Pour/Contre 30/03/2012 à 15h30

Pour ou contre la police de proximité ou « pol’ prox » ?

Carole Boinet | Journaliste

La tragédie de Toulouse a remis le thème de la sécurité au cœur de la campagne. A gauche, l’accent est mis sur la nécessité de recréer une police de proximité.

La « pol’ prox », comme on la surnomme, est instaurée pour la première fois en 1998 sous le gouvernement Jospin – à l’initiative de Jean-Pierre Chevènement –, avant d’être abandonnée en 2003 par Nicolas Sarkozy.

« Vous n’êtes pas des travailleurs sociaux »

Lors d’un déplacement du ministre de l’Intérieur d’alors à Toulouse, Jean-Pierre Havrin, directeur départemental de la sécurité publique, lui raconte qu’un match de rugby a été organisé entre les forces de l’ordre et les jeunes d’un quartier. Nicolas Sarkozy le sermonne :

« Vous n’êtes pas des travailleurs sociaux. Organiser un match de rugby c’est bien, mais ce n’est pas la mission première de la police. »

La politique de prévention est enterrée, remplacée par une politique interventionniste.

La police de proximité est désormais au cœur des débats sur la sécurité dans la campagne présidentielle. François Hollande, lui, en fait les louanges, se posant en héritier de Lionel Jospin :

« J’essaye de garder ce qui marche. La police de proximité, ça marche. »

Jean-Luc Mélenchon (Front de Gauche) et Eva Joly (Europe Ecologie - Les Verts, EELV) prévoient également de rétablir une police de proximité en cas de victoire.

La pol’ prox n’a pas uniquement conquis la gauche. Sans la nommer, François Bayrou (MoDem) y faisait explicitement référence lors de son premier grand meeting au Zénith de Paris, le 25 mars, exprimant le souhait de « remettre les forces de police dans les quartiers qui sont devenus des zones de non-droit ».

Alors, pour ou contre la police de proximité ?

1

Pour

  • Elle permet de renouer le dialogue avec les citoyens

La police de proximité vise à instaurer une relation de confiance avec la population et les acteurs locaux.

Pour François Hollande, ces forces de police attachées à un quartier doivent avant tout dialoguer avec les familles pour prévenir la délinquance « dès la petite enfance » :

« Plus on aide les familles, plus on peut réduire le nombre de jeunes qui demain seront en difficulté. »

En travaillant main dans la main avec les citoyens, la police de proximité est plus dans le dialogue que dans le conflit, et contribue ainsi à humaniser le travail des forces de l’ordre.

  • Elle est dans la prévention de la délinquance

En échangeant au quotidien avec la population, la police de proximité est en mesure de prévenir d’éventuels troubles à l’ordre public, et facilite donc le travail de renseignement et d’arrestation. Jean-Pierre Havrin, ancien patron de la police toulousaine, revient sur l’utilité de ces forces de l’ordre dans son livre « Il a détruit la police de proximité » (éd. Jean-Claude Gawsewitch), publié en novembre 2010. En décembre dernier, il expliquait à Marianne :

« On a mis des policiers qui patrouillaient à pieds, toujours les mêmes, qui connaissaient les gens. Les gens les connaissaient. C’était une action très préventive donc, mais aussi répressive car ils connaissaient bien le quartier. Ils étaient bien renseignés et avaient des tuyaux qui nous permettaient d’avoir une action judiciaire très forte. »

Plusieurs personnalités politiques de gauche estiment que la tragédie de Toulouse résulte en partie d’un manque de présence policière sur le terrain. Pour Yannick Jadot, député européen d’EELV et membre du comité stratégique d’Eva Joly, la pol’ prox est un élément clé de la lutte contre le terrorisme :

« A partir du moment où certains quartiers sont abandonnés, où il n’y a plus de police de proximité capable d’entretenir des relations avec la population, qu’on stigmatise une communauté musulmane qui est le premier rempart de l’intégrisme, le renseignement n’a plus d’accès facile à une information qui permet de neutraliser le terrorisme. »

Constamment sur le terrain et donc au contact des citoyens, la police de proximité est en mesure d’identifier les dérives de certains. C’est la raison pour laquelle la territorialisation des forces de l’ordre est nécessaire selon Stéphane Gatignon, maire écologiste de Sevran (Seine-Saint-Denis), qui fustige l’organisation policière actuelle :

« On a une police trop centralisée qui est aveugle et sourde, qui n’a pas les moyens de voir quelqu’un dériver au jour le jour. »

  • Elle est au service de la population

Interrogé sur RFI en novembre 2010, Jean-Pierre Havrin explique :

« La police de proximité, elle, était au service des citoyens. Aujourd’hui, avec les statistiques, elle est au service du pouvoir. »

Une opinion que partage le socialiste François Rebsamen, chargé de la sécurité dans l’équipe de campagne de François Hollande. Lors d’une rencontre avec l’Agence d’informations spécialisées sécurité globale en décembre dernier, il déplorait le fait que la police soit « devenue uniquement une force de maintien de l’ordre » et ne soit « plus perçue comme au service du public ».

2

Contre

  • Elle coûte cher
Dans le programme de François Hollande...

La sécurité de proximité que souhaite mettre en œuvre le candidat socialiste passe par un renforcement des effectifs de la Justice, de la police et de la gendarmerie, à hauteur de 1 000 postes par an sur la durée du quinquennat. Une mesure dont le coût est estimé à 180 millions d’euros par an. S’ajoutent à ces charges de personnel supplémentaire, des dépenses de fonctionnement.

La mise en œuvre d’une police de proximité coûte cher. Elle exige le déploiement de forces de l’ordre sur tout le territoire, et la création de structures déconcentrées, commissariats et postes de police.

Pour Patrice Bergougnoux, le coût de cette police de terrain rend sa mise en œuvre difficilement réalisable à l’heure actuelle. Cet ancien directeur de la police nationale (1998-2002) dresse un bilan mitigé de la police de proximité dans « L’Intérieur » (éd. Fayard), un livre d’entretiens réalisés avec le journaliste Frédéric Floquin :

« Ce qui est vrai, c’est que le contexte actuel est plus difficile que celui de 1997. Les violences ont fortement augmenté tandis que les moyens budgétaires se sont raréfiés. Le déploiement de la police de proximité ne pourrait donc s’envisager de la même façon, il devrait cibler en priorité les quartiers sensibles. »

C’est l’objectif de François Hollande, qui compte créer des « zones de sécurité prioritaires » dans lesquelles seraient concentrés les moyens pour lutter contre l’insécurité.

