« La France maîtresse chez elle » : clin d'œil de Sarkozy à l'extrême droite
Comme le rapporte la presse, Nicolas Sarkozy a adressé de multiples signes aux électeurs du Front national, au cours de son discours à Marseille. Mais il a aussi usé de mots particulièrement révélateurs. Un exemple :
« Quand on aime la France ,on veut que la France soit maîtresse de son destin et maîtresse chez elle. C’est cela aimer la France. »
Une écoute à la volée laisserait penser qu’il s’agit de souverainisme, simplement. Mais il est en fait question d’autre chose. Car la formule s’avère lourde de sous-entendus, si on la replace dans son contexte et que l’on établit sa généalogie.
« La France est maîtresse chez elle »
Au milieu de son discours, Nicolas Sarkozy déclare ainsi :
« Aimer la France, c’est refuser d’aborder l’immigration par la seule posture idéologique. C’est un sujet qu’il faut évoquer avec gravité […].
si l’on ne maitrise pas l’immigration alors que le chômage reste si élevé : notre protection sociale ira droit à la faillite, notre pacte social explosera car nous n’aurons pas les moyens de le financer et alors ce seront toujours les plus faibles, les plus vulnérables, ceux qui ont le plus besoin de la solidarité nationale qui en souffriront le plus.
Je n’ai jamais été, et je n’ai pas changé et je ne changerai pas, pour l’immigration zéro qui pour un pays comme la France n’a tout simplement pas de sens. Mais refuser tout contrôle, récuser l’immigration choisie laissant ainsi la porte ouverte à l’immigration subie, c’est irresponsable et c’est moralement condamnable.
Mes chers amis, rien n’est plus dangereux que la bonne conscience qui ne veut pas regarder en face les conséquences de ce qu’elle réclame. Seuls comptent pour la bonne conscience son image et son miroir. Régulariser massivement, ouvrir les vannes, ce n’est ni plus ni moins qu’une faute.
Quand on aime la France, on ne réduit pas la nationalité française à une adresse et on ne prend pas le risque du vote communautaire qui ferait peser sur les élus locaux une pression communautariste immense et voler en éclat notre pacte républicain.
Quand on aime la France, on veut que la France soit maitresse de son destin et maîtresse chez elle. C’est cela aimer la France. »
Un slogan de l’extrême droite radicale
Il s’agit donc de fustiger le manque de patriotisme de la gauche, son laxisme et montrer son propre volontarisme, quitte à friser l’autoritarisme.
Mais la proposition « aimer la France... c’est la vouloir maîtresse chez elle » peut également être perçue comme un clin d’œil à une certaine extrême droite. Celle pour qui être « maître chez soi » est de plus en plus prioritaire.
Revenons en arrière. Au moment de l’affaire Dreyfus, un Drumont dénonce ces juifs « maîtres chez nous » (« La France juive »). Mais, pendant l’entre-deux guerres, l’Action française de Charles Maurras transforme l’expression en revendication. Ce dernier lance [PDF] :
« Ce qu’il nous faut conquérir à présent, c’est le droit d’être maîtres chez nous. »
Le slogan traversera le siècle et les océans. Au Québec, il devient rapidement le cri de ralliement des indépendantistes (sans la même connotation).
En 1975, l’Œuvre française, un mouvement néopétainiste, la fait renaître dans le pays, placardant les murs de Paris de cette affiche :
« Maîtres chez nous ! Pour vivre mieux »

Affiche de 1975 de l’Œuvre française, un mouvement néopétainiste
En 2000, le leader de l’extrême droite belge, Filip Dewinter, en fait le titre de son livre (« Maître chez soi ») .
Et, ces dernières années, toute l’extrême droite française en a fait un leitmotiv, le Front national compris.
Si l’antisémitisme perdure à l’extrême droite, les musulmans sont la cible de ces nouvelles campagnes identitaires ayant pour refrain « on n’est plus chez nous ». Sans parler des opérations récurrentes – grimées en dérapages – orchestrées au plus haut sommet de l’Etat.
Nicolas Sarkozy lui-même, dans son discours de Marseille, vise la supposée complaisance socialiste vis-à-vis de certaines pratiques musulmanes.
Jouant du malaise à gauche sur le sujet, il s’en est pris à leur communautarisme et leurs pratiques anti-laïques, embrigadant au passage... le malheureux George Perec et ses anaphores.
« La laïcité attaquée »
Dans la bouche de Nicolas Sarkozy, c’est la faiblesse de la gauche envers l’immigration et les musulmans qui est visée. En forme de retour à l’envoyeur, le Président l’a accusée d’être anti-laïque et communautariste.
