« Sectarisme » : contre le mariage gay, l’UMP ressort Marx et Bourdieu
Contre le mariage homosexuel, l’UMP ne craint pas les arguments hors-sujet. Avant de s’inquiéter des cours de morale dans l’enseignement public, le ministre de l’Education nationale Vincent Peillon devrait ainsi faire respecter la « neutralité » dans le public, en mettant fin à l’intoxication des lycéens aux thèses de Marx, Bourdieu et Keynes.
Le communiqué publié ce lundi est signé de Franck Allisio, secrétaire national de l’UMP et, surtout, président des Jeunes actifs. C’est d’ailleurs au nom des « trentenaires de l’UMP » qu’il s’insurge, en filant habilement la métaphore religieuse :
« Si Vincent Peillon s’offusque du fait que l’enseignement catholique diffuse des valeurs catholiques, il devrait être d’autant plus choqué par le sectarisme de certains manuels scolaires et de certains professeurs d’économie au lycée qui ont, pour leur part, leur ancien testament marxiste, leur évangile par Keynes et par Bourdieu et leur croisade anti-entreprise et anti-mondialisation. »
Le « sectarisme » des laïcards
Voilà donc les laïcards renvoyés à leur propre « sectarisme ». Tant pis si, à notre connaissance en tout cas, ni Marx, ni Bourdieu, ni Keynes ne se sont guère illustrés par leurs positions pour ou contre le droit au mariage pour les couples homosexuels.
Si ce communiqué prête à sourire, c’est aussi parce qu’il sent un peu la naphtaline. A droite, les professeurs d’économie sont en effet régulièrement accusés de privilégier Marx, Bourdieu ou Keynes à Adam Smith ou Milton Friedman, et d’inititier davantage leurs élèves à la critique du capitalisme qu’à l’esprit d’entreprise.
C’est à croire que le travail des prédécesseurs de Vincent Peillon à l’Education nationale n’a servi à rien. En 2008, Xavier Darcos avait ainsi commandé un audit des manuels et des programmes de SES (sciences économiques et sociales). En vain, visiblement.
La preuve que Vincent Peillon entretient le « sectarisme », c’est que même un ancien haut responsable socialiste avait dénoncé la gravité de la situation. Dans son communiqué, Franck Allisio cite en effet des propos de Michel Rocard datant de 2007 :
« [...] Même l’ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard considérait, il y a quelques années, [la manière dont l’économie était enseignée] comme une “catastrophe ambulante responsable du blocage du dialogue social dans notre pays”. »
Et revoilà la « guerre scolaire » !
Michel Rocard avait effectivement tenu ces propos, avant de les regretter dans un message d’excuse adressé aux enseignants concernés : sa pensée, assurait-il, était en fait beaucoup plus nuancée. L’ex-Premier ministre appartenait alors à une commission sur l’exercice du métier d’enseignant, mise en place par Xavier Darcos (et dont il finira par démissionner).
Dans son communiqué, l’UMP ne fait en tout cas pas dans la nuance. Sans craindre de contribuer à cette « guerre scolaire » qu’elle accuse Vincent Peillon et les socialistes de vouloir « ressusciter »...
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Malheureusement, pro comme anti ne font plus dans la nuance depuis quelques temps déjà entre clichés, amalgames et exagérations...
Le débat ou plutôt ce dialogue de sourds devient inaudible et insupportable... et je pense que les voix du pro-referendum vont devenir populaires tant le sujet est devenu sulfureux et clivant.




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