Mais selon Le Parisien, le bilan réalisé suite au déploiement en 1999 d’une police de proximité sur cinq sites pilotes expérimentaux (Nanterre, Puteaux, Asnières, Genevilliers, et Colombes) avait révélé que les perturbateurs migraient vers des quartiers sur lesquels n’intervenaient pas de police de proximité.

  • Elle peut favoriser le clientélisme des élus locaux

Dans « L’Intérieur », Patrice Bergougnoux révèle la pression exercée par les élus locaux, qui réclamaient tous leur police de proximité :

« La Police de proximité suscitait une énorme attente. Les élus locaux faisaient pression pour avoir chacun la sienne, et nous avons répondu à leurs attentes. [...] Aurions-nous dû résister davantage aux demandes des maires, désireux de bénéficier en même temps de cette réforme ? Nous avons certainement manqué de temps. »

  • Elle ne s’inscrit pas dans une politique de résultats

A droite, la police de proximité est souvent jugée inefficace. C’est ce qu’affirmait Brice Hortefeux, ex-ministre de l’Intérieur, le 6 février dans un communiqué :

« Chacun sait que la police de proximité n’a jamais fait baisser la délinquance dans notre pays. Entre 1997 et 2002, les violences aux personnes avaient même augmenté de 55% en seulement cinq ans. »

Mais les statistiques de la délinquance sont à prendre avec des pincettes. L’augmentation ou non du nombre de faits constatés varie en fonction des comportements des victimes (dépôt de plaintes) et de la police (enregistrement des plainte). La hausse du nombre de violences enregistrées n’impliquent pas nécessairement la hausse des violences réelles.

  • Elle est une « police de politesse »

Le 20 avril 2011, lors du lancement des « patrouilleurs“’, l’actuel ministre de l’Intérieur Claude Guéant se défendait de recréer une police de proximité, expliquant que les forces de l’ordre ne devaient pas se transformer en ‘assistants sociaux’.

Avant lui, Brice Hortefeux s’en était déjà pris à la pol’ prox sur i>Télé, reprenant la critique émise par Nicolas Sarkozy en 2003 :

‘On a dit non à la police de proximité telle qu’elle était : les policiers étaient transformés en espèce de socio-éducateurs sportifs.’

Cet argument a depuis été repris par Eric Ciotti, député UMP des Alpes-Maritimes, qui compare la pol’ prox à une ‘ police de politesse ’. Pour lui, la police actuelle est plus efficace car elle est ‘recentrée sur son cœur de métier’ à savoir ‘faire respecter la loi de la République’.

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  • Corbeyran de Saint-Fiacre
    Corbeyran de Saint-Fiacre
    La religion ? Elle ne passera (...)
    • Posté à 15h38 le 30/03/2012
    • Internaute 100358
      La religion ? Elle ne passera (...)

    Bonne nouvelle, on va en savoir plus sur ce que nous réserve le candidat du Peuple si, par malheur, il est réélu. On planche sur un programme à l’UMP. Et oui, ça vous en bouche un coin non ? Pour les mauvais esprits qui vont dire qu’il était temps la preuve est ici :
    La pépinière bosse à donf
    Mauvaises langues !

    • Vivre libre ou mourir
      Vivre libre ou mourir répond à Corbeyran de Saint-Fiacre
      Europe ? SALOPE !
      • Posté à 16h35 le 30/03/2012
      • 182797
        Europe ? SALOPE !

      C’est un nouveau concept plein de « français d’apparence » vont se précipiter le 22 avril pour voter pour des gens dont ils ne savent absolument pas quel est leur programme, et ils seront sûrs d’eux en y allant voter pourtant ! : -)

      Ah l’idéologie de droite...

    • guilhemibos
      guilhemibos répond à Corbeyran de Saint-Fiacre
      chercheur
      • Posté à 20h04 le 30/03/2012
      • Expert 125374
        chercheur

      Je reve ou les commentaires de l’article du figaro sont TOUS negatifs ? Le figaro ne filtre pas les com ou c’est devenu un repere de gauchiste ?

  • Samuel Vimaire
    Samuel Vimaire
    Dipolmate morporkien.
    • Posté à 15h57 le 30/03/2012
    • Internaute 140339
      Dipolmate morporkien.

    Pourquoi « Elle ne s’inscrit pas dans une politique de résultats » est dans la catégorie « contre » ?

    Elle coûte cher
    Qu’est-ce que l’argent comparé à la vie humaine ?
    La délinquance gâche des vie, la délinquance peut tuer... La police de proximité est une mesure à long terme. Les mesures sur le long terme ne donnent que très rarement des résultats immédiats, mais progressivement, elles deviennent efficaces sur la durée et même sur l’instant et bien moins chères que des mesures ponctuelles arrivant après les drames.
    Il faut rompre avec ces politiques de chiffres et de courts termes qui sont la négation même de l’efficience.

    • Carole Boinet
      Carole Boinet répond à Samuel Vimaire
      Auteur(e) de l'article Journaliste
      • Posté à 16h24 le 30/03/2012
      • 179799
        Journaliste

      J’ai mis « Elle ne s’inscrit pas dans une politique de résultats » dans la catégorie « contre » car c’est un des arguments qu’opposent les détracteurs de la police de proximité à son rétablissement.

      • Samuel Vimaire
        Samuel Vimaire répond à Carole Boinet
        Dipolmate morporkien.
        • Posté à 16h28 le 30/03/2012
        • Internaute 140339
          Dipolmate morporkien.

        Il s’agissait d’une question rhétorique, mais merci de vous être donné la peine de répondre. :)

      • Vivre libre ou mourir
        Vivre libre ou mourir répond à Carole Boinet
        Europe ? SALOPE !
        • Posté à 16h37 le 30/03/2012
        • 182797
          Europe ? SALOPE !

        vous savez Yann doit vous dire plein de mal de nous mais on est adorables en fait hein... : -)

      • caro
        caro répond à Carole Boinet
        délinquante avérée
        • Posté à 17h25 le 30/03/2012
        • Internaute 6484
          délinquante avérée

        en disant ça, vous vous placez du côté sarkozysto-hortefeuxien qui juge uniquement sur des résultats tangibles avec quota à la clé et ce n’est pas très clair. Vous semblez basculer vers la subjectivité alors que l’article se veut « objectif » autant que faire se peut.

