tribune 04/05/2012 à 13h14

Apprendre « le beau et le laid » à l’école : 500 ans d’histoire niés

François Corbisier | Etudiant en philo

Je m’appelle François Corbisier, je suis né le 8 février 1991 à Quimperlé dans le Finistère, fils de crêpiers, je suis citoyen français, breton et parisien de cœur. Je rédige aujourd’hui cette tribune après avoir entendu mardi soir le discours de Nicolas Sarkozy au Trocadéro. J’ai été bouleversé par un malaise comme j’en avais rarement connu auparavant.

« Je veux une école où l’on apprendra à nos enfants à tracer la frontière entre le bien et le mal, entre ce qui se fait et ce qui ne se fait pas, entre la vérité et le mensonge, entre le beau et le laid : une école qui leur inculquera le goût de l’effort. »

Loin de moi l’idée de critiquer la personne de Sarkozy ou de m’inscrire dans le débat de la présidentielle. Je ne m’intéresse qu’à des voix et des fonctions, je ne m’élève jamais contre ou pour quelqu’un mais toujours contre ou pour une idée ou un acte.

La négation de plus de 550 ans d’histoire

Alors qu’il y a-t-il derrière cette phrase ? Purement et simplement la négation de plus de 550 ans d’histoire depuis l’invention de l’imprimerie et la découverte de l’Amérique, ce lien si longtemps recherché et enfin établit entre l’Orient et l’Occident.

Ces dates marquent le début du long apprentissage de la différence et de l’altérité pour les Européens qui, tout au long du Moyen-Age, s’étaient enfermés dans l’âge sombre et cyclique de la scolastique aristotélicienne, prônant la répétition du même et la beauté divine de la mimèsis. La culture européenne s’est alors construite dans un retour à l’Antiquité accompagné par l’abandon des certitudes et de l’idéologie du même pour investir le terrain flou de l’incertitude et de l’altérité.

Depuis Erasme et son Eloge de la folie, en passant par le doute cartésien jusqu’à la critique transcendantale de Kant et la phénoménologie de Husserl, toutes ces immenses cathédrales de notre culture philosophique ont pour terreau le doute, la question, la relativité des choses humaines et de l’accès direct et positif à la connaissance et au réel.

Comme si le laid ne pouvait être le moteur du beau

Dire qu’il faut apprendre aux enfants à tracer des frontières entre le bien et le mal, le vérité et le mensonge ou pire, le beau et le laid ; c’est proclamer le retour à peine voilé d’une éducation théologique.

Comme si quelqu’un pouvait un jour affirmer quelque chose de définitif sur la vérité, le beau ou le bien, un jour sans avoir à y revenir le lendemain ; comme si le bien et le mal n’étaient pas enchevêtrés et liés l’un à l’autre depuis le péché originel ;

Comme si le laid ne pouvait être moteur de la sensation du beau ; comme si les mythes et les fictions n’avaient pas de conséquences réelles ; comme si Baudelaire n’avait pas sublimé la charogne ;

Comme si Céline n’avait pas été à la fois un antisémite et probablement le plus grand écrivain du XXe siècle ;

Comme si présenter des certitudes à nos enfants en leur apprenant à tracer comme on marquait au fer rouge des esclaves la frontière entre ce qui est humain et ce qui ne l’est pas avait un sens ; ce qu’il y a d’inhumain dans l’homme n’est-il pas après tout ce qu’il a de plus profondément humain ?

Ce propos détruit la pensée esthétique

Un tel propos détruit la pensée esthétique dans sa totalité, elle qui avec Baumgarten puis Kant et Hegel avait compris qu’une pensée sur l’art était avant tout une pensée sur la sensation de la beauté plutôt qu’une catégorisation entre ce qui est beau et ce qui ne l’est pas ;

Et détruire l’esthétique c’est détruire toute la pensée moderne et les épistémologies qu’elle a mis en place, rendant possible les progrès de la science dont on oublie parfois qu’elle est d’abord question et spéculation, manipulation et rencontre, avant d’être affirmation et certitude, encloisonnement et construction.


Estampe de Michel de Montaigne ornant « Les Essais » de 1608 (Wikimedia Commons/CC)

Plutôt que de parler de Victor Hugo ou de Charles Péguy qui étaient encore trop en avance pour que nos pauvres esprits puissent les comprendre aujourd’hui, peut-être que nos représentants devraient-ils revenir aux racines de la modernité que sont Les Essais de Montaigne et cette invitation au voyage que constitue le texte « De l’institution des enfants ».

Il n’a jamais été autant d’actualité « dans ce monde où tout change », d’intégrer l’altérité et la différence dans le devenir d’une nation est devenue fatale et plus seulement l’idéal d’un aristocrate bordelais illuminé et sceptique perdu au fin fond du XVIe siècle.

Ces frontières que nous héritons

Je vous écris ces mots d’Italie où je suis en plein voyage en auto-stop. Je peux vous dire que je ne me suis jamais autant senti français qu’aujourd’hui, je ne n’ai jamais eu autant l’impression d’être à Paris qu’en ce moment que je passe au bord de l’Adriatique. Parce que j’aime ma nation et que je ne cesserai jamais de me battre pour elle, j’irai toujours chercher à la faire devenir hors de ces frontières qui ne sont qu’instinct de conservation repli sur soi et peur de la différence.

Voir le document

(Fichier PDF)

Pas des frontières, des histoires et des possibles qui s’écrivent et se dessinent dans les voyages de cartes en cartes, de territoires en territoires. Les frontières sont ce dont nous héritons, elles contiennent des secrets dont il nous faut chercher à raconter les multiples histoires, parce qu’il y a plus d’une histoire à raconter.

Pour cela tracer une frontière ne suffira jamais, justement car un tel acte est un acte de suffisance. Chaque tracé de frontière de la main d’un homme est un génocide en puissance. Parce qu’une frontière n’est pas quelque chose que l’on trace, mais quelque chose que l’on respecte.

