Explicateur 24/08/2012 à 11h19

Moi aussi je peux devenir l’ami(e) de Nicolas Sarkozy ?

François Krug | Journaliste Rue89

Les cinq questions qu’il faut se poser avant d’adhérer à l’Association des amis de Nicolas Sarkozy, qui se réunit à Nice ces vendredi et samedi.


Nicolas Sarkozy au Cap Negre, le 17 août 2012 (ROBERT ALAIN/SIPA)

C’est une réunion d’anciens combattants très combatifs. Ces vendredi et samedi, à Nice, Christian Estrosi et l’Association des amis de Nicolas Sarkozy attendent une centaine d’élus et près de 3 000 sympathisants pour célébrer l’héritage de l’ancien président – et entretenir le doute sur son retour.

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Nicolas Sarkozy a-t-il vraiment besoin d’amis ?

Difficile à croire, tant l’UMP semble unanime à l’égard de l’ancien président. Son quinquennat ? Un enchaînement de réformes courageuses. Sa défaite à la présidentielle ? Un malentendu injuste. L’Histoire jugera.

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Certains amis, encore plus fidèles que les autres, n’ont pas voulu se contenter de mots. Mi-juin, ils ont donc officialisé leurs sentiments, en déposant les statuts de cette Association des amis de Nicolas Sarkozy :

« L’association contribuera au débat public afin de promouvoir le bilan de Nicolas Sarkozy, défendre son action comme sa personne, et poursuivre la réflexion autour des valeurs qu’il a portées comme président de la République. »

« Un espace d’unité » à droite

Ces amis officiels de Nicolas Sarkozy ? Ce sont Brice Hortefeux, le président de l’association, Christian Estrosi, son secrétaire général, Nadine Morano, sa trésorière. Ou encore Xavier Bertrand et Claude Guéant, deux de ses vice-présidents.

Deux mois plus tard, Nicolas Sarkozy peut être rassuré sur l’amitié qu’on lui porte à l’UMP. Malgré leurs rivalités, tous les prétendants à la présidence du parti seront présents ou représentés à Nice. La preuve, se félicite Brice Hortefeux dans Le Figaro, que cette petite amicale est devenue « un espace d’unité ».

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Comment devenir l’ami(e) de Nicolas Sarkozy ?

L’Association des amis de Nicolas Sarkozy n’est pas réservée aux anciens ministres ou aux élus. Pour exprimer l’amitié que vous portez à notre ancien président, la démarche est simple.

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Il vous suffit de fournir vos coordonnées sur le site, d’y télécharger le bulletin d’adhésion et de le renvoyer à l’adresse parisienne de l’amicale, qui se trouve être la même que celle de l’UMP.

N’oubliez pas d’y joindre un chèque de 25 euros. Que les nostalgiques du bouclier fiscal se rassurent : cela ne représentera que « 8,50 euros après déduction fiscale ». L’association bénéficie en effet de la déduction applicable aux partis politiques. A ce prix-là, l’amitié avec le grand homme est donnée.

Officiellement, les adhésions ne seront ouvertes que samedi. Mais les candidats à l’amitié avec Nicolas Sarkozy sont impatients : chez Christian Estrosi, on nous explique avoir reçu « environ 5 000 demandes d’adhésion » depuis que le bulletin a été mis en ligne.

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Que font des amis de Nicolas Sarkozy quand ils se réunissent ?

Ils constatent que « sa discrétion est légitime, mais son autorité et sa parole manquent », et se félicitent de participer à une « démarche de fidélité et de reconnaissance », comme le fait Brice Hortefeux, interrogé par Le Figaro sur l’objectif du rassemblement de Nice.

L’ancien ministre de l’Intérieur et les autres membres fondateurs de l’association se réuniront dès ce vendredi après-midi. Pour les autres amis de l’ancien président, les célébrations auront lieu le lendemain matin, avec un rassemblement en plein air.

Selon l’équipe de Christian Estrosi, 2 800 sympathisants se sont pour l’instant inscrits, ainsi qu’« une centaine de parlementaires » et autant de journalistes. Cela suffira-t-il à concurrencer l’université du PS à La Rochelle, qui se tiendra au même moment ?

Au programme, un film sur Sarkozy

« C’est une association naissante, ce ne sont pas les moyens des meetings qu’on a pu organiser pour Nicolas Sarkozy », prévient Gérard Askinazi, président d’Agence Publics, la société chargée d’organiser cette petite fête entre amis.

