Pour/Contre 09/08/2012 à 13h07

Pour ou contre les centres éducatifs fermés (CEF) ?

Sarah Pinard | Rue89


Christiane Taubira le 25 juillet 2012 (Bertrand Guay/AFP)

Mardi, la ministre de la Justice, Christiane Taubira, a créé la surprise en déclarant qu’elle allait suspendre la création de nouveaux centres éducatifs fermés, alors qu’ils figuraient dans les 60 propositions de François Hollande.

Lors d’un entretien accordé à Libération, Christiane Taubira a jugé qu’il fallait arrêter de considérer les centres éducatifs fermés pour mineurs comme étant « la solution », et « préfère lancé une inspection devant évaluer ces centres » avant de les développer.

Matignon a aussitôt recadré les choses. Il s’agissait en réalité « d’arrêter la transformation de dix-huit foyers ouverts en centres éducatifs fermés (CEF) », transformation souhaitée par l’ancienne majorité. Il y aurait bien, en revanche création de quatre centres éducatifs fermés.

Les déclarations de la garde des Sceaux ont provoqué une polémique, la droite fustigeant son « laxisme » et sa « tolérance » à l’égard de criminels, certes mineurs, mais multirécidivistes.

Qu’est-ce qu’un centre éducatif fermé ?

Les centres éducatifs fermés ont été créés par la loi Perben I, le 9 septembre 2002, pour accueillir les mineurs délinquants multirécidivistes âgés de 13 à 18 ans. Ils devaient constituer une alternative à l’incarcération automatique de mineurs en prison et être envisagés après l’échec d’autres solutions, telles que des mesures éducatives. Les mineurs ne sont dirigés vers ces centres qu’après avoir commis plusieurs crimes graves tels que des vols, des trafics de drogues, ou des agressions sexuelles.

Le meurtre d’une jeune collégienne de 13 ans nommée Agnès Marin à Chambon-sur-Lignon en Haute-Loire, commis par un lycéen déjà condamné pour agressions sexuelles, avait relancé fin 2011 le débat sur la délinquance des mineurs. Le président de la République, Nicolas Sarkozy, avait décidé de renforcer le dispositif des centres éducatifs fermés en augmentant leur nombre.

En 2012, François Hollande, qui était alors en pleine campagne présidentielle, s’était également déclaré favorable à une augmentation du nombre de centres éducatifs fermés. Ces centres devaient doubler en cinq ans, passant de 42 à l’heure actuelle à 80 centres en fin de mandat.

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Pour

Avant la déclaration de la ministre de la Justice, les centres éducatifs fermés pour mineurs étaient largement considérés comme une solution permettant d’encadrer fermement un mineur tout en assurant son suivi psychologique dans la durée.

  • Un travail sur la personnalité du mineur

En 2008, une circulaire était venue compléter la loi Perben I. Elle précisait que le nécessaire enfermement des jeunes délinquants dans un centre éducatif fermé permettait « de rendre le travail éducatif possible chez les mineurs dont la réaction première est le rejet de la prise en charge en institution ».

Les centres éducatifs fermés rendraient alors possibles :

« Le travail dans la durée sur la personnalité du mineur, son évolution personnelle, tant sur le plan psychologique que familial et social. »

  • Une « dernière chance » avant la prison

Mercredi après-midi sur Twitter, l’ancienne ministre et actuelle députée UMP Valérie Pécresse a rappelé la nécessité selon elle, de ces centres :

« Opposer les centres éducatifs fermés et les centres ouverts, c’est absurde. Les CEF permettent d’éviter la prison. C’est une dernière chance. »

Voir le document

(Fichier PDF)

Cet argument de la deuxième chance avait déjà été utilisé par les sénateurs Jean-Pierre Schosteck (UMP) et Pierre Fauchon (centriste) dans le rapport qui accompagnait la Loi Perben I sur la création des centres éducatifs fermés. Ils y expliquaient que le but poursuivi de ces centres était « de décourager la tentative de fugue et de sanctionner les faits de violence à l’intérieur des centres, non par une fermeture physique (mur d’enceinte, barreaux, miradors), mais par une menace judiciaire forte ».

