A la une 18/11/2012 à 16h14

Copé vs Fillon : cinq trucs à savoir sur l’élection du président de l’UMP

François Krug | Journaliste Rue89


Photomontage des visages de Jean-François Copé et de François Fillon (Audrey Cerdan/Rue89)

Les militants de l’UMP sont appelés ce dimanche à voter pour élire le président du principal parti de droite. Le scrutin, très incertain, oppose le secrétaire général Jean-François Copé à l’ancien Premier ministre François Fillon.

Candidat plus consensuel et rassembleur, ce dernier est donné gagnant par les sondages auprès des sympathisants. Mais voilà, ce sont les militants qui votent et certains parient plutôt sur la « grosse surprise » que représenterait une victoire de son adversaire.

Les bureaux de vote ferment à 18 heures. Rue89 vous fera vivre la mini-soirée électorale de l’UMP. En attendant, voici un tour des questions soulevées par ce scrutin.

1

La campagne s’est finie en concours de vacheries

U-ni-té : c’est le mot qu’on aura le plus entendu chez les responsables de l’UMP ces derniers mois – et celui qui aura eu le moins de sens. Et au terme de cette campagne, les deux camps n’ont même plus fait l’effort de le cacher.

Jean-François Copé et François Fillon avaient d’abord délégué les échanges d’amabilités à leurs lieutenants. Qui, eux, ont vite renoncé aux vacheries « off the record » pour se lâcher publiquement. Ce samedi dans Le Parisien, le filloniste Christian Estrosi expliquait par exemple :

« L’UMP n’a pas besoin d’un agitateur qui défend des idées contestataires du niveau de Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. »

Les deux candidats aussi ont fini par craquer. Ce qu’on retiendra par exemple de leurs derniers grands meetings ? Lundi au Palais des Congrès de Paris, François Fillon attaquait :

« Certains pensent que l’on regagnera la France en prenant tous les virages à droite. [...] Ce que je crois, c’est qu’on ne peut pas gagner les élections en ne représentant qu’une fraction de la droite, et qu’on ne peut pas prétendre faire la France au nom d’une fraction. »

Réponse vendredi de Jean-François Copé, lors de son meeting au Carrousel du Louvre à Paris. On se demande bien à qui il pensait en dressant le portrait du chef idéal (« direct, franc, mais jamais perfide ») ou en dénonçant le risque d’une « opposition en pantoufle » :

« Aller à droite, ce n’est quand même pas un défaut quand on veut diriger l’UMP ! [...] Je comprends qu’avec ce type de discours, on puisse recevoir le soutien de François Bayrou, celui qui a fait battre Nicolas Sarkozy. Celui-là, je le leur laisse ! »

A la tribune, Jean-François Copé avait même évoqué un de ces micro-incidents de campagne qu’on préfère généralement raconter en « off ». Quelques heures plus tôt, s’insurgeait-il, le QG filloniste avait envoyé un SMS aux militants : les résultats d’un sondage démontrant qu’en 2017, François Fillon serait seul capable de battre François Hollande.

Les fillonistes répliquaient dans la foulée par une autre histoire de téléphone portable : un militant copéiste aurait fait fuiter le numéro personnel de l’ancien Premier ministre sur Twitter. La campagne, comme on le voit, volait haut – il était temps que ça s’arrête.

Les deux camps le promettent, ces coups bas seront oubliés après l’élection, et la priorité sera à « l’u-ni-té ». Dans le camp copéiste, certains ne cachent pourtant pas leurs doutes. Comme Luc Chatel qui, au meeting de vendredi, choisissait l’ironie pour désigner le camp d’en face :

« Nos futurs amis de lundi matin... »

2

Avec tout ça, on a oublié l’anniversaire de l’UMP

Dans cette ambiance tendue, l’UMP n’aura même pas pu célébrer dignement son dixième anniversaire, qui tombait ce samedi. Le parti est en effet officiellement né le 17 novembre 2002.

Pour nos lecteurs les plus jeunes, rappelons donc que l’Union pour un mouvement populaire est née de la réunion des gaullistes du RPR, des libéraux de Démocratie libérale et d’une partie des centristes de l’UDF (François Bayrou ayant entraîné une partie de ses troupes vers ce qui deviendra le Modem).

A la tribune, Alain Juppé, premier président du nouveau parti, célébrait l’union enfin réalisée de la droite. Pendant qu’en coulisses, un certain Nicolas Sarkozy préparait déjà la prise de contrôle de cette machine électorale.

La naissance de l’UMP

Le 17 novembre 2002, l’UMP, nouveau parti de droite, se rassemble au Bourget.

3

On ne sait pas pour qui va la préférence de Nicolas Sarkozy

L’ancien président de la République ne vote pour personne : l’ancien président de l’UMP a fait savoir qu’il ne prendrait pas position. D’ailleurs, ce dimanche, il ne votera même pas.