C’est elle qui avait déjà organisé les grands meetings de la campagne de Nicolas Sarkozy : ceux de Villepinte, de la place de la Concorde et du Trocadéro. Cette fois-ci, le budget est modeste. Il tournerait au total autour de 25 000 euros.

Le discours de Nicolas Sarkozy au Trocadéro en mai 2012

Les nostalgiques pourront tout de même vibrer, quand sera projeté le film réalisé pour l’occasion : un montage résumant les grandes heures sarkozystes en trois minutes, selon le patron d’Agence Publics. « Un film sur l’amour de la France, avec beaucoup de drapeaux », se réjouit-on chez Christian Estrosi.

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Au fait, qui finance les amis de Nicolas Sarkozy ?

Pour l’instant, personne. Chez les organisateurs de la réunion de Nice, on explique que les prestataires ont accepté d’attendre deux mois pour être payés. Christian Estrosi met à disposition sa police municipale pour assurer la sécurité de l’événement, mais ces services seront bien facturés. Et chaque parlementaire a même dû contribuer à hauteur de 35 euros au financement du dîner de ce vendredi.

Pour un ami comme Nicolas Sarkozy, on est aussi prêt à redécouvrir le système D. Fin juillet, Mediapart a révélé que Christian Estrosi avait profité d’un courrier envoyé aux frais de l’Assemblée nationale à ses électeurs niçois pour leur proposer de s’inscrire à l’association. Pas très réglementaire.

Fauchés, mais pas pour longtemps

Les Amis de Nicolas Sarkozy seraient donc fauchés, mais ça ne devrait pas durer. Les 5 000 demandes d’adhésion annoncées à ce jour laissent déjà espérer une rentrée prochaine de 125 000 euros.

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Surtout, l’amicale créée par Brice Hortefeux et Christian Estrosi n’est pas une simple association loi 1901 : elle a le statut de parti politique.

Comme le veut la loi, elle dispose donc en parallèle d’une association de financement. Celle-ci est présidée par deux autres amis de Nicolas Sarkozy : Alain Joyandet, son ancien secrétaire d’Etat à la Coopération, qui a démissionné après un vol en jet privé, et Philippe Blanchetier, avocat de l’ancien président et de l’UMP.

Grâce à ce statut, l’Association des amis de Nicolas Sarkozy n’aura pas à se contenter de ses cotisations à 25 euros. Les parlementaires qui le souhaiteront pourront lui reverser leurs indemnités. Elle pourra recevoir des fonds d’autres partis – au hasard, l’UMP –, ou inversement, leur en verser elle-même.

Les Amis de Nicolas Sarkozy pourront surtout récolter des dons, dans la limite légale prévue pour un parti politique : 7 500 euros par donateur et par an. Mais la loi n’interdisant pas de verser ce montant à plusieurs partis à la fois, les sympathisants les plus généreux pourront financer à la fois l’association et l’UMP.

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Mais pour qui roulent les amis de Nicolas Sarkozy ?

Pour personne, et même pas pour Nicolas Sarkozy. Les fondateurs de l’association le répètent : celle-ci n’est qu’une amicale destinée à se souvenir des bons moments et, comme le prévoient ses statuts, à « poursuivre la réflexion ». Rien de plus.

Nouvelle démonstration avec l’interview de Brice Hortefeux dans Le Figaro de ce vendredi. Son ami Nicolas Sarkozy doit-il revenir en politique ?

« [Il] a indiqué le soir du 6 mai qu’il entendait redevenir tout simplement “un Français parmi les Français”. Nous devons respecter sa décision et son choix, mais, naturellement, beaucoup de sympathisants le souhaitent. »

Et la campagne pour la présidence de l’UMP ? L’ancien ministre de l’Intérieur ne se mouille pas davantage :

« Chacun sait que j’apprécie Jean-François Copé et que je respecte François Fillon [...]. Au sein de l’association, notre ambition est aussi de souligner que ce qui rassemble tous les candidats, c’est précisément qu’ils appartiennent tous, au-delà des critères d’âge, à la génération Sarkozy. »

Estrosi se voit à la tête de l’UMP

L’amitié résistera-t-elle pourtant à la réalité ? A défaut d’un retour de Nicolas Sarkozy, son ami Christian Estrosi se verrait bien, lui, incarner une troisième voie à l’UMP, entre François Fillon et Jean-François Copé.

