Tribune 15/03/2012 à 14h40

Appel aux assises : l'idée de Sarkozy lèserait les victimes de viol



Au tribunal de grande instance de Paris. (Philippe Wojazer/Reuters)

En meeting à Bordeaux le 3 mars, bis repetita du président-candidat : Nicolas Sarkozy annonce qu’il veut permettre aux parties civiles de faire appel des condamnations pénales de leurs agresseurs qu’elles jugeraient insatisfaisantes.

Cette réforme qui peut sembler équitable à première vue – c’est fait exprès – serait en réalité un profond remaniement du système judiciaire français.

En France, la sanction pénale, autrement dit la peine, est l’affaire de la société. La partie civile n’est pas censée requérir une peine (mais en pratique, elle le fait) et elle n’a pas le droit de faire appel (mais en pratique, elle demande au procureur de le faire pour elle). Ce système évite ainsi que la justice se transforme en un règlement entre les parties.

Aujourd’hui, deux types de victimes peuvent être satisfaites en sortant d’un procès :

  • celles dont l’agresseur a écopé du maximum – bien que ce ne soit jamais assez ;
  • celles qui ont pu bénéficier d’un procès qui a pris son temps.

Il faudrait déjà appliquer la loi

Respecter les victimes, c’est leur permettre d’accéder à une justice qui a les moyens de les écouter. Or, bien que les textes le permettent, la politique pénale du président en interdit précisément l’accès. Les victimes de viol n’ont pas besoin de cette nouvelle loi : elles ont besoin de l’application des lois qui existent déjà.

Par exemple, elles souhaitent bénéficier d’un procès devant la cour d’assises, comme la loi le prévoit, et de pouvoir être reconnues comme victimes d’un crime.

On leur confisque pourtant ce droit parce que les cours d’assises coûtent trop cher et que la politique pénale du gouvernement demande aux magistrats de « correctionnaliser » ces affaires.

En pratique, l’agresseur est mis en examen pour viol – c’est-à-dire pour une agression sexuelle avec pénétration – et encourt quinze ans d’emprisonnement. En fin d’instruction, le juge propose gentiment à la partie civile, pour son bien naturellement, de « correctionnaliser » son affaire – c’est-à-dire d’accepter un jugement devant le tribunal correctionnel.

La pénétration disparaît de l’incrimination

Pour qu’elles acceptent de n’être plus victime que d’un délit, le juge leur dira :

  • que le jugement aura lieu beaucoup plus tôt (ce qui est juste) ;
  • que leur agresseur pourrait donc rester détenu alors qu’il risquerait sinon d’être libéré (ce qui est du chantage) ;
  • qu’elles seront indemnisées de la même manière (ce qui est faux).

Si elles l’acceptent, la pénétration disparaît de l’incrimination. Les faits seront requalifiés en « agression sexuelle » et le prévenu n’encourra plus que cinq ans d’emprisonnement. Dire qu’on entend Nicolas Sarkozy réclamer des peines plus sévères…

On demande aux parties civiles d’accepter elles-mêmes la déqualification de ce qu’elles ont vécu. Elles l’acceptent souvent la mort dans l’âme pour en terminer dans un délai raisonnable.

Aller aux assises, un parcours du combattant

Pour celles qui n’acceptent pas, c’est le parcours judiciaire du combattant. Comme si le traumatisme ne suffisait pas. La semaine dernière, des victimes de viols collectifs, désespérées d’attendre une date pour leur procès devant la cour d’assises, ont alerté les médias. Elles ont déposé plainte en 2005 et attendent toujours.

Nicolas Sarkozy peut augmenter le nombre de jurés populaires. Il peut donner le droit de faire appel (et ainsi noyer le poisson). Si les auteurs de viol encourent cinq ans d’emprisonnement et les parties civiles n’ont finalement qu’un procès de deux heures devant un tribunal correctionnel, c’est un choix politique. Les victimes ont sa compassion mais rien d’autre. Surtout pas son budget.

Comment imaginer avoir été entendu en deux heures ? Comment être satisfait de la sanction ? Une peine donnée en deux heures, quelle qu’elle soit, reste une peine donnée en deux heures. A titre de comparaison, deux heures c’est :

  • trois fois moins que le temps consacré par les juges au procès en diffamation suite à une enquête des Inrockuptibles sur le financement de la fédération PS du Pas-de-Calais, où tout l’enjeu demeure une amende ;
  • douze fois moins que le temps consacré à Eric Zemmour dans le même genre d’affaire ;
  • probablement autant que la gifle donnée par un maire à un gamin.