  • 20764 visites
  • 82 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or Inscription
  • KayOo
    KayOo
    dans la Forêt Vierge.
    • Posté à 15h32 le 04/05/2012
    • Internaute 121002
      dans la Forêt Vierge.

    ahah je savais que c’étéait un bébé philo !
    p’tet que je devrais faire une appli moi aussi..

  • Yann.dlb
    Yann.dlb
    Point de vue
    • Posté à 15h39 le 04/05/2012
    • Internaute 183698
      Point de vue

    Et même (promis, après j’arrête : p), les philosophes que vous citez (Descartes, Kant et Hegel), ne sont pas franchement des modèles d’ouverture à l’altérité, mais plutôt dans la volonté d’intégration de l’autre, de le ramener au même, c’est à dire finalement de le nier. La recherche de l’autre se situe plus (à mon sens), chez Nietzsche ou Lévinas, qui ne sont pas vraiment parmi les hérauts de « La Pensée Occidentale »...

  • Fondriest
    • Posté à 15h40 le 04/05/2012
    • Internaute 49865

    « La culture européenne c’est alors construite’ (...) “Ces frontières que nous héritons”

    ==> Ceci est tres laid.

    • François Corbisier
      François Corbisier répond à Fondriest
      Auteur(e) de l'article Etudiant en philo
      • Posté à 16h07 le 04/05/2012
      • Internaute 186561
        Etudiant en philo

      Faute de frappe en effet pour le ’s’. Pour le « que nous héritons » je n’en suis pas l’auteur, il s’agit des sous titres ajoutés par la rédaction, j’écris bien juste en dessous : « Les frontières sont ce dont nous héritons »

  • Jack SAUVAGE
    Jack SAUVAGE
    en pyjama
    • Posté à 15h56 le 04/05/2012
    • Internaute 186578
      en pyjama

    Je partage également ton malaise devant de telles déclarations. L’idée même de renforcer une vision binaire et bien trop naïve de la réalité me semble abjecte à notre époque. Déclarations dangereuses car elles sont vecteurs d’une pensée unique et rigide.. ! ( ?) Cultiver l’originalité chez chacun est une nécessité ; voir les faits de façon plus structurelle, plus entrelacées, plus complexes sans s’attacher a un critère unique, voilà comment on peut faire face aux grandes difficultés de notre temps.
    Merci d’avoir souligné ce problème,
    En attendant d’autre écrits de ta part...

  • FDCraie
    FDCraie
    Censuré.
    • Posté à 16h12 le 04/05/2012
    • Internaute 121689
      Censuré.

    Oui enfin sans vouloir martyriser les mouches la notion d’apprentissage du bien et du mal, du beau et du laid c’est tout de même l’essence de nos apprentissages dans tous les domaines et depuis belle lurette (ne mets pas tes doigts dans ton nez, ne fait pas pipi sur le tapis etc...).

    Il y’a des valeurs communes qui sont admises (tout en étant discutables ce n’est pas le problème) et qu’il est parfois bon de rappeler. Par exemple « on ne frappe pas sur son petit camarade pour faire une vidéo sur youtube ».

    Ce genre de citation creuse ne mérite à mon sens pas tant d’analyse. Du moins pas tant que 20% des gamins sortiront de l’école sans savoir ni lire ni écrire...

  • Comptoir 2.0
    Comptoir 2.0
    Perplexe
    • Posté à 16h28 le 04/05/2012
    • Internaute 158279
      Perplexe

    Lorsque vous faites vous-même usage de votre connaissance de la philosophie et des auteurs - qui vous vient en partie de l’école, je suppose, afin de distinguer le vrai et le bien d’un truisme politique insignifiant et tronqué à dessein de flatter l’électeur, n’avez-vous jamais le sentiment de vous tirer une balle dans le pied ?

    • François Corbisier
      François Corbisier répond à Comptoir 2.0
      Auteur(e) de l'article Etudiant en philo
      • Posté à 16h44 le 04/05/2012
      • Internaute 186561
        Etudiant en philo

      Disons que si l’on prend votre position toute tentative de discours en revient à se tirer une balle dans le pied : il y a toujours un écart entre ce que l’on dit et ce que l’on cherche à dire. Je vous renvoie à la version longue de mon texte pour quelque chose de plus élaboré et de plus nuancé. Version longue

      • Comptoir 2.0
        Comptoir 2.0 répond à François Corbisier
        Perplexe
        • Posté à 18h32 le 04/05/2012
        • Internaute 158279
          Perplexe

        Le discours est voué à la contradiction, pas à l’échec.
        Et si l’on s’en tient à ma position, en version courte comme en version longue et quels que soient les grands maîtres qu’on convoque, on a beau dire, on a beau faire, à la fin, la pluie, ça mouille. Ce n’est tout de même pas à un Breton que je vais l’apprendre.

  • A déménagé en novembre 2012
    • Posté à 17h04 le 04/05/2012
    • Internaute 60079

    Le Laid en grandeur nature ! (critique de l’époque)

    On a déjà répondu à la question du bien et du mal, de la beauté et de la laideur, il y a un siècle.
    « Il n’y a pas de Vérité en art. Celui qui dit le contraire est un menteur... Et ce n’est pas beau de mentir. »
    (Érik Satie)

  • Joyce E.
    Joyce E.
    (étudiant)
    • Posté à 16h54 le 04/05/2012
    • Internaute 113023
      (étudiant)

    Bonjour,
    Je ne suis pas tout à fait d’accord avec vous sur plusieurs points :

    1) ERREUR DE CATEGORIE : M. Sarkozy ne s’adressait pas à une assemblée de philosophes, mais de citoyens, lesquels sont des membres de la société française. Vouloir analyser des propos à l’aune de la philosophie, c’est bien. Encore faut-il que ce soit pertinent. Vous voudriez peut-être qu’il affirme que l’école sert à douter, à rejeter toute idée de valeur car elle est philosophiquement fausse, afin de satisfaire les conventions philosophiques, au risque d’égarer les citoyens dans des cheminements qui les dépassent et qui ne les intéressent pas ? C’est un discours politique, non philosophie. Il est donc normal qu’il s’affranchisse de la tradition philosophique.

