Pour/Contre 31/03/2012 à 10h42

Pour ou contre la Charte européenne des langues régionales ?

Carole Boinet | Journaliste


Alexia, 86 ans, l’une des dernières bigoudennes de Bretagne, a participé à des publicités pour Tipiak et Breizh Cola, Le Guilvinec (Finistère), 13 octobre 2010 (ZEPPELIN/SIPA)

Quimper, Toulouse, Ajaccio, Bayonne... une dizaine de villes françaises sont investies ce samedi par des associations de défense des langues régionales et autochtones de France. Objectif de cette mobilisation nationale : réclamer la ratification de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires auprès des candidats à la présidentielle.

En 1999, la France signe cette charte, rédigée par le Conseil de l’Europe – un organe non-communautaire – mais ne la ratifie pas car le Conseil constitutionnel la juge incompatible avec l’article 2 de la Constitution qui stipule que « la langue de la République est le français ».

En 2008, une réforme constitutionnelle établit, à l’article 75-1, l’appartenance des langues régionales « au patrimoine de la France ».

La Charte, dont les défenseurs des langues régionales n’ont eu de cesse de réclamer la ratification, prévoit, entre autres dispositions, que l’on puisse comparaître en justice ou signer un contrat de travail dans une langue régionale. Mais sa ratification remettrait en cause l’utilisation du français comme langue officielle du droit et des documents administratifs, qui a été mis en place via l’ordonnance Villers-Cotterêt (1539).

Alors que les candidats à la présidentielle se prononcent actuellement sur la ratification, ou non, de cette charte, petit tour d’horizon des principaux arguments de ce débat qui dépasse le clivage politique droite/gauche traditionnel.

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Pour

  • Les langues régionales font partie du patrimoine français

François Bayrou (MoDem) justifie la ratification de la Charte européenne des langues européennes ou minoritaires en expliquant :

« Je veux que l’on sache qu’en France on peut parler et transmettre parfaitement bien le français et en même temps parler et transmettre parfaitement bien les langues régionales qui sont les langues de notre patrimoine culturel. »

Au cours de ce discours prononcé lors d’un meeting à Toulouse le 10 mars dernier, le candidat centriste à la présidentielle s’est également exprimé en béarnais.

Meeting de Toulouse de François Bayrou le 10 mars 2012

La Charte vise à protéger les langues, et donc notre patrimoine, comme l’expliquait Jean-Jacques Urvoas, député PS du Finistère, en février dernier :

« La philosophie même de cette charte est de protéger les langues. »

Eva Joly, elle, va plus loin. La candidate à la présidentielle d’Europe Ecologie - Les Verts (EELV) expliquait à l’association des étudiants bretons de Sciences-Po Paris, Bretoned Sant-Gwilherm, le 29 mars :

« Les langues et les cultures régionales font partie non seulement du patrimoine de la France mais de celui de l’humanité. »

C’est pourquoi elle a inscrit dans son programme la ratification de la Charte, la possibilité pour toutes les régions de définir leur langue régionale « comme co-oficielle avec le français », et le vote d’une loi-cadre établissant « un statut juridique stable et ambitieux en termes de moyens mis en œuvre. »

Quant à François Hollande, il ne s’est pas prononcé sur le vote d’une loi-cadre, mais a inscrit la ratification de cette charte parmi ses 60 propositions.

  • Cette charte protège la diversité culturelle de la France

Comme l’expliquent Hervé Le Bras et Emmanuel Todd dans l’avant-propos de leur récent ouvrage « L’Invention de la France : atlas anthropologique et politique » (éd. Gallimard, février 2012), l’homogénéité française est « un mythe ».

Pour eux, la France s’est créée « à partir d’éléments divers et contradictoires ».

Les langues régionales font évidemment partie de la nature hétérogène de notre pays, et constituent donc, pour certains, une richesse indéniable.

Le débat avait déjà fait rage en 2008, lorsque le Sénat s’était opposé à la volonté de l’Assemblée nationale de voir inscrire la reconnaissance des langues régionales dans l’article 2, puis dans l’article 1, de la Constitution, prélude à la ratification de la Charte européenne.

Alain Rey, linguiste, avait alors dit à Rue89 craindre « un désir un peu jacobin d’unifier en aplatissant ».