La victime responsable de l’échec de la justice

Plutôt que de leur donner les moyens de bénéficier d’un véritable procès devant une cour d’assises qui prend le temps de les écouter, Nicolas Sarkozy propose aux victimes de pouvoir faire appel d’un jugement bâclé. C’est-à-dire d’avoir la chance d’être deux fois insatisfaites.

Il pourra ensuite vanter le succès de sa mesure car il est certain que les parties civiles useront de ce droit d’appel. Elles le feront parce que la condamnation est toujours sans rapport avec la douleur. Elle le serait encore même si les victimes choisissaient la peine à infliger.

Avec cette réforme, l’insuccès de la peine (c’en est toujours un) ne sera plus l’échec de la société, mais aussi celui de la victime, responsable de son procès, de son appel et finalement de sa peine.

Comme en 2007, le président-candidat fait beaucoup de bruit pour les victimes. La répétition de ses annonces est surtout la preuve de son échec.

MERCI RIVERAINS ! Lem87
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  • zygzornifle
    zygzornifle
    Poussière d'étoiles
    • Posté à 14h47 le 15/03/2012
    • Internaute 160367
      Poussière d'étoiles

    Appel aux assises : l’idée de Sarkozy lèserait les victimes de viol

    On m’a violé 2 ans de retraite.........

  • Vivre libre ou mourir
    Vivre libre ou mourir
    Europe ? SALOPE !
    • Posté à 14h56 le 15/03/2012
    • 182797
      Europe ? SALOPE !

    Belle analyse en profondeur. Bravo et encore !

    • Vanderdecken
      Vanderdecken répond à Vivre libre ou mourir
      Marin d eau forte
      • Posté à 13h27 le 16/03/2012
      • 182467
        Marin d eau forte

      Oui ...
      Mais cet appel pose un autre problème : donner le droit d’appel aux victimes (parties civiles) à la suite d’un arrêt rendu en cour d’assise, c’est aussi retirer la légitimité du peuple souverain, en la personne de jurés tirés au sort.
      Les délibérations du jury sont secrètes et les décisions (sur la culpabilité et sur la sanction) sont rendues « en âme et en conscience ».
      La possibilité d’appel aux assises était déjà un coin très dangereux, mais il visait principalement à protéger les désignés coupables d’une possible erreur judiciaire. La petite mesurette démagogique d’un matin de campagne présidentielle s’attaque en réalité à un des principaux fondements de tout l’édifice juridique de notre République.

  • Joseph Gratteur
    Joseph Gratteur
    Working class bléro
    • Posté à 15h05 le 15/03/2012
    • Internaute 164574
      Working class bléro

    Faut pas réfléchir à la place du candidat président, vous croyez vraiment qu’il est allé au delà de son petit slogan ?
    Juste une annonce, un soir de meeting dans le feu de l’action pour galvaniser les foules vengeresses, un peu de démagogie empathique à l’égard des victimes volées par la justice alors que les délinquants demeurent trop impunis, hein , ca ne peut pas nuire pour séduire tous ces électeurs terrorisés par les infos télévisées
    Ca me rappelle un fringant ministre de l’intérieur qui voulait supprimer les portables et les scooters des jeunes qui font rien qu’à nous embêter.
    Et il lui reste encore moins de deux mois pour débiter ce genre de conneries..
    Elle n’en finit plus, cette naze campagne électorale.

  • spleenlancien
    spleenlancien
    Merde à l'or
    • Posté à 15h08 le 15/03/2012
    • Internaute 78672
      Merde à l'or

    Quel que soit le domaine abordé, social, éducation, santé, environnement, politique étrangère, justice, le gniaf aura tout foiré.
    Qui peut citer une réussite flagrante ?

    • Joseph Gratteur
      Joseph Gratteur répond à spleenlancien
      Working class bléro
      • Posté à 15h13 le 15/03/2012
      • Internaute 164574
        Working class bléro

      Allons, allons, tu oublies la défense réussie du pouvoir d’achat du Président de la République.

    • Non et non
      Non et non répond à spleenlancien
      fatigue sans fin
      • Posté à 15h52 le 15/03/2012
      • 178927
        fatigue sans fin

      Sa Rolex !