    2) DE L’ANARCHIE : les distinctions conceptuelles sont nécessaires à notre société (celle-là même à laquelle M. Sarkozy s’adressait). Aucun philosophe n’affirmera qu’il faut fonder sa vie réelle sur le doute : la nécessité de certitudes, temporaires ou de faible importance, est indubitable. Seul le philosophe (un fragment infime de la population) vit dans le doute. En effet, la vie de tous les jours des citoyens ne repose pas sur une tradition philosophique (qui, par ailleurs, ne commence pas après le Moyen-Âge !). Une société qui n’opère pas de distinctions entre le laid et le moche (malheureusement...), le juste et l’injuste, le bon et la mal, c’est une société vouée à l’anarchie. Or l’école est le meilleur moyen d’enrayer une telle marche vers l’anarchie. A moins que vous ne désiriez qu’un enfant de 12 ans ne sache pas qu’il est laid de tuer ? Pour ceux qui le souhaitent, en continuant les études au lycée, puis dans le supérieur, on peut préciser, affiner, tous ces termes, et s’affranchir de la doxa.

    NB : de telles distinctions, contrairement à ce qui peut être lu par-ci par-là, n’est pas l’apanage de la Droite. La Gauche ne repose-t-elle pas sur une volonté d’établir la justice entre les hommes ? Or la justice, c’est une distinction non évidente, comme le laid et le beau.

    3) DU MYTHE MOYEN-AGEUX : Le Moyen-Âge n’est définitivement pas ce que vous affirmez... La scolastique a servi de ferment aux réflexions ultérieures. C’est au Moyen-Âge qu’on a redécouvert les textes antiques. C’est au Moyen-Âge qu’on a redéveloppé, en grande partie, une médiation avec l’Orient. Bref, le mythe de l’âge sombre est... un mythe. Désolé que vous vous y fourvoyiez.

    4) Pour conclure (quoique je puisse dire beaucoup d’autres choses à propos de votre article, mais restons pédagogique et donc, concis) : LE SERPENT QUI SE MORD LA QUEUE. (Le serpent, c’est vous). Oui. Car vous désirez témoigner des erreurs de M. Sarkozy en commettant les mêmes erreurs. En effet, vous récusez l’idée d’une distinction évidente entre le laid et le beau, le bien et le mal. Or vous même jugez les propos de M. Sarkozy. Qu’est-ce que juger, sinon mettre en balance quelque chose selon le bien et le mal, le laid et le beau ? Vous récusez l’idée de distinctions évidentes ou d’une balance à deux plateaux sans juste milieu ? Soit. Mais à ce titre, vous ne pouvez pas placer M. Sarkozy sur l’un ou l’autre de ces plateaux. Ce serait un contre sens. Alors, difficile de juger sans critères pour juger non ? Ce serait la porte ouverte à... rien. Sinon l’anarchie. Je ne connais guère de candidat pronant l’anarchie sociale (au sens le plus strict du terme, an-archos).

    5) Et caetera

  • Joyce E.
    Joyce E.
    (étudiant)
    • Posté à 16h54 le 04/05/2012
    • Internaute 113023
      (étudiant)

    Bonjour,
    Je ne suis pas tout à fait d’accord avec vous sur plusieurs points :

    1) ERREUR DE CATEGORIE : M. Sarkozy ne s’adressait pas à une assemblée de philosophes, mais de citoyens, lesquels sont des membres de la société française. Vouloir analyser des propos à l’aune de la philosophie, c’est bien. Encore faut-il que ce soit pertinent. Vous voudriez peut-être qu’il affirme que l’école sert à douter, à rejeter toute idée de valeur car elle est philosophiquement fausse, afin de satisfaire les conventions philosophiques, au risque d’égarer les citoyens dans des cheminements qui les dépassent et qui ne les intéressent pas ? C’est un discours politique, non philosophie. Il est donc normal qu’il s’affranchisse de la tradition philosophique.

    2) DE L’ANARCHIE : les distinctions conceptuelles sont nécessaires à notre société (celle-là même à laquelle M. Sarkozy s’adressait). Aucun philosophe n’affirmera qu’il faut fonder sa vie réelle sur le doute : la nécessité de certitudes, temporaires ou de faible importance, est indubitable. Seul le philosophe (un fragment infime de la population) vit dans le doute. En effet, la vie de tous les jours des citoyens ne repose pas sur une tradition philosophique (qui, par ailleurs, ne commence pas après le Moyen-Âge !). Une société qui n’opère pas de distinctions entre le laid et le moche (malheureusement...), le juste et l’injuste, le bon et la mal, c’est une société vouée à l’anarchie. Or l’école est le meilleur moyen d’enrayer une telle marche vers l’anarchie. A moins que vous ne désiriez qu’un enfant de 12 ans ne sache pas qu’il est laid de tuer ? Pour ceux qui le souhaitent, en continuant les études au lycée, puis dans le supérieur, on peut préciser, affiner, tous ces termes, et s’affranchir de la doxa.

    NB : de telles distinctions, contrairement à ce qui peut être lu par-ci par-là, n’est pas l’apanage de la Droite. La Gauche ne repose-t-elle pas sur une volonté d’établir la justice entre les hommes ? Or la justice, c’est une distinction non évidente, comme le laid et le beau.

    3) DU MYTHE MOYEN-AGEUX : Le Moyen-Âge n’est définitivement pas ce que vous affirmez... La scolastique a servi de ferment aux réflexions ultérieures. C’est au Moyen-Âge qu’on a redécouvert les textes antiques. C’est au Moyen-Âge qu’on a redéveloppé, en grande partie, une médiation avec l’Orient. Bref, le mythe de l’âge sombre est... un mythe. Désolé que vous vous y fourvoyiez.

