ce midi.

Il vente, mais personne ne s’en plaint. Ici, les mains sont solides et les gueules creusées. Ces travailleurs sont des passionnés, qui tous les matins se lèvent dès l’aube pour entraîner dans le froid leurs champions. Franck passe voir Ulysse. Le cheval est calme, comme d’habitude.

« On dirait un poney ! »

Il a ce flegme qu’avait Ourasi, le plus grand champion de l’histoire des courses, celui qu’on appelait le roi fainéant. Des badauds s’arrêtent devant le box et vantent ses qualités esthétiques. « On dirait un poney ! » C’est vrai qu’il est tout petit. Comme son grand-père, le vainqueur du Prix d’Amérique 2000, Général du Pommeau. Sur la piste, il fait rikiki, mais je te jure que lorsqu’il commence à accélérer, il impressionne. D’ailleurs, c’est l’heure de son heat.

Une bonne heure avant la course, il convient d’échauffer les chevaux. On appelle donc ça le heat. Ulysse prend la température, teste la piste, déroule les jambes et commence à produire quelques accélérations. Il n’a pas l’air au top, pas trop à son travail. Il enchaîne les fautes (passages au galop), ce qui pourrait anéantir toutes ses chances dans la course.

Franck, au sulky (la charrette) pour cet échauffement, fait la moue en revenant. Tous les co-propriétaires se montent le bourrichon, le cheval ne serait pas dans un grand jour...

Départ dans 15 minutes, c’est l’heure des derniers préparatifs. On attelle le cheval. On lui bouche les oreilles avec des morceaux de coton reliés à une ficelle sur laquelle le driveur tirera lorsqu’il désirera les déboucher : ceci rebooste les chevaux. On installe des oeillères coulissantes, elles aussi reliées à une ficelle.

Ulysse déteste les faux rythmes

Lorsque Mathieu le voudra, il les baissera, et le cheval ne verra plus que ce qui se passe devant lui. Les fers sont enlevés, Mathieu arrivé et les ordres de Franck donnés au driveur star. L’idée, c’est de ne pas attaquer trop tôt, de musarder dans le peloton jusqu’au début de la ligne droite, puis de se décaler, et de faire parler la vitesse. Il faut espérer que le cheval de Jean-Michel Bazire ne va pas prendre la tête, sinon il risque de cadenasser la course et de donner un
faux rythme.

Ulysse déteste les faux rythmes, ça l’énerve, il dodeline de la tête et s’use sur son mors. En effet, les rênes du driveur sont reliées à la bouche du cheval. Lorsqu’il souhaite ralentir, le driveur n’a qu’à tirer sur celles-ci. Seulement, lorsque le cheval s’agace, il arrive qu’il persiste à tirer sur son mors, s’épuisant, et tirant fort sur les bras de son driveur. C’est là un des risques majeurs de la course.

Le départ est donné à l’aide de l’autostart. C’est une voiture avec des ailes, derrière laquelle les chevaux viennent se placer selon l’ordre de leurs numéros. Le numéro 1 est à la corde, et le 9 à l’extérieur. Les numéros 10 et 11 sont en seconde ligne. Ulysse a le 7, son rival principal le 1.

On se prend à rêver...


Ulysse d’Hélios sur la cendrée de Vincennes (Erwann Corbel/Picasa)

Dans les tribunes, toute la troupe n’a d’yeux que pour la star équine, et l’échauffement avec Mathieu semble se dérouler à merveille. Plus personne ne cause, c’est l’heure du départ. Ulysse démarre tout doucement, comme Unkir, tous deux en queue de peloton. Unkir passe le peloton en revue pour venir s’installer au commandement, mais commet l’irréparable, prenant le galop. L’adversaire principal d’Ulysse disqualifié, on se prend à rêver.

Mathieu patiente, la course est rapide. Dernier virage, il débouche les oreilles puis baisse les oeillères et décale Ulysse, qui n’en demandait pas tant. Accélération virtuose, Ulysse file au poteau. On crie, on pleure, on s’embrasse, on rit. C’est très très fort. On pense à l’avenir, Ulysse n’a que 4 ans. Le plus jeune partant du Prix d’Amérique en aura 5. Un jour, qui sait...