En filigrane transparaît la dénonciation de Martine Aubry et d’Eva Joly, toutes deux connues pour leur adhésion au multiculturalisme et un même refus de l’islamophobie :
« Je me souviens de ceux qui, il n’y a pas si longtemps, refusaient l’interdiction de la burqa parce que leurs convictions n’étaient pas suffisamment fortes.
Je me souviens de ceux qui voulaient séparer les hommes et les femmes dans les piscines municipales parce qu’ils étaient prêts à tous les compromis.
Je vois ce qui se passe encore dans certaines cantines scolaires. Je vois tous les jours la laïcité attaquée par ceux-là même qui prétendent la défendre contre des menaces imaginaires alors que leurs attaques à eux sont bien réelles.
Quand on aime la France, on défend ces valeurs qui sont à l’opposé du communautarisme. Quand on aime la France, on ne dresse pas les minorités contre la République. »
Faut-il voir, dans l’usage d’une expression aussi marquée historiquement, un simple hasard ?
La présence, dans l’entourage le plus proche de Nicolas Sarkozy, de plusieurs figures issues de l’extrême droite (Patrick Buisson, Guillaume Peltier), et connaissant donc parfaitement ses codes, laisse penser que non.
D’autres répliqueront certainement que le « sarkozysme culturel » étant une idéologie poreuse, il est naturel d’y retrouver des concepts ou les mots de l’extrême droite.
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aconforme
aconforme
Je ne serait pas sorti de la définition sémantique relative à la république ? Vous avez rien lu de ce que j’ai écris, donc.
Est-ce que cette touche me convient ? Non !
C’est quoi ma petite république étriquée qui conviendrait à la droite populaire et à le pen et qui serait compatible à leurs projets d’exclusions bardés de démagogie, alors que je vous est apporté l’inverse dans le développement sur les valeurs des droits de l’homme et du citoyen dont est tiré la devise de la république ? Là est la démagogie et elle est vôtre. Le pen serait pour les droits de l’homme et du citoyen ? Je pense qu’il applique la fraternité aussi bien que vous vous en faites démonstration envers moi depuis le début de l’échange (que je n’ose nommé vôtre).
Vous avancez n’importe quoi, affirmez sans démontrer, sans jamais répondre aux questions posées ni avancez réellement d’argumentaire face à ceux présentés.
Signifier quelque chose, et pour soi-même et pour autrui, c’est, même sans décider si le signifié est ou n’est pas, convenir qu’un mot ne signifie pas n’importe quoi ; c’est accepter, non pas, certes, qu’ils existe quelque chose correspondant par exemple au mot « homme », mais que si « homme », c’est cela (un animal bipède), à supposer que quelque chose soit homme, c’est cela (être un animal bipède) qui constitue pour un homme le fait d’être : la détermination du sens de « homme » impose à priori une détermination corrélative de l’essence d’homme. Ou, pour le dire autrement, si l’on veut que les mots ont un sens , il faut admettre que les choses ont une essence.
Ce qui ne veut pas dire que, si les choses n’ont pas d’essence ou s’il n’y a pas de chose en question, les mots n’ont pas de sens, mais qu’on ne peut accorder tel sens au mot « homme », accepter telle définition de ce qui est un homme (ou plus exactement de ce que ce serait s’il en existait un),pour ensuite appeler homme quelque chose qui ne répond pas à la définition : la consistance sémantique, la détermination du sens, garantit, plutôt qu’elle n’implique ou présuppose, la consistance des choses et la nécessité qu’elles aient des essences aussi univoquement déterminées que les mots qui les désignent. Il faut distinguer on le voit, la portée de la démonstration, qui est ontologique, et son ressort, sémantique : l’ontologie est au bout de la sémantique, au lieu que celle-ci trouve en celle-là son fondement. Voilà comment le principe de non-contradiction, bien loin de se borner au régistre sémantique qui suffit cependant à l’établir, est le premier principe d’une doctrine de l’être en tant qu’être et de la substance. Accorder le sens d’un mot, ou même en général qu’un mot est un sens, c’est accorder précisément, au moins dans son principe, l’essentialité des choses. La situation initiale, qui impose au contradicteur la charge de la preuve, s’apparente au point de départ de l’entretien. Le votre ici ne consiste pas dans l’intention d’un dialogue, d’une dialectique forte, mais dans la substitution, à la (contrainte) dialectique, de l’analyse (et de la contrainte) sémantique : dans un changement de terrain qui vous permet, non pas de transgresser la frontière établie par vous-même entre dialectique et science, mais de vous placer en-deçà de ce partage, là où se déterminent les conditions, non la seule démonstration, mais de tout énoncé, scientifique ou non. Principe de tout discours, scientifique ou non, vrai ou faux, mais sensé ; principe logique ou onthologique, mais d’abord principe sémantique.
Je présuppose que cela ne vous conviendra pas !
Hommage républicain !




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