Debriefing 22/01/2012 à 19h01

Hollande au Bourget : ne l'appelez plus jamais « gauche molle »

La rédaction de Rue89


Au Bourget, le socialiste a voulu convaincre gauche et droite de sa fermeté : il a visé la finance et la délinquance, et s’est s’inspiré de la Révolution et de la Résistance.


François Hollande en meeting au Bourget, le 22 janvier 2012 (Audrey Cerdan/Rue89)

  1. Le « véritable adversaire » : la finance
  2. Sécurité : « La République vous rattrapera »
  3. Les sources d’inspiration : de Rosanvallon à Obama

François Hollande a voulu convaincre qu’il était bien un candidat de gauche, en réponse aux critiques venues de Jean-Luc Mélenchon comme de son propre camp. Et il a résumé l’orientation de sa campagne d’une formule saluée par des applaudissements nourris :

« Mon véritable adversaire, il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera jamais élu et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance. »

Une formule-choc et un ton combatif qu’il avait en fait testés en public quelques jours plus tôt. Jeudi à Nantes, lors d’un débat avec Stéphane Hessel organisé par Le Nouvel Observateur, François Hollande avait déjà expliqué :

« Mon adversaire, c’est la finance, le pouvoir de l’argent qui s’est installé. »

Au Bourget, le candidat socialiste a d’ailleurs repris à son compte le discours des « Indignés “, en évoquant une concentration des richesses par 1% de privilégiés. De quoi rappeler le François Hollande qui, en 2006, lâchait au détour d’une émission : ‘Je n’aime pas les riches.’


À l’entrée du meeting de François Hollande au Bourget, le 22 janvier (Audrey Cerdan/Rue89)

Le candidat a confirmé qu’il voulait aligner l’imposition des revenus du travail et du capital, et augmenter la fiscalité des hauts revenus, avec une tranche supplémentaire d’impôt sur le revenu à 45% pour ceux qui gagnent plus de 150 000 euros par an.

Pour encadrer la finance, son ‘adversaire’, François Hollande s’en tient aux propositions exprimées dans le projet du PS et lors de la campagne de la primaire, notamment :

  • pour les banques, la séparation des activités de dépôt et d’investissement ;
  • l’encadrement des bonus et des stock-options ;
  • l’interdiction ‘purement et simplement’ des ‘produits financiers sans lien avec les nécessités de l’économie réelle’.
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  • cocq21
    cocq21
    gic
    • Posté à 19h28 le 22/01/2012
    • Internaute 149203
      gic

    Une phrase importante, mais pourtant non relevé par les médias, qui concerne les personnes handicapés et leur famille (60% du corps électoral) à été prononcé :

    Toutes nouvelles lois aura un volet handicap.

    Pour la première fois, un candidat au poste de président de la république pouvant être élu place comme un des éléments central de la campagne la situation des citoyens en situation de handicap, et le traitement de cette problématique de matière transversal dans la société.

    Un fait historique ! ! !

  • boriquito
    boriquito
    où va-t-on ?
    • Posté à 20h12 le 22/01/2012
    • Internaute 115731
      où va-t-on ?

    C’est drôle mais j’ai eu l’impression qu’il s’adressait aux acteurs assis devant plus qu’à moi ouvrier précaire devant ma téloche. Grosso modo sa bio est : je suis un gosse de riche et je veux m’occuper des pauvres en redistribuant l’argent de mes semblables (en étant président c’est plus fun et plus rémunérateur que travailler dans une assoc) et bla bla bla.

    J’aurai préféré un discours avec de la ré-industrialisation plutôt qu’un discours avec de la ré-fonctionnarisation et du ré-emploi aidé donc précaire pour la jeunesse.

    Enfin bon, depuis le temps que les socialistes ont abandonné les ouvriers, il ne fallait pas se leurrer. Au moins s’il passe on pourra se cultiver même dans le gers.

  • Chimulus
    Chimulus
    Dessinateur de presse
    • Posté à 20h23 le 22/01/2012
    • Internaute 5775
      Dessinateur de presse

    dessin

  • PaulTron
    PaulTron répond à jyeden
    Ce champ sera visible par tous (...)
    • Posté à 20h43 le 22/01/2012
    • Internaute 168564
      Ce champ sera visible par tous (...)