Les flashes, les photos, Ulysse apprécie. Les parieurs qui le félicitent d’une caresse, nous d’une bise, Mathieu d’un tape sur la croupe, une star est née. « C’est un vrai petit poney de course ! », s’exclame Mathieu, surpris du potentiel du petit cheval.

Les courses, pas qu’une affaire de PMU

On a gagné à Vincennes, sur la célèbre piste du Prix d’Amérique. C’est fabuleux. Et le rêve, celui de tous ces gens qui travaillent au quotidien sur les trotteurs, qui les aiment, qui les choient, c’est de décrocher le fameux Prix d’Amérique.

C’est dimanche prochain, que tout va se jouer. Ils seront en tout cas 18, sur la cendrée de Vincennes, à se battre pour remportée la course tant convoitée, et je vous jure que ça sera un sacré moment de sport auquel vous devriez vraiment vous intéresser. Car les courses, ça n’est pas qu’une affaire de parieurs dans de miteux bars-PMU.

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  • yabon
    yabon
    Klingon
    • Posté à 10h14 le 24/01/2012
    • Internaute 98602
      Klingon
  • lapinot
    lapinot
    chômiste
    • Posté à 10h21 le 24/01/2012
    • Internaute 77334
      chômiste

    Mais qui de Naboléon Rolex ou de Fraise de Solférino va remporter le Prix de France ? ? ?
    Naboléon Rolex n’est pas favori, mais méfiance, il peut courir caché et revenir du diable Vauvert à la sortie du tournant final. Fraise de Solférino fera sans doute la course en tête mais n’est pas à l’abri de faire la faute ou d’une défaillance...

    • merle-moqueur
      merle-moqueur répond à lapinot
      GRRRRRRRRRRRR (...)
      • Posté à 10h42 le 24/01/2012
      • Internaute 17922
        GRRRRRRRRRRRR (...)

      « 

      souvenir...souvenir.......

      • Bouletor
        Bouletor répond à merle-moqueur
        • Posté à 11h46 le 24/01/2012
        • Internaute 149255

        Le Roi Léon aurait sans doute misé sur Naboléon Rolex, voir sur Blonde Clodoaltienne...

         
        • merle-moqueur
          merle-moqueur répond à Bouletor
          GRRRRRRRRRRRR (...)
          • Posté à 12h16 le 24/01/2012
          • Internaute 17922
            GRRRRRRRRRRRR (...)

          « 

          mais qui seront coiffés sur le poteau par Mou du Centre,talonnés par Cheche et tout le peloton.....

          • lapinot
            lapinot répond à merle-moqueur
            chômiste
            • Posté à 12h23 le 24/01/2012
            • Internaute 77334
              chômiste

            certains regretterons la disqualification sur faute de Phallus Sarcellois qui doit rester aux écuries ; -)

            • merle-moqueur
              merle-moqueur répond à lapinot
              GRRRRRRRRRRRR (...)
              • Posté à 16h06 le 24/01/2012
              • Internaute 17922
                GRRRRRRRRRRRR (...)

              disqualification due à la pression de Saintanne Foncée,laquelle vient de reprendre en main la situation.......

        3 autres commentaires
  • yanickas Lituanien
    yanickas Lituanien
    expat'retraitè
    • Posté à 10h45 le 24/01/2012
    • Internaute 115264
      expat'retraitè

    Bjr,« de miteux bars PMU » ! Sans les « miteux turfistes »,qui de mémoire,donne leur contribution à l’avoine d’Ulysse,a votre tartiflette etc.....Sans oublier un pourcentage de chaque jeu, qui va participer aux subventions des centres équestres,pour que nos enfants ne vivent pas leur passion du cheval,via de miteux bars PMU.....Au passage expliquez moi pourquoi,la majorité des « préparateurs » sportifs des chevaliers du tour de France,sont issus du monde équestre !