  • Elle apporterait de nouvelles subventions pour la promotion des langues régionales

Certains élus de la majorité se sont déclarés en faveur de la ratification, comme le vice-président UMP du conseil régional d’Alsace Justin Vogel, qui attend de la Charte « des moyens financiers pour relancer et soutenir » les langues régionales, notamment dans l’enseignement.

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Contre

  • La Charte va à l’encontre des principes d’unité et d’indivisibilité de la République française

Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche), qui avait comparé les écoles Diwan à une « secte » en 2008, a continué sur sa lancée, expliquant lors d’une conférence de presse le 8 février dernier :

« Je suis défavorable à l’application de ces articles car le Conseil constitutionnel les a censurés sur la base suivante : ils nuisent à l’unité et l’indivisibilité de la république en ce sens qu’ils créent des droits particuliers pour des locuteurs d’une langue particulière. »

Conférence de presse de Jean-Luc Mélenchon le 8 février 2012

Et, une fois n’est pas coutume, Nicolas Sarkozy est d’accord avec lui. Le Président-candidat lançait lors de son discours de Marseille le 21 février :

« Quand on aime la France, on ne propose pas de ratifier la Charte des langues régionales qui n’a pas pour but de faire vivre les langues régionales dans lesquelles je crois, mais de reconnaître des droits linguistiques à toutes les minorités et de les placer sous le contrôle d’une Cour européenne qui jugera sans tenir compte de notre histoire nationale et de notre tradition républicaine. »

Pour lui, « c’est le communautarisme qui est au bout du chemin » :

« Je veux m’opposer à toute dérive communautariste parce que cette dérive ruinerait des siècles d’efforts et de sacrifices pour nous construire un Etat, une nation, une république dont nous pouvons être fiers et dont nous tirons notre force. »

En 2008, l’Académie française s’était positionnée contre l’inscription des langues régionales dans la Constitution.

L’académicien Max Gallo expliquait alors dans L’Express que « cela conduirait un peu plus encore à l’émiettement d’une nation déjà touchée par les communautarismes de toutes sortes ».

Ce fils d’immigrants italiens, passé du Parti communiste à François Mitterrand puis au soutien à Nicolas Sarkozy en 2007, ajoutait :

« Chacun peut, s’il le veut, pratiquer librement la langue de sa région en France, et c’est très bien. Alors quel besoin de mêler la Constitution à cette affaire ? »

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  • Lokiel
    Lokiel répond à jimili
    ex-étudiant
    • Posté à 17h10 le 01/04/2012
    • Internaute 129379
      ex-étudiant

    Ben voyons, les constats officiels sont notoirement fiables, tiens : p . La SEULE chose qui fasse référence ce sont les travaux scientifiques (qui peuvent être faits par des organismes officiels, hein, le CNRS par exemple publie de chouettes trucs) . Les travaux officiels ont d’ailleurs souvent plusieurs décennies de retard sur l’avancée de la science.

    Quand à mes chiffres scientifiques, ils datent de l’an dernier. Pas de bol, hein ? Bref, encore une fois : vous êtes un cuistre. Bonne journée.

    • jimili
      jimili répond à Lokiel
      67
      • Posté à 17h26 le 01/04/2012
      • 184276
        67

      Je vous rappelle que vous avez fait référence à l’an 2000 !

      Un + restera toujours un +, et qu’apporter vous à part du vent ?
      On constate toujours le niveau des actuels ex-étudiants.

      Vous êtes Français, alors pour quelle raison ne pas être pour les Valeurs que la France dit représenter et défendre, et qu’elle n’a jamais pu mettre en pratique ?
      Où se trouve la différence avec le sujet du Roi ?

      Alles Guete, (en gros je vous souhaite le meilleur, et le meilleur cela correspond aussi au savoir qui permet l’intelligence)

      • Lokiel
        Lokiel répond à jimili
        ex-étudiant
        • Posté à 17h39 le 01/04/2012
        • Internaute 129379
          ex-étudiant

        Oui mais absolument pas pour ce qui concerne la langue alsacienne : je parlais des pertes d’emplois mesurées par l’INSEE. Et ce n’était pas la date de mes chiffres mais une date à laquelle l’INSEE place le changement de tendances : avant 2000 l’industrie croissait en Alsace, après elle perdait des emplois et c’est encore le cas aujourd’hui. Le travail mesurant ces tendances date, lui, de... 2010. Bref, encore une fois, vous nous prouvez que vous ne savez pas lire. Ca vous va bien de parler de niveau (ou de savoir et d’intelligence, d’ailleurs, puisque vous avez prouvé que vous n’aviez ni l’un ni l’autre) , tiens ...