    • kawouede
      • Posté à 16h26 le 30/03/2012
      • Internaute 27995

      Ben oui mais du coup Carole Boinet vous légitimez leurs arguments. Or un vrai travail de journalisme ne consisterait pas plutôt à les déconstruire ? (ça vaut aussi pour les « pour » mais en l’occurrence il faut être de mauvaise foi pour ne pas voir ce qu’on a perdu en sécurité réelle depuis la suppression de la pol’prox en 2003 par Sarkozy)

      • Vanderdecken
        Vanderdecken répond à kawouede
        Marin d eau forte
        • Posté à 17h33 le 30/03/2012
        • 182467
          Marin d eau forte

        Sans être aussi « agressif » vis à vis de la pauvre auteur de l’article, je pense qu’il aurait été utile de bien comprendre qui est Bergougnoux : en effet, sa carrière de météorite de simple officier de paix à préfet, directeur général de la police nationale, avec le passage par le syndicalisme policier, la maçonnerie et la proximité avec Joxe apportent un éclairage assez particulier sur le bonhomme.
        L’histoire de la police de proximité est une chose ; la façon dont la sphère Sarkozy a modelé la Police en est une autre, et c’est un problème crucial, surtout au soir d’une opération antiterroriste lancée sur l’ensemble du territoire, dans les milieux islamistes, à 6 semaines des élections ...
        En clair, se poser des questions sur la police de proximité, c’est très bien et il faut évidemment la redéployer ; s’en poser sur la DCRI - qui est aussi une réforme initiée par la gauche dès 1988 quand, à l’initiative de Mitterrand, l’ancien préfet de la Nièvre (Fournet) avait été nommé Directeur des renseignements généraux puis directeur de la surveillance du territoire - en est une autre. Et elle est brûlante si on se pose des questions sur la réelle personnalité de Merha et surtout sa réelle importance au sein de la nébuleuse terroriste ...

  • John Merrick
    John Merrick
    pachyderme que ça
    • Posté à 16h22 le 30/03/2012
    • 179410
      pachyderme que ça

    C’est bien connu : les miséreux, les pauvres, les relégués, les stigmatisés, les déchus, les refoulés, les sacrifiés de la Rrrrrépublique (avec des trémolos dans la voix) n’ont pas besoin d’aide sociale, une bonne matraque suffit.

    De toute facon, un anthropo-sociologue expert es diversité de la trempe d’Hortefeux ne peut pas se tromper.

  • kawouede
    • Posté à 16h24 le 30/03/2012
    • Internaute 27995

    Sarkozy a fait une grave erreur sur le plan de la sécurité de notre pays, ou plutôt en supprimant la police de proximité en 2003 il a enflammé les relations entre certains jeunes et la police, d’où des embrasements et une situation très conflictuelle. Mais c’était payant électoralement, donc il n’a pas de raison de changer de cap.

    Le sarkozisme est un danger pour la démocratie, comme dit François Chérèque

    • Vivre libre ou mourir
      Vivre libre ou mourir répond à kawouede
      Europe ? SALOPE !
      • Posté à 16h39 le 30/03/2012
      • 182797
        Europe ? SALOPE !

      c’était voulu, il savait très bien que la police de proximité était efficace mais lui il a besoin d’insécurité pour que les gens votent pour lui alors les bonnes idées à la poubelle et on exacerbe les haines et les violences ! Bref l’ump...

  • Samuel_A
    Samuel_A
    Expat'
    • Posté à 16h25 le 30/03/2012
    • Internaute 112135
      Expat'

    Il faut signaler aussi qu’une police de proximité fait nécessairement augmenter les statistiques policières de la délinquance, et que c’est une bonne chose, pour une raison simple :

    Les commissariats de proximité, dans les quartiers, rendent beaucoup plus facile de porter plainte, permettent de relever même les incivilités, les dégradations, ce genre de choses. Alors que quand il faut aller au commissariat de centre-ville (souvent très engorgés), les gens renoncent, personne ne porte plainte (et les dégradations continuent). Ce qui certes fait baisser les chiffres de la délinquance, mais n’est pas très bon pour l’ordre public et la tranquillité des français.

    • underground
      underground répond à Samuel_A
      chomeur
      • Posté à 16h56 le 30/03/2012
      • 182271
        chomeur

      Ouais enfin « rende + facile de porter plainte » faut voir aussi ...

      Parce que, la en moins d’un an j’ai près de 3 cas de femmes qui ont désiré déposer plainte a la police pour 3 agressions, dont 2 très similaires (violences conjuguales) et 1 liée a de la délinquance classique d’agression ...

      Ou elles se sont vu ni + ni - remballée par les flics refusant de prendre leur dépot de plainte !

      Parler de commissariats pour déposer + facilement des plaintes, ok mais alors a condition de faire le ménage aussi dans la police :

      Car il existe en France un plain pouvoir arbitraire TOTAL a ce niveau ... Même s’il existe des recours (on peut toujours aller en toucher un mot au procureur qui la prendra éventuellement, ou dans une gendarmerie éventuellement aussi qui l’a prendra d’autant + s’il y a forte concurrence éthique locale ... Ce qui est fréquent selon les régions) Mais une chose est sure :

      La France traine une certaine merde au cul par le biais de sa police qui peut exercer son petit diktat concernant des affaires graves de violence ou elle a et de multiple fois refusé de faire suite ou de prendre des plaintes carrément

      Le problème de la police en France n’est pas qu’un problème d’effectif et ou de la localisation ... Il y a aussi des problèmes d’éthiques clairs ou il faudra bien un jour ou l’autre mettre un grand coup de pied dans la fourmillière et virer de la brebis galeuses par qui le pourrissement est la !

      Pour moi refuser assistance, écoute, et dépot de l’exercide de ses droits a une femme par le biais de la police EST UN CRIME d’une lacheté inouie !

