Pour ou contre l'interdiction de vendre un logement énergétivore ?
François Hollande, une fois n’est pas coutume, se rapproche des propositions des écologistes : il veut interdire la vente des logements classés F ou G sur le plan énergétique. « Ça m’étonne qu’il propose ça, c’est un peu coercitif », souligne, dans un sourire, la responsable énergie de la campagne d’Eva Joly, Hélène Gassin.
Sollicités par Amorce, l’association des collectivités territoriales et des professionnels pour une gestion locale des déchets et de l’énergie, tous les candidats à l’élection présidentielle devaient se prononcer ce mardi 27 mars sur une série de propositions.
Parmi les plus remarquables, celle-ci, présentée par le candidat socialiste. Est-ce une bonne idée ?
Pour
Si l’on veut se conformer à l’« objectif facteur 4 » auquel s’est engagée la France (c’est-à-dire diviser par quatre d’ici à 2050 nos émissions de gaz à effet de serre), il faut bien s’attaquer au problème du bâtiment, secteur qui constitue près d’un tiers de l’ensemble des émissions françaises.
Depuis 2006, il est obligatoire de faire faire un diagnostic énergétique à l’occasion de la vente d’un logement. Désormais, si François Hollande est élu, un logement qui consomme plus de 330 kWh par m2 par an ne pourra être mis en vente.
Une idée qui trotte dans la tête des écologistes depuis le Grenelle de l’Environnement. Hélène Gassin, vice-présidente (EELV) de la région Ile-de-France :
« L’idée c’est d’obliger à la rénovation, et le plus malin c’est de le faire au moment des ventes. Reste à trouver le mécanisme et à savoir qui fait la rénovation, le vendeur ou l’acheteur.
Si le vendeur fait les travaux qui ne plaisent pas à l’acheteur, ça peut être dommage, et si l’acheteur doit ajouter 15 à 20 000 euros au prix du logement, il faut qu’il puisse. »
Contre
Si l’idée est saluée sur le papier, reste à savoir comment la mettre en œuvre. Notamment pour tous les logements collectifs, dont la rénovation dépend d’une décision collective prise par le bailleur ou les copropriétaires.
« Il faudra trouver un système incitatif pour la rénovation », insiste Denis Baupin, adjoint au maire de Paris et conseiller d’Eva Joly.
Surtout, la mesure du candidat socialiste est censée faire partie d’un vaste plan de lutte contre la précarité énergétique, qui touche 3,8 millions de Français. Rappelons que rentrent dans cette catégorie les ménages dans l’impossibilité de se chauffer ou qui consacrent plus de 10% de leurs revenus pour se chauffer.
Selon le dernier mémento de l’Anah (l’Agence nationale de l’habitat), il y a plus de 7 millions de logements concernés par la mesure, c’est-à-dire ayant une étiquette énergie F et plus.
Ce qui fait dire à Karima Delli, eurodéputée EELV et spécialiste de ces sujets :
« [La mesure de François Hollande] ne règlera pas la question de fond, à savoir les locataires et les “copros” [copropriétés, ndlr]. De plus, ce n’est pas seulement à la vente qu’il faut obliger à la rénovation. Et puis comment aider les petits propriétaires à rénover leurs logements ? Il faut nécessairement un tiers investisseur. »
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Honni soit qui manigance...
Honni soit qui manigance...
Nous venons de racheter une maison ancienne (donc pas de classement énergétique) avec beaucoup de travaux...
La rénovation était en filigrane dans l’achat et il me serait apparu aberrant de ne pas l’isoler complètement, ne serait-ce que pour ne pas la payer deux fois...
Je sais de quoi je parle !
Lors de l’achat, il aurait pu m’être indiqué un barème de prix pour estimer à la fois le prix de la mise aux normes d’isolation actuelle et la différentielle de coût du chauffage (et l’économie réalisée) sur les 5 ans à venir, par exemple.
C’est simple, quoiqu’on en dise, facile à faire d’une manière empirique (on n’a pas besoin du chiffre à la virgule près) et permettrait aux acquéreurs de mettre en rapport le prix d’achat de leur logement et son coût réel...
Actuellement, on leur dit le prix que les vendeurs en veulent... avec ces éléments chiffrés, nul doute que les négociations prendraient une autre tournure !
C’est exact que, lors d’achat dans des collectifs, l’isolation et la remise en état du chauffage est nettement plus difficile à estimer, mais la contrainte du blocage de la vente serait un levier excessivement fort pour obliger les syndics à faire leur travail...
En dernier, si beaucoup de logements ne sont pas isolés, c’est parce que le prix d’achat est tellement élevé que les ménages n’ont plus d’argent ensuite pour faire les travaux !
Un peu de modération dans les prix ne peut être que bénéfique à tous.




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