Récit

22/04/2012 à 17h06

Résultats du premier tour : Hollande devance Sarkozy, le choc Le Pen

La rédaction de Rue89


Revivez la soirée électorale animée par Rue89, ses journalistes, ses blogueurs et ses riverains. Avec les résultats complets, les déclarations les plus fortes, et les analyses à chaud.

Les résultats

Selon les résultats partiels communiqués par le ministère de l’Intérieur vers 10 heures ce lundi matin, François Hollande (28,6%) devance Nicolas Sarkozy (27,2%). Tous deux se qualifient pour le deuxième tour.

Marine Le Pen prend la troisième place (17,9%) et devance largement Jean-Luc Mélenchon (11,1%) et François Bayrou (9,1%).

Les « petits » candidats : Eva Joly (2,3%), puis Nicolas Dupont-Aignant (1,8%), Philippe Poutou (1,15%) devance Nathalie Arthaud (0,56%), Jacques Cheminade ferme la marche (0,25%).

Le taux de participation est de 79,5%, inférieur au cru exceptionnel de 2007 (83,8%) mais nettement supérieur à 2002 (71,6%).

Les enseignements

La principale surprise vient de Marine Le Pen. Elle réalise un score supérieur à celui de son père en 2002 (16,9%) qui lui avait permis d’atteindre le second tour. Néanmoins, la candidate du Front national arrive en troisième position et ne se hisse pas à la deuxième place, ce qui était son principal objectif.

François Hollande et Nicolas Sarkozy partageaient le même objectif : arriver en tête. C’est François Hollande qui l’atteint. Nicolas Sarkozy est loin du seuil de 30%, considéré par ses stratèges comme l’objectif susceptible de lui permettre de remporter le deuxième tour. Pour mémoire, en 2007, Nicolas Sarkozy avait réalisé un score de 31,2% et Ségolène Royal de 25,9%.

Jean-Luc Mélenchon ne devient pas le « troisième homme » et arrive loin derrière Marine Le Pen qu’il espérait devancer. Néanmoins, son score multiplie par six celui de Marie-Georges Buffet (1,9%) en 2007.

François Bayrou réalise un résultat nettement en-dessous de ses objectifs et de son score de 2007 (18,6%).

Eva Joly confirme les craintes soulevées au cours de sa campagne. Son score est néanmoins supérieur à celui de Dominique Voynet (1,6%) en 2007.

Les analyses sur Rue89

Eric Dupin : « Pour la première fois sous la Ve République, un Président sortant n’arrive pas en tête du premier tour du scrutin. [...] Toute la stratégie sarkozyste, inspirée par Patrick Buisson, visant à récupérer les voix du Front national, a échoué. Avec 20% des suffrages exprimés, Marine Le Pen explose le record précédent détenu par son père en 2002 (16,9%). Malgré une campagne à la thématique hésitante, le FN franchit un nouveau seuil dans l’élargissement de son influence. »

Michel Wieviorka : « Au fil de ces longs mois, la société a été étonnamment silencieuse. L’écologie politique a sombré en même temps que sa candidate, et avec elles, toute mobilisation d’importance sur des enjeux culturels que Nicolas Hulot, cinq ans plus tôt, avait su mettre au cœur de la campagne. »

Pierre Haski : « Le FN ne doit pas seulement servir d’épouvantail ni de punching-ball : il doit être un marqueur de la dégradation du climat politique, de l’état du pays réel, en un mot de la capacité de la gauche revenue aux affaires à recréer l’espoir et à changer la vie, dans le sens pragmatique et concret de cette époque de crise. C’est un défi de plus sur les épaules de François Hollande et de sa future majorité. »

Les déclarations des candidats

Jean-Luc Melenchon : « Nous aurons été la seule force politique nouvelle qui ait percé dans cette élection. C’est nous dès lors qui avons les clés du résultat. [...] A cette heure en conscience, il n’y a rien à négocier. Je vous appelle à vous mobiliser aux rendez-vous qui vous sont donnés. Le 1er mai auprès des syndicats et le 6 mai, sans rien demander en échange, pour battre Sarkozy. Je vous demande de ne pas traîner les pieds et de vous mobiliser comme si c’était pour me faire gagner moi. »