      Et on a des exemples encore + grave quand on se rend compte que c’est le même comportement de certains flics qui a fait qu’a toulouse la police n’a pas voulu s’occuper de son cas quand 2 femmes (d’origine maghrébine) ont voulu déposer plainte contre lui après des agresssions caractérisées ... De mohamed merah ! ! !

      La police en france sait aussi jouer a la grande salope ... A quand le karsher sur cette racaille la ?

  • pablico
    pablico
    Co-NOBEL de la Paix
    • Posté à 16h27 le 30/03/2012
    • Internaute 14278
      Co-NOBEL de la Paix

    On peut comparer la police de proximité à un tuteur qui empêche souvent les jeunes arbres de pousser tordus.

    La police de proximité est une infrastructure comme une autre..
    comme un tuteur est l’infrastructure du petit arbre qui pousse...
    souvent le seul tuteur familial ne suffit pas...

    • Le Renifleur
      Le Renifleur répond à pablico
      loin d'ici
      • Posté à 23h18 le 30/03/2012
      • Internaute 136986
        loin d'ici

      l’ancêtre de polprox...

      Certes pablico, certes...

      Cependant :
      « Si tu vois un policier au bout de la rue...
      ...T’as intérêt à prendre tes jambes à ton cul ! »

      proverbe du Kampuchéa démocratique

  • super_lapin
    super_lapin
    couillon de la classe moyenne
    • Posté à 16h39 le 30/03/2012
    • Internaute 135884
      couillon de la classe moyenne

    Je propose pour la semaine prochaine un débat du même niveau :

    Pour ou contre la sécurité sociale ou « sécu » ?

    Pour :
    - c’est bien la sécu
    - c’est solidaire
    - Dans sécu, y a le mot cul, c’est drôle !

    Contre :
    - Ca coute cher
    - c’est de l’assistanat (c’est Eric Ciotti qui le dit)

  • Vivre libre ou mourir
    Vivre libre ou mourir
    Europe ? SALOPE !
    • Posté à 16h42 le 30/03/2012
    • 182797
      Europe ? SALOPE !

    Pour à fond bien entendu, pour tout ce qui pourrait remplacer à terme la police et la prison qui ne sont que les instruments de la peur et une honte à la condition humaine bien plus belle que ce que ces gens croient...

  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 17h29 le 30/03/2012
    • Internaute 6484
      délinquante avérée

    pour ou contre la « pol’prox » ? tout dépend du sens qu’on veut donner à « prévention ».
    La véritable prévention démarre avec l’école, la formation, le boulot, et les activités comme le sport, la musique et arrêter de faire des quartiers ghettos en supprimant tous les services publics
    La prévention à la sarko-hortefeux, c’est retirer tous les services dans les quartiers, ne plus donner de moyens aux associations, en faire des déserts, pousser les jeunes à bout et les arrêter pour faire du chiffre. La proximité, c’est aussi créer des « citoyens volontaires » vrais délateurs, auxiliaires de police.

    • mauser
      mauser répond à caro
      • Posté à 11h17 le 31/03/2012
      • Internaute 4683

      En attendant les policiers volontaires à mi temps comme en hollande et ils vont rècupérer leurs armes ...

  • Marcantoines
    Marcantoines
    trouveur
    • Posté à 17h25 le 30/03/2012
    • Internaute 55044
      trouveur

    La question devrait être posée de la manière suivante.
    Votre budget est fixé. Vous pouvez augmenter le pourcentage consacré à la police, mais dans ce cas vous serez obligé de diminuer celui relatif à l’éducation, l’emploi des jeunes, etc...
    Ou alors, on peut poser une question plus spécifique à l’intérieur du budget consacré à la justice et à la sécurité. Vous pouvez augmenter le pourcentage consacré à la police de proximité, mais dans ce cas vous serez obligé de diminuer celui relatif à la surveillance de.., etc....
    Le problème avec les socialistes, c’est qu’il réfléchisse à court terme en pensant que l’Etat Providence Français est immensément riche.
    La réalité, c’est que nous sommes dans un pays endetté, avec un taux de chômage énorme, qu’il va bien falloir faire des choix.
    Le mien va vers la création d’emplois productifs dans les nombreux secteurs industriels où nous sommes déficients.
    Et j’en ai marre de voir mes impôts s’envoler pour combattre la délinquance, les incivilités, ou pour aider la solidarité sociale, les collectivités locales, les avantages de nos élus, la redondance administrative, payer les intérêts de la dette, ...

    « Plus d’usines et surtout moins de blabla “.
    De la rigueur budgétaire et de l’incitation pour devenir des fabricants, des créateurs, des innovateurs, des entrepreneurs. Et vous verrez qu’ il y aura moins besoin de policiers si il y a plus de boulot dans ce pays.

    • Vivre libre ou mourir
      Vivre libre ou mourir répond à Marcantoines
      Europe ? SALOPE !
      • Posté à 17h43 le 30/03/2012
      • 182797
        Europe ? SALOPE !

      « La question devrait être posée de la manière suivante.
      Votre budget est fixé. Vous pouvez augmenter le pourcentage consacré à la police, mais dans ce cas vous serez obligé de diminuer celui relatif à l’éducation, l’emploi des jeunes, etc... »

      Alors vous quand on pose une question aux gens ils ne devraient avoir qu’une réponse à donner. Ah l’esprit manipulateur de la droite et cette intolérance qui vous caractérise tant...

  • Paglop
    Paglop
    Allergique à l'hypnose.
    • Posté à 17h40 le 30/03/2012
    • 183516
      Allergique à l'hypnose.