C’est-à-dire que, toujours selon le rapport :

« La violation des obligations auxquelles le mineur est astreint pourra entraîner soit son placement en détention provisoire (placement dans le cadre d’un contrôlejudiciaire) soit son incarcération (placement dans le cadre d’un sursis avec mise à l’épreuve). »

Interrogé sur BFM-TV et RMC, Jean-Marie Delarue, contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL), estime quant à lui que même si les centres éducatifs fermés ne sont pas la meilleure des solutions, ils doivent « rester une alternative possible [...] pour remettre ces enfants dans le droit chemin ».

  • Un système d’encadrement qui a fait ses preuves

Selon des statistiques portant sur 3 800 mineurs, neuf ans après la première ouverture des centres éducatifs fermés, seuls 40% d’entre eux reitèrent leurs délits, quand 60% n’en commettent plus.

Si trois centres éducatifs fermés se sont plaints ces derniers mois de leurs conditions, « il existe quarante autres centres éducatifs fermés où cela se passe bien », expliquait au Figaro.fr un responsable de la protection judiciaire de la jeunesse.

2

Contre

Certains centres attirent l’attention sur la nécessité d’un encadrement suffisant pour pouvoir remplir leur mission.

  • Un manque d’encadrement et de moyens

Dans un document que s’est procuré Libération, Malika Bendris, la directrice du centre d’éducation fermé de Savigny, dresse un état des lieux de la structure qu’elle s’apprête à diriger :

« Depuis mon arrivée, j’ai pu constater un grand nombre de dysfonctionnements pouvant mettre en péril la prise en charge des mineurs [...].

Les mineurs volent le téléphone de service, les clés des locaux ou celles des véhicules, “pour jouer” […]. Les fugues et les incidents à l’interne se multiplient. Les problèmes de cannabis et d’alcool sont récurrents, d’ailleurs les mineurs confectionnent leur joint sous les yeux indifférents de certains éducateurs. Ils fument à n’importe quel endroit de l’établissement. »

Dans un entretien accordé à L’Express en 2010, le contrôleur Jean-Marie Delarue dénonçait l’absence d’infirmières, d’enseignants et de psychiatres pour assurer le suivi des enfants.

« La liste des défaillances observées sur le terrain par mon équipe et moi-même est longue. La présence des infirmières, notamment, est inégale : certains centres en ont une (une demi journée par semaine) tandis que d’autres n’en ont pas du tout. Par ailleurs, rien n’est prévu pour assurer un suivi régulier des enfants par un psychiatre ou un psychologue. Quant aux enseignants, fournis par l’Education nationale, ils sont en nombre insuffisant : il faut dire que les candidats ne se bousculent pas aux portes. »

  • Le coût

Selon LeFigaro.fr, la construction d’un centre éducatif fermé est estimée à environ 3 millions d’euros. Suivant l’intention affichée par François Hollande pendant sa campagne de construire une quarantaine de centres supplémentaires, l’addition totale se monterait à 120 millions d’euros en cinq ans.

Or, le coût serait beaucoup plus élevé selon l’Institut Montaigne. Selon leur site Chiffrage-déchiffrage, la proposition de François Hollande coûterait la somme de 88 millions d’euros par an.

  • Une dérive post-carcérale

Sur son blog, Jean-Pierre Rosenczveig, président du tribunal pour enfants de Bobigny, confirme les déclarations de Christiane Taubira. Même s’il considère que les centres éducatifs fermés n’ont pas que des répercussions négatives sur les enfants, il existe cependant de graves dysfonctionnements dans la logique d’accueil des mineurs.

« A l’origine dédiés aux multirécidivistes repassant à l’acte et devant être mis à l’écart le temps de leur jugement, les CEF se sont petit à petit ouverts aux sortants de prison, donc aux jeunes déjà condamnés, et sont devenus un lieu d’exécution d’une fin de peine ou d’une modalité d’une mise à l’épreuve, puis surtout ont été habilités à accueillir des primo-délinquants [...].

