L'humour de François Hollande en huit leçons
Répartie, jeux de mots... Rue89 publie les drôles de bonnes feuilles du « Petit Hollande illustré par l’exemple », signé d’Hélène Jouan, en librairie mercredi.
Quand François Hollande a pris la décision de se lancer dans la bataille présidentielle, « il s’est fait deux promesses : perdre sa mauvaise graisse… et son humour », raconte la journaliste. Elle poursuit :
« Près de quinze ans que son surnom “monsieur petites blagues” lui collait à la peau.
Ses faux amis socialistes qui l’en avaient affublé s’en servaient pour le décrédibiliser et souligner son dilettantisme ; ses vrais amis s’en désolaient car il occultait selon eux l’épaisseur du personnage.
Un type qui se marre n’est pas sérieux. Et on ne peut sérieusement pas lui faire confiance. »
Il fallait changer. Mais si l’ascèse a produit du fruit sur sa silhouette, question bons mots, le candidat socialiste a rechuté : imposible de se passer de l’humour, ingrédient trop important pour capter l’attention et faire passer ses idées.
Ses maîtres en la matière sont Clémenceau, De Gaulle et Mitterrand. Il a aussi été marqué par Fernand Raynaud. Hélène Jouan note, elle, des similitudes avec Raymond Devos.
Sarkozy, lui, ressemblerait plutôt à Bedos. Un humour beaucoup plus agressif. Mais il y a longtemps qu’il ne s’y adonne plus tellement en public. Ira-t-il défier Hollande sur ce terrain ?
La directrice des magazines de France Inter a conçu cet abécédaire « afin de découvrir un candidat à la présidentielle qui a la singularité de vouloir faire rire. Pour mordre. Pour se cacher. Pour jouer. Pour déjouer. “ Il sera en librairie le 23 février. En voici huit extraits.
- La répartie : le ‘labrador de Mitterrand’
- Le jeu de mots : ‘La droite, vous connaissez ?’
- La pirouette : le mariage
- Le comique de répétition : le sketch du Dalo
- L’adversaire pris au pied de la lettre : Jaurès
- ‘Pas le physique’, vraiment ?
- Le trait grinçant : ‘Entre, Lionel, nous parlions de ton bilan’
- La pitrerie : le toréador
Quand le jeune énarque débarque [...] sur les terres corréziennes en 1981, il est bien seul en gare de Brive. Il se trouve là car personne d’autre, dans les rangs socialistes, n’a eu envie d’aller se colleter avec l’ex-Premier ministre, patron du RPR, maire de Paris et néanmoins député de Corrèze, Jacques Chirac. Pierre Bérégovoy et Jacques Delors ont poliment décliné l’offre. La fédération socialiste locale appelle alors Paris :
‘Envoyez-nous un petit Chirac de gauche !’
C’est François Hollande qui fait son paquetage ! Personne ne le connaît, et il ne connaît pas grand monde. Sa bonhomie va vite avoir raison des réticences des militants locaux, mais pour exister, pas d’autre moyen que de provoquer, ou plus exactement d’y aller au toupet !
Alors que le notable Chirac s’amuse de ce jeune techno que le parti socialiste lui met dans les pattes – ‘Le nom de mon adversaire socialiste ? Il est moins connu que le labrador de Mitterrand’ –, il voit un beau jour débarquer dans une réunion publique à Neuvic un jeune perturbateur :
‘Qui êtes-vous monsieur ?
– Je suis François Hollande, celui que vous comparez au labrador de Mitterrand.’
Gonflé. Bravache. Baltique, le labrador de Mitterrand a dû apprécier cet hommage à sa célébrité. François Hollande gagne là ses premiers galons de notoriété. Il ne l’emporte pas cette fois, il devra attendre 1988, mais cette interpellation marque le début de son enracinement en Corrèze.
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Les blagues corréziennes sont déjà plus drôles que les auvergnates.
Mais il y a encore du boulot pour rattraper Devos et les autres...




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