        Quant aux « valeurs », d’abord, ce n’est pas parce que je suis français que je suis d’accord avec tout ce que la France fait. C’est une conception de la citoyenneté qui est, bien au contraire, bien plus proche de ce qui prévalait chez les rois de France. Ensuite, ce n’est pas parce que c’est une valeur que ça se défend à corps perdu : il faut savoir établir des priorités mais aussi s’entendre sur la définition de la valeur. Par exemple, je me contrefous du fait que les langues régionales soient enseignées ou non dans des associations . Je m’oppose, en revanche, à ce qu’elles le soient avec de l’argent public : c’est le genre de choses qui relève strictement de la vie privée.

        • jimili
          jimili répond à Lokiel
          67
          • Posté à 17h52 le 01/04/2012
          • 184276
            67

          Sans respect il n’y a pas de liberté !
          Ce que vous préconisez c’est de la discrimination, avec pour conséquence le maintien de l’inégalité régionale puisque le contexte régional es différent que l’on soit en Alsace, à Nice ou à Paris !
          Vous n’avez pas le droit de vous opposer à ce devoir qu’à l’administration de permettre tout savoir utile déjà localement, ne serait-ce que pour permettre l’égalité des chances avec celles de nos pays partenaires qui protègent leurs spécificités locales !

          Le citoyen n’a pas de droit, que des devoirs !
          ... et vous n’êtes pas en phase avec les Valeurs que la France dit représenter !

          Question, et vous, vous pensez avoir prouvé quoi ?
          Un proverbe dit que la bêtise est la fierté poussent sur le même bois.

  • Censored
    Censored
    Pourfendeur des intolerants
    • Posté à 23h44 le 31/03/2012
    • 184284
      Pourfendeur des intolerants

    Mais dans quel pays sommes nous ?
    Vos réactions sont pathétiques et dépassées ! Pour des franchouillards jacobinistes de base vous connaissez bien peu la propre réalité de votre pays.

    Si je suis votre logique, à quoi bon parler français ? Une langue devenu minorée, en sachant que l’anglais est prédominant dans le monde entier et en Europe.
    A croire que vous ne connaissez rien du tout aux composantes culturelles de ce pays ni son histoire, vouloir la mort des langues régionales est une réaction purement primaire et arrogante.
    La France est l’exception et le mauvais élève de l’Europe en la matière, soyez en fier. Mais sachez que ne pas vouloir entendre les populations qui revendiquent ces droits fondamentaux à la sauvegarde de cultures, et très dangereux et n’engendrera que plus de conflits.
    Une langue est un trésor et la France a à son sol des langues uniques tel le basque, langue très ancienne dernière survivante des invasions indo-européennes, ou le Breton seul vestige celtique au grand héritage culturel.
    A ceux qui diront que savoir une langue régionale est un frein à l’apprentissage de nouvelles langues, il a déjà été prouvé par des études scientifiques que le fait de se familiariser très tot à un espace multilingue ne fait aucun mal et permet même de faciliter l’apprentissage de nouvelles langues.

    Enfin, bon dieu instruisez vous et visitez un peu les trésors de nos régions !

    • Clélie
      Clélie répond à Censored
      passante
      • Posté à 09h28 le 01/04/2012
      • 182665
        passante

      Entièrement d’accord !

    • jimili
      jimili répond à Censored
      67
      • Posté à 14h15 le 01/04/2012
      • 184276
        67

      D’accord avec vous, mais vous oubliez qu’une langue est avant tout le moyen de communication naturel aux habitants, et le plus souvent le lien avec des régions voisines d’un pays partenaire voisin !

      Vous oubliez de relever que la langue dite régionale est aussi la base nécessaire pour l’économie locale et pour tout commerce.
      Qui pense seulement que ces atouts locaux négligés auraient pu permettre un développement économique régional harmonieux de la France, comme le fait l’Allemagne ou la Suisse ?

      Lorsque l’on voyage en France on aimerait aussi savoir, et voir que l’on est aussi dans la région visitée, que l’on voit et sait que l’on est AVEC des Corses, des Bretons, ... des Basques. Le français permettra de faire le lien entre nous...

      La France ayant une position géographique favorisée, elle pourrait être une autre « suisse », et nos régions être autant de « ponts » économiques, culturels naturels.