Dans le même temps on a augmenté la capacité d’accueil en autorisant d’aller jusqu’à douze jeunes quand on sait qu’au delà de huit la cocotte-minute est prête à exploser et réduit le nombre de personnels pour limiter les coûts ! »

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  • 38 réactions
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  • bender1980
    bender1980
    wassup
    • Posté à 13h18 le 09/08/2012
    • Internaute 187770
      wassup

    Et si on faisait des vraies ecoles à la place ? ...

    • wildbretschütze
      wildbretschütze répond à bender1980
      joyeux chasseur
      • Posté à 13h33 le 09/08/2012
      • Internaute 124291
        joyeux chasseur

      Ah bon ! Parce qu’il y a de fausses écoles ? Et vous croyez que ces bons à rien, ces mauvais à tout seraient plus éduqués et instruits dans vos « vrais écoles “ ? On peut rêver !

      • bender1980
        bender1980 répond à wildbretschütze
        wassup
        • Posté à 15h56 le 10/08/2012
        • Internaute 187770
          wassup

        Bah non, mais il manque cruellement de moyen et de place dans les ecoles actuelles. Il serait plus judicieux d’en rajouter plutot que nous faire croire que leur « prison » soit « le » remede.
        Ce n’est plus un scoop que de dire que les resultats derivent vers la mediocrité dans une classe bondée que dans une classe allegée.
        (Puis egalement revoir la formation des formateurs)
        Et surtout, interdire l’enseignement privé ! !

  • Hurleur
    Hurleur
    sans
    • Posté à 13h36 le 09/08/2012
    • Internaute 189289
      sans

    « Depuis mon arrivée, j’ai pu constater un grand nombre de dysfonctionnements pouvant mettre en péril la prise en charge des mineurs [...].

    Les mineurs volent le téléphone de service, les clés des locaux ou celles des véhicules, “pour jouer” […]. Les fugues et les incidents à l’interne se multiplient. Les problèmes de cannabis et d’alcool sont récurrents, d’ailleurs les mineurs confectionnent leur joint sous les yeux indifférents de certains éducateurs. Ils fument à n’importe quel endroit de l’établissement. »

    Incroyable ! ! , non mais elle est vraiment étonnée ? Déjà quand j’étais au lycée c’était comme ça , et c’était pas un lycée difficile.

    Un simple bracelet électronique avec obligation d’aller au l’école (dans une autres école que la dernière) la journée , de rester a la maison le soir , saupoudrer de quelque TIG , peut être une solution pour certain d’entre eux ? ?
    Parce que vu le prix , l’État va surement le faire en faisant de petites économies de matériel , et de personnel , donc les mission ne seront pas toujours bien assurées.

  • Lionel06
    Lionel06
    Dessoucheur
    • Posté à 13h47 le 09/08/2012
    • Internaute 30683
      Dessoucheur

    Moi je suis pour la prison à vie et la suppression des allocations des parents jusqu’à la 3e génération (et le rétablissement de la torture, cela va sans dire).

    Signé Pierrrrrrrrrre.

