Montebourg « reste à son poste de combat » : pour quoi faire ?
Arnaud Montebourg a failli démissionner, nous apprend la une de Libération ce lundi matin. Samedi après-midi, le ministre du Redressement productif, reçu par François Hollande, a menacé de quitter le gouvernement :
« Je lui ai dit que si rien n’était fait avant ce soir [samedi] pour réparer les dégâts sur cette question de nationalisation, je ne resterai pas au gouvernement, et la dislocation va commencer. Il m’a demandé de n’en rien faire. »
Arnaud Montebourg a finalement décidé de rester malgré son échec manifeste. Après l’avoir désavoué vendredi – il n’y aura pas de nationalisation mais un compromis avec ArcelorMittal qui s’engage à investir 180 millions d’euros dans le site de Florange et à reclasser les 630 salariés de la filière liquide qui fermera –, Jean-Marc Ayrault a eu des mots très durs pour son ministre. Il a fait savoir dans la foulée à la presse qu’en réalité, il « n’y avait pas de repreneur crédible et ferme pour Florange » : une façon de laisser croire que Montebourg racontait des sornettes.
« Haute trahison »
Jusqu’à la semaine dernière, il promettait pourtant aux salariés qu’il ne faisait pas de promesses en l’air. Mais malgré le refus plutôt ferme de Matignon, le ministre du Redressement productif persiste à affirmer qu’un « contrôle public temporaire » – l’autre mot pour « nationalisation » – n’était pas exclu...
Les salariés du site, eux, vivent cette situation comme une « haute trahison ». Sur RTL, Edouard Martin, délégué syndical de la CFDT, a exprimé sa colère :
« Jusqu’à la dernière minute quasiment, on nous a fait croire que la nationalisation temporaire était acquise. On n’a pas compris du tout ce pataquès de dernière minute où Jean-Marc Ayrault a annoncé une piste qui n’avait jamais été évoquée. »
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Au monde
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Je ne vois pas bien sa stratégie. Parce qu’il y en a une. Montebourg n’est pas assez naïf pour croire qu’il a une once de marge de manoeuvre dans ce gouvernement. Peut-être reste-t-il pour continuer à lancer des piques du genre de la nationalisation et se se maintenir dans la posture du trublion de gauche au gouvernement. Son problème, c’est qu’en même temps, il risque, à la longue de passer pour le capitulard qui avale les couleuvres.
En tout cas je ne crois pas qu’il faille envisager la séquence Florange comme un échec pour lui. D’un point de vue bassement politicien il a marqué des points. Il a proposé une mesure populaire qui le positionne comme celui, au gouvernement qui ne veut pas se plier face au grands groupes. Même Mélenchon hier expliquait qu’il ne fallait pas accabler « ce pauvre Montebourg » mais attaquer le premier ministre. Ce dernier, au contraire s’enfonce. Il passe pour le gardien des clés du grand capital, porte parole officiel du Medef au plus haut de l’État.




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