      • herve trezen
        herve trezen répond à jimili
        bientôt les vacances
        • Posté à 16h45 le 01/04/2012
        • Internaute 79316
          bientôt les vacances

        Vous savez, on n’a pas besoin de parler français pour commander un poulet laqué à Pékin...

  • Progressiste-89
    Progressiste-89
    étudiant
    • Posté à 23h53 le 31/03/2012
    • Internaute 64581
      étudiant

    Regardez certains pays francophones d’Afrique de l’Ouest où il existe dans les 60 dialectes différents, eux s’accommodent très bien d’avoir une langue officielle commune (le français) qui n’a pourtant rien à voir avec leur culture d’origine, ça simplifie quand même pas mal les choses, en plus de garantir une neutralité entre les différentes ethnies. Et cela ne les empêche pas de pratiquer leur langue locale chez eux. Alors si les Dioulas et les Bambaras y arrivent, ça devrait pas être trop compliqué pour nos amis corses et bretons, non ?

    • herve trezen
      herve trezen répond à Progressiste-89
      bientôt les vacances
      • Posté à 16h50 le 01/04/2012
      • Internaute 79316
        bientôt les vacances

      Vous vous trompez.

      Il est connu depuis de nombreuses années que l’enseignement en français est un frein à l’alphabétisation des enfants africains. Il a pour effet notamment de freiner l’alphabétisation des fillettes.

      Voir par exemple ceci :
      Lien

    • jimili
      jimili répond à Progressiste-89
      67
      • Posté à 18h39 le 01/04/2012
      • 184276
        67

      je me rappelle aussi une émission télévisuelle où il était relevé le problème d’un conflit armé interne à un pays, et où les habitants fuyaient le pays vers un autre. L’un était francophone et l’autre anglophone.
      Les habitants étaient content d’avoir leur langue africaine pour surpasser la langue nationale imposée.

  • Jean-Jacques Louis
    • Posté à 00h12 le 01/04/2012
    • Internaute 2277

    « c’est le communautarisme qui est au bout du chemin » prétend le p’tit. Il devrait regarder un peu vers le nord. En Belgique, c’est, au contraire, le mépris affiché par certains francophones envers la langue flamande qui a conduit au communautarisme en attendant l’éclatement du pays en au moins deux morceaux.

    Que ce soit en Flandre belge, en Bretagne ou en Puisaye, la devise des nationalistes flamands reste d’application : de taal is gans het volk. (la langue, c’est le cœur des gens) Et certains ajoutent même : Flamands, Bretons, même combat !

    Anecdote : avant-hier, Al Jazeera a publié le même article avec une nouvelle version de la devise de la République : Liberté, Éternité, Fraternité. Belle coquille !
    (Lien)

  • ker
    ker
    • Posté à 00h26 le 01/04/2012
    • Internaute 12793

    Le vrai visage de Melanchon, le sous marin du PS charge de torpiller ceu qui etaient a gauche pour une democratie directe et pour la remise en cause de la politique professionnelle.

    Melanchon ; pour la chine contre le Tibet, contre la bretagne « nazi“et collabo (Petain ne devait pas etre francais) mais qu’on a tout de meme rappele en renfort en 14 pour remplir les premieres lignes et dont on se sert comme base militaire.

    Faute de vendre de la revolution, Melanchon tente de nous refourguer une vieille lune : la republique. C’est a dire la colonisation y compris de la bretagne et de tous les esprits en general.

  • ker
    ker
    • Posté à 00h38 le 01/04/2012
    • Internaute 12793

    La republique c’est la haine du peuple. Condescendance, suffisance, Sarko, Melanchon , memes valeurs.
    Vive les peuples libres, vive les hommes courageux et fiers. Mieux vaut mourir en restant un homme que vivre en chien. Il y’a en bretagne une tare qui traine de generation en genreation,une violence qui vient des flots et qui jamais ne sera eradique par ces larbins.

  • ker
    ker
    • Posté à 00h46 le 01/04/2012
    • Internaute 12793

    Dans le Jura, il y’avait Proudhon, il y’a maintenant Melanchon. Pas tout a fait le meme niveau...

    • Coragyps Atratus
      Coragyps Atratus répond à ker
      Catho pratiquant non croyant
      • Posté à 06h56 le 01/04/2012
      • Internaute 37338
        Catho pratiquant non croyant

      Oui, Proudhon était élitiste.