    4) Pour conclure (quoique je puisse dire beaucoup d’autres choses à propos de votre article, mais restons pédagogique et donc, concis) : LE SERPENT QUI SE MORD LA QUEUE. (Le serpent, c’est vous). Oui. Car vous désirez témoigner des erreurs de M. Sarkozy en commettant les mêmes erreurs. En effet, vous récusez l’idée d’une distinction évidente entre le laid et le beau, le bien et le mal. Or vous même jugez les propos de M. Sarkozy. Qu’est-ce que juger, sinon mettre en balance quelque chose selon le bien et le mal, le laid et le beau ? Vous récusez l’idée de distinctions évidentes ou d’une balance à deux plateaux sans juste milieu ? Soit. Mais à ce titre, vous ne pouvez pas placer M. Sarkozy sur l’un ou l’autre de ces plateaux. Ce serait un contre sens. Alors, difficile de juger sans critères pour juger non ? Ce serait la porte ouverte à... rien. Sinon l’anarchie. Je ne connais guère de candidat pronant l’anarchie sociale (au sens le plus strict du terme, an-archos).

    5) Et caetera

    • sylvain24
      sylvain24 répond à Joyce E.
      • Posté à 19h08 le 04/05/2012
      • Internaute 33981

      Excusez moi, mais pour ce qui est du debut de votre poste, la politique est fondamentalement une des parties de la philosophie. De la philosophie pratique. Les propos politiques se discutent toujours a l’aune de la philosophie (qui nous entoure, toute position est philosophique). Il aurait pu aussi tout a fait dire que l’ecole est aussi fait pour creer un esprit critique - ce qui est le but de l’ecole - mais il a prefere parler de l’idee qu’il fallait dire ou est le bien, ou est le mal, ou est le beau, ou est le laid.

      Plus loin vous dites qu’il est laid de tuer. Alors bon, si on parle de domaines conceptuels, vous melangez le bien et le beau (Platon faisait la meme, mais a sa decharge c’etait un autre temps), ca se discute, ce n’est pas mon dada. Clairement il est mal de tuer. Quoique, des cet instant, on peut poser un ensemble de nuances vu qu’il y a le cas de legitime defense, il y a l’etat de guerre. Mais je comprends bien que ce genre de nuances soit un peu ardu a explique a un enfant. Non ce qui m’interesse plus est l’idee selon laquelle l’ecole (et meme la societe en general) ne pratiquerait pas cette distinction. Or elle la pratique. Il existe la justice dans la societe et il existe au sein de l’ecole ce qu’on appelle l’instruction civique (et qui apparemment a ete remplace par des lecons de morale). Pourquoi au lieu de parler de bien et de mal, ne parle-t-il pas de l’apprentissage des valeurs republicaines et humanistes (qui englobe cette question du bien et du mal) - formule qui aurait occasionne beaucoup moins de remous ?
      Quel est l’interet de sous entendre donc que l’ecole n’apprend pas cela (et je ne parle que du bien et du mal, la question du beau et du laid est plus complexe, et c’est surtout ce qui me gene dans les propos de Nicolas Sarkozy) et surtout de dire cela alors que l’on diminue le nombre des professeurs de maniere drastique ?

      Ce qui m’ennuie en ce qui me concerne, c’est que le clivage bien/mal, de meme que le retour des lecons de morale, me semble surtout cacher le desir d’imposer a des gamins tout un ensemble d’idees qui vont bien au dela du simple « ma liberte s’arrete la ou commence celle des autres » ou de « tuer est un acte mauvais », tout un ensemble d’idees comme « respecte ton superieur » et « souffre en silence ». Quand on me parle de morale, je pense justement aux temps ou l’Eglise se servait de la religion et de la morale religieuse pour que le peuple vive dans la crainte et se laisse ecraser par les rois. Cela peut etre parce que pour moi Sarkozy represente la tyrannie des patrons, du pouvoir et de l’argent... (et surtout je pense que quand on parle de bien et de mal, on devrait vraiment commencer par se remettre en question... de maniere a certes ne pas etre irreprochable mais au moins etre pret a reconnaitre ses erreurs et magouilles et les regretter).
      Cordialement (j’espere ne pas avoir trop donne dans le globi boulga)

      • Joyce E.
        Joyce E. répond à sylvain24
        (étudiant)
        • Posté à 00h03 le 05/05/2012
        • Internaute 113023
          (étudiant)