    • caro
      caro répond à spleenlancien
      délinquante avérée
      • Posté à 19h04 le 15/03/2012
      • Internaute 6484
        délinquante avérée

      une réussite flagrante ? ah, si, il y en a une, mais elle date de 2007, dans la loi de prévention de la délinquance, quand il était encore ministre de l’intérieur
      Le flagrant délit pour mineurs
      Depuis la loi du 5 mars 2007, les mineurs de plus de treize ans peuvent faire l’objet d’une procédure spécifique de présentation immédiate devant le juge des enfants wikipedia

      • benderattaque
        benderattaque répond à caro
        Gargamel grolandais
        • Posté à 11h39 le 16/03/2012
        • 182063
          Gargamel grolandais

        il y en a d’autres des réussites flagrantes : avoir transformé le pays des droits de l’homme en terrain de chasse à roms et a maliens, avoir donné un chèque de 30 millions d’euros chaque année à Mamie Bettencourt, s’être acheté un avion présidentiel à je ne sais plus combien de centaines de millions d’euros... Des réussites flagrantes pour lui et ses potes... pour nous par contre...

    • bobcloclimar
      bobcloclimar répond à spleenlancien
      S'interroge
      • Posté à 11h45 le 16/03/2012
      • Internaute 92481
        S'interroge

      J’en vois bien une seule, l’interdiction de fumer dans les lieux publics ; si un couillon me répond « la liberté et tout ça », ce n’est pas un argument car les cigarettiers et l’éthique, c’est incompatible.

  • Fantomax
    Fantomax
    génie du mal
    • Posté à 15h27 le 15/03/2012
    • Internaute 157606
      génie du mal

    6 mai 2012 : François Hollande est élu Président de la République avec 53% des voix.

    - C’est pas assez, on fait appel. On veut que Sarko prenne au moins 60% dans sa face.

    • Autruchette
      Autruchette répond à Fantomax
      Dieu est mort !
      • Posté à 17h22 le 15/03/2012
      • Internaute 134171
        Dieu est mort !

      70 !

    • lecteur-liseur
      lecteur-liseur répond à Fantomax
      lecteur
      • Posté à 17h42 le 15/03/2012
      • Internaute 168212
        lecteur

      50% plus une voix

      c’est plus rageant

      ça fait plus mal

      • caro
        caro répond à lecteur-liseur
        délinquante avérée
        • Posté à 19h05 le 15/03/2012
        • Internaute 6484
          délinquante avérée

        il serait capable d’accuser Carla : -))

         
        • MauvaisPoil
          MauvaisPoil répond à caro
          bonarien
          • Posté à 13h25 le 16/03/2012
          • Internaute 143332
            bonarien

          Non ! ! ! ! Pas Carla. Faut pas se moquer de Carla.
          Tous les jours elle tremble pour son Nico. Elle a peur qu’il « meure » à travailler 28 heures par jour pour le bien de SON peuple.

        1 autres commentaires
  • alldress99
    alldress99
    Maritale
    • Posté à 15h28 le 15/03/2012
    • 177405
      Maritale

    Fouyaaaa ! ENFIN un article de qualité sur la Rue ! Ca manquait depuis des jours !

    Merci pour cette analyse très vraie et intéressante ! Et merci pour ce vrai travail : correctement écrit, pas de mauvaise foi patente, pas un titre racoleur à souhait.

    Attention Laure, Pépérdriel va vous tomber dessus !

  • Claude P.-
    Claude P.-
    Capitaliste Socialiste
    • Posté à 15h32 le 15/03/2012
    • 182348
      Capitaliste Socialiste

    Moi je trouve très amusant de voir les amis de DSK défendre les victimes de viol !

    Vraiment très amusant, ce d’autant qu’il est toujours membre du PS et soutient « tout naturellement » François Hollande...

    J’entendrai les leçons de justice émanant du parti strauss-kahnien lorsqu’il aura officiellement annoncé qu’il écoute la parole des femmes agressées sexuellement et/ou violées et qu’il ne se réfugie pas derrière la présomption d’innocence pour bafouer les victimes en les traitant de menteuses, de manipulatrices, ou je ne sais quoi...

    Avant de faire du juridisme, parlons juste !

    • Pi.K
      Pi.K répond à Claude P.-
      Vilain Parisien
      • Posté à 15h59 le 15/03/2012
      • Internaute 105016
        Vilain Parisien

      « Bonjour, moi c’est Claude P., sous-fifre de la nouvelle extrême-droite propre sur elle, je n’ai rien à répondre parce que j’ai vraiment trop le nez dans mon caca pour ça, alors j’essaie de contourner le sujet mais ça foire lamentablement. »

    • Calimaille
      Calimaille répond à Claude P.-
      ah bon
      • Posté à 18h53 le 15/03/2012
      • 176780
        ah bon

      Heureusement que vous êtes là pour nous rappeler l’équation essentielle de la vie, de l’univers et de tout le reste :
      DSK = PS = rue89 = violeurs hypocrites = 42.