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 13h57 le 09/08/2012
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    Le principe même de ces centres part toujours d’une bonne intention c’est à dire la réinsertion des jeunes primo délinquants dans la société, le tout est de s’en donner les moyens c’est à dire d’avoir un encadrement à la hauteur des objectifs. Je me rappel d’un article de Rue89 sur les ERS (établissements de réinsertion scolaire) où des jeunes très perturbateurs devaient être remis dans le cycle normal de l’éducation national Lien ? et où j’écrivais à l’époque
    « ans le cas de Porbail commune près de laquelle je réside, les adolescents étaient encadrés pour leur sortie, par deux jouvencelles de 20 ans complètement dépassées par les évènements. Il faut noter que les “ encadrants ” peuvent venir de la protection judiciaire de la jeunesse, d’éducateurs du conseil général, d’intervenants associatifs, de volontaires du service civique ou de personnels dépendant d’autres organismes. Cela signifie que des jeunes en difficultés scolaires et sociales peuvent être pris en charge par du personnel complètement incompétent, car non formé pour ce type d’éducation.
    Les habitants de la région ont l’impression que la jungle vient de débarquer et les commentaires hostiles fleurissent autour des zincs des bars, quant aux jeunes du 9.3, lls doivent se demander s’ils ont changé de planète. Les ERS ne sont certainement pas la meilleure solution pour redonner le goût de s’insérer dans la socièté à des gamins en rupture de banc avec elle. Les ERS sont couteux dangereux et inutiles. »
    Pour les CER, si les moyens ne sont pas donnés à ces structures, le résultat sera identique.

    • Hurleur
      Hurleur répond à padiran
      sans
      • Posté à 14h10 le 09/08/2012
      • Internaute 189289
        sans

      Exactement , c’est toujours une question de moyen ! ! Et comme il n’y a plus d’argent , on va de nouveau faire des structures a l’économie , couteuse quand même mais inefficace.
      Il n’y a pas de solutions au problème , même si on avait les meilleur école du mondes , certains choisirai quand même ce chemin.

      • padiran
        padiran répond à Hurleur
        Chroniqueur Grolandais
        • Posté à 14h57 le 09/08/2012
        • Internaute 5159
          Chroniqueur Grolandais

        Si des moyens ne sont pas donnés , on va revenir aux sinistres « maisons de redressement » dont Prévert avait fait un poème. la « chasse à l’enfant » à propos d’une mutinerie dans un bagne pour enfant en 1934.
        « Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
        Au-dessus de l’île on voit des oiseaux
        Tout autour de l’île il y a de l’eau
        Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
        Qu’est-ce que c’est que ces hurlements
        Bandit ! Voyou ! Voyou ! Chenapan !
        C’est la meute des honnêtes gens
        Qui fait la chasse à l’enfant
        Il avait dit j’en ai assez de la maison de redressement
        Et les gardiens à coup de clefs lui avaient brisé les dents
        Et puis ils l’avaient laissé étendu sur le ciment
        Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
        Maintenant il s’est sauvé
        Et comme une bête traquée
        Il galope dans la nuit
        Et tous galopent après lui
        Les gendarmes les touristes les rentiers les artistes
        Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan ! »
        Avec la diminution drastique des budgets des différents ministères, on va revenir sinon au moyen âge, mais tout au moins au XIX ème siècle.

  • Joseph Gratteur
    Joseph Gratteur
    Working class bléro
    • Posté à 14h17 le 09/08/2012
    • Internaute 164574
      Working class bléro

    Le principe même d’éducation entre quatre murs, de jeunes enfermés entre eux dans leur jus est une fumisterie.
    L’ancien terme de camp de rééducation me parait plus approprié, le politique le pense toujours mais n’ose pas le dire, ni le faire.
    Pour eux, un délinquant ne se rééduque pas, il se punit. C’est comme s’ils parlaient de mettre enfin en place un véritable système de réinsertion des taulards ayant purgé leur peine.
    La société conservatrice ne sait que punir et contraindre, pas éduquer,car le faire ne serait pas bon pour la productivité des entreprises et le résultat des élections. Le PS ne changera rien.

