La protection policière n’est plus un privilège de « gros » ministre
Dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, la règle est simple : seuls les ministres de plein exercice ont droit à une protection policière. Pas les ministres délégués.
Très vite, beaucoup d’entre eux ont jugé cette règle absurde. Comme on le résume au cabinet d’un de ces sous-ministres :
« Le vrai bon critère, ce n’est pas le statut. C’est la notoriété. »
Ce n’est pas faire injure à Sylvia Pinel, Valérie Fourneyron, Geneviève Fioraso ou Victorin Lurel, tous quatre ministres de plein exercice, que d’admettre qu’ils ont moins de chances d’être reconnus dans la rue que les ministres délégués Jérôme Cahuzac, Benoît Hamon ou Yamina Benguigui.
Officiellement, la règle ne change pas. Mais la pratique a déjà évolué.
« Jamais à l’abri d’un déséquilibré »

Dominique Bertinotti lors de la présentation du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2013, le 1er octobre 2012 à Paris (Witt/SIPA)
En septembre, Dominique Bertinotti, la ministre déléguée à la Famille, s’est vu attribuer deux officiers de sécurité (elle a choisi un homme et une femme, qui se relaient) en raison d’un « contexte particulier ». En français : elle porte, avec Christiane Taubira, le projet de loi sur le « mariage pour tous », et redoute les réactions de « quelques mouvements extrémistes ».
A Matignon, on insiste sur le caractère « exceptionnel » et « temporaire » d’un tel dispositif.
Mais d’autres ministres délégués assurent qu’ils seront bientôt, eux aussi, sous protection policière. L’un d’eux confie :
« Vous n’êtes jamais à l’abri d’un déséquilibré. Et par temps de crise, la société est plus tendue. Tout le monde sera plus tranquille. »
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« La protection policière n’est plus un privilège de “ gros ” ministre »
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