      Grâce à vous j’ai tout compris.

    • Yp2
      Yp2 répond à Claude P.-
      Sale gauchiste d'IEP
      • Posté à 20h45 le 15/03/2012
      • Internaute 71496
        Sale gauchiste d'IEP

      Sinon, vous avez un argument ou ce post c’était juste pour vous décrédibiliser ?

    • We want a shrubbery
      We want a shrubbery répond à Claude P.-
      Fonctionnaire à chat. Ni!
      • Posté à 08h45 le 16/03/2012
      • Internaute 100046
        Fonctionnaire à chat. Ni!

      Vous mollissez mon vieux, vous n’êtes même pas le premier à réagir. Vous cuviez ou vous venez de trouver du travail ?

  • Anastaze
    Anastaze
    inconsolable absolument
    • Posté à 17h51 le 15/03/2012
    • Internaute 53186
      inconsolable absolument

    « En France, la sanction pénale, autrement dit la peine, est l’affaire de la société. »

    Tout est là, la souveraineté du peuple, c’est ce que tout nostalgique de l’ancien régime, rêve d’effacer.

  • pierotokou
    pierotokou
    libre penseur
    • Posté à 16h28 le 15/03/2012
    • Internaute 77549
      libre penseur

    Ce que Sarkozy, comme l’auteur de cet article semblent oublier, c’est que la sanction pénale n’est pas là pour assouvir un désir de vengeance des victimes.
    Elle a pour objectif de dissuader et éventuellement exclure les inculpés de la société, pendant le temps de leur incarcération, afin de prévenir la récidive. Mis à part les condamnations à une réparation financière, la satisfaction des victimes n’est pas sensé rentrer en compte dans le jugement rendu.
    Seule la volonté de satisfaire la société en rendant un jugement équitable, devrait donc motiver les juges.
    Un coupable devrait être condamné à la même peine, pour les mêmes actes, que sa ( ses ) victime(s) soit en mesure ou non d’exprimer de manière convaincante sa douleur.
    On ne juge pas les victimes, mais les coupables

    • wormlore
      wormlore répond à pierotokou
      A l'ouest
      • Posté à 00h51 le 16/03/2012
      • Internaute 111683
        A l'ouest

      Relis l’article, lentement : c’est exactement ce qu’il explique. Et il denonce comme toi a l’instant que Sarkozy veut mettre ce modele a mal en cedant aux exigences des victimes, pour qui la douleur ne sera jamais compensee. La partie civile est censee representer la societe, pas la victime, et doit donc servir de tampon entre le desir de vengeance de la victime et la necessite d’une peine proportionnee.

      L’article denonce donc le fait que Sarkozy encourage la vision « proces = vengeance », il ne l’accredite pas pour autant.

  • luminalbe
    luminalbe
    L'inconnu n'est pas dangereux, (...)
    • Posté à 16h22 le 15/03/2012
    • Internaute 68745
      L'inconnu n'est pas dangereux, (...)

    Merci pour cet article.
    Chaque proposition que « m’sieur modeste » fait cache une sournoiserie, une fourberie, un piège. Dans chaque mot qu’il sort de sa bouche ( et Dieu sait combien il en sort par jour) il y a une fourberie, c’est epuisant, fatiguant un tel être sans aucune structure. Epuisant ! Nocif, un tel personnage peut rendre fou son environnement.

  • webjoyz
    • Posté à 16h36 le 15/03/2012
    • Internaute 166029

    à vomir, ce mec est à vomir ! !
    démago ! !

  • Delfi
    Delfi
    Enjaille la vie
    • Posté à 16h57 le 15/03/2012
    • 182451
      Enjaille la vie

    C’est tellement sale d’utiliser ces gens en leur faisant miroiter des promesses vaines et inadaptées juste histoire d’obtenir des voix. La politique est bien déprimante parfois ( surtout en ce moment )

    Très bel article en tout cas

  • Alexad
    • Posté à 17h00 le 15/03/2012
    • Internaute 8145

    Beurk.... !

  • Jaimz
    Jaimz
    ingénieur
    • Posté à 17h04 le 15/03/2012
    • Internaute 87110
      ingénieur

    Merci pour ce rappel de la différence entre les assises et la correctionnelle.
    Car peu de gens la connaissent et pas seulement pour les affaires de viol, pour toutes les affaires criminelles le juge d’instruction va favoriser la voie la plus « rapide », traduire la moins couteuse.
    Sauf que les criminels qui ne prennent « que » 5 ans, dont une parti en sursis pour bonne conduite voient très bien la faille dans la justice qui perd son objectif dissuasif.
    Il reste aux victimes la possibilité de saisir la Cours Européenne de Justice quand les délais des assises dépassent les normes judiciaires en vigueur (5 ans il me semble).
    Même si in fine cela consiste à poursuivre l’Etat, complice du criminel...