    • BERU VON 88
      BERU VON 88 répond à ker
      L'insurrection qui vient...
      • Posté à 09h16 le 01/04/2012
      • Internaute 130318
        L'insurrection qui vient...

      Ah bein ça c’est sur ne comparons pas l’incomparable

  • Coragyps Atratus
    Coragyps Atratus
    Catho pratiquant non croyant
    • Posté à 07h42 le 01/04/2012
    • Internaute 37338
      Catho pratiquant non croyant

    C’est complètement illusoire de croire que la charte sauvera les langues régionales. En Bretagne, on peine à recruter des enseignants de langue bretonne et en plus, on recrute même les plus mauvais. De plus, la RGPP (Réglementation Générale des Politiques Publiques - non remplacement d’un fonctionnaire sur deux) a contribué a faire de formidables saignées dans l’enseignement. Au détriment de quelles matières se fera le recrutement des profs de langues régionales

    Sauver la diversité n’est qu’une pure forfanterie devenant de plus en plus affligeante. De quelle diversité parlons-nous ? Il y a des gens qui viennent trouver asile dans notre pays car persécutés dans leur pays d’origine en raison de leur religion ou culture. La Charte ne protégera pas ces derniers et cela n’empêchera pas les sbires de Guéant de « protéger » la diversité en l’enferment dans un camp de rétention avec ses gamins.

    Le choix de parler une langue régionale doit rester volontaire et ne doit pas être imposé dans les administrations. Les procédures sont déjà suffisamment lourdes et compliquées pour ne pas en rajouter. Si le bonheur des régionalistes est d’avoir le droit de remplir le formulaire V567 en langue basque ou bretonne, ça montre vraiment l’état de décomposition.

    Enfin, il y a plus à s’inquiéter de la perte de diversité des modes de vie, que ce soit à l’échelle régionale ou à l’échelle internationale. Les centres villes de France ressemblent de plus en plus à des centres commerciaux de plein air, les banlieues pavillonnaires sont grises quelle que soit la région et les gens se ressemblent furieusement : ils portent les vêtements que les marques leur vantent dans les mass-médias.

    Ce qui a vraiment tué la diversité, ce n’est pas les états mais la télévision avec son spectacle permanent de la marchandise imposé par les marques. Regarder une série américaine en Breton, en Français, en Pakistanais ne changera absolument rien au fait que vous regardez d’abord une série américaine.

    • jimili
      jimili répond à Coragyps Atratus
      67
      • Posté à 15h31 le 01/04/2012
      • 184276
        67

      Un Etat qui a une administration qui n’est pas adaptée aux contextes locaux est un Etat affaibli !
      Si vous ne savez-pas pour quelles raisons, il vous suffit simplement de voir les mauvaises conséquenes...

  • jimili
    jimili
    67
    • Posté à 07h47 le 01/04/2012
    • 184276
      67

    Ceux qui ne sont pas pour la ratification de la Charte européenne des langues régionales ne sont pas pour nos régions qui font LA FRANCE.

    Ils sont sans solution, aucune, pour réunir déjà les conditions pour le développement économique local, et encore moins pour celui du commerce puisque nos régions frontalières ont toutes un outil de communication naturel qui est le dénominateur commun avec celles de nos pays partenaires.

    Tout candidat qui ne s’exprime pas pour ces pratiques élémentaires de respect, pour ces capacités et compétences, n’est pas pour l’Europe.
    L’Europe, les Pays européens, ont en pratique le principes de subsidiarité, pour quelle raison n’existe-t-il PAS EN FRANCE ?
    (le sentiment européen ne devrait pas être parce qu’il correspond en vérité à notre propre bas niveau en démocratie)

  • jimili
    jimili
    67
    • Posté à 07h47 le 01/04/2012
    • 184276
      67

    Ceux qui ne sont pas pour la ratification de la Charte européenne des langues régionales ne sont pas pour nos régions qui font LA FRANCE.

    Ils sont sans solution, aucune, pour réunir déjà les conditions pour le développement économique local, et encore moins pour celui du commerce puisque nos régions frontalières ont toutes un outil de communication naturel qui est le dénominateur commun avec celles de nos pays partenaires.