Marine Le Pen : « Les Français se sont invités ce soir à la table des élites. Ce premier tour est le commencement d’un vaste rassemblement des patriotes de droite comme de gauche. [...] Tous ensemble, nous avons fait exploser les partis de la banque et de la finance. »

François Bayrou : « Je vais m’adresser aux deux candidats sélectionnés pour ce deuxième tour. J’écouterai dans les jours qui viennent leurs réponses et je prendrai mes responsabilités. [...] Ce qu’il faut construire d’urgence, c’est une force d’équilibre, au centre, qui résiste aux extrêmes. »

François Hollande : « Jamais le FN n’avait atteint un tel niveau dans une élection présidentielle. C’est un nouveau signal qui appelle à mes yeux un sursaut dans la République. [...] Ce soir je deviens par le vote des Français le candidat de toutes les forces qui veulent clore une page et en ouvrir une autre où tous les atouts de la France seront mobilisés. »

Philippe Poutou : « Il faut dégager Sarkozy. »

Nicolas Sarkozy : « Les Français ont envoyé un vote de crise. [...] Ces angoisses, ces souffrances, je les comprends. Elles portent sur le respect de nos frontières, la lutte déterminée contre les délocalisations, la maîtrise de l’immigration, la valorisation du travail, la sécurité pour eux et pour leurs familles. Je sais que dans ce monde qui bouge si vite, le souci de nos compatriotes de préserver leur mode de vie est la question centrale de cette élection. [...]

Tout doit être débattu sans hypocrisie, sans esquive, sans faux fuyant ; c’est pourquoi je propose que trois débats soient organisés, sur les questions économiques et sociales, sur les questions de société et les questions internatonales. Les Français ont droit à la vérité, chacun alors pourra faire son choix en toute connaissance de cause. »

Les déclarations des soutiens

Voici les principales déclarations que nous avons relevées sur notre live blogging au cours de la soirée.

Jean-François Copé : « A partir de demain matin, nous ne nous trouvons plus à neuf candidats contre un mais à un contre un. »

Manuel Valls : « Je veux souligner le désaveu massif de Nicolas Sarkozy et le score exceptionnel de François Hollande. »

Marie-George Buffet (PCF) demande que « tous les hommes et les femmes de gauche se mobilisent autour de François Hollande car le danger de la droite et de l’extrême-droite n’est pas écarté ».

Jean-Marie Le Pen : « C’est un relayeur Marine, je lui ai passé le bâton, elle court, elle court plus vite c’est bien. »

François Fillon : « Ce soir rien n’est joué. [...] La crise des dettes n’est pas finie, nous n’avons donc pas le droit à l’erreur. »

Martine Aubry : « Le choix est relativement simple. C’est le changement ou la continuité. Le redressement ou l’austérité. La précarité contre la justice remise partout. Et une voix de la France qui compte dans l’Europe contre cette Europe de Niolas Sarkozy et Mme Merkel qu’on ne peut plus supporter. »

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  • 157 réactions
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  • jim44
    jim44
    chef
    • Posté à 15h25 le 23/04/2012
    • 185755
      chef

    Le FN est un parti tout aussi respectable que les autres.
    Je ne comprends pas cette haine anti-FN. En plus il y a beaucoup de points communs entre le front de gauche et le FN.

    • yabon
      yabon répond à jim44
      Cyborg marxien en service
      • Posté à 20h28 le 23/04/2012
      • Internaute 98602
        Cyborg marxien en service

      Ce n’est pas une question de respectabilité, c’est son programme qui est tout pourri dans l’archaïsme (à l’exception, en effet, des points communs qu’il a pompé au FdG).

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 17h06 le 23/04/2012
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    « Hollande devance Sarkozy »

    ► Il aurait suffit que Mélenchon soit un peu moins débiné par les médias de gauche pendant la campagne,
    pour que 2 points de plus pour lui fassent passer Hollande en 2ème position.

    Ils ont fait avec Mélenchon ce qu’ils avaient fait plus tôt avec le NPA de Besancenot... l’affaiblir à défaut de l’éliminer afin qu’il ne f asse pas trop d’ombre à Hollande.

