Bien et mal 01/05/2012 à 20h36

« Le beau et le laid » à l’école : le retour du Sarkozy anti-Mai 68

Blandine Grosjean | Rédactrice en chef Rue89

Ce mardi après-midi, le candidat Sarkozy a délivré un message qui a dû surprendre plus d’un enseignant :

« Je veux une école qui apprendra aux enfants la différence entre le bien et le mal, le beau et le laid. »

Nicolas Sarkozy au Trocadéro

A partir de 9’50’’

Bigre, le beau et le laid, à l’école, remonter aux sources aristotélicienne de l’esthétique alors que le programme du Président-candidat pour l’école c’est d’abord des professeurs moins nombreux, mieux payés, capables d’enseigner plusieurs matières, recrutés directement par les chefs d’établissement et passant plus de temps dans des établissements plus libres.

« Ce qui est laid est mal, et de gauche »

Je suis allée chercher dans la tête de Nicolas Sarkozy pour tenter de savoir d’où il tirait cette nouvelle orientation des missions de l’école (là où se construit « ce nouveau modèle français », son « identité » a-t-il aussi dit au Trocadéro), et c’est finalement le philosophe Michel Onfray qui a eu la gentillesse de m’éclairer, au téléphone.

« Cette référence au bien et au mal, au beau et au laid, c’est clairement une référence à l’esthétique d’avant 68, comme si Nietzsche et Dom Deschamps n’avaient pas existé.

Sarkozy reprend le discours anti-68 sur la décadence. Ses références ou celle de Guaino, c’est “Le Sens du beau” [éd. Le Livre de poche, 2001, ndlr] de Luc Ferry. Tout ce discours sur l’art qui se passe en termes de beau ou de laid, c’est anti-68.

C’est un discours politique manichéen. Ce qui est beau est bien et de droite. Ce qui est laid est mal est de gauche. C’est du niveau de l’ouvrage que Ferry a fait avec André Comte-Sponville, “La Sagesse des modernes” [éd. Robert Laffont, 1999]. »

Luc Ferry, ex-ministre de l’éducation du gouvernement Raffarin, ex-compagnon de Carla Bruni, faisait partie du « dîner de copains » en 2007 au cours duquel le Président a rencontré sa future femme. Les convives ont assez raconté que l’on a causé de culture, d’art. Sous l’autorité du philosophe qui venait de publier « Homo Aestheticus, l’invention du goût à l’âge démocratique » (éd. Le Livre de poche, 2006) où, selon son éditeur, Ferry fait :

« Un travail qui remonte aux sources vives de l’esthétique moderne, donc au XVIIe siècle [..] jusqu’aux dérives de la post-modernité. »

En 2007, Sarkozy voulait « liquider » Mai 68

J’avais oublié – comme le temps et les thématiques de campagne passent – qu’en 2007, Nicolas Sarkozy avait opté pour la liquidation de l’héritage de 68. Dans son discours du meeting de Bercy (ouvert au piano par le chanteur Gilbert Montagné) il déclarait :

« Mai 1968 nous avait imposé le relativisme intellectuel et moral. Dans cette élection, il s’agit de savoir si l’héritage de Mai 68 doit être perpétué ou s’il doit être liquidé une bonne fois pour toutes. [...] Je veux tourner la page de Mai 68. »

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  • We want a shrubbery
    We want a shrubbery
    Fonctionnaire à chat. Ni!
    • Posté à 12h08 le 02/05/2012
    • Internaute 100046
      Fonctionnaire à chat. Ni!

    Tiens, Luc Ferry aussi a, hum, Carlita ?

  • micheyx
    micheyx
    retraité
    • Posté à 12h23 le 02/05/2012
    • Internaute 161815
      retraité

    Sarko ce croit trop sur de lui dommage il va se ramasser de toute beauté , il ne connaît pas Hollande il peut bien fanfaronner temps qu’il veut, mais je suis certain qu’il chie dans sont froc depuis se matin , le roquet de Neuilly , c’est jours sont compté , grand rassemblement hier ! non que des inconscients venus par car et train payer par nos impôts le soutenir, je savais, que les Français étaient des gens lucides, mais je ne m’imaginer pas les nombres de tarer qui sont en France la patrie des droits de l’homme bafoués injurier une France a la dérive sans travail sans argent le démantèlement de la société de l’éducation des soins la santé une misère pire qu’après la dernière guerre tout cela causé par un homme petit avec des grandes oreilles a talonnettes surnommer le Hitler des temps modernes , quand je vois a la TV une veille venant de Marseille pour soutenir cet individu la honte mémé pour tes petits enfants , c’est vrai qu’ils ne sont pas tous renfermer

  • rasputin
    rasputin
    allocataire du rsa, pizzaiollo (...)
    • Posté à 13h43 le 02/05/2012
    • Internaute 144440
      allocataire du rsa, pizzaiollo (...)

    http://www.youtube.com/results?search_query=james+delleck+ta+gueule&oq=james+delle&aq=1&aqi=g10&aql=&gs_l=youtube.1.1.0l10.87.3135.0.4942.8.8.0.2.2.0.342.1193.2j0j3j1.6.0.

    ca correspond a peu pres a ce que j’ai envie de dire...