    • Yp2
      Yp2 répond à Jaimz
      Sale gauchiste d'IEP
      • Posté à 20h48 le 15/03/2012
      • Internaute 71496
        Sale gauchiste d'IEP

      La CEDH pour être plus précis.

  • Autruchette
    Autruchette
    Dieu est mort !
    • Posté à 17h27 le 15/03/2012
    • Internaute 134171
      Dieu est mort !

    C’est minable.

  • jmc06-
    jmc06-
    chasseur de gorille
    • Posté à 17h40 le 15/03/2012
    • Internaute 75030
      chasseur de gorille

    Si elles l’acceptent, la pénétration disparaît de l’incrimination. Les faits seront requalifiés en « agression sexuelle » voir effraction

  • yabon
    yabon
    Cyborg marxien en service
    • Posté à 17h46 le 15/03/2012
    • Internaute 98602
      Cyborg marxien en service

    On va avoir droit à une idée géniale par jour. Génial.

    • Boutauvent
      Boutauvent répond à yabon
      Testeur de temps libre
      • Posté à 18h41 le 15/03/2012
      • Internaute 45018
        Testeur de temps libre

      Oui, Sarkozy c’est le Vermot de la campagne électorale : une mauvaise blague par jour !

  • momo la salade
    • Posté à 18h16 le 15/03/2012
    • Internaute 110276
      foutus

    c petit moi j’suis pour que les victimes fassent justice elle même et sans appel avec l’aval des tribunaux

  • moni8
    moni8
    retraité
    • Posté à 18h22 le 15/03/2012
    • Internaute 77164
      retraité

    mais que ce président parte, il ne fait que des conneries. Que la justice fasse son travail en ouvrant une enquête sur l’affaire libyenne.

  • Naja Tiboulen
    • Posté à 18h52 le 15/03/2012
    • Internaute 76413

    Rarement lu un argumentaire aussi fallacieux.

    1. Faire appel d’un jugement aux assises, ce peut aussi être contester un acquittement. Et le fait d’être reconnu victime ou interdit de déclarer publiquement l’avoir été du fait de M. X, cela concerne la partie civile... n’en déplaise à l’auteure.

    2. Un droit d’appel n’équivaut pas à une prise de pouvoir qui confondrait juge et partie, ni à se voir octoyer une quelconque responsabilité sur le jugement et/ou la peine. Sans quoi, il faudrait abolir au plus vite le droit d’appel de l’accusé.

    3. Non, toutes les victimes ne jugent pas que la peine est toujours trop faible.

    4. Oui, il arrive qu’une peine soit si légère qu’elle revienne à un pur foutage de gueule. Moins d’un an de prison ferme pour des années de viols par un adulte responsable, c’est quoi sinon de la complaisance envers les violeurs ?

    5. Si l’accusé peut désormais faire appel du jugement d’assises, au nom de quel principe démocratique la partie adverse ne le pourrait pas ? Le principe de non-égalité des droits entre les parties ?

    Si l’on sort des préjugés et des raccourcis de l’auteure, je ne vois pas bien quelles raisons valables il peut rester pour s’opposer à ce droit d’appel.
    La crainte que les parties civiles fassent systématiquement appel lors d’un acquittement ? Pourquoi le feraient-elles plus souvent que les accusés ne font appel d’une condamnation et en quoi cela serait-il un mal ?
    La crainte qu’elles fassent toujours appel d’une condamnation en espérant que la peine soit alourdie.... au risque de voir l’accusé acquitté en appel ?

    D’accord cependant pour dire que M. Sarkozy se fend ici d’un pur effet d’annonce dans la mesure où il demeure silencieux sur le fait que certains droits des victimes ne sont pas respectés et que les moyens alloués à la justice ne permette pas à l’institution de fonctionner dans des délais raisonnables.

    • O.S
      O.S répond à Naja Tiboulen
      Non.
      • Posté à 10h34 le 17/03/2012
      • Internaute 127070
        Non.

      1 -> Ici la question n’est pas de permettre de faire appel de la décision de la cour concernant la culpabilité, mais de la peine a appliquer. Pour le premier cas, le ministère public est la pour ça.

      3 -> Ca reste néanmoins une majorité des cas.