Début août, sans être officiellement candidat, le maire de Nice annonçait avoir recueilli 3 000 des 8 000 parrainages prévus par les statuts du parti pour participer à l’élection interne.

Grâce, en partie, à l’Association des amis de Nicolas Sarkozy : selon Le Canard enchaîné, Christian Estrosi avait profité d’un courrier invitant les militants de la réunion de ce samedi pour leur proposer de parrainer sa candidature. Nicolas Sarkozy devrait se méfier de ses amis...

MERCI RIVERAINS ! Pierrestrato
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  • Bad Lieutenant
    Bad Lieutenant
    Bisounours de combat
    • Posté à 11h29 le 24/08/2012
    • Internaute 190065
      Bisounours de combat

    On les entend et voit sur tous les médias de masse, ils n’ont rien à dire et sont chaleureusement invités à le dire, pauvre ump déjà passéiste de nature réduite à faire l’apologie d’un bilan désastreux qui a mené le pays en récession. Alors oui on comprend que l’oligarchie regrette amèrement cette période bénite dans laquelle il était facile de voir ses revenus de milliardaire augmenter de 30% tandis que ceux du peuple baissaient d’autant, mais si vous pouviez au moins nous épargner tout ces vieux beaufs, votre stratégie d’infiltration du parti socialiste fonctionne à merveille, continuez donc...

  • 101.7
    101.7
    Promeneur
    • Posté à 11h38 le 24/08/2012
    • Internaute 59121
      Promeneur

    Une exclu, la photo des « parrains » pendant leur réunion constituante.

    Franchement, il n’y a pas mieux à faire pour reconstruire une opposition sérieuse et tournée vers l’avenir ?
    Une opposition avec des propositions, des projets, des idées au lieu d’une opposition avec des noms, des noms, des noms...

  • Joseph Gratteur
    Joseph Gratteur
    Working class bléro
    • Posté à 11h40 le 24/08/2012
    • Internaute 164574
      Working class bléro

    Une association victimaire ressassant une débâcle de la droite française, c’est curieux, je croyais que Nicolas Sarkozy détestait commémorer les défaites et se battre la coulpe sur les choses peu reluisantes du passé de notre grand pays.

  • Waldeck
    Waldeck
    Le désenchantement, c'est (...)
    • Posté à 11h57 le 24/08/2012
    • Internaute 36864
      Le désenchantement, c'est (...)

    - Et pourquoi pas une « Association des victimes de Nicolas Sarkozy ? “

  • Jerome_B
    • Posté à 12h28 le 24/08/2012
    • Expert 81512

    Voila bien un des stigmates de l’approche sarkozyste de la politique et de la fonction présidentielle. On est encore dans le clivage des citoyens. Cette droite, plutôt que de jouer son rôle d’opposition, de proposer des contre-projets, des idées, des critiques etc ..... se pare derrière la vertu du grand chef incompris que des idiots d’électeurs français aidés en cela par les vils gauchistes de toujours n’ont pas su remercier pour sa courageuse action ....... car eux seuls aiment la France bien entendu (« “ Un film sur l’amour de la France, avec beaucoup de drapeaux ”, se réjouit-on chez Christian Estrosi. »), les autres, c’est l’anti-france ......

  • Lemmy_Nothor
    Lemmy_Nothor répond à antropophage housse
    Aintgonnaworkformaggiesfarm
    • Posté à 13h05 le 24/08/2012
    • Internaute 12434
      Aintgonnaworkformaggiesfarm

    Le retour de l’Ile d’Elbe....

  • pablico
    pablico répond à Lemmy_Nothor
    Co-NOBEL de la Paix
    • Posté à 13h51 le 24/08/2012
    • Internaute 14278
      Co-NOBEL de la Paix

    tactique du retour du sauveur, comme pour De Gaulle en 1958.

    là il ne va pas s’imposer, on va l’imposer.... et c’est bien plus fort.

    Mais on peut se poser une question, un parti qui n’a pas de chef de rechange valable et plein d’aura, est-il un parti SAIN ?

    pour le long terme non, mais on s’en fiche, on travaille tous à très court terme...c’est pour cela qu’on se prend tous les murs....

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