Pas de vidéo du clash entre Morano et Aram (mais le son)

  • Publié le :
    04/01/2012 à 10h22

Sophia Aram, mercredi matin sur France Inter, a étrillé Nadine Morano, invitée du jour de la radio.

« Vos discours, vos pensées et vos “tweets” ressembl[ent] fort à un saut dans le vide. »

Et l’humoriste de critiquer la ministre de l’Apprentissage sur sa « vulgarité », sur son soutien à la politique du « Kärcher » de Nicolas Sarkozy ou ses propos concernant les jeunes musulmans.

Sophia Aram a conclu sa chronique en expliquant que selon elle, Guy Carlier avait, dans un livre, confondu « popularité » et « vulgarité » à propos de la ministre.

Ce qui n’a pas manqué de faire réagir Nadine Morano, qui s’en est pris à l’humoriste à l’issue de sa chronique. Malheureusement, France Inter n’a pas intégré cet échange de la vidéo mise en ligne (et disponible ci-dessus), « l’invité étant hors champ lorsque les chroniqueurs sont filmés » nous précise France Inter qui a par ailleurs mis sur Twitter, Facebook et sur son site l’intégralité de l’échange sonore.

Voici le son.

Et une retranscription de l’échange :

Nadine Morano : « C’est pas beau ça ! Je ne vous qualifierais pas de vulgaire parce que je ne vous connais pas. Vous ne me connaissez pas : je trouve votre conclusion est franchement malhonnête. Votre papier, vous feriez mieux de l’alimenter sans aller sur Internet en prenant les premières vidéos qu’on voit qui ont été coupées, trafiquées, en prenant des propos sortis de leur contexte. [...] Qualifier une personne que vous ne connaissez pas de vulgaire, c’est indécent et ce n’est pas le niveau d’une journaliste. »

Sophia Aram : « Je ne suis pas journaliste, je suis humoriste.

– Eh bien ça ne me fait pas rire !

A propos de la casquette et du verlan, c’était à propos d’un jeune musulman. Que vous ayez pensé que le verlan était la langue des musulmans et que la casquette à l’envers était un signe religieux, c’était un raccourci facile.

– Je vous invite à regarder la vidéo entière, une heure de débat. Vous êtes en train de caricaturer, de déplacer une phrase dans un contexte qui n’est pas le sien. C’est un travers des humoristes qui veulent faire croire qu’ils font rire, en utilisant des phrases qu’ils vont glaner sur Internet, faire un melting-pot et essayer de vous faire sortir un portrait qui n’est pas la réalité. Populaire ça ne veut pas dire vulgaire. »

Sophia Aram avait ouvert les hostilités dès lundi, dans une chronique intitulée « Scoop : Nadine Morano pense ».

Mis à jour le 04/01/2012 à 11h45. Ajout de précisions de France Inter.

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  • Rebel Yell
    Rebel Yell
    Je pose une question.
    • Posté à 10h58 le 04/01/2012
    • Internaute 127333
      Je pose une question.

    Encore une fois, pour Morano le mal vient de l’Internet.

    C’est l’Internet qui permet de ʹʹdéplacer une phrase d’un contexte qui n’est pas le sienʹʹ. Avant l’Internet on ne pouvait pas c’est bien évident.
    Encore une affirmation qu’il ne va pas falloir ʹʹdéplacerʹʹ sous peine de ridicule.

  • sliwa
    sliwa
    contemplatif
    • Posté à 14h34 le 04/01/2012
    • Internaute 147010
      contemplatif

    Si on veut être vraiment impartial, on dira qu’en effet, la chronique de Mlle Aram sent un peu le réchauffé. Utiliser des bribes de vidéos internet et des morceaux audio déjà entendus à plusieurs reprises pour descendre un politique, c’est un peu facile.

    Mais la réaction de Nadine Morano est disproportionnée. Comme souvent si on la taquine, elle perd les pédales, hausse le ton, devient ridicule en s’emportant en phrases cuivrées et vides. De quoi s’étonne t’elle par la suite si à chaque intervention elle nous pond une perle mémorable ? Bien sûr, dans ce cas, elle fera les gorges chaudes des bétisiers et des chroniques humoristiques. A trop se prendre pour une Pasionaria de droite sans avoir l’étoffe d’une oratrice, elle ne fait qu’alimenter elle même les moqueries à son sujet.

    Elle est elle même caricaturale dans son rôle de chien de garde de Sarkozy, à aboyer sur les plateaux télé/radio les éléments de langage de l’Elysée à chaque nouvelle réforme. Elle exerce une fonction (hélas, dirais je) représentative, elle se sait observée, écoutée et enregistrée. La croix à porter quand on fait de la politique. A elle d’assumer et de se corriger. Ou/et de se taire, cela nous ferait quelques vacances.

    A ceux qui pensent enfin que les humoristes se haussent du col et se mettent au niveau des politiques par le biais de billets rageurs où « ils se croient tout permis », méditons avant tout sur le fait que c’est bel et bien le phénomène inverse qui se produit. Nos politiques adoptent depuis plusieurs années le ton du caniveau.

    Des exemples ? Patrick Devedjian en 2007 qualifiant Anne-Marie Comparini de « salope » alors qu’une caméra se trouve à moins de deux mètres ; Hortefeux et sa magnifique fusée auvergnate ; Sarkozy prêt à se colleter avec un pêcheur du Guilvinec ; Sarkozy encore et sa célèbre réplique du salon de l’agriculture... J’en passe et des meilleures... Si nos chers politiques se sentent trop attaqués, qu’ils incarnent un peu plus et mieux leur fonction avant tout, on rira moins d’eux. Et on les prendra peut être un peu plus au sérieux.

  • Thermidorien
    Thermidorien
    Journaliste précaire
    • Posté à 14h38 le 04/01/2012
    • Internaute 103972
      Journaliste précaire

    Un clash entre une humoriste qui ne fait rire personne et une ministre qui fait rire tout le monde. Passionnant.

    Au moins elles ont en commun de naviguer l’une comme l’autre dans les tréfonds de la médiocrité.

  • Lionel06
    Lionel06 répond à anini
    Minoritophile et alter-natif
    • Posté à 14h46 le 04/01/2012
    • Internaute 30683
      Minoritophile et alter-natif

    Je pense même que Nadine Morano a gagné de sacrés points de popularité en répondant de la sorte à Sophia Aram.
    Elle a pu montrer qu’elle ne s’en laissait pas compter, qu’elle avait du répondant et qu’elle pouvait facilement se défendre contre des attaques de bas étage.

    Dommage pour Sophia Aram qui a sous-estimé sa « victime ».