        Bonsoir,

        1) J’entends bien que la politique procède régulièrement de la philosophie. C’est d’ailleurs la philosophie politique qui m’intéresse le plus. Par ailleurs, je regrette que le milieu politique ne soit pas plus investi, à l’heure actuelle, par les intellectuels (si l’on consent à excepter BHL. Grandeur et décadence...). Cependant je doute que les quelques 200.000 auditeurs de M. Sarkozy (à en croire les chiffres) fussent particulièrement enclins à méditer philo.
        2) Pour créer un esprit critique, il faut : identifier les objets de la critique ; avoir des bases solides pour nourrir la critique ; etc. Outre le fait que beaucoup de personnes n’aient cure de l’esprit critique, préférant se contenter de suivre la doxa (nous sommes toujours les moutons de Qu’est-ce que les Lumières après tout). C’est à l’école de fournir l’appareil critique, mais aussi les bases de la critique, parmi lesquelles la doxa du laid, du beau, du bien, du mal, etc.
        3) Pour le laid et le beau, vous-même admettez que les définitions souffrent de nombreuses exceptions. Certains trouvent de la beauté à tuer. Passons. Il est difficile de se prononcer dans certains cas comme vous l’avez montré. Si ce n’est pas mal de se défendre, est-ce bien pour autant de tuer pour sauvegarder sa vie ? Assurément ce n’est pas beau, mais laid, quoique peut-être nécessaire. Bref, ces catégories ne sont pas si catégoriques. La nuance est constamment de rigueur. Mais pour nuancer, encore faut-il connaître les deux termes ; pour déplacer un curseur entre deux pôles, il faut identifier les deux pôles.
        4) « l’idee selon laquelle l’ecole (et meme la societe en general) ne pratiquerait pas cette distinction ». J’avoue ne pas très bien saisir cette partie de votre propos. Je pense que l’école et la société le font – et cela ne tient pas qu’à ces cours d’instruction civique. Tous les cours et toutes les expériences scolaires, et extérieures, contribuent à forger les valeurs des hommes. Bref.
        Si vous promouvez « l’apprentissage des valeurs républicaines et humanistes », c’est que vous les considérez plus ou moins bonnes. N’est-ce pas ? À moins de vouloir professer le mal aux enfants. Aussi les mots diffèrent, mais le principe est le même : l’instruction d’un « ça (l’humanisme, la République) c’est bien » qui soutient en creux, nécessairement, que « ça (leurs contraires) c’est mal ». (Par ailleurs, Roland Barthes n’est pas un grand fan de l’humanisme, puisqu’il y voit, grossièrement parlant, un modèle unique qui justement prive l’homme de nuance et de liberté. Ce qui, dans un sens, est vrai).
        5) Enfin, au sujet de votre pénultième paragraphe (« Ce qui m’ennuie »), pour ma part je ne fonde pas mes raisonnements sur un « désir caché ». Soit, on peut lire entre les lignes. Mais guère plus. Aussi je ne distingue pas de théorie du complot dans une aussi brève citation de M. Sarkozy.
        Je suis cependant d’accord avec vous pour dire que toute idéologie est à bannir de l’école. Ce n’est pas possible néanmoins, chaque professeur (les orientations politiques des professeurs faisant l’objet d’un consensus, n’est-ce pas ?), chaque établissement, chaque académie ayant la sienne et la diffusant, plus ou moins consciemment, dans l’esprit des élèves. Toutefois je ne pense pas qu’un simple président de la République puisse imposer une idéologie dans les manuels scolaires, à moins de les rédiger tous. Et puis, on peut faire confiance aux élèves et aux citoyens pour éviter tous ces écueils.

        Non, ce n’est pas du globi boulga :)
        Vous de même

      • Joyce E.
        Joyce E. répond à sylvain24
        (étudiant)
        • Posté à 00h07 le 05/05/2012
        • Internaute 113023
          (étudiant)

        Bonsoir,

        1) J’entends bien que la politique procède régulièrement de la philosophie. C’est d’ailleurs la philosophie politique qui m’intéresse le plus. Par ailleurs, je regrette que le milieu politique ne soit pas plus investi, à l’heure actuelle, par les intellectuels (si l’on consent à excepter BHL. Grandeur et décadence...). Cependant je doute que les quelques 200.000 auditeurs de M. Sarkozy (à en croire les chiffres) fussent particulièrement enclins à méditer philo.
        2) Pour créer un esprit critique, il faut : identifier les objets de la critique ; avoir des bases solides pour nourrir la critique ; etc. Outre le fait que beaucoup de personnes n’aient cure de l’esprit critique, préférant se contenter de suivre la doxa (nous sommes toujours les moutons de Qu’est-ce que les Lumières après tout). C’est à l’école de fournir l’appareil critique, mais aussi les bases de la critique, parmi lesquelles la doxa du laid, du beau, du bien, du mal, etc.
        3) Pour le laid et le beau, vous-même admettez que les définitions souffrent de nombreuses exceptions. Certains trouvent de la beauté à tuer. Passons. Il est difficile de se prononcer dans certains cas comme vous l’avez montré. Si ce n’est pas mal de se défendre, est-ce bien pour autant de tuer pour sauvegarder sa vie ? Assurément ce n’est pas beau, mais laid, quoique peut-être nécessaire. Bref, ces catégories ne sont pas si catégoriques. La nuance est constamment de rigueur. Mais pour nuancer, encore faut-il connaître les deux termes ; pour déplacer un curseur entre deux pôles, il faut identifier les deux pôles.
        4) « l’idee selon laquelle l’ecole (et meme la societe en general) ne pratiquerait pas cette distinction ». J’avoue ne pas très bien saisir cette partie de votre propos. Je pense que l’école et la société le font – et cela ne tient pas qu’à ces cours d’instruction civique. Tous les cours et toutes les expériences scolaires, et extérieures, contribuent à forger les valeurs des hommes. Bref.
        Si vous promouvez « l’apprentissage des valeurs républicaines et humanistes », c’est que vous les considérez plus ou moins bonnes. N’est-ce pas ? À moins de vouloir professer le mal aux enfants. Aussi les mots diffèrent, mais le principe est le même : l’instruction d’un « ça (l’humanisme, la République) c’est bien » qui soutient en creux, nécessairement, que « ça (leurs contraires) c’est mal ». (Par ailleurs, Roland Barthes n’est pas un grand fan de l’humanisme, puisqu’il y voit, grossièrement parlant, un modèle unique qui justement prive l’homme de nuance et de liberté. Ce qui, dans un sens, est vrai).
        5) Enfin, au sujet de votre pénultième paragraphe (« Ce qui m’ennuie »), pour ma part je ne fonde pas mes raisonnements sur un « désir caché ». Soit, on peut lire entre les lignes. Mais guère plus. Aussi je ne distingue pas de théorie du complot dans une aussi brève citation de M. Sarkozy.
        Je suis cependant d’accord avec vous pour dire que toute idéologie est à bannir de l’école. Ce n’est pas possible néanmoins, chaque professeur (les orientations politiques des professeurs faisant l’objet d’un consensus, n’est-ce pas ?), chaque établissement, chaque académie ayant la sienne et la diffusant, plus ou moins consciemment, dans l’esprit des élèves. Toutefois je ne pense pas qu’un simple président de la République puisse imposer une idéologie dans les manuels scolaires, à moins de les rédiger tous. Et puis, on peut faire confiance aux élèves et aux citoyens pour éviter tous ces écueils.