Officiellement, donc, il n’a pas de préférence entre son ancien Premier ministre (qui s’est permis de légères critiques sur son bilan) et l’actuel secrétaire général de l’UMP (qui, après avoir entretenu des relations houleuses avec lui, se présente comme son plus grand fan, jusqu’à en faire un peu trop). Un silence destiné aussi à entretenir le suspense : reviendra, reviendra pas ?

On sait en revanche pour qui vote Jean Sarkozy. Vendredi, le fils de l’ancien président a pris la parole au meeting de Jean-François Copé. « On dirait son père », se réjouissait un militant assis à côté de nous. Le jeune élu des Hauts-de-Seine avait en tout cas repris à son compte un des arguments favoris de son père pendant la campagne présidentielle :

« C’est à vous de déjouer les histoires toutes faites des éditorialistes, c’est à vous de faire mentir les pronostics... »

4

Les deux candidats craignent des fraudes

A l’UMP, la confiance règne. Chaque camp accuse l’autre de vouloir manipuler le vote et ses résultats, et dénonce même publiquement les risques de fraudes.

Le week-end dernier dans le Journal du dimanche, Jean-François Copé lâchait ainsi :

« J’ai dit, à plusieurs reprises, à mes amis d’être très rigoureux dans le respect des règles électorales. J’ai d’ailleurs évoqué le sujet avec mes amis niçois [les leaders UMP des Alpes-Maritimes, Christian Estrosi et Eric Ciotti, soutiennent François Fillon, ndlr]. La confiance n’exclut pas le contrôle. »

Des assesseurs copéistes et fillonistes contrôleront le vote, organisé dans les fédérations locales. Le camp Fillon va plus loin, en laissant entendre que les résultats relevés sur le terrain pourraient être trafiqués pendant leur remontée vers Paris.

L’équipe de l’ancien Premier ministre a donc installé un QG dans un café du VIIe arrondissement de Paris, où elle collectera les chiffres envoyés par ses représentants sur le terrain. Et les comparera à ceux annoncés au siège de l’UMP, non loin de là, dans le XVe arrondissement...

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Les militants votent aussi pour des motions

Oubliez Jean-François Copé et François Fillon. L’intérêt de ce scrutin interne est peut-être ailleurs : en même temps qu’elle élira son président, l’UMP devra aussi départager les différents courants du parti.

Six motions ont été déposées. Celles qui atteindront 10% des voix seront officiellement reconnus comme des « mouvements » : l’UMP leur accordera une place dans l’équipe dirigeante, des locaux, un secrétariat – et des moyens financiers. Et leurs scores donneront une idée de l’orientation voulue par les adhérents : oui ou non, le parti doit-il se droitiser davantage ?

C’est l’option défendue par la Droite populaire, le groupe informel constitué autour de Thierry Mariani et qui devrait obtenir dimanche la reconnaissance officielle de l’UMP. Souvenez-vous : l’apéro saucisson-pinard à l’Assemblée nationale, c’était eux.

Très présente dans les médias jusqu’à la présidentielle, la Droite populaire a été étrangement discrète pendant cette campagne interne. Au point que « la seule motion à avoir une histoire » (dixit Thierry Mariani) a été éclipsée par de petits jeunes partageant l’essentiel de ses orientations, la Droite forte.

Impossible d’y échapper : Guillaume Peltier, Geoffroy Didier et Camille Bedin, trois bébés Copé, ont enchaîné les apparitions dans les médias. Pour se présenter comme la « génération Sarkozy » et réclamer, entre autre droitisation, celle des médias eux-mêmes : l’idée des quotas de journalistes de droite, c’est eux.

La troisième motion à vouloir incarner la droite n’est ni « populaire », ni « forte », mais « sociale ». La Droite sociale, c’est celle de Laurent Wauquiez, qui soutient à titre personnel François Fillon. Les sept heures de travail d’intérêt collectif hebdomadaires en contrepartie du RSA, c’était son idée, reprise par François Fillon... et par Jean-François Copé.

Suivent deux motions sans surprises, reflétant deux des blocs historiques de la droite. France moderne et humaniste, autour de Jean-Pierre Raffarin, pour les centristes qui excluent de fuir à l’UDI, le nouveau parti créé par Jean-Louis Borloo. Et Le Gaullisme, une voie d’avenir pour la France, autour de Michèle Alliot-Marie, davantage destinée aux nostalgiques du RPR.

La vraie surprise, finalement, vient de La Boîte à idées. Derrière cette auto-proclamée « motion anti-divisions », des trentenaires inconnus voulant prouver qu’à l’UMP, on peut non seulement être jeune (une alternative aux Droites populaire et sociale, aux centristes et aux gaullistes), mais jeune de centre-droit (une réponse directe à la Droite forte).

Ces jeunes-là ont finalement eu droit, eux aussi, à une audience chez Nicolas Sarkozy. L’ancien président leur a fait part de sa « bienveillance », mais comme pour le choix du futur président du parti, il n’a pas voulu prendre position en faveur d’une des six motions.