    Tout candidat qui ne s’exprime pas pour ces pratiques élémentaires de respect, pour ces capacités et compétences, n’est pas pour l’Europe.
    L’Europe, les Pays européens, ont en pratique le principes de subsidiarité, pour quelle raison n’existe-t-il PAS EN FRANCE ?
    (le sentiment européen ne devrait pas être parce qu’il correspond en vérité à notre propre bas niveau en démocratie)

  • Kermitt
    • Posté à 08h33 le 01/04/2012
    • Internaute 28127

    Tous des rigolos. Des gugusses se battent pour conserver l’apprentissage d’un patois issu d’un langage originel, ex : le créole n’est qu’une déformation de la langue française, ensuite il tiennent à conserver l’Europe, même que NS en a signé une constitution dont tout le monde se fout pour preuve rejetée par un référendum trahi par la majorité des élus. Alors le désunion ne peut créer une union, l’Europe est, sera une tour de Babel.

  • Clélie
    Clélie
    passante
    • Posté à 09h21 le 01/04/2012
    • 182665
      passante

    2112
    L’anglais est devenu la langue officielle de l’Europe, inscrite dans la Constitution. Dans les écoles, on l’a d’abord imposé par la force. Les langues nationales, qui ne sont, après tout, que des patois de l’anglais, sont reléguées au domaine privé. Pour apaiser leurs défenseurs, on a fini par autoriser la création d’écoles bilingues privées et d’une option au bac. Toutes les nouvelles publications (essais, romans, documentaires...) sont en anglais. Molière, Voltaire, Balzac, Maupassant, Hugo et les autres sont édités en anglais. Les éditions en langue originale sont confidentielles.
    Un jour, un projet de Charte internationale pour la sauvegarde des langues nationales est lancé. Les oppositions sont fortes : cela va faire éclater l’Europe Une et Indivisible, relancer les anciennes guerres... Les langues nationales ne sont que du folklore.

    Impossible ? Et, pourtant, c’est ce qui s’est passé en Bretagne (je ne parle pas des autres régions que je connais mal). Je n’ai pas vraiment d’opinion pour ou contre la Charte mais je suis absolument pour le respect de la diversité des cultures et des langues. Or, ce n’est pas ce qu’a fait notre République « Une et Indivisible ». Depuis la Révolution Française, on essaie d’imposer un modèle de Français « normal » qui, en fait, n’existe pas. Ceux qui ne correspondent pas au moule se sentent exclus et finissent par rejeter ce modèle et se réfugier dans le « communautarisme ».
    La crispation sur la langue n’est que la partie visible de la volonté d’un pouvoir centralisateur qui ne veut voir qu’une seule tête - de préférence blanche - et n’entendre qu’une seule langue : la sienne. Parce que, en réalité, nos hommes politiques se fichent bien du français, à voir comment ils le traitent avec « méprisance ».
    Ce qui est grave, c’est que brimer une langue a des conséquences désastreuses sur ceux qui la parlent. Notre langue ne fait pas seulement partie de notre identité, elle structure notre façon de penser. En empêchant une population de parler sa langue maternelle, en lui en imposant une autre, on l’oblige à une sorte de schizophrénie. En Bretagne, ce sont des générations entières qui ont été traumatisées parce qu’en leur interdisant de parler breton, on les a coupé de ce qu’ils étaient.

    • femmedesbois
      femmedesbois répond à Clélie
      dans sa forêt
      • Posté à 10h11 le 01/04/2012
      • Internaute 93115
        dans sa forêt

      Il est vrai que lors de la « grande époque » de l’école communale voulue par Jules Ferry, les enfants souffraient de punitions et d’humiliation lorsqu’ils parlaient leurs langues régionales à l’école et ont du renier leur langue, or renier sa langue, c’est renier soi-même et ses ancêtres. Ils ont été victimes d’une politique coloniale, ni plus ni moins... Après tout, les anglais ont forcés les irlandais à parler la langue de Shakespeare de la même manière, contexte colonial là-bas aussi.....

      Lien

      • A déménagé le 13 juillet 2012
        • Posté à 15h46 le 01/04/2012
        • Internaute 2907

        Oui mais en l’absence d’instituteur de la Republique unificatrice, l’autre option pour les bretons était alors de rester des ploucs sous développés, incapables de suivre une formation quelconque (prof, ingenieur, medecin, etc) enfermés dans leurs 50 variantes patoisantes du breton bien différentes du breton actuel qui est une langue artificielle recréée récemment

         
        • femmedesbois
          • Posté à 16h27 le 01/04/2012
          • Internaute 93115
            dans sa forêt

          Et bien, on peut dire alors aussi que les français sont des ploucs qui s’obstinent à parler une langue locale, le français ce qui les empêche de rentrer dans la globalisation, globalisation où les anglophones sont bien mieux favorisés !