    Police partout, sécurité nulle part ? La police dite de proximité est courante dans la plupart des démocraties sans faire débat. Dans de nombreux pays, elle n’est d’ailleurs pas, ou peu armée. Elle permet une approche plus directe de la population et ses connaissances des territoires est exploitée à plein par les services d’investigation.
    Le problème est qu’en France, une politique du chiffre dont le détail laisse pantois en matière d’honnêteté intellectuelle dissuadera de la remettre en place. Dans un pays ou la moindre contractuelle sera à terme considérée comme tenue de résoudre des enquêtes, on voit souvent s’opposer des conceptions sur ce corps d’état à priori difficilement conciliables.
    Les policiers ne sont pas des travailleurs sociaux mais impriment ,par les relations qu’ils entretiennent au quotidien avec la population, les éléments positifs ou non de la présence de l’état.
    Quand on passe, dans certains quartiers, de l ’absence de Police à des déploiements massifs d’hommes en cagoule, c’est un aveu d’échec.
    Curieusement, on a toujours confié ces choix à des hauts fonctionnaires sans tenir compte de l’avis des policiers.
    La création des polices municipales a également crée une fracture sécuritaire entre les villes. C’est enfin un sujet de polémique électorale dont certains élus se sont faits les champions alors que l’égalité de chacun devant la sécurité devrait aller de soi.
    Ajoutez qu’on aborde jamais ce problème autrement qu’après des faits divers tragiques et vous obtenez le cocktail parfait pour qu’on risque pas de prendre les meilleurs mesures avant longtemps.

    • pateris
      pateris répond à Paglop
      serial lecteur
      • Posté à 18h22 le 30/03/2012
      • 174584
        serial lecteur

      Il faut bien avoir de quoi remplir les prisons privées Bouygues, sinon, comment voulez-vous qu’il fasse ses marges ? : (

  • zygzornifle
    zygzornifle
    Poussière d'étoiles
    • Posté à 17h58 le 30/03/2012
    • Internaute 160367
      Poussière d'étoiles

    Pour ou contre la police de proximité ou « pol’ prox » ?

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 18h16 le 30/03/2012
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    La politique de Sarkozy consiste à ne faire que de la répression.
    1) Mettre des caméras de vidéo-surveillance, pardon de vidéo-protection ne fait dans le meilleur des cas que de constater le délit et éventuellement en retrouver le ou les auteurs quand les images sont exploitables et dans le pire déplacer les problèmes dans les quartiers « aveugles » aux caméras.
    2) Envoyer des escadrons de CRS pour faire de la présence dans les quartiers sensibles n’est en fait que de la provocation stérile si cette présence n’est qu’occasionnelle.
    Revenir faire de la prévention dans les quartiers les plus chauds, ceux qui cumulent le plus de handicap avec la délinquance et la drogue, avec des policiers aguerris est non seulement une solution de bon sens mais elle permettra de renouer des liens distendus par 10 ans de tensions entre la police et les citoyens

  • pateris
    pateris
    serial lecteur
    • Posté à 18h21 le 30/03/2012
    • 174584
      serial lecteur

    Donc, en gros, pas de policiers « éducateurs sociaux » pour empêcher les jeunes de déconner, mais tous les moyens à la répression pour faire du chiffre une fois qu’ils sont lancés. Il doit y avoir une logique là-dessous, mais elle m’échappe un peu…

  • Anastaze
    Anastaze
    inconsolable absolument
    • Posté à 10h58 le 31/03/2012
    • Internaute 53186
      inconsolable absolument

    (on défonce les portes et on crie « police ! » ensuite seulement... alors qu’il suffirait de sonner)

    C’est vrai que l’engueulade scénarisée de Jean-Pierre Havrin à Toulouse, en 2003, a été l’acte fondateur de la marche du Ministre de l’Intérieur Sarkozy, vers un pouvoir toujours plus répressif d’un Président de la culture du résultat.

    C’est vrai aussi, à propos de résultat, que le fiasco sécuritaire de toutes les forces de l’ordre (y compris le Ministre de l’Intérieur Guéant, présent sur le théâtre d’opérations), se soit aussi déroulé à Toulouse est plus qu’un symbole et aucune opération « coup de poing » anti-islamiste ne pourra l’effacer.

    Comme pour ajouter à l’incurie gouvernementale, on peut aussi se demander pourquoi cette opération de la Guerre des Civilisations (« un peu comme le traumatisme qui a suivit le 11/9 », « de la petite politique ») si médiatisée ne s’est pas déroulée avant les meurtres, de l’école de Toulouse ? Le constat est simple à faire, soit les forces de police étaient au courant pour Merah, alors pourquoi, ce laxisme ? Soit elles ignoraient, alors pourquoi cette incompétence ?

    Si on considère, tout ce désastre, il n’y a plus de place pour un débat, car ce n’est pas une affaire d’alternative (« fly tox » vs « pol’ prox » ?). Les faits ont parlé et continuent à parler obstinément, et la réalité est têtue, et ce ne sont pas des opérations de guerre, d’inspiration coloniale, sur le territoire national, au hasard des « apparences », qui résoudront les questions de sécurité.

    La véritable question posée, c’est : Doit-on, encore une fois, sacrifier la sécurité des citoyens et la cohésion nationale, au profit exclusif de la communication d’un candidat à la présidence et financée par les citoyens ?

  • Lionel06
    Lionel06
    Dessoucheur
    • Posté à 18h54 le 30/03/2012
    • Internaute 30683
      Dessoucheur

    Eric Ciotti est un imbécile élu par des imbéciles...

  • Opiniata
    Opiniata
    Etudiant en sciences politiques
    • Posté à 18h58 le 30/03/2012
    • 184228
      Etudiant en sciences politiques

    Les polices de proximité doivent être comparées avec les Brigades Anti- Criminalité (BAC) dont le développement est le fruit de la politique sécuritaire de Nicolas Sarkozy... Des brigades totalement déconnectées des habitants, suréquipées et qui coûtent cher au contribuable.

    Les nombreux dérapages de ces brigades, censées réduire la délinquance dans les zones de « non-droit », ne font qu’accentuer la tension sociale.

    Entre BAC et police de proximité, mon choix est fait !

  • Lionel06
    Lionel06
    Dessoucheur
    • Posté à 19h04 le 30/03/2012
    • Internaute 30683
      Dessoucheur

    Dessin de notre ami Chimulus : Lien

  • Lionel06
    Lionel06
    Dessoucheur
    • Posté à 19h05 le 30/03/2012
    • Internaute 30683
      Dessoucheur

    Dessin de Charb.

  • frapadingue
    frapadingue
    le cul entre deux chaises
    • Posté à 19h58 le 30/03/2012
    • Internaute 56548
      le cul entre deux chaises

    la légalisation et la taxation de la production de la vente et de la consommation de cannabis généreraient suffisamment de revenu pour l’état pour financer le retour de la police de proximité.