    • lisen
      lisen répond à Joseph Gratteur
      chercheuse
      • Posté à 16h10 le 09/08/2012
      • Internaute 146227
        chercheuse

      que préconisez vous dans le cas du jeune homme qui a tué la petite fille en la torturant et en l’attachant à un arbre, récidiviste.
      Comment pensez vous qu’on devrait l’éduquer ? avec quelle pédagogie, bref comment ? Que faire ? Quel risque fait on courir à la société quand on se contente de l’envoyer deux ans se faire éduquer, et surtout, surtout ne pas le punir, ne surtout pas lui faire sentir à lui et au monde , que l’on sanctionne ce genres d’actes. ET si on n’arrive pas à trouver comment l’éduquer, malgré tous les moyens, tous les psychiatres... combien de petites filles nous remercieront d’outre tombe ?
      C’est à ce genre de profils que s’adressent ces centres pas aux « erreurs de jeunesses », diverses incivilités, petits vols à l’étalage, qui peuvent être vus comme de simples problèmes éducatifs ou socio-économiques.
      Donc je pense dans des cas de violences extrèmes ( c’est de cela que l’on parle) qu’il doit y avoir une notion de punition en premier lieu, ne serait ce que pour l’implication sociétale, et la valeur dissuasive de la justice- avec, si possible une tentative d’éducation.
      La psychopathie ne se soigne pas.

      • Joseph Gratteur
        Joseph Gratteur répond à lisen
        Working class bléro
        • Posté à 17h02 le 09/08/2012
        • Internaute 164574
          Working class bléro

        Tous les délinquants ne sont pas psychopathes, tous les jeunes délinquants non plus. Les malades dangereux, c’est à l’Hopital psy où les camisoles chimiques sont très efficaces
        Les délinquants qui ne sont pas malades et adultes doivent être punis.
        Un jeune -mineur donc- n’est pas forcément conscient donc responsable de ses actes, c’est à la justice d’en décider. S’il l’est, qu’il purge sa peine mais son éducation doit continuer, il peut être privé de liberté mais pas d’éducation.
        Depuis des années, l’Etat détruit consciencieusement toutes les structures d’aides éducatives, les services de santé psychiatriques, les crédits de la justice et de la police, sans parler du mammouth Education Nationale.
        Donc on ne peut pas d’un coté crier au loup et de l’autre coté supprimer de quoi le neutraliser puis le réinsérer dans la société, si c’est possible.
        La démagogie sécuritaire fait le reste car l’horreur d’un crime ne le différencie pas d’un autre crime, ce que vous cherchez à faire en citant le pire.
        Malgré tout, le nombre de meurtres a été divisé par deux depuis les années 1990... Mais l’insécurité ca fait gagner les élections et permet de canaliser les foules vers ou on veut qu’elles aillent. C’est bien pour cela que le PS ne va rien faire et continuera la même politique que la droite y compris sur l’immigration illégale ou légale.
        .

         
        • lisen
          lisen répond à Joseph Gratteur
          chercheuse
          • Posté à 18h29 le 11/08/2012
          • Internaute 146227
            chercheuse

          vous n’avez pas lu mon commentaire, et vous me faite le coup du « tous ne sont pas “, non , c’est bien ce que je vous dit - c’est vous qui généralisez, là où on parle de violeurs, tueurs, agresseurs violents, proxénètes, certes mineurs, vous répondez en plaidant la cause des petits délinquants, petits dealers , petits voleurs, petits emmerdeurs, qu’il serait effectivement interessant d’éduqer intelligement / Mais pour défendre ceux là , vous amalgamez totalement la délinquance, et vous appliquez la même recettes à ceux qui justement présentent un niveau de dangerosité extreme pour les autres.
          La question c’est pour ou contre les centres éducatifs fermés ? Ces centres ne sont pas destinés, aux petits ado rebelles en manque de repères, mais bien à des ados dangereux et ultra-violents.
          La prévention est desastreuse en France on se rejoint là dessus. Cependant dans certains cas extrèmes , comme ici, les profils psychologiques, rendent particulièrement impossible , les tentatives naives d’éducation, et encore une fois, sociopathie et psychopathie ( terems utilisés par moi ici, dans leurs acceptation médicale , et non grand public ) sont des impasses , même pour les meilleurs psychiatres du monde- quid des éducateurs....

          • Joseph Gratteur
            Joseph Gratteur répond à lisen
            Working class bléro
            • Posté à 09h19 le 12/08/2012
            • Internaute 164574
              Working class bléro

            Les ados tueurs reconnus coupables