François Hollande, candidat du hip-hop
Pour draguer l’électorat jeune et les banlieues, le candidat socialiste veut obliger les chaînes publiques à rendre « présentes » et « visibles » les musiques urbaines.

François Hollande en visite à Bonneuil-sur-Marne (Val-de-Marne), le 20 février 2012 (Thibault Camus/Reuters)
On a beaucoup reproché à Nicolas Sarkozy de confondre son rôle avec celui de directeur des programmes de France Télévisions. François Hollande n’en est certes pas là, mais il entend inscrire dans le cahier des charges des chaînes publiques l’obligation de rendre « présentes » et « visibles » les musiques urbaines.
C’est un des engagements pris par le candidat socialiste au cours de l’émission « Ça fait débat », dont Rue89 est partenaire, et qui sera diffusée sur Générations ce dimanche à 19 heures.
Rost et la « vision paternaliste » du PS
Hollande n’est « pas du tout un pratiquant ni un auditeur » de ces musiques-là, mais il estime qu’elles doivent être « reconnues » et « valorisées », « y compris dans l’école » :
« Dans l’éducation, quand on apprend les premières émotions musicales, c’est bien [qu’à côté de] la culture classique, la musique des grandes œuvres, on ait aussi la musique hip-hop. »
Dans le rap, Hollande connaît un peu Rost, qui s’est impliqué dans sa campagne. Dans une interview au Point, le rappeur a regretté la « vision paternaliste » de « l’entourage » de François Hollande vis-à-vis des banlieues. Hollande observe :
« Il y a toujours ce sentiment que du paternalisme est présent dans une démarche politique. La meilleure façon de rompre avec cette suspicion, c’est que celles et ceux qui portent des politiques soient à l’image des populations qu’ils représentent. »
« La République n’a pas été à la hauteur »
Il ne prépare pas un gouvernement composé de « symboles », « de champions ou de championnes d’un moment », mais « il se trouve que ça devra ressembler à la France » dans toute sa diversité. Ces recrues-là seront choisies « dans le milieu politique », précise-t-il.
Dans les quartiers populaires, il a senti, dit-il, « une envie d’aller voter ; pour moi, sûrement ; contre Sarkozy, sérieusement ». Plus encore contre Sarkozy que pour lui ? « Pareil. Peut-être encore plus au début, un peu moins à la fin, mais [l’envie de voter] c’était pour changer. »
En 1979, encore étudiants à l’ENA, François Hollande et Ségolène Royal avaient effectué un stage dans une cité de Chanteloup-les-Vignes. Le jeune Hollande avait été frappé par « le sentiment d’abandon », « des problèmes de paupérisation, de discrimination, de relégation ». « Le constat qu’on pouvait faire il y a 34 ans, on peut le faire à l’identique aujourd’hui », note-t-il. Il ajoute : « La République n’a pas été à la hauteur. »
Un ministère de l’Egalité des territoires
Pour être enfin à la hauteur, il a décidé de créer un « ministère de l’Egalité des territoires » dont le titulaire « aura autorité sur la politique du logement et les services publics, travaillera en bonne intelligence avec le ministre de l’Education » et avec les collectivités locales « pour les transports, la petite enfance ». Une future usine à gaz aux prises avec d’énormes administrations ? « Un ministère de la Construction humaine, sociale, politique », répond-il.
Pour assurer « l’égalité des chances », Manuel Valls proposait pendant la primaire de doubler les salaires des enseignants nommés en ZEP. Hollande ne reprend pas à son compte cette proposition de son ex-rival devenu son dir’ com’, mais il est partant pour des incitations financières « à négocier avec les syndicats ». Il évoque « des points pour la retraite » ou pour « les mutations »... Puis il se reprend :
« Je ne veux pas laisser penser qu’aller dans les quartiers serait une tâche qui devrait être en soi récompensée. »
La suite : dimanche à 19 heures sur Generations.
Emission spéciale au QG de campagne de François Hollande.
19 heures-19h30, interview politique de François Hollande par Mathieu Deslandes de Rue89 et Adile Farquane de Générations
19h30-30 heures, des débatteurs qui commentent l'actualité avec :
- Félix Marquartd, fondateur des « Dîners de l'Atlantique »,
- Camille Sylla, fondateur du site Le temps des banlieues,
- Hafidgood, réalisateur et comédien,
- Ridan, artiste engagé.
Les sujets de la semaine :
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morve vivante
morve vivante
C’est pour ce démarquer du candidat des chanteurs presque morts.




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