  • célajavableue
    célajavableue
    retraité
    • Posté à 21h42 le 30/03/2012
    • Internaute 155990
      retraité

    Revenir à la réalité de terrain. Et si tu ne connais pas le terrain , bonjour !

  • psych0Dad
    psych0Dad
    sociopathe
    • Posté à 22h30 le 30/03/2012
    • Internaute 81504
      sociopathe

    Je suis assez sidere du fait qu’on n’evalue presque jamais l’efficacite de la police. il me semble qu’il y a quelques annees elle revendiquait un taux d’elucidation de moins de 33%. La police ne resoud pas les affaires. Elle n’est pas non plus particulierement efficace quand il s’agit d’empecher les crimes. Je me suis fait agresser. J’ai vu des gens se faire agresser. Ce que je n’ai jamais vu c’est un polcier intervenir pour mettre fin a une agression.

    Au fil des annees j’en suis arrive a la conclusion qu’une baisse drastique des effectifs de la police ne changerait pas grand chose. S’il faut faire des economies pour satisfaire les obsessions budgetaires de nos « amis » allemands, qu’on commence par les poulets.

  • Zabo2
    Zabo2
    NRV
    • Posté à 23h29 le 30/03/2012
    • Internaute 91008
      NRV

    Le fait même que les « perturbateurs » migrent vers les quartiers qui n’ont pas de police de proximité est la preuve que cela fonctionne bien !

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 23h42 le 30/03/2012
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    « La police de proximité vise à instaurer une relation de confiance
    avec la population et les acteurs locaux
     ».

    Sakozy l’a supprimée, cette Police de proximité - efficace pourtant - parce qu’il n’entrevoit pas la relation du citoyen avec sa police autrement qu’en un rapport de force, via une politique qui génère la peur et la crainte, davantage que le respect.

    Aujourd’hui, tenter de parler à un flic, c’est risquer l’incident... car dès le premier mot adressé à un fonctionnaire de police, il y en a 5 ou 6 autres qui rappliquent - l’air mauvais - et vous toisent, comme si vous aviez une ceinture de bombe sous votre blouson ou un pétard dans la poche révolver. C’est dingue.
    ....et ça roule des mécaniques, même pas fichus de vous donner le renseignement demandé, qu’il s’agissent d’une adresse ou de tout autre chose.

    • lebondoscié
      lebondoscié répond à Yvon le Zébulon
      Clair-obscurantiste
      • Posté à 00h46 le 01/04/2012
      • Internaute 150550
        Clair-obscurantiste

      Il l’a supprimée pour mieux pouvoir la remettre en place, on a compris comment ça marche maintenant, heureusement le net est là, cette énorme machine à rafraichir les mémoires et à défraîchir les vraies fausses réformes.

  • huutaa
    huutaa
    Même pas avec des pincettes.
    • Posté à 00h30 le 31/03/2012
    • 183774
      Même pas avec des pincettes.

    La proximité est aussi une stratégie du renseignement .
    Pour lutter contre la délinquance, les polices du monde entier sont sans cesse à la recherche de meilleures méthodes de travail et de stratégies. La plus connue des stratégies utilisées de nos jours est la police de proximité (Community Policing). Pratiquement toutes les doctrines modernes reprennent des éléments de cette conception d’une police tournée vers la satisfaction des besoins de la population. Toutefois, une nouvelle doctrine accordant une place prépondérante au renseignement connaît un certain développement depuis les attentats du 11 septembre 2001 : l’Intelligence-Led Policing (ILP), que l’on peut traduire par « renseignement criminel de sécurité » ou « application de la loi axée sur le renseignement ».

    Pour lutter contre la délinquance, les polices du monde entier sont sans cesse à la recherche de meilleures méthodes de travail et de stratégies. La plus connue des stratégies utilisées de nos jours est la police de proximité (Community Policing). Pratiquement toutes les doctrines modernes reprennent des éléments de cette conception d’une police tournée vers la satisfaction des besoins de la population. Toutefois, une nouvelle doctrine accordant une place prépondérante au renseignement connaît un certain développement depuis les attentats du 11 septembre 2001 : l’Intelligence-Led Policing (ILP), que l’on peut traduire par « renseignement criminel de sécurité » ou « application de la loi axée sur le renseignement ».

    L’ILP a pour origine les plans de renseignement policier mis en œuvre au Royaume-Uni au milieu des années 90 ( démarche initiée par la Kent Constabulary). Le postulat de base est que la police, qui perd trop de temps à répondre à des situations d’urgence, doit reprendre l’initiative en visant (Targeting) préventivement les délinquants connus. L’ILP s’est étendue en Australie, Nouvelle-Zélande, avant de connaître un succès aux États-Unis après les attentats du 11 septembre 2001. La nouvelle appétence pour le renseignement s’explique par le manque de coordination prévalant entre les agences spécialisées américaines. Pour cette raison, il n’existe pas une définition ou un schéma uniques d’ILP.

    Il est important de souligner cette différence entre les agendas poursuivis aux États-Unis et au Royaume-Uni. Pour les Britanniques, la mise en œuvre de l’ILP était un moyen de redonner à la police l’avantage de l’initiative. Aux États-Unis, l’ILP a eu pour mission, après les échecs qui ont mené aux attentats du 11 septembre, de fédérer les efforts de renseignement et de favoriser les échanges d’information entre les différentes agences.