      4 -> Une source pour votre exemple svp ? Après oui en effet les juges ne sanctionnent pas toujours par la peine inscrite dans la loi puisque la loi ne fait que fixer une peine minimale & maximale, l’’ajustement ce fait en fonction des cas...

      5 -> La partie adverse peut faire appel. En effet en France dans les affaires pénales c’est le ministère public qui poursuit les criminels au nom de la société et non les parties civiles qui n’ont qu’un rôle secondaire.

      • Naja Tiboulen
        Naja Tiboulen répond à O.S
        • Posté à 13h34 le 17/03/2012
        • Internaute 76413

        1. Ca a été déclaré précisément comme tel ? Pas ce que j’ai lu.
        Lien
        D’autres sources ?
        Affirmer qu’une telle éventualité n’aurait pas de sens car le ministère public serait déjà là pour ça, c’est votre avis, pas la preuve qu’il ne peut s’agir de donner le droit aux parties civiles de faire appel d’un acquittement.
        Mais je suis toute prête à être détrompée sur ce point. A vrai dire, cela ne m’étonnerait guère que l’UMP n’envisage les intérêts des victimes que sous l’angle de la sévérité de la répression des agresseurs, montrant ainsi qu’il n’est en fait pas du tout question des intérêts des victimes.
        Une militante que je connais a écrit à différents élus et candidats pour leur demander ce qu’ils comptaient faire côté prise en charge médicale des victimes d’inceste (rapport à une partie de la loi sur la répression de l’inceste qui a été ajournée aux calandes grecques). Le cabinet du président lui a répondu sur la répression accrue des condamnés. Affligeant.

        2. Vous n’avez pas commenté mon point 2. D’accord donc pour dire qu’un droit d’appel ne revient pas à octroyer une responsabilité et un pouvoir de jugement aux parties ? C’est sur cette prétendue menace que repose tout le propos de l’auteure...

        3. Une majorité, peut-être (une source ?). Mais l’auteure part du principe que TOUTES les victimes jugent que la peine n’est JAMAIS assez sévère. Or cela, c’est faux.
        Systématiser ainsi un comportement supposé à l’ensemble d’une population donnée, cela s’appelle un préjugé. Et faire reposer tout un développement d’idées sur ses préjugés personnels, ce n’est pas un argumentaire. C’est, au mieux, un sophisme.

        4. Ca ne va pas vous plaire : c’est une amie.
        Ceci étant, une rapide recherche sur google fournit d’autres exemples :
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        Pas habituel ni courant pour un verdict aux assises, mais ça arrive.
        Il est cependant clair que c’est en correctionnel que l’on trouve le plus de viols condamnés à quelques mois de prison ferme.
        Clairement, je ne parlais pas du fait de ne pas sanctionner de la peine maximale prévue par la loi. J’entendais juste rappeler que parfois la peine est si ridicule qu’elle revient à de la complaisance envers le crime. Que l’on soit tenté d’ignorer cette réalité pour ne pas risquer de faire malgré soi le jeu d’une idéologie sécuritaire, je peux le comprendre, sans franchement l’approuver. Mais laisser entendre qu’une peine ne saurait être trop légère autrement que dans les yeux d’une victime pour qui toute peine ne serait jamais assez sévère, ça me semble fleurer bon la mauvaise foi.

        5. OK. J’ai lu à ce propos un article plus fouillé, qui fait au moins l’effort de ne pas planquer la moitié des questions sous le tapis des poncifs habituellement servis sur les victimes en réaction à la propagande sarkozyste.
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        Bonne journée

         
        • O.S
          O.S répond à Naja Tiboulen
          Non.
          • Posté à 16h01 le 17/03/2012
          • Internaute 127070
            Non.

          1 -> Je n’ai pas d’autre source néanmoins c’est ainsi que j’ai compris l’article de Rue89.
          Ensuite en France au niveau pénal c’est la société au travers du Ministère public qui va demander des comptes au responsable du crime/délit (en fonction devant quel instance est jugée l’affaire), il ne s’agit pas des victimes elles-même qui se retourne contre leur agresseur.
          Cela peut paraitre étrange mais dans un certain sens ça peut empêcher de transformer la justice en l’instrument de la revanche d’une famille/personne, c’est en cela que donner la possibilité d’interjeter appel aux parties civiles me paraît contraire à l’esprit de la justice pénale.

          2 -> Effectivement je n’ai rien a redire sur votre point n°2

          3 -> Pas faux, mais je vous trouves peut être un peu sévère en rejetant en bloc tout l’argumentaire.

