« Le beau et le laid » à l’école : le retour du Sarkozy anti-Mai 68
Ce mardi après-midi, le candidat Sarkozy a délivré un message qui a dû surprendre plus d’un enseignant :
« Je veux une école qui apprendra aux enfants la différence entre le bien et le mal, le beau et le laid. »
A partir de 9’50’’
Bigre, le beau et le laid, à l’école, remonter aux sources aristotélicienne de l’esthétique alors que le programme du Président-candidat pour l’école c’est d’abord des professeurs moins nombreux, mieux payés, capables d’enseigner plusieurs matières, recrutés directement par les chefs d’établissement et passant plus de temps dans des établissements plus libres.
« Ce qui est laid est mal, et de gauche »
Je suis allée chercher dans la tête de Nicolas Sarkozy pour tenter de savoir d’où il tirait cette nouvelle orientation des missions de l’école (là où se construit « ce nouveau modèle français », son « identité » a-t-il aussi dit au Trocadéro), et c’est finalement le philosophe Michel Onfray qui a eu la gentillesse de m’éclairer, au téléphone.
« Cette référence au bien et au mal, au beau et au laid, c’est clairement une référence à l’esthétique d’avant 68, comme si Nietzsche et Dom Deschamps n’avaient pas existé.
Sarkozy reprend le discours anti-68 sur la décadence. Ses références ou celle de Guaino, c’est “Le Sens du beau” [éd. Le Livre de poche, 2001, ndlr] de Luc Ferry. Tout ce discours sur l’art qui se passe en termes de beau ou de laid, c’est anti-68.
C’est un discours politique manichéen. Ce qui est beau est bien et de droite. Ce qui est laid est mal est de gauche. C’est du niveau de l’ouvrage que Ferry a fait avec André Comte-Sponville, “La Sagesse des modernes” [éd. Robert Laffont, 1999]. »
Luc Ferry, ex-ministre de l’éducation du gouvernement Raffarin, ex-compagnon de Carla Bruni, faisait partie du « dîner de copains » en 2007 au cours duquel le Président a rencontré sa future femme. Les convives ont assez raconté que l’on a causé de culture, d’art. Sous l’autorité du philosophe qui venait de publier « Homo Aestheticus, l’invention du goût à l’âge démocratique » (éd. Le Livre de poche, 2006) où, selon son éditeur, Ferry fait :
« Un travail qui remonte aux sources vives de l’esthétique moderne, donc au XVIIe siècle [..] jusqu’aux dérives de la post-modernité. »
En 2007, Sarkozy voulait « liquider » Mai 68
J’avais oublié – comme le temps et les thématiques de campagne passent – qu’en 2007, Nicolas Sarkozy avait opté pour la liquidation de l’héritage de 68. Dans son discours du meeting de Bercy (ouvert au piano par le chanteur Gilbert Montagné) il déclarait :
« Mai 1968 nous avait imposé le relativisme intellectuel et moral. Dans cette élection, il s’agit de savoir si l’héritage de Mai 68 doit être perpétué ou s’il doit être liquidé une bonne fois pour toutes. [...] Je veux tourner la page de Mai 68. »
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retraité
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Il n’y a rien de nouveau. Voilà ce qu’il écrivait en 2007.lien
« Récompenser le mérite, sanctionner la faute, cultiver l’admiration de ce qui est bien, de ce qui est juste, de ce qui est beau, de ce qui est grand, de ce qui est vrai, de ce qui est profond, et la détestation de ce qui est mal, de ce qui est injuste, de ce qui est laid, de ce qui est petit, de ce qui est mensonger, de ce qui est superficiel, de ce qui est médiocre, voilà comment l’éducateur rend service à l’enfant dont “




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