Bouffe 29/12/2011 à 15h34

On peut être gros et réussir dans le foot professionnel

Ramses Kefi | Journaliste


Le joueur brésilien Ailton à Shalke 04 (Allemagne) (Ina Fassbender/Reuters)

Réussir dans le football de haut niveau pour un joueur gros, c’est possible mais cela reste exceptionnel. Pierre Bazin, préparateur physique du FC Tours (Ligue 2) :

« Les joueurs avec des kilos en trop compensent par une technique, une habileté ou une expérience très haut dessus de la moyenne. Sinon, un joueur en surpoids s’exclut tout seul de l’équipe. »

Il insiste sur les mutations du football, qui ne se pratique plus comme à l’époque du Hongrois Puskas. Les joueurs sont devenus de véritables athlètes, ce qui complique la tâche des pros enrobés :

« La dimension physique fait la différence. Il y a plus de duels et de contacts. Pour un joueur en mauvaise condition, c’est plus difficile. »

Parmi les « gros » les plus connus : Diego Maradona, Ronaldo ou André-Pierre Gignac dans une catégorie moins prestigieuse.

So Foot avait déjà fait sa sélection de joueurs grassouillets. Nous avons fait la nôtre. Retraités ou encore sur le circuit, ils ont en commun d’avoir brillé par intermittence.

1

John Hartson, « la brute épaisse »

Des allures de brute et à son actif un exploit : s’être fait recaler de quatre visites médicales. Durant sa carrière, l’attaquant gallois a enquillé les bières et enchaîné les coups de fourchette.

Archétype du footballeur britannique à l’ancienne, il met un terme, en 2008, à une carrière plus qu’honorable.

John Hartson

Il a notamment passé 5 saisons au Celtic Glasgow (Ecosse), où il a inscrit 88 buts. Sur les raisons qui l’ont poussé à stopper sa carrière, le rouquin est sincère :

« J’en avais marre de de devoir doubler les séances lorsque j’avais mangé un hamburger. »

2

Fabrizio Miccoli, comme Maradona

Parce qu’il est petit (1,68m), ses kilos en trop se voient forcément plus, comme son idole, Diego Maradona.

A Palerme, ça ne dérange personne car l’international italien tient l’équipe à bout de bras. Mais Miccoli n’a pas toujours eu l’immunité.

Quand il était au Benfica au Portugal (entre 2005 et 2007), son entraîneur de l’époque, Fernando Santos, ne s’était pas gêné pour le tailler sur son poids. Réponse de Miccoli :

« Si je ne leur plais pas, s’ils ne sont pas contents, je peux m’en aller tranquillement. »

3

Jeroen Verhoeven, « Mister Pizza »

Troisième gardien à l’Ajax d’Amsterdam, Verhoeven pèse, selon sa fiche, 99 kilos alors qu’il en fait facilement 15 de plus. Une dégaine de très gros bébé. Les supporters l’ont surnommé « Mister Pizza ».

Des supporters néerlandais se moquent de Verhoeven en criant pizza

Verhoeven, que ses coaches jugent bon et performant, reste serein :

« Moi ça me fait marrer. Je n’ai pas le moindre souci avec ce surnom. Mais la pizza, je n’aime pas ça ! »

Philosophe, il essaie de s’auto-persuader :

« Je ne suis pas gras, ni gros, je suis puissant. »

4

Cristian Fabbiani, « l’Ogre »

Sa mère est cuisinière, l’Argentin Cristian Fabbiani (1m90, 100 kilos) est un peu excusé. Plutôt adroit avec ses pieds, l’attaquant n’a jamais confirmé son talent et s’est enlisé à force d’accumuler les vices, dont la gourmandise.

Dans son pays natal, il est surnommé « l’Ogre ». Son entraîneur à River Plate lui a bien demandé de maigrir il y a deux ans mais Fabbiani est un pessimiste :

« Je suis comme ça, c’est pas ma faute. »

Une défense un peu molle. « Maman Fabbiani » a plus de punch pour riposter :

« Mon fils n’est pas gros, il a toujours été baraqué ! Ils veulent me le mettre au régime ? Ce n’est pas une bonne idée. Qu’ils le laissent donc manger et il continuera à mettre des buts. »

Cristian Fabbiani avec le club argentin de River Plate
5

Jean-Claude Darcheville, « Gronaldo »

L’attaquant guyanais a pris sa retraite l’été dernier à 36 ans, à cause de blessures récurrentes. Avant ça, il avait arpenté les terrains de Ligue 1 avec un style bien à lui. Tout en force.

Des accélérations violentes et des frappes de mammouth. Celui qu’on appelle « Gronaldo » pour son physique d’ourson ne s’est jamais embarrassé de l’esthétique. Ce qui ne l’a pas empêché de marquer 105 buts en Ligue 1.