    Si la « vraie gauche » ne vote pas pour un candidat qui représente la gauche, elle n’aura simplement jamais le pouvoir et restera totalement inutile et absolument inaudible.
    C’est une belle perspective que vous offrez là.
    Depuis 1958, deux élections ont été remportées. Deux, seulement !
    Seulement les idées de la « vraie gauche » comme vous dîtes, elles représentent moins de 10% des voix, pourquoi les 90% devraient se plier aux désirs des plus minoritaires ? Même le FN fait mieux que le FdG et le NPA réunis (on peut même y ajouter les verts et LO, le FN est encore au dessus).
    Il serait plus judicieux de s’associer à une victoire de la gauche et faire bouger l’assemblée en juin en offrant aux partis plus à gauche davantage de sièges. C’est l’assemblée qui fait les lois, mais pour être à gauche, elle a besoin de la dynamique de la présidentielle, gagnée à gauche.
    La démocratie, c’est encore le choix du plus grand nombre, pas celui des minoritaires... ! L’alliance vaut mieux que le silence.

    C’est d’ailleurs le refus de l’extrême gauche de voter pour la gauche moins extrême, qui contraint celle-ci à s’allier avec le centre pour trouver des voix. Cela ne fait qu’isoler l’extrême gauche et rend inaudibles ses propositions.

  • Perjovem
    • Posté à 20h49 le 22/01/2012
    • Internaute 5477

    Rien sur sa coiffure, rien sur ses pompes, sur ses fringues... c’est quoi ce bordel !
    En 2007 on avait droit aux articles sur les pompes, la coiffure, les robes de Royal...
    J’ai entendu dire qu’il avait terminé son meeting avec la Marseillaise ; et là, rien, aucune critique, mais c’est quoi ce bordel ! Souvenez vous en 2007 la Marseillaise c’était facho, raciste, FN etc...

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 23h03 le 22/01/2012
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    Dans le discours de Hollande, que j’ai regardé, il fallait voir le fond et la forme
    Le fond était attendu, a part son attaque sur la finance, j’ai cru qu’il allait chanter l’international, et sur la sécurité des français au quotidien, la leçon de 2002 a été retenue, les socialistes ont compris qu’il fallait se sortir les doigts de culte.
    Sur la forme. Hollande était attendu sur son aptitude non pas a rassembler les foules et à les entrainer dans des élans lyriques, cela fait parti du cursus avec les séances de training de prise de parole des grandes écoles, mais à sa capacité de se mettre dans la peau du Président, sa crédibilité à convaincre les électeurs qu’il représente un premier choix.
    Malgré la lecture de ses notes en l’absence de prompteur, ce qui ralentissait son discours, Hollande ne s’en est pas trop mal tiré, il habitait le personnage

  • lancetre
    lancetre répond à jmc06-
    • Posté à 23h06 le 22/01/2012
    • Internaute 18658

    Deux problèmes dans ce discours :

    1) Il est trop visiblement inspiré de Mitterrand : « celui qui n’est pas anticapitaliste n’a pas sa place au Parti Socialiste », « ceux qui s’enrichissent en dormant », « l’argent qui corrompt tout » ...Mais quel écart entre les mots et les actes ! Les années 1980 resteront comme celles de la « gauche caviar », du capitalisme décomplexé, de l’émission « Vive la Crise » présentée par Yves Montand moyennant huit cent mille francs...C’est du réchauffé, on nous a déjà fait le coup.

    2) Celui qui prononce ce discours a voté « oui » lors du référendum de 2005, et le parti qu’il a longtemps présidé a permis à Sarkozy, après le « non » clair et massif des citoyens, de faire adopter par un Parlement aux ordres le traité de Lisbonne, qui reprend très exactement ce que le peuple a nettement rejeté.Or, sans ce calamiteux traité, qui donne tous les pouvoirs aux financiers,et interdit quasiment aux Etats de réagir,nous n’en serions pas là.

    Dés lors, il semble évident qu’il ne s’agit nullement d’un virage à gauche, mais d’un simple exercice de démagogie.

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