  • We want a shrubbery
    We want a shrubbery
    Fonctionnaire à chat. Ni!
    • Posté à 14h29 le 02/05/2012
    • Internaute 100046
      Fonctionnaire à chat. Ni!

    Beau ou laid ? Beau parce que laid il me semble.

    Tiens encore du Baudelaire :

    « Anges revêtus d’or, de pourpre et d’hyacinthe,
    O vous ! soyez témoins que j’ai fait mon devoir
    Comme un parfait chimiste et comme une âme sainte.
    Car j’ai de chaque chose extrait la quintessence,
    Tu m’as donné ta boue et j’en ai fait de l’or. »

  • Néru
    Néru
    étudiante
    • Posté à 19h31 le 02/05/2012
    • 184733
      étudiante

    J’ai écouté ce discours et une grosse boule s’est formée dans ma gorge. J’ai écouté ce discours et j’ai pensé, moi une jeune pas encore entrée dans le monde du travail, qu’il allait falloir lutter. J’ai écouté ce discours et il m’a révoltée.
    La « france du travail » de sarkozy est une france qui touche le jackpot par son travail. Il faut respecter le patrimoine et la réussite, enseigner dès l’école ce qui est beau et ce qui est laid. Ce bras d’honneur à toute une france qui souffre, avec ou sans travail, et qui plus est le 1er mai, est un affront aux français. Il témoigne d’une méconnaissance profonde ou d’un mépris total pour ceux qui ne réussissent pas, ou pas comme il l’entend. Mais tout cela est de la faute de ces immigrés qui viennent nous prendre notre travail. Et ses saccages de 5ans n’ont été fait que pour le bien commun : reculer l’age de la retraite ? c’était rendre leur dignité aux vieux pour ne pas qu’ils aient à quémander à leurs enfants de quoi vivre. Les 35heures ? elles étouffent les entreprise. La solution ? « la souplesse », baisser le cout du travail, réduire les dépenses...
    J’ai écouté ce discours, et j’ai essayé de me rappeler que j’aimais la france.

  • salengro
    salengro
    quand le verbe se fait chair, (...)
    • Posté à 19h55 le 02/05/2012
    • Internaute 107017
      quand le verbe se fait chair, (...)

    le Beau Laid Rot de Sarkozy...rien que du grand classique

     ; -)

  • Fwks
    Fwks
    bugmenot.com/view/rue89.com
    • Posté à 20h46 le 02/05/2012
    • 178582
      bugmenot.com/view/rue89.com

    En voilà une chanson qu’il trouvera certainement très laide :)

  • deserteur
    deserteur
    Service Athée
    • Posté à 20h24 le 03/05/2012
    • Internaute 62084
      Service Athée

    ah les jeux de mots laids....Lien

  • deserteur
    deserteur
    Service Athée
    • Posté à 20h30 le 03/05/2012
    • Internaute 62084
      Service Athée

    Rappelez-vous l’objet que nous vîmes, mon âme,
    Ce beau matin d’été si doux :
    Au détour d’un sentier une charogne infâme
    Sur un lit semé de cailloux,

    Les jambes en l’air, comme une femme lubrique,
    Brûlante et suant les poisons,
    Ouvrait d’une façon nonchalante et cynique
    Son ventre plein d’exhalaisons.

    Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
    Comme afin de la cuire à point,
    Et de rendre au centuple à la grande nature
    Tout ce qu’ensemble elle avait joint ;

    Et le ciel regardait la carcasse superbe
    Comme une fleur s’épanouir.
    La puanteur était si forte, que sur l’herbe
    Vous crûtes vous évanouir.

    Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
    D’où sortaient de noirs bataillons
    De larves, qui coulaient comme un épais liquide
    Le long de ces vivants haillons.

    Tout cela descendait, montait comme une vague,
    Ou s’élançait en pétillant ;
    On eût dit que le corps, enflé d’un souffle vague,
    Vivait en se multipliant.

    Et ce monde rendait une étrange musique,
    Comme l’eau courante et le vent,
    Ou le grain qu’un vanneur d’un mouvement rythmique
    Agite et tourne dans son van.

    Les formes s’effaçaient et n’étaient plus qu’un rêve,
    Une ébauche lente à venir,
    Sur la toile oubliée, et que l’artiste achève
    Seulement par le souvenir.

    Derrière les rochers une chienne inquiète
    Nous regardait d’un oeil fâché,
    Épiant le moment de reprendre au squelette
    Le morceau qu’elle avait lâché.

    Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
    A cette horrible infection,
    Étoile de mes yeux, soleil de ma nature,
    Vous, mon ange et ma passion !

    Oui ! telle vous serez, ô reine des grâces,
    Après les derniers sacrements,
    Quand vous irez, sous l’herbe et les floraisons grasses.
    Moisir parmi les ossements.

    Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine
    Qui vous mangera de baisers,
    Que j’ai gardé la forme et l’essence divine
    De mes amours décomposés !

    Charles Baudelaire

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