          • A déménagé le 13 juillet 2012
            • Posté à 11h34 le 02/04/2012
            • Internaute 2907

            C’est idiot votre comparaison

            la France n’est pas sous développée, le tgv qui roule à 580km/h, c’est du 100% français/francophone

            Moi je vous parle de la Bretagne qui était totalement sous développée dans l’après guerre avant que la France gaullienne décide de la moderniser via notamment les télécommunications

            et je vous parle d’une Bretagne qui n’a jamais eu de fac de médecine en breton ou d’école polytechnique en breton

        • herve trezen
          herve trezen répond à A déménagé le 13 juillet 2012
          bientôt les vacances
          • Posté à 17h01 le 01/04/2012
          • Internaute 79316
            bientôt les vacances

          Vous croyez que génétiquement les Bretons ont une incapacité à apprendre quelque chose ?

          Beau discours qui résume à lui seul les motivations réelles et les orientations politiques des opposants aux cultures régionales...

          Vous seriez pas au FN, à Riposte Laïque ou à la Libre-Pensée, dès fois ?

          • A déménagé le 13 juillet 2012
            • Posté à 11h37 le 02/04/2012
            • Internaute 2907

            C’est pas génétique, c’est historique : la Bretagne était complètement sous-développée avant que la France gaullienne n’y implante des industries de pointe

        • Clélie
          • Posté à 10h00 le 02/04/2012
          • 182665
            passante

          Vous devriez vous intéresser un peu à l’histoire de la Bretagne. On y voit très bien comment, depuis qu’elle a kidnappé la Bretagne, la France n’a eu de cesse de ruiner l’ancien duché, qui était un des plus florissants d’Europe, et de briser les Bretons par tous les moyens pour éviter une nouvelle chouannerie (cf. l’épisode du plateau de Conlie sous le gouvernement Gambetta).
          Et ce ne sont pas tant les hussards noirs de la République qui ont permis aux Bretons de sortir de leur misère que les propositions du CELIB, créé en 1950.

          • A déménagé le 13 juillet 2012
            • Posté à 11h42 le 02/04/2012
            • Internaute 2907

            C’est parce que je connais l’histoire de la Bretagne que je sais qu’elle est sortie de la misère de l’après-guerre grâce à des décisions politiques de la France gaulienne (usine marémotrice de la Rance, antenne de Pleumeur Bodou, centre de recherche telecom, base de sous marins nucleaire, etc)

        6 autres commentaires
  • dzan
    • Posté à 09h27 le 01/04/2012
    • Internaute 26357

    Ah qué ün brèvè trabail, si quo fo què nous tornen a l’écolo par apprénè l’occitan limousi ! ! !

    • servianes
      servianes répond à dzan
      òme d'òc
      • Posté à 19h00 le 01/04/2012
      • Internaute 99498
        òme d'òc

      Mas aoumens aouren lou plasé de parlar ambe de moundé que parloun la lengo nòstro quand faren de tourisme !

  • Victoire Ailée
    Victoire Ailée
    Attend l'envol
    • Posté à 11h20 le 01/04/2012
    • 183222
      Attend l'envol

    Clairement POUR !

    Préserver les langues est l’un des enjeux majeurs de notre siècle : des langues hypercentrales étouffent les 6000 autres idiomes que compte notre planète.

    Sauver des langues et maintenir la diversité linguistique permettent entre autres de sauvegarder des connaissances ainsi que de préserver un patrimoine immatériel millénaire, fruit de l’imagination du génie humain. « On habite pas un pays, on habite une langue », disait Emil Cioran.

    La France compte 75 langues régionales, mais il est inscrit dans l’article 2 de la Constitution que « la seule langue officielle de la République est le français ». Les langues régionales sont néanmoins inscrites dans le patrimoine de la France, et ce depuis 2008.

    Avec plus ou moins de vitalité (pour l’occitan, il y a encore près de 3 000 000 de locuteurs, soit 20% des habitants de l’Occitanie ; 70 000 élèves dans cet espace, une culture et une littérature prolifiques), les langues minoritaires en danger dans le monde sont au nombre de 2473, selon l’UNESCO (soit 40%). Une langue meurt tous les 15 jours sur notre planète. Si rien n’est fait, 90% des langues vont disparaître d’ici à un siècle...

