Un battant abattu 25/01/2012 à 08h47

Le coup de blues de Sarkozy, une « humilité » très calculée

François Krug | Journaliste Rue89

La France s’inquiète pour son président : Nicolas Sarkozy s’interrogerait sur son avenir, il serait mélancolique, voire déprimé. Heureusement, Brice Hortefeux a trouvé les mots pour nous rassurer.

Ou plutôt, « le » mot. L’ancien ministre de l’Intérieur l’a répété quatre fois – en réponse à trois questions successives – lors de son passage sur RTL, ce mercredi matin. Saurez-vous reconnaître ce mot ?

« La réalité, c’est que c’est une marque tout simplement, d’abord, de respect vis-à-vis des électeurs, et c’est surtout une marque d’humilité sincère, bien éloignée de l’arrogance de moins en moins dissimulée de François Hollande et de ses proches [...]. »

« En tout cas, ce qui est certain, c’est que c’est une marque d’humilité, et ce n’est pas simplement une marque d’humilité, c’est aussi un témoignage de vérité [...]. »

« Si vous voulez dire que Nicolas Sarkozy n’est pas un vainqueur auto-proclamé et qu’il est challenger : oui. Mais je dis, ce qu’il a dit, c’est la marque de l’humilité et de la vérité. »

Brice Hortefeux sur RTL

Vous avez trouvé ? « Humilité » : voilà un mot qu’on n’associait pas jusqu’ici à Nicolas Sarkozy et qui, pour signifier « j’ai changé », vaut bien tous les discours du Bourget de son principal opposant.

Comment s’est-il livré aux journalistes ?


La une de Libération du 25 janvier 2012 

Nicolas Sarkozy est tellement humble, d’ailleurs, qu’il a livré ses états d’âme « devant une dizaine de journalistes politiques », comme le précise Libération. C’était samedi soir, lors de son voyage en Guyane, et évidemment, c’était « off ».

Libération est le dernier à faire sa une, ce mercredi, sur ces confidences. Avec un brin d’agacement, peut-être, d’avoir été grillé par ses confrères : mardi, successivement, Le Figaro, Le Monde puis l’AFP ont révélé les confidences intimes du président. Libé a donc décidé de révéler, lui, dans quelles conditions le Président s’était livré aux journalistes.

« Déjà abattu ? » s’interroge Libé. Moins catégorique que Le Monde qui titrait « Sarkozy et l’UMP saisis par la peur de la défaite », ou que Le Figaro, qui assurait en sens inverse que « Sarkozy reste serein ».

On n’en doute pas un instant : lorsqu’il s’est ainsi mis à nu, le Président n’imaginait pas que ses propos seraient répétés par des journalistes indélicats, incapables de respecter son « humilité ». Comme on n’ose pas croire un instant que ce mot, dans la bouche de Brice Hortefeux, soit un élément de langage soigneusement calibré.

  • 26767 visites
  • 200 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • Pakotill
    Pakotill
    Brouette épidémique
    • Posté à 09h14 le 25/01/2012
    • Internaute 26077
      Brouette épidémique

    Ah, parce que des gens y ont cru VRAIMENT ? ? ?
    Il me semblait que ce genre de choses ne nécessitaient même plus de décryptage tant c’est une évidence pour les yeux exercés de nos concitoyens. A part quelques journalistes, bien sûr.

  • yabon
    yabon
    Klingon
    • Posté à 09h34 le 25/01/2012
    • Internaute 98602
      Klingon

    Le coup des « off » qui sont « on », j’espère que ce cirque est bientôt fini et que la communication des responsables publics (hormis les parlementaires) sera bientôt strictement encadrée.

  • Chimulus
    Chimulus
    Dessinateur de presse
    • Posté à 09h44 le 25/01/2012
    • Internaute 5775
      Dessinateur de presse

    dessin

  • tartopom124
    tartopom124
    entredeux
    • Posté à 09h50 le 25/01/2012
    • Internaute 122179
      entredeux

    88 jours d’humilité ? Il tiendra jamais !

  • Seingalt
    Seingalt
    amateur professionnel
    • Posté à 10h10 le 25/01/2012
    • Internaute 166244
      amateur professionnel

    Le pseudo coup de pompe en pseudo off de Sarko n’est qu’une tactique électorale, qu’on pourrait appeler la « Chirac 95 ». Il s’agit de se présenter en challenger, le mal aimé des media et des sondeurs, la victime qui attire alors la sympathie et les suffrages. On présentera un symbole de la remontée, comme la pomme de Chirac mais en mieux (un iphone ?). Les français aimeront voir tomber le champion des media, celui qui triomphait avant le gong final.
    Sarko connaît bien cette tactique, il se l’est prise dans les gencives en 95.
    Mais ça ne marchera pas cette fois ci. Sarko n’est pas le Chirac de 95, victime car trahit par Balladur et... Sarko. Il est le président sortant et personne ne l’a encore trahit (ça pourrait venir). Et Hollande n’est pas Balladur et il se gardera de tout triomphalisme. Du moins, je l’espère : là est le piège.

  • Cannibal Ferox-
    Cannibal Ferox-
    mangeur de chouineur
    • Posté à 11h28 le 25/01/2012
    • Internaute 159072
      mangeur de chouineur

    Vivement que le quinquennat soit off, aussi.