6

José Luis Chilavert, « le bibendum Michelin »

Le gardien paraguayen débarque à Strasbourg en 2000, précédé d’un statut de star. Chilavert, c’etait le gardien qui faisait des arrêts-réflexes exceptionnels, des sorties spectaculaires et marquait des coups-francs et des penalties (62 buts).

Le club alsacien déchante vite. Chilavert est fainéant et gros. 99 kilos officiellement. Officieusement, il a largement depassé la barre des 100.

En plus, il ne sert pas à grand-chose. Le club descend en Ligue 2, où le Paraguayen est toujours aussi inutile. En août 2002, Patrick Proisy, le président strasbourgeois de l’époque, décide donc de le licencier :

« A son arrivée après la Coupe du monde [2002 ndlr], il pesait 106 kg et, au lieu de voir Chilavert, nous avons vu un bibendum Michelin. C’est une faute professionnelle grave. »

Compilation de José Luis Chilavert
7

Ailton, le baroudeur

En dix-huit ans de carrière et une vingtaine de clubs écumés à travers le monde, Ailton, l’attaquant brésilien n’aura connu qu’un succès : son passage au Werder Brême (Allemagne) de 1999-2004. Il y plante 102 buts et entre dans la légende du club. Depuis, absolument rien. Enfin si.

Ailton s’épaissit d’année en année. Un maillot très clairement arrondi au niveau du ventre et le visage boursouflé du footballeur qui hait la rigueur.

Le Brésilien a toujours été un expert en séchage d’entraînements. Il serait encore en activité dans un petit club brésilien.

8

Antonio Cassano, le marginal

Antonio Cassano a récemment été victime d’un AVC. Une opération plus tard, l’attaquant italien du Milan AC est comme neuf et prépare son come-back. Avant son accident et malgré un talent fou, Cassano traînait des kilos en trop et une réputation de joueur ingérable.

Cassano est un mauvais garçon. Il a quitté la Sampdoria, son ancien club, après avoir insulté son président de « vieux de merde ». Mais il sait aussi plaisanter, même de son poids :

Cassano se moque de son poids dans un spot télévisé
9

Mehdi Ben Slimane, la boule

Mehdi Ben Slimane a joué une saison à Marseille en 96-97. L’attaquant tunisien n’a planté aucun but.

Ben Slimane est vraiment enveloppé. Il participe avec la Tunisie à la Coupe du monde 1998. Contre la Roumanie, il se blesse. C’est le gardien roumain, Bogdan Stelea, qui vient à son secours. En l’absence de civière, il le porte. Chapeau. Vraiment.

10

Adriano, le gâchis

Une frappe phénoménale, un sens du but extraordinaire et une puissance surhumaine. Un gros gâchis.

A seulement 29 ans, le Brésilien, que les Italiens surnomment « l’Empereur » après ses passages à l’Inter, Parme et Rome, est perdu pour le football.

Son truc, c’est la fête, dans l’excès. Pour Adriano, le foot n’est pas une priorité. Il joue désormais au Brésil (aux Corinthians) et arbore un physique de vétéran. Pour le plaisir, quelques uns de ses plus beaux exploits ici.

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  • Sebek
    Sebek
    Assis debout
    • Posté à 15h58 le 29/12/2011
    • Internaute 148937
      Assis debout

    Ces « gros » jouent aussi sur leur physique. Il ne s’agit pas d’obèses à proprement parler. Prenons les cas d’Adriano ou Ronaldo, ce sont des joueurs très forts techniquement mais qui peuvent aussi transpercer des défenses, « en force ». Je les ai vu « en vrai » à l’oeuvre. Maradona également était un joueur très rapide. Ils ont pris du poids sur la fin, aussi ... même s’ils n’ont jamais été filiformes.

    Et ils sont loin d’être lents. Ils ont simplement une force musculaire telle qu’ils peuvent soutenir sans problème quelques kilogrammes en trop.

    Mais même s’ils peuvent jouer à un haut niveau avec un peu de poids, rien n’égalera jamais une hygiène corporelle irréprochable. Des types comme Maldini ou Giggs cavalaient (ou cavalent) encore à 40 ans passés parce qu’ils ont toujours sacrifié les beuveries et autres soirées, au profit de l’entraînement suivi du repos.

    PS : je vois d’ici venir les commentaires sur le dopage. Certes, ils sont tous logés à la même enseigne et prennent tous des « petits » remontants. Mais avec une vraie hygiène de vie, on optimise encore plus cette capacité à jouer au haut niveau et longtemps.

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 17h01 le 29/12/2011
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    Louis Nicollin dit Lolo avant centre Montpelliérain

  • les bulles
    les bulles
    avocat
    • Posté à 17h21 le 29/12/2011
    • Expert 150814
      avocat

    Tous les fans de Nancy et du PSG se rappellent de jean-Michel Moutier, gardien « enrobé » mais qui n’était pas mauvais.