    La mise en œuvre de l’ILP n’est pas neutre pour les services de police et possède un certain nombre d’implications. Tout d’abord, elle présuppose de diversifier les sources du renseignement criminel de sécurité : informateurs de la police, interrogatoires de suspects, analyse de la délinquance et des appels, surveillance des suspects, agences partenaires, informations en provenance de la population, etc. De façon corollaire, l’obtention et la compréhension du renseignement imposent une démarche partenarialevisant à diversifier les sources de renseignement et à s’assurer le concours de compétences non spécifiquement policières. Lien

    Frédéric Lemieux
    Criminologie, vol. 38, n° 2, 2005, p. 65-89. Lien

    La collecte et l’analyse des informations relatives à la perpétration d’un
    crime ne sont pas des activités récentes dans l’histoire de la police.
    Aussi loin que l’on puisse remonter, la collecte d’indices, le recueil des
    témoignages, l’utilisation d’informateurs et la formulation d’hypothèses
    ont toujours caractérisé la démarche d’un détective. Cependant, au
    cours des deux dernières décennies, des considérations économiques,
    organisationnelles, politiques et technologiques, sont venues formaliser
    le traitement de l’information au sein des services policiers. L’usage du
    renseignement criminel1 a permis de structurer le travail de la police et
    de parfaire les connaissances des enquêteurs en orientant leurs investigations vers une modélisation théorique du crime organisé. L’essor du renseignement
    criminel fait également suite à une désillusion quant à l’efficacité des
    méthodes traditionnelles de lutte contre les crimes de droits communs
    au cours des années 1980, notamment en ce qui a trait à l’incapacité
    des services de police à anticiper et à comprendre l’importante augmentation
    des taux de la criminalité de cette époque. Enfin, les nombreux
    scandales concernant les techniques d’interrogatoire, les échecs
    de la surveillance des criminels récidivistes et la délinquance prolifique
    ont également contribué à faire progresser l’Intelligence-led-policing.
    Par ailleurs, les années 1980-90 ont été marquées à la fois par une
    rationalisation des interventions des pouvoirs publics dans le champ de
    la sécurité intérieure et par une crise de confiance de la population à
    l’égard de la police (Home Office, 1995 ; Johnston, 1992 et 1999). Cette
    conjoncture a favorisé l’émergence d’un nombre considérable d’acteurs
    non gouvernementaux dans le domaine de la sécurité venant ainsi redéfinir
    le paradigme de l’action policière (Bayley et Shearing, 2001). Cette restructuration s’est notamment traduite par l’instauration d’une nouvelle
    gouvernance de la sécurité dans laquelle la rentabilité et le rendement
    sont devenus des paramètres incontournables. En effet, les acteurs institutionnels
    et sociaux exigent désormais une plus grande efficience des
    organisations policières accentuant ainsi la pression afin qu’elles réduisent
    leurs coûts de fonctionnement et la taille de leur administration.
    Ce contexte de rationalisation devait sonner le glas de la réactivité policière
    orientant plutôt les services policiers vers une proactivité opérationnelle
    souscrivant à des indicateurs de performance et à une culture du résultat

    Bien que le modèle actuel préconise la concentration des
    efforts et des ressources policières sur des objectifs « prioritaires », les
    résultats de ce ciblage ne semblent pas infléchir les taux de la criminalité.
    Pourquoi ? Essentiellement parce que le renseignement n’est pas
    tant destiné à concevoir des résultats quantifiables qu’à générer des
    connaissances et un apprentissage organisationnel. L’activité de renseignement consiste à traiter l’information dans le but de mieux comprendre l’environnement criminel et ses composantes (groupes, individus, etc.). Elle permet également aux organisations policières de mettre sur pied et d’affiner leurs opérations de prévention ou de répression.
    Le renseignement criminel possède des finalités stratégiques et tactiques
    qui sont à la fois distinctes et complémentaires2. Le premier a pour
    objectif la création de connaissances concernant les particularités d’un problème de sécurité. Il s’intéresse à la nature d’un phénomène criminel,
    aux particularités des marchés illicites et aux ressources dont dispose l’organisation
    policière pour lutter contre la criminalité. Parce que l’environnement
    criminel croît en complexité et en volatilité, le renseignement
    stratégique a également pour fonction d’anticiper l’évolution spatiotemporelle
    des problèmes criminels. De plus, il offre la possibilité
    d’analyser différentes informations quant à l’évolution de phénomènes
    socio-démographiques, socio-économiques, technologiques et politiques
    afin de mieux comprendre comment et jusqu’à quel point la criminalité
    est susceptible d’être affectée par ces changements. De manière
    générale, le renseignement stratégique oriente le processus décisionnel
    en tenant compte des objectifs organisationnels. Il a pour fonction de
    guider les gestionnaires dans le choix des stratégies de contrôle de la
    criminalité et des phénomènes criminels prioritaires.
    Quant au renseignement tactique, il est essentiellement nominatif et
    permet de mieux connaître une cible criminelle, et ce, dans une fenêtre
    de temps rétréci. Plus particulièrement, il s’intéresse aux délinquants, à
    leurs activités, à leur réseau de contacts, aux capitaux qu’ils détiennent
    et aux autres informations d’ordre personnel Afin de mieux comprendre
    les changements qui surviennent dans les milieux criminels, les organisations
    policières recourent à des opérations de renseignement ponctuelles
    (tactiques) à l’aide de filatures, d’écoutes électroniques et
    d’informateurs. Ces activités de surveillance permettront, par exemple,
    de mieux connaître l’ampleur, la capacité, les forces et les intentions
    des groupes d’individus associés au crime organisé. L’analyse des informations
    recueillies dans le cadre de ces opérations de renseignement
    permet de soutenir le travail des enquêteurs dans les affaires criminelles
    complexes (codélinquance, crimes sériels, etc.). Enfin, que ce soit sur le
    plan stratégique ou tactique, les activités de renseignement criminel
    portent également sur l’évaluation rigoureuse des répercussions découlant
    des interventions policières ou de tout autres mesures appliquées
    par le système judiciaire. Les analyses postopérationnelles ont pour
    objectif la constitution d’un savoir pratique quant à l’efficacité des
    méthodes et des procédures utilisées dans la lutte contre la criminalité.
    Elles représentent un des piliers de l’apprentissage organisationnel.
    En somme, le renseignement criminel sous-tend un travail intellectuel
    qui vise l’accroissement, le renouvellement et l’utilisation des connaissances
    afin de guider les décisions et orienter les opérations policières.

  • huutaa
    huutaa
    Même pas avec des pincettes.
    • Posté à 00h36 le 31/03/2012
    • 183774
      Même pas avec des pincettes.

    La police de proximité n´est pas une création du ps :
    Imaginée dès 1995 par Jean-Louis Debré, ministre de l’Intérieur du gouvernement Alain Juppé, La loi du 21 janvier 1995 d’orientation et de programmation relative à la sécurité mettait cependant en place la notion de « coproduction de la sécurité », qui s’est notablement exprimée au travers une nouvelle doctrine d’emploi des forces de police, la police de proximité, que l’on doit notamment aux travaux de l’Institut National des Hautes Études de Sécurité intérieure (IHESI) créé en 1989.