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  • 11 réactions
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  • Majesté
    Majesté
    ex-spermatozoïde
    • Posté à 16h33 le 18/11/2012
    • Internaute 77564
      ex-spermatozoïde

    Plutôt croustillant de se rappeler à quel point la droite avait brocardé les magouilles du PS lors de l’élection de Martine Aubry à la présidence.

    Quel panier de crabes !

    Et l’autre qui continue à tirer toutes les ficelles en coulisses, qui donne audience tel le Louis XIV qu’il a toujours rêvé d’être.

    Faut pas se leurrer. Du Sarko, père, fils et même saint-esprit, on n’a pas fini d’en bouffer. Ad nauseam.

  • Pas tripette.
    Pas tripette.
    Si j'aurais su, j'aurais po lu.
    • Posté à 17h49 le 18/11/2012
    • Internaute 117974
      Si j'aurais su, j'aurais po lu.

    Présidence de l’UMP : Sarkozy ne votera pas dimanche
    Toujours amoureux de Cécilia ?

  • Quetzalkawok
    Quetzalkawok
    Voilà quoi
    • Posté à 17h42 le 18/11/2012
    • Internaute 195166
      Voilà quoi

    Un truc à savoir :

    Tant que l’on donnera de l’importance à ces combats de coq, on ne devra plus se plaindre du niveau de la politique de notre pays !

    Ignorer, c’est aussi dire ce qui est important : ça s’appelle vulgairement le boycott.

  • Pili pili
    Pili pili
    Piment d'oisif
    • Posté à 17h55 le 18/11/2012
    • Internaute 188535
      Piment d'oisif

    « PARIS (Reuters) - La députée des Alpes-Maritimes Michèle Tabarot, soutien de Jean-François Copé dans la course à la tête de l’UMP, a dénoncé dimanche de “grosses difficultés” dans les bureaux de vote de son département, l’une des fédérations les plus importantes de France où des huissiers contrôlent les opérations.
    [...]
    “Sur Cannes, la liste électorale a été coupée en trois, ce qui ne permet pas donc d’exercer un vrai contrôle (...), ensuite sur Nice, nous avons eu des difficultés avec des procurations vierges qui étaient distribuées à l’intérieur du bureau de vote pendant le déroulement du scrutin, et puis de fausses procurations aussi, qui ont d’ailleurs été saisies par l’huissier”, a-t-elle ajouté.
    Ces soupçons de fraude ont été jugés “scandaleux” par les soutiens de François Fillon. »
    lien

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 18h17 le 18/11/2012
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    Duel entre le « fourbe » et la « brute »
    Entre les deux adversaires qui postulent à la présidence de l’UMP , la détestation est équitablement partagée. En coulisses, Copé reproche à Fillon sa « fourberie » et son « manque de courage », quand Fillon critique sa « brutalité “ et ses manières ‘irrespectueuses’.
    Et pour ne rien gâter, les ‘clans’ s’accusent .Des accusations de fraude dans le Sud
    La réconciliation, entre ces deux personnages, afin d’effectuer le ‘rassemblement’ qu’ils souhaitent et espèrent de leur voeux risque d’être croquignolesque avec la campagne d’amabilités et de vacheries que les uns et les autres se sont balancés Et pourtant, dans l’optique des municipales de 2014, il va bien falloir que le perdant fasse allégeance au gagnant, spectacle garanti.

  • pierce69
    pierce69
    Professeur
    • Posté à 18h10 le 18/11/2012
    • Expert 50821
      Professeur

    L’idéal serait un score de 50/50. Après six mois de procès et d’attaques dans les media, il ne resterait pas grand chose de l’UMP :)

  • .666
    .666
    Juif errant
    • Posté à 18h25 le 18/11/2012
    • 181210
      Juif errant

    .

  • ham burglar
    ham burglar
    Jusqu'à l'os
    • Posté à 19h15 le 18/11/2012
    • Internaute 15613
      Jusqu'à l'os

    oh la vache quel choix cornélien , suis bien content de pas etre a l’ump ça m’aurait empeché de dormir ce vote

  • jeanletanneur15
    jeanletanneur15
    forgeron
    • Posté à 20h42 le 18/11/2012
    • Internaute 187223
      forgeron

    De toute manière,depuis 81,je suis vacciné.Lorsque la droite n’arrive pas à passer des réformes ou lois,ils font en sortes que les socialistes passent,et puis,eux font passer cela,avec de l’eau de rose sucrée,et quand t’ils ont réussie,la droite revient pour continuer à nous tondre la laine sur le dos,et ainsi de suite sa fait 31 ans que c’est comme cela que l’ont danse le tango .

  • Chimulus
    Chimulus
    Dessinateur de presse
    • Posté à 10h41 le 19/11/2012
    • Internaute 5775
      Dessinateur de presse

    dessin

  • LesCayes
    LesCayes
    Dirigeant d'entreprise
    • Posté à 18h28 le 20/11/2012
    • Internaute 145809
      Dirigeant d'entreprise

    L’alternance de 2017 avec Copé, Tabarot et Morano... ?

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