        Non, ce n’est pas du globi boulga :)
        Vous de même

         
        • sylvain24
          sylvain24 répond à Joyce E.
          • Posté à 14h57 le 05/05/2012
          • Internaute 33981

          Je pense qu’on est globalement (plus que globalement meme) d’accord.
          A ce sujet :
          « “ l’idee selon laquelle l’ecole (et meme la societe en general) ne pratiquerait pas cette distinction ”. J’avoue ne pas très bien saisir cette partie de votre propos. “
          Ce que je voulais dire, c’est que parler d’une ecole qui enseignerait le bien et le mal comme devant advenir, c’est une idee selon laquelle ce ne serait pas le cas. Or je n’ai pas l’impression que l’ecole est jusqu’a present promue le crime au rang de bien. Mais c’est un des grands themes de la droite et de l’extreme droite comme quoi la societe serait dans une phase de decadence et qu’il faut revenir a la morale de nos grands-peres.

          Pour ce qui est du beau et du laid, c’est une question beaucoup plus complexe vu que je pense bien que ca concerne l’art (d’une maniere tres generale), or l’art de nos jours ne presente plus tout a fait la meme definition du beau qu’a l’age classique. Et l’education en ce qui concerne l’art doit surtout se focaliser sur l’histoire de l’art plus que sur l’etablissement d’un clivage ‘c’est beau/c’est laid’, d’autant plus que certains grands artistes bien que produisant des oeuvres belles d’un point de vue artistiques ne sont peut etre pas si belles que ca d’un point de vue esthetique (je pense a Bacon) et bien d’autres choses encore.

          En ce qui concerne la notion de valeurs humanistes et republicaines, ce que je pointais du doigt, c’est le fait que la formule ‘valeurs humanistes et republicaines’ n’auraient pas suscite tant de remous que ‘le beau, le bien’ qui sonne vieille France aux oreilles de tout le monde.

          Et oui, en ce qui me concerne, je pense qu’il faut lire entre les lignes, lier ce discours a un ensemble plus vaste. Mais honnetement, ce qu’il dit ne me choque pas tant que ca (sauf sur le point du beau et du laid). Par contre, je pense que le president (et son equipe) peut avoir un reel impact sur les manuels scolaires. En est la preuve le retour aux lecons de morale et meme l’espece de lever de bouclier a la simple idee de faire rentrer la mention du mot ‘genre’ dans des manuels (de biologie et il est vrai que - bien que grand amateur de la theorie du genre - je ne vois pas non plus trop l’interet de parler de genre en biologie...).

        1 autres commentaires
  • BMOcéane
    BMOcéane
    Etudiant
    • Posté à 16h57 le 04/05/2012
    • Internaute 154275
      Etudiant

    « L’âge sombre et cyclique de la scolastique aristotélicienne », ça en jette pas mal, surtout avec « scolastique », qui sonne bien vieux, sophistiqué et rabougri (comme dans « distinctions scolastiques », par exemple). L’adjectif « cyclique » fait lui aussi son petit effet : le Moyen-Âge n’aurait rien fait d’autre que commenter la doctrine aristotélicienne, et les philosophes médiévaux n’auraient donc fait que des psittacismes (c’est oublier, peut-être, qu’il y a « des veines d’or dans ces roches stériles » comme l’écrit Leibniz). Enfin, cet âge sans nom, comme intercalé entre l’Antiquité et l’époque Moderne, est évidemment « sombre » : le Moyen-Âge, qu’on se le dise, c’est une chandelle morte, c’est la nuit de la pensée jetée sur l’Occident pendant mille douloureuses années. Ce ne sont que moines potaches, docteurs ès scolastique et grammairiens fornicateurs de mouches à perte de vue. Tout cela posé, on peut alors introduire le concept de mimèsis, un mot grec qui claque lui aussi, et qui signifie grosso modo « imitation ». Qu’Aristote ait donné une définition rigoureuse, c’est-à-dire une définition philosophique, du concept de mimèsis, cela importe peu : ici, mimèsis est plutôt synonyme de copie (comme dans « arrête de copier sur moi »). Cependant, vous êtes suspect à votre tour de n’être au fond qu’un vulgaire répétiteur, de prendre Rabelais et Montaigne au mot, et de véhiculer des préjugés vieux de 550 ans. Il faudrait arrêter un jour de regarder le Moyen-Âge « comme un homme fait regarde un enfant » et le regarder, bien plutôt, « comme un enfant regarde son père » (Paul Valéry, Variétés III). Maître Eckhart rappelle à juste titre que le mot « humanitas » (dont le XVIe siècle fera ses choux gras) vient de « humus », la terre. De « humus » on dérive aussi le mot « humilité ». Ainsi, l’idée d’humanité est indissolublement liée à celle d’humilité. L’homme est humble, parce qu’étant un être créé, il ne tire pas son existence de son propre fonds, mais la tient à partir d’un autre. Et c’est un peu de cette humilité face au Moyen-Âge qu’il faudrait retrouver. Croyez-moi, en cet âge sombre qu’est le sarkozysme, cela a quelque chose de subversif.

    • Joyce E.
      Joyce E. répond à BMOcéane
      (étudiant)
      • Posté à 17h11 le 04/05/2012
      • Internaute 113023
        (étudiant)

      C’était très drôle. Merci

      • François Corbisier
        François Corbisier répond à Joyce E.
        Auteur(e) de l'article Etudiant en philo
        • Posté à 17h47 le 04/05/2012
        • Internaute 186561
          Etudiant en philo

        Je vais répondre à vos deux commentaires en une fois.

        Il est évident que j’ai commis l’erreur dans mon texte d’ajouter l’adjectif sombre au Moyen-Âge, loin de moi l’idée de considérer cette période comme une période inutile et redondante. Bien sur le Moyen Âge constitue le terreau de l’époque moderne, et bien sûr cette humilité fût nécessaire aux révolutions scientifiques et philosophiques de la modernité. Cet adjectif servait plutôt dans mon texte d’origine à faire ressortir le seuil, le passage, et non la rupture que la Renaissance a constitué. Gardé dans mon texte tronqué, il est évident que c’est le sens que vous critiquez à juste titre qui ressort de l’usage de cet adjectif. La modernité d’un Saint Augustin pour n’en citer qu’un, n’est plus à prouver.