          4 -> « Il est cependant clair que c’est en correctionnel que l’on trouve le plus de viols condamnés à quelques mois de prison ferme. »
          Le problème est que le viol est un crime donc jugé en cour d’assise, en correctionnel il s’agit d’un délit : l’agression sexuel (Ce qui veux dire un ’viol sans pénétration’) or le juge ne peux pas condamner un délit de la même façon qu’un crime.
          Le problème ici n’est pas la loi ou les juges mais ce qu’explique l’auteure : le fait qu’on pousse des victimes de viol requalifier le crime qu’elles ont subit en un délit. Après on peux être d’accord ou non sur le fait que la possibilité d’appel des parties civiles va aggraver ou non cet état de fait... (condamnable selon moi)

          « Ca ne va pas vous plaire : c’est une amie. » ? Je ne comprends pas bien cette réaction... Très bien je suppose que vous êtes bien informé donc... Néanmoins comme pour vos autres sources, il y a peux d’information quand au contexte (qui est très important aux yeux du juge lorsqu’il va décider de la peine.).
          Enfin même si cela n’est que du sursis les personnes sont reconnu comme étant coupable et on été punis (ouverture d’un casier judiciaire etc...).
          Qui plus est je doute que ses juges aient condamné au sursis des individus dangereux a même de recommencer immédiatement. (Mais la encore on ne peux formuler que des hypothèses au vu du peux d’information généralement fournis dans les articles de presse/blog etc...

          Après la condamnation peux paraître trop peu sévère mais, si a la place de la prison ferme ses personnes avaient écopé de prison ferme cela aurait-il vraiment changé quelque chose pour leur victime ? (C’est une question sincère que je pose, n’y voyez pas de malice...)

          « Bonne journée »
          Merci, vous de même !

          • Naja Tiboulen
            Naja Tiboulen répond à O.S
            • Posté à 14h01 le 18/03/2012
            • Internaute 76413

            Je vais sortir de notre échange en 5 points façon ping-pong, lol.

            La dichotomie pénal/civil qui voudrait que les intérêts d’une victime soient cantonnés au civil a ses limites.

            En matière de viol par exemple, un agresseur qui aura été acquitté au pénal ne sera jamais reconnu coupable au civil. De fait, les deux procès sont généralement tenus en un seul.
            Dès lors, si l’on s’en tient à l’idée que seule la dimension civile d’un procès saurait concerner la partie civile, le jugement pénal y est trop intimement lié pour que l’on puisse honnêtement affirmer que les intérêts de la partie civile y sont étrangers.

            Dans cette théorie du Droit qui voudrait que le pénal condamne le tort fait à la société et le civil répare celui fait à l’éventuelle victime, il y a aussi cette idée réductrice selon laquelle seul un versement d’argent aurait une quelconque valeur réparatrice.
            Or l’expérience montre que si l’argent peut être le bienvenu, le fait de voir le préjudice subi reconnu et condamné aux yeux de la société est ce qui s’avère être le plus réparateur dans un procès... à défaut de voir le coupable reconnaître son forfait et éprouver un remords sincère pour le tort qu’il a causé.
            Je ne dis pas que le jugement devrait être décidé en fonction de ce besoin de réparation de la victime. Simplement, je trouve assez douteux de vouloir nier le fait qu’être reconnu victime soit réparateur (et qu’inversement, ne pas l’être soit préjudiciable) pour pouvoir tranquillement continuer à affirmer que le pénal ne sert que les intérêts de la société et non ceux de l’éventuelle victime.

            Plus fondamentalement, il me semble qu’un certain nombre d’actes délictueux et criminels interpersonnels ne lèsent pas directement la société mais seulement les personnes qui les ont subis.
            A vrai dire, j’aimerais pouvoir penser que notre société repose entre autres sur un pacte de solidarité faisant que l’injustice et la souffrance infligée à un individu concernerait le collectif par simple cohésion sociale.
            Mais si nos représentations sociales sont à ce point individualistes que l’exercice du Droit nous intime d’exclure le préjudice commis sur l’individu du tort fait à la société, il y a des cas où le crime ne cause aucun tort direct à la société.
            Reprenons l’exemple du viol. Un violeur en série qui attaque des femmes inconnues dans une ville donnée causera un préjudice personnel à ses victimes et un trouble à l’ordre public. En revanche, quand un type qui viole ses enfants chez lui mais se trouve par ailleurs être un individu parfaitement intégré à la société, professionnellement rentable et qui ne commettra jamais aucun autre acte de violence, quel tort réel est causé à la société ? Directement, aucun. Les éventuelles répercussions de ses crimes sur le collectif se feront aux travers de ses victimes si celles-ci deviennent des délinquantes marginales, des gouffres à sécu, ou moins évident, si elles privent la société d’un potentiel de richesse et d’inventivité à cause de leur état de destruction.
            Bref, condamner le tort fait à la société en ignorant le préjudice causé à l’individu me semble d’autant plus absurde quand le premier n’existe pas ou découle uniquement du second.

