ça mousse ? 26/12/2011 à 17h36

La bière après le sport, ça aide à récupérer. Légende ?

Renée Greusard | Journaliste Rue89


Mark van Bommel du Bayern de Munich verse de la bière sur son coach Louis van Gaal, le 8 mai 2010 (Thomas Peter/Reuters)

Léa est danseuse contemporaine. Il y a quelque temps, quand sa compagnie enchaînait les spectacles et les tournées, on lui conseillait « à moitié en déconnant, à moitié sérieusement » de boire de la bière après l’effort.

Cela peut sembler étrange mais la jeune femme de 26 ans explique :

« On nous disait que c’était bien pour détendre les muscles. Dès qu’on fait des efforts, on brise des fibres à l’intérieur des muscles et il semblerait que la bière contienne une enzyme qui aide à leur reconstruction. »

La légende d’Emil Zatopek

Jean-Jacques Menuet, médecin du sport, n’a jamais entendu parler de ce bienfait. Il y a deux ans, il avait consacré une note de blog à ce sujet. Joint au téléphone, il explique :

« Dans le sport de haut niveau, la question de la bière après l’effort est posée de manière récurrente. »

Est-ce que les sportifs ont tout intérêt à s’en jeter une après un match ? Est-ce que ça aide à la récupération ? La mousse dans le sport, c’est un mythe.

Beaucoup racontent, par exemple, une légende difficile à vérifier et qui circule sur le net. On dit qu’Emil Zatopek, fameux coureur tchécoslovaque des années 50, buvait du précieux liquide mousseux carrément pendant ses compétitions. Justement pour les raisons évoquées plus haut.

Personne ne niera que la bière contient quelques bonnes petites choses pour l’organisme. Elle est notamment « riche en vitamine B6 et B12 et contient quelques minéraux du magnésium », comme l’explique Jean-Jacques Menuet dans sa note de blog.

« C’est mieux qu’un sandwich aux rillettes »

Mais le médecin nuance :

« La bière, ça reste de l’alcool. Une fois consommée, elle se transforme en chaleur. En plus, on va uriner et ça déshydrate... Une bière, c’est mieux qu’un sandwich aux rillettes, mais ce n’est certainement pas une bonne boisson de récupération. »

Ça assèche complètement la bière ? Certains contestent ce point. En Espagne, un chercheur a mené une étude sur sa capacité à nous réhydrater après un effort.

Il a demandé à un groupe d’étudiants de faire des exercices physiques dans une pièce de 40°, puis il a donné à la moitié d’entre eux une pinte de bière et à l’autre la même quantité d’eau.

Il a ensuite organisé une conférence de presse pour communiquer les résultats : l’hydratation chez ceux qui avaient consommé de la bière était « un peu meilleure ».

Le professeur a aussi défendu la mousse, arguant que ses bulles aidaient à étancher la soif, tandis que les glucides qu’elle contient pouvaient aider à remplacer les calories perdues.

Une légende qui plaît aux chercheurs

Si cette étude a ravi les brasseurs, certains spécialistes, comme Dave Munger, ont, eux, exprimé leurs doutes sur ce travail. Ce journaliste scientifique américain s’étonne dans une note de blog que le chercheur espagnol ait fait une conférence de presse pour annoncer ses résultats, mais qu’on ne trouve aucune trace de son travail dans aucun magazine scientifique.

Pour lui, cela signifie qu’a priori, son étude n’a pas été validée par ses confères.

Le soupçon de complaisance commerciale n’est pas loin. Surtout, l’existence de cette théorie prouve à quel point on est attaché à la bière après la sport.

Et la bière non alcoolisée ? Elle convainc plus : des chercheurs de l’université technique de Munich ont démontré ses effets positifs dans une étude publiée dans le Medicine & Science in Sports & Exercise.

Vive la bière non alcoolisée

Ils en ont fait boire à un premier groupe de marathoniens, tandis qu’ils ont servi un breuvage placebo au même goût pendant deux semaines à l’autre moitié du groupe. Résultat ?

Les hommes biberonnés à la bière sans alcool étaient moins malades que les autres, la fréquence des accidents respiratoires était 3,25 fois moins grande, et les chercheurs ont constaté moins d’inflammation chez eux.

Ne jetons pas la bière alcoolisée avec l’eau du bain du bébé : elle a un dernier avantage non quantifiable, mais tout à fait charmant. Elle est conviviale et ça peut aider aussi les sportifs à se détendre après un match. Jean-Jacques Menuet :

« A condition, qu’elle soit la dernière de la journée et qu’il n’y ait pas un match derrière, les sportifs peuvent boire une petite bière. C’est un élément de partage et psychologiquement, la bière permet de se détendre.

Ok pour une bière, mais une seulement, et pas à plus de 5°. »

Aller plus loin
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  • merle-moqueur
    merle-moqueur
    GRRRRRRRRRRRR (...)
    • Posté à 18h05 le 26/12/2011
    • Internaute 17922
      GRRRRRRRRRRRR (...)

    « 

  • soutenable lourdeur du néant
    • Posté à 19h05 le 26/12/2011
    • Internaute 134590

    Quand je faisais beaucoup de sport, notre entraîneur nous obligeait à boire un demi après chaque journée de compétition, durant des événements de plusieurs jours, alors qu’on avait 14 à 16 ans.

    Ça et de l’aspirine, ça fait des mirâcles. Parce que la bière est un liquide, et ré-hydrate, mais aussi parce qu’elle est pleine de céréales et de sucres plus ou moins complexes (bonne récupération). L’aspirine fluidifiant le sang, le duo est gagnant.
    Un petit footing très lent d’une 20 aines de minutes, une heure d’étirements, une binouze, un aspro et le lendemain, on est « comme neuf ».

    Est-il utile de rappeler qu’on préfèrera une pilsner légère à une bière d’abbaye, pour des raisons évidentes... et aussi qu’on se limite à UNE bière, l’efficacité de la récup n’augmentant malheureusement pas avec la quantité de broue ingurgitée...

  • A déménagé le 24-12-2012
    • Posté à 19h16 le 26/12/2011
    • Internaute 154051
      non connue

    J’ai connu le cas d’un footballeur professionnel au début des années 90 évoluant à Bordeaux en 1ère division (l’ancêtre de la ligue 1) qui avait fait inscrire dans les terme de son contrat qu’il pouvait boire une bière après chaque entraînement. Selon ses dires, cela favorisait l’élimination des toxines notamment par le faite que cela faisait uriner d’avantage.

    Avec le recul, il faut dire que les sportifs et leur entourage étaient obnubilés par « l’acidité » produite par l’effort et dont ils devaient se débarrasser le plus vite possible.
    Aujourd’hui, nous savons que l’acide lactique ne joue aucun rôle dans la fatigue musculaire (ex : courbatures) et qu’il disparait de l’organisme très peu de temps après l’effort. On s’intéresse beaucoup plus à l’amonium comme marqueur de fatigue après l’effort.

    Tant qu’il n’y aura pas une étude sérieuse à grande échelle et indépendante, on oscillera toujours entre le placebo et les éventuels bienfaits.

  • A déménagé le 25.04.2013
    • Posté à 21h00 le 26/12/2011
    • Internaute 150693

    « La bière après le sport, ça aide à récupérer. »

    Je suis heureux d’apprendre que je croise au quotidien tant de sportifs de haut niveau.

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