        Dans mon texte je raconte une histoire, mais il y en a clairement plus d’une à raconter.

        Version originale

  • Aurelia Dreulma Tara Sol
    Aurelia Dreulma Tara Sol
    www.aurelia-dreulma-ecrivain.com
    • Posté à 17h33 le 04/05/2012
    • Internaute 122561
      www.aurelia-dreulma-ecrivain.com

    « ce qu’il y a d’inhumain dans l’homme n’est-il pas après tout ce qu’il a de plus profondément humain ? » : Cela me renvoie à une société qui rampe depuis des années dans le « glauque » en s’en satisfaisant à des tas de niveaux. Il y a un moment où l’on peut peut-être faire la différence entre ce qui nous fais du bien ou non, sans penser qu’à sa pomme... Et en construisant du bonheur. Il y en a marre du commerce de la peur, de la répression, des jeux de mots sadiques et même pervers de Sarkozy et sa bande... de leur négation de la réalité pour mentir toujours plus fort en faisant dérailler les mentalités. Non ?

    En psychologie cette phrase (« Je veux une école qui apprendra aux enfants la différence entre le bien et le mal, le beau et le laid. ») venant de Sarkozy, apporte un impacte qui inhibe l’émotionnel. C’est une forme de cécité émotionnel de Mr Sarkozy. Il déforme, pour faire croire que le drame et la douleur sont beaux voir agréable, et que le bonheur doit nous faire pleurer voir même souffrir. Sa manipulation n’a pas de limite. Il fiche en l’air le pays, l’éducation nationale et le sociale, et il ose se prétendre savoir ce qui est beau et laid ? Ses argumentations sont dangereuses, se rapprochant toujours plus des idées de Pétain. Pourtant je n’ai rien trouvé de beau dans la chasse faite en 39-45 aux juifs, gitans, noirs, etc.

    Cette phrase de Sarkozy : (« Je veux une école qui apprendra aux enfants la différence entre le bien et le mal, le beau et le laid. »), est complètement de la mesquinerie hypocrite ! Il se fout de notre gueule pour dire les choses clairement, avec ses propos de fanatique. Mais s’il s’en prend à présent encore à la gauche et mai 68, c’est que ce mouvement est certainement pour lui un adversaire si puissant, qu’il attaque, vexé de sa défaite, en s’amusant à créer la peur chez les gens, (comme il en a la coutume).

    (« Bigre, le beau et le laid, à l’école, remonter aux sources aristotélicienne de l’esthétique alors que le programme du Président-candidat pour l’école c’est d’abord des professeurs moins nombreux, mieux payés, capables d’enseigner plusieurs matières, recrutés directement par les chefs d’établissement et passant plus de temps dans des établissements plus libres. ») : comme le dit si bien ironiquement, l’article sur Rue89 Lien

    Il innove en catastrophe dans sa campagne électorale !
    Sarkozy c’est l’anticulture, un savoir vivre et parler, complètement fichu.
    Il est dégénéré et décadent !

    Oui j’aimerai vraiment que l’on enseigne l’histoire pour de vrai !
    L’humain est divisé dans les frontières de son coeur... Il n’existe pas d’autre frontière. Son coeur est un oiseau enfermé dans la cage de son mentale. Et pourtant, si tous les gens qui en ont marre de Sarkozy prenaient la parole, cela ferai un sacré ménage dans les coeurs !

  • Piotre26
    Piotre26
    Ex Fonctionnaire ville de (...)
    • Posté à 17h56 le 04/05/2012
    • Internaute 52959
      Ex Fonctionnaire ville de (...)

    Imposer des frontières c’est faire passer notre nation de libertaires à liberticides. Un état qui voudrait mettre ses citoyens dans des cases fermées, obligatoires et sans ouverture d’esprit basculerait très vite dans le terrorisme et la violence. Nous ne serions plus une démocratie, mais une nation fasciste et arbitraire. Qui peut dire où est le beau, le laid et où se trouve le pêché dans la société. Ce qui est interdit aujourd’hui, peut être libre demain avec l’évolution des idées et des mœurs. Sarkozy oublie - t - il qu’il y a encore peu d’année sa relation avec Carla n’aurait pas été accepté et aurait provoquer un scandale d’état. Un président divorcé aurait été inconcevable avant 1981. Devant la vague rose qui risque de l’emporter Sarkozy emplois les pires méthodes pour se maintenir au pouvoir en flattant le mauvais côtés des électeurs. La droite montre enfin sa véritable face hideuse et méprisable ; celle qui agresse les journalistes, triche, ment et danse avec les nervis de Marine Le Pen et n’a plus de limite dans les propos et les actes.

  • Atlantis
    Atlantis
    Etudiant apolitique
    • Posté à 18h07 le 04/05/2012
    • Internaute 39710
      Etudiant apolitique

    Je sais que je vais tenir un discours peut être un peu réac (et pourtant j’espère que ce n’est pas le cas), voire à coté de la plaque, tant qu’il est vrai que la philo n’est pas spécialement mon point fort.
    Mais sans partager le besoin d’absolu particulièrement manichéen du candidat (le bien, le beau vs. le mal et le moche), j’ai l’impression (peut être fausse, je reste ouvert à d’autres interprétations voire précisions de l’auteur) que votre texte tend vers l’excès inverse, c’est à dire le relativisme (à défaut d’autre mot), la remise en question constante, même si certaines « valeurs » ne peuvent pas l’être (je pense aux valeurs humanistes, de la République, ect...)
    Quoi qu’il en soit, un texte très intéressant.

  • carolus2
    carolus2
    retraité
    • Posté à 21h33 le 04/05/2012
    • Internaute 82451
      retraité

    Ah, comme on serait bien mieux et bien plus libres dans un camp de Corée du Nord !