  • Boutauvent
    Boutauvent
    Testeur de temps libre
    • Posté à 10h54 le 24/01/2012
    • Internaute 45018
      Testeur de temps libre

    J’adore aller aux courses, et l’occasion m’en est souvent offerte quand quelques uns de mes voisins éleveurs/entraineurs ont besoin d’un chauffeur occasionnel (permis B/E) pour convoyer leurs champions.
    De même, je n’ai qu’à ouvrir mes fenêtres pour admirer certaines de ces « tirelires à 4 pattes » broutant paisiblement les prairies des alentours, s’interpellant comme pour se lancer des défis pour les joutes à venir.
    Je n’ai qu’à faire quelques pas en promenant mon chien pour les suivre des yeux sur les pistes d’entraînement, à moins que j’aille jusqu’à la plage (Dragey, Jullouville, Lingreville, en particulier) pour les voir « se tirer des bourres » sur le sable puis détendre leurs muscles saillants dans les vagues.
    Je ne vais pas pour autant suggérer que les PMU sont nécessairement miteux ; l’ambiance y est très souvent conviviale...
    Qu’on soit joueur ou pas, on y entend avec délectation les commentaires éclairés de nombreux lads, jokeys, drivers et entraineurs qui, n’étant pas aux courses ces jours là, viennent suivre la course de leurs protégés sur grand écran.
    Et on y voit briller dans les yeux des promesses d’avenir quand les conversations s’orientent sur les saillies, « poulinages », débourrages et premiers entrainements...

  • momo la salade
    • Posté à 11h36 le 24/01/2012
    • Internaute 110276
      foutus

    ouai vincennes c’est une sortie sympa , mais je préfère compiègne y’a un gars d’ont je tairais le nom k des tuyaux de première

  • DZIBZ
    DZIBZ
    Auteur(e) de l'article Pinaise de pinaise
    • Posté à 12h12 le 24/01/2012
    • Internaute 107982
      Pinaise de pinaise

    Bien le bonjour,

    Juste pour vous faire remarquer que ma caractérisation de « miteux bar PMU », c’est le stéréotype pointé, l’image que les gens ont des courses.

    Des bisous.

    • Boutauvent
      Boutauvent répond à DZIBZ
      Testeur de temps libre
      • Posté à 12h18 le 24/01/2012
      • Internaute 45018
        Testeur de temps libre

      Précision nécessaire, puisque c’est sur le « miteux » qu’on cala ! ; o)

    • momo la salade
      momo la salade répond à DZIBZ
      foutus
      • Posté à 13h13 le 24/01/2012
      • Internaute 110276
        foutus

      c’est vrai surtout depuis qu’ils font trou ou on est loin du petit tiercé du dimanche

  • VickingJack
    VickingJack
    caressotherapeute bénévole
    • Posté à 13h10 le 24/01/2012
    • Internaute 96126
      caressotherapeute bénévole

    Vivement
    « Un dimanche heureux aux urnes, loin de l’UMP miteux »

  • momo la salade
    • Posté à 13h31 le 24/01/2012
    • Internaute 110276
      foutus

     :

  • georgette gauquelin
    georgette gauquelin
    retraitée
    • Posté à 18h48 le 24/01/2012
    • 179999
      retraitée

    Moi aussi j’ai fait dans le trop...j’ai arrêté il y a 1 an....bon résultat au qualif...et puis le cheval ne va pas...distancé à chaque course...entraineur trop jeune mais je n’ai pas plus le temps...j’ai pris des sous...comme on dit...mais moi mes chevaux ne vont jamais à la boucherie...je les donne contre bons soins...je ne fait un sou sur leur dos...chacun m’a trop donné....déjà le jour de leur naissance...ils sont si mignons...pourquoi ne voir qu’une tirelire que l’on casse quand elle est vide ?
    J’en ai encore 6...des poulinières que je ne fais plus rapporter...qu’elles se seposent, elles l’on bien mérité.
    Mes chevaux...mes Amours...