  • Ras'teacher
    • Posté à 17h24 le 23/04/2012
    • 185800
      Prof

    Aujourd’hui en France…

    Zapées les promesses non tenues, l’absence de carrure, de charisme et de valeurs. Effacés le dîner au Fouquets, l’augmentation du salaire de 140 % (voire plus), les vacances en yacht avec les copains et les arrangements économiques et financiers pour ces mêmes copains. Sans parler du pistonnage du fiston… Rangées au placard les affaires Clearstream, Woerth-Bettancourt, ou encore Karachi.

    Amnésie collective de ces expulsions de Roms, des quotas de reconduites aux frontières, des propos de la fine équipe du nain, et notamment de ses joyeux valets : Eric, Brice et Claude. Effacée l’avalanche de lois qui a abîmé l’Education nationale ainsi que le système de santé notamment, et qui a plus globalement fait reculé nos acquis sociaux.

    Occulté l’hyper profit de la spéculation. Omise l’austérité qui nous pend au nez. Et, petite parenthèse, que dire de cette mascarade qu’est la dette ? Quelle dette ? En quoi les causes et les effets de la débâcle financière sont-ils imputables aux contribuables ? Pour quelle raison devrions-nous, nous les peuples de France et du monde, nous serrer la ceinture pour des arcanes qui nous rançonnent ?

    Oublié le souvenir de l’échec des trop nombreuses campagnes sécuritaires, et ce malgré une bonne décennie de discours et de promesses… Oubliées également les promesses sur les paradis fiscaux et sur la moralisation des fonds spéculatifs.

    Amnésie sélective quant à la politique extérieure du « pays des droits de l’Homme » qui est le nôtre. Qui pour se souvenir de l’ambitieux sommet de Paris organisé par le gnome pour célébrer la belle fraternité qui nous liait avec les honorables messieurs Moubarak, Ben Ali ou autres Al Assad et Khadafi ? Qui pour se remémorer qu’un tapis rouge avait été déroulé et une tente dressée dans le jardin de l’Elysée pour ce brave homme ?

    A ce propos, niées aussi les véritables raisons de la guerre en Lybie. Masquées en fait par une flopée de bons sentiments. Il fallait certes sortir le peuple lybien des griffes de feu son fou. Mais au fait, depuis, comment se porte-t-il ce peuple ? Et pour le peuple syrien par ailleurs, tout va bien ?

    Quoi qu’il en soit, à quoi bon insister ?
    Le 21 avril 2002 est désormais enterré. Par le 22 avril 2012. Tandis que l’une récolte pas loin de 20%, l’autre engrange plus de 24% des voix.

    L’amnésie est-elle vraiment collective ? Réponse le 6 mai…

  • alain georges
    alain georges
    tête contre les murs
    • Posté à 18h50 le 23/04/2012
    • 185805
      tête contre les murs

    quelle joie de voir la bonne tete de vainqueur du candidat sortant ce soir là

  • surfeur54
    surfeur54
    Toute vérité franchit trois (...)
    • Posté à 22h05 le 23/04/2012
    • Internaute 71320
      Toute vérité franchit trois (...)

    On dit toujours l’histoire ne se répète jamais deux fois mais en France c’est bis repetita éternellement depuis la fin de la seconde guerre mondiale ont revoit toujours les mêmes... Demain la gauche revient au grand gallo et ensuite le printemps de la droite refleurira car un jour le Français en aura ras les miches de la Gauche et remettra la droite au pouvoir et on recommencera comme cette journée d’un journaliste qui n’en finissait jamais... Bref demain le Roi François II sera intronisé Roi de France alors faisons un triomphe au Roi hip hip hourra !

  • Gédacla
    Gédacla
    aucune importance
    • Posté à 17h14 le 24/04/2012
    • 183747
      aucune importance

    Vous êtes curieux, les seconds couteaux de la gauche, pourquoi sur le graphique vous n’avez pas respecté la position officielle donnée aux candidats. Croyez vous que de placer Marine Le Pen en dernier sur le graphique, va changer la réalité du résultat ?
    Vous êtes vraiment stupides.

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