            Tout ça pour pointer les limites de la rigoureuse séparation pénal/civil telle qu’elle est posée dans l’exercice du droit français. A un certain point, elle relève à mon avis d’une construction intellectuelle vide de sens car déconnectée de la réalité.
            Et je me demande dans quelle mesure la conception actuelle de « tort causé à la société » n’est pas juste un héritage du temps où la justice n’était là que pour affirmer la puissance du Roi, le Roi s’étant aujourd’hui mué en Etat.

          • Naja Tiboulen
            Naja Tiboulen répond à O.S
            • Posté à 15h20 le 18/03/2012
            • Internaute 76413

            Suite pour répondre à deux de vos remarques.

            « “Ca ne va pas vous plaire : c’est une amie.” ? Je ne comprends pas bien cette réaction... “
            Cet exemple n’ayant de valeur que si vous acceptez de me croire sur parole à propos du témoignage d’un tiers, je m’attendais à que vous le jugiez nul et non avenu, ce que j’aurais compris.

            ‘ Après la condamnation peux paraître trop peu sévère mais, si a la place de la prison ferme ses personnes avaient écopé de prison ferme cela aurait-il vraiment changé quelque chose pour leur victime ? (C’est une question sincère que je pose, n’y voyez pas de malice...)
            Et j’y réponds sans malice :
            Dans l’état actuel des choses, la durée de la peine est l’élément qui quantifie la gravité que la société attribue à un acte, modulo les circonstances atténuantes. Qu’on le veuille ou non, c’est ainsi.
            Dès lors, condamner un violeur responsable de ses actes à quelques mois de prison ou à une peine de sursis uniquement, ça revient à dénier la gravité du crime commis. Et ça oui, je pense que ça change quelque chose pour la victime par rapport à un jugement qui reconnaîtrait la gravité de l’acte qu’elle a subi.

            Ceci étant, je déplore qu’il en soit ainsi.
            Je pense que cela tient au fait que notre système délaisse les fonctions réparatrices et ré-intégratrices’ de la justice au profit de sa seule dimension punitive.
            En reléguant la fonction réparatrice au seul versement de dommages et intérêts, la justice abandonne les victimes à une bien triste et bien dangereuse alternative : faire le deuil de leur besoin légitime de réparation sociale et vivre avec la rancoeur qui en découle, ou projet ce besoin sur la sévérité de la punition prononcée à l’encontre du coupable, au risque de le confondre avec leur éventuel désir de vengeance.
            C’est d’ailleurs cette alternative que l’on retrouve au niveau du débat politique. Avec d’un côté une manipulation politique consistant à faire passer la punition du coupable pour une réparation de la victime. Et de l’autre, la volonté farouche d’ôter toute légitimité à ce besoin de réparation morale parce qu’on ne parvient pas non plus à faire autre chose que de le confondre avec un désir de vengeance à jamais inassouvi qui passerait forcément par la sévérité de la répression.
            Nouvelle preuve que notre conception collective de la justice est réduite comme peau de chagrin à sa seule fonction punitive...

        3 autres commentaires
  • issockberlin
    • Posté à 20h54 le 15/03/2012
    • 175145

    Decryptage Meeting Villepinte : Lien

  • issockberlin
    • Posté à 21h01 le 15/03/2012
    • 175145

    Decryptage Meeting Villepinte : Lien

  • issockberlin
    • Posté à 21h05 le 15/03/2012
    • 175145

    Decryptage Meeting Villepinte : Lien

  • don't raise your voice improve your argument
    • Posté à 21h15 le 15/03/2012
    • 183317
      vivante

    Décidément une idée de génie par jour, youpi.

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 09h57 le 16/03/2012
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    « Appel aux assises : l’idée de Sarkozy lèserait les victimes de viol »

    ► Conclusion d’un décryptage à la loupe et au code pénal par des spécialistes du syndicat de la magistrature (de gauche),
    de conséquences de derrière les fagots, afin de discréditer une proposition de Sarko...

    « lèserait les victimes de viol »

    C’est très bon comme titre, ça.. ça touche le petit peuple...

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 09h59 le 16/03/2012
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    « Appel aux assises : l’idée de Sarkozy lèserait les victimes de viol »

    ► Analyse d’enculeurs de mouches ?
    On reste dans la thématique...

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