    Initiée lors du colloque de Villepinte, définie au Conseil de Sécurité Intérieure du 27 janvier 1999, mise en oeuvre en avril 1999 à Paris avec la réforme de la Préfecture de Police et le lancement d’expérimentations sur l’ensemble du territoire, la police de proximité va être étendue à toutes les circonscriptions relevant de la police nationale.

    Cette réforme a pour objectif de faire évoluer la police nationale d’une police essentiellement réactive, et mobilisée sur les missions de maintien de l’ordre vers une police plus anticipatrice, plus proche et plus à l’image de la population, capable d’apporter, en matière de sécurité des réponses satisfaisantes aux attentes légitimes de nos concitoyens. Pour ce faire, la police de proximité fera appel à toutes les possibilités de la prévention, de la dissuasion comme de la répression.

    Une doctrine d’emploi précise et adapte a été élaborée. Elle repose sur cinq modes d’action fondamentaux permettant d’instaurer une relation de confiance entre la police et la population, de prendre en compte ses besoins effectifs et de lutter avec efficacité contre l’insécurité au quotidien.

    1) En premier lieu, la police de proximité est fondŽe sur la territorialisation l’action policière doit être ordonnée autour de territoires bien identifiés. Il doit s’ensuivre une présence visible et connue de la population, et la plus grande partie des missions de police liées à la sécurité au quotidien doivent être exercées au plus près des habitants.

    2) En deuxième lieu, la police de proximité se doit être en contact permanent avec la population, ce qui se traduit notamment par un partenariat actif avec tous Tes acteurs de sécurité partenariat dont le contrat local de sécurité est le cadre par excellence. Par ailleurs, la relation avec le public est fondée sur l’écoute, le dialogue et le recueil des attentes de la population en matière de sécurité.

    3) En troisième lieu ,le policier de proximité exerce sur son territoire la plénitude des missions de police, y compris de police de judiciaire. Il est polyvalent et n’est pas enfermé ou contraint par une spécialisation.

    4) Quatrième mode d’action : la responsabilisation des fonctionnaires. A chaque secteur et quartier correspond un responsable policier bien identifié, chef d’une équipe compétente sur le territoire considéré. Le policier de proximité agit en fonction d’objectifs d’action destinés à répondre aux besoins exprimés.

    5) Enfin, le service rendu à la population et à son amélioration doivent guider l’organisation du service et les missions à traiter au plus près des habitants : doit notamment être assurée une meilleure prise en compte des victimes et des personnes fragilisées ou en difficulté.

    Une réforme donnant lieu à une évaluation continue

    Dès le lancement des expérimentations, une procédure d’évaluation -action a été intégrée dans cette démarche.

    Une mission d ’évaluation placée sous l’(égide de l’inspection générale de la police nationale a été installée à cette fin dès septembre 1999.

    Elle a effectué au denier trimestre 99 une première évaluation sur 24 sites dont les 5 circonscriptions pilotes.

    Une seconde évaluation portant sur une trentaine d’autres sites d’expérimentation s’est achevée à lami-février.

    Leurs conclusions ont d’ores et déjà permis de procéder à un certain nombre d’adaptations, notamment les modalités de généralisation.

    Par ailleurs, un groupe de travail associant le ministère de la justice et le ministère de l’Intérieur est mis en place pour examiner l’exercice des missions de police judiciaire par la police de proximité et les relations dans ce domaine avec les autorités judiciaires.

    DES MESURES D’ACCOMPAGNEMENTS CONSEQUENTES
    1 Un plan de formation ambitieux
    2 Une véritable stratégie de communication
    3 Une mobilisation des effectifs sur les missions de police de proximité
    4 Des moyens de fonctionnement adaptés aux besoins

    En plaçant les besoins de sécurité exprimés par nos concitoyens au cœur de se s préoccupations, la police de proximité renforce le contrat républicain qui unit les citoyens à la République et rend à la police nationale sa véritable vocation et toute sa légitimité : assurer pour tous et en tous lieux un droit égal à la sécurité. Lien

    Comment évaluer l’impact du travail
    des policiers de proximité ?
    Frédéric Ocqueteau Lien

    Aux États-Unis, la police de proximité constitue l’un des changements majeurs
    de ces dernières décennies dans le domaine du droit. La recherche
    n’a pourtant pas réussi à prendre la mesure des pratiques discursives
    contextuellement situées par lesquelles les initiatives en matière de police
    de proximité sont mises en oeuvre et ses résultats produits à l’intérieur de
    la bureaucratie juridique. Nous examinons ici comment la culture du partenariat
    entre la police, la communauté et les chercheurs est mise en oeuvre
    discursivement comme une réalité juridique qui modèle et est modelée
    par l’interaction des membres, et, plus spécifiquement, comment les
    interlocuteurs manipulent l’ambiguïté, le style indirect et les paroles rapportées
    pour réinventer les frontières juridiques, l’identité et la différence.

    le simple fait que le Président
    et le Congrès des États-Unis aient voté un budget de 1,3 milliard
    de dollars au titre de la police de proximité dans le budget
    fédéral de l’année 2001 est l’indice d’une tendance majeure à
    promouvoir cette façon de faire la police . Lien

  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 05h25 le 31/03/2012
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro

    Faudrait surtout une police à proximité des grands patrons et des trésoriers de partis...

  • Claude P.-
    Claude P.-
    Capitaliste Socialiste
    • Posté à 09h07 le 31/03/2012
    • 182348
      Capitaliste Socialiste

    Ce qui serait intéressant, c’est de disposer d’une justice de proximité, rapide, réactive, sans complaisance, pour traiter efficacement les auteurs d’actes de petite délinquance, les incivilités, sans entrer dans les méandres juridiques qui font que :

    - l’on ne poursuit pas des actes pourtant dument répréhensibles (et préjudiciables à autrui) ;

    - ou l’on poursuit 2 ou 3 ans après ce qui n’a plus de sens pour le délinquant ;

    - ou les juges trouvent une bonne raison pour évoquer un doute virtuel, une petite faille juridique, qui permet la remise en liberté indue...

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