    La Charte Européenne de 1992 (anticonstitutionnelle) permettrait donc de mieux protéger le patrimoine linguistique de la France. Il faut tout de même noter que la France s’est engagée à en appliquer 40% des dispositions.

    Pour consulter un TPE sur les langues régionales et leur place dans la société française, c’est ici : TPE Langues et mondialisation

  • jimili
    jimili
    67
    • Posté à 15h17 le 01/04/2012
    • 184276
      67

    ne retrouvant pas la dernière réponse de lokiel, je donne simplement comme réponse qu’un + ne correspondra jamais à un - !

  • A déménagé le 13 juillet 2012
    • Posté à 15h54 le 01/04/2012
    • Internaute 2907

    L’éclatement de la France en petites régions merdeuses est un des grands projets du mondialisme libéral (diviser pour régner)

    Comme tout projet débile, il a de bonnes chances de se produire !

    • femmedesbois
      • Posté à 16h21 le 01/04/2012
      • Internaute 93115
        dans sa forêt

      Alors ça fait un moment que ça dure.... Il y a un siècle, il n y avait que quelques états en Europe : l’Empire Britannique, l’empire Austro-Hongrois, l’Empire Ottoman, la France et quelques autres comme la Suède et l’Italie mais des pays qui font partie du paysage à l’époque comme la République Tchèque, la Hongrie, la Pologne, l’Irlande, la Grèce, etc... relevaient de la pure fiction. Et étaient probablement considérés comme des « régions merdeuses » comme vous le dites si gentiment !

      Et des langues comme le tchèque et l’irlandais étaient en train de disparaître je suppose pour votre plus grand bonheur...

  • De que n'i a
    De que n'i a
    Non Determinee
    • Posté à 16h09 le 01/04/2012
    • 184323
      Non Determinee

    Juste une correction sur l’article.
    La France au moment de la signature de la charte en 1999 ne s’engageait nullement à ce que l’on puisse comparaître en justice ou signer un contrat de travail dans une langue régionale, comme mentionné dans l’article.

    Le lien suivant donne des explications sur les engagement des états. En bref, huit principes généraux à respecter et ensuite 35 engagements minimum au choix sur près de 100.

    La france a signé pour 39 engagements (détails). On voit que la seule disposition prévue pour la justice est la mise à disposition des principaux textes législatifs en langues régionales et que la disposition concernant le contrat de travail n’a pas été retenue (article 13.1.a).

    Les langues régionales pâtissent trop souvent d’une vision erronée, instrumentaliser politiquement la ratification de cette charte en invoquant le communautarisme est ridicule quand on voit la portée de cette charte.

    Les langues sont faîtes pour communiquer, aller vers les autres... d’ailleurs, une langue a diverses expressions : elle se lit, s’écrit, se parle bien sûr, mais aussi se chante, se danse... bref se vit. La ratification de cette charte ne changerait donc pas la face de la France. Elle apporterait juste un signal positif à ceux qui, chaque jour, perpétuent la langue que parlent et parlaient leur parents et grands-parents.

  • pantou
    pantou
    roumpe bala
    • Posté à 16h57 le 01/04/2012
    • Internaute 106048
      roumpe bala

    Il faut une vision de gauche non jacobine sur les langues
    Pour une vision de gauche sur les langues de France :
    Lien

  • pantou
    pantou
    roumpe bala
    • Posté à 16h59 le 01/04/2012
    • Internaute 106048
      roumpe bala

    Il faut une vision de gauche non jacobine sur les langues
    Pour une vision de gauche sur les langues de France :
    Lien

  • rafael_monfort
    rafael_monfort
    Analyste
    • Posté à 18h17 le 02/04/2012
    • Internaute 139109
      Analyste

    De La Rochelle à Nice via Montluçon , on a nul besoin de cet ordre jacobin qui souhaite préserver une république moribonde enfumée d’une démocratie de papier , nul besoin des gens au-dessus de ces lignes pour écouter leurs élucubrations sur les façons dont nous voulons et souhaitons vivre .
    OCCITANA , plus qu’une langue et au delà de l’idiome une culture qui regarde plus vers Barcelonne que vers Paris . OTOCTANIA , néologisme , pas si sur , qui est né de cette terre , si tu veux venir en jouir alors respecte là .

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