Racisme antiblancs : spectre de l’anti-France et grande confusion
« Les trois couleurs à la voirie !
Le drapeau rouge est le meilleur !
Leur France, jeune travailleur
N’est aucunement ta Patrie »
Louis Aragon, 1932.
Ces quelques mots de Louis Aragon font partie d’une tradition politique chevillée à l’émancipation des travailleurs et des peuples opprimés. Aragon est depuis bien longtemps entré dans le canon des « poètes français ».
Aujourd’hui, en 2012, c’est pour avoir signé un livre-album, « Nique la France », qu’un chanteur de rap, Saidou de ZEP, et qu’un militant et intellectuel, Saïd Bouamama, sont mis en examen pour « injure publique » et « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence », suite à une plainte déposée par Association générale contre le racisme et pour la défense de l’identité française et chrétienne (AGRIF).
Des précédents notables
Cette plainte est extrêmement grave, et pas seulement parce qu’elle émane d’un groupuscule d’extrême droite, nostalgique de l’Algérie française. Cette plainte est une tentative de donner une traduction répressive à une obsession qui imprègne le débat public et qui s’est enflée ces derniers mois. Il s’agit de la thématique funeste du « racisme antiblanc ».
Les récentes déclarations de Jean-François Copé et de ses défenseurs montrent la pénétration de cette idée, mais aussi le malaise qu’elle provoque à droite comme à gauche.
Cette plainte n’est en rien isolée. Elle a des précédents notables : Houria Bouteldja, après avoir été relaxée en première instance, est poursuivie en appel par le même groupe d’extrême droite pour propos discriminatoire à l’égard des « Français de souche ».
La procureure de la république a préconisé une amende « symbolique » à l’encontre de Houria Bouteldja. Le délibéré aura lieu le 19 novembre.
Il faut espérer que la décision n’entérinera pas la notion de « racisme antiblanc ». En effet, comme dans le cas de Saïd Bouamama et de Saidou de Zep, le fond de l’affaire est bel et bien la criminalisation d’une militante antiraciste. Ces attaques révèlent le véritable sens du concept de « racisme antiblanc » : réduire au silence les mouvements de l’immigration et des quartiers populaires.
Une grande confusion
Le procédé est assez simple : il s’agit de renverser qui est victime du racisme et qui ne l’est pas ; il s’agit aussi de mettre en accusation les forces antiracistes au nom des exigences qui les animent. C’est enfin instaurer une grande confusion quant à ce qu’est le racisme et comment le combattre.
On ne peut pas réduire le racisme à des opinions individuelles ou à des actes isolés, détachés d’un contexte d’ensemble. Si l’on s’accorde sur l’idée qu’il n’y a pas de races biologiques, alors il faut s’expliquer pourquoi le racisme perdure de façon si tenace en tant qu’idéologie.
Cette persistance s’explique en premier lieu par des pratiques et des structures qui racialisent les populations Roms ou issues des immigrations postcoloniales. Confinés dans des quartiers soumis à des traitements d’exception, confrontés aux violences et à l’arbitraire policiers, ces hommes et ces femmes ont près de deux à trois fois plus de risques [PDF] d’être au chômage que la population majoritaire à diplôme équivalent.
Le racisme antiblanc n’est en rien du racisme
Ce sont les lois, les décrets et les discours du pouvoir qui donnent prise au racisme, en reproduisant des places subalternes et en hiérarchisant les peuples sur la base d’une appartenance supposée à des cultures, des religions dominées ou à la descendance de peuples et de nations opprimées.
Pour briser cette hiérarchisation, il faut savoir distinguer les choses. Que les discriminations et les humiliations accumulées puissent provoquer des réactions individuelles de haine parmi les populations racialement dominées est un phénomène bien réel, mais ce qui est aujourd’hui épinglé comme du « racisme antiblanc » n’est en rien du racisme.
Il faut être clair : la notion de « racisme antiblanc » est une arme pour déposséder les mouvements émancipateurs d’une véritable stratégie de lutte contre les discriminations. Ce retour du spectre de l’anti-France, jadis réservée aux communistes et aux militants anticoloniaux, doit être aujourd’hui combattu avec vigueur.
Guillaume Floris, Gauche anticapitaliste ;
Haouaria Hadj Chikh, PCF ;
Laurent Lévy, Fédération pour une alternative sociale et écologique ;
Danièle Obono, Convergences et alternative ;
Aïssa Terchi, Parti de Gauche.
Tous-tes membres du Front de Gauche.
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L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
« Racisme antiblancs : spectre de l’anti-France et grande confusion »
Pour être franc, vous commencez à nous pomper l’air avec vos racismes anti-blanc, anti-nègres, anti-arabes et anti je ne sais quoi encore !
Il est même fort probable que certains articles de presse maintiennent ce genre de pression - juste pour quelques clics - mais leurs auteurs devraient déjà réaliser qu’ils sont en partie responsable de la promotion des haines et des incivilités.
Faites donc un test : restez seulement un petit mois sans parler de racisme !
Pour certains journalistes amateurs de chienlit, ça ne sera pas facile....
...mais ce n’est pas sur la base de la chienlit qu’ils feront une bonne carrière.




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