  • pierrejcallard
    pierrejcallard
    http://www.nouvellesociete.org
    • Posté à 23h53 le 04/05/2012
    • Internaute 3366
      http://www.nouvellesociete.org

    Il est difficile de réfuter le relativisme sans référer à une transcendance... qui n’est jamais qu’un acte de foi. Soit, et j’en tire un infini respect de l’Autre. Mais attention ! Une appartenance ne peut découle que de l’adhésion à un/des consensus, et si chacun peut avoir sa propre vision du beau et du bien, toutes les visions du bien et du beau ne sont pas compatibles avec l’identité à laquelle on choisit de se rallier. On peut choisir, mais on ne peur nier qu’il y a un choix à faire.

    PJCA

  • brogilo
    • Posté à 00h32 le 05/05/2012
    • Internaute 164675

    Pas un mot sur Conrad Fiedler, je m’étonne.

  • aimable
    aimable
    plasticien
    • Posté à 07h27 le 05/05/2012
    • Internaute 70198
      plasticien

    Le lieu déjà ; Esplanade du Trocadéro - Pas très brillant historiquement en sachant que cette architecture monumentale née de l’expo universelle de 1937, fut lourdement marqué qq années + tard par le sceaux nazie.
    Comme par hasard cette architecture correspondait idéalement aux préceptes d’Hitler qui lui aussi fut un as de la définition du beau et du laid.
    Navré, mais lorsqu’on entend sarko ( j’évite le s majuscule à son encontre ) prôné de telles pseudo valeurs, je gerbe, croyant entendre l’homme à la mèche et petite moustache. Lui aussi imposa sa notion du beau et du laid, particulièrement dans le domaine des arts en général...pire il tenta même d’appliquer cette notion à une « nouvelle race “d’humain.
    Au secours
    Au passage compliment à l’auteur du post qui me semble être un sale petit gamin que le vieux con que je suis encourage dans ses propos engagés, et merde aux grincheux et autres vieilles barbes professeurs de savoir à vie qui me navrent par leurs commentaires .

  • totoh69
    totoh69
    Citoyen attentif
    • Posté à 23h57 le 05/05/2012
    • Internaute 28525
      Citoyen attentif

    Voilà ce que l’on recherche lorsqu’on lit la presse en général et Rue89 en particulier : une lecture qui fait grandir le lecteur, qui met en réflexion... qui humanise ! Hélas, il faut bien admettre que toute la presse ne vise pas cet objectif (N’est-ce pas « les cerveaux disponibles “ ?)

  • Ben Lenine
    Ben Lenine
    illustrateur graphiste
    • Posté à 12h34 le 06/05/2012
    • Internaute 159644
      illustrateur graphiste

    On l’oubliera vite ce Sarko.

  • MChris
    • Posté à 12h49 le 06/05/2012
    • Internaute 125126

    Analyser honnêtement les paroles du sieur Sarkozy ... Vous lui faites trop d’honneur. Sarkozy use d’une manipulation qu’on observe aussi bien aux EU, qu’en France. Il s’agit de submerger les gens sous un déluge de propos sur les valeurs, la religion, l’altérité, etc. Débat sans fin comme le montre ce fil.

    Pourquoi les pauvres votent à droite ?

    « Le titre d’origine est “ Qu’est-ce qui cloche avec le Kansas ? Comment les Conservateurs ont gagné le cœur de l’Amérique. ” Ceci pour dire que nous sommes en présence d’un fort volume qui dissèque les réflexes politiques, non pas des pauvres en général, mais uniquement de ceux du Kansas, dont l’auteur est originaire.

    Cela dit, dans sa préface, Halimi a eu pleinement raison d’élargir le débat et d’expliciter le vote de droite des pauvres en France. Selon le directeur du Monde Diplomatique (et Frank, bien sûr), le pilonnage que subit la classe ouvrière du monde entier, la guerre de classes enclenchée par l’hyperbourgeoisie mondiale depuis une trentaine d’années ont fait se réfugier le prolétariat, et une bonne partie des classes moyennes, vers un nouvel opium du peuple, celui d’un “ univers moral ” complètement fabriqué par la superstructure.

    Les questions socio-économiques ont été laissées en déshérence parce que, de Bush à Ségolène Royal en passant par Blair ou les jumeaux réactionnaires qui gouvernent la Pologne, les dirigeants ont eu “ l’habileté ”, explique Halimi, “ de mettre en avant leur conservatisme sur le terrain des valeurs. ”

    Pendant sa campagne électorale [de 2007], Sarkozy a fait oublier qu’il était le représentant et l’agent des forces d’exploitation et a rassuré en faisant appel à de prétendues valeurs fondamentales, à de prétendus comportements anciens. »

  • steinbeck
    steinbeck
    mécanicien en retraite
    • Posté à 12h53 le 06/05/2012
    • 185147
      mécanicien en retraite

    Mon cher Ami,es-ce-que tu pense que notre président -sortant sait de quoi il parle ? Il ne fait que lire un dicours qui lui à été donner,il n’est ni plus ni moins un espèce de manequin qui récite comme un magnétophone .Ses discours son creux,et ont aucun sens,car il y aurait beaucoup à dire,si nous devions détaillées entre les discours et les actes.

  • Sacha25
    • Posté à 00h45 le 08/05/2012
    • Internaute 24877

    Il est certain que les notions de bien et du mal qui nous viennent des religions judéo-islamo-chrétiennes sont sans valeur autre que religieuse (ne s’applique donc pas à l’humanité) et doivent être revues de fond en comble.
    Qu’attendiez-vous du chanoine de Latran ?

    • yoyopolo
      yoyopolo répond à Sacha25
      Retraité hospitalier
      • Posté à 02h13 le 08/05/2012
      • Internaute 127734
        Retraité hospitalier

      naboléon est un pervers narcissique renvoyé à lui-même :
      Lien

  • Aller à la page
  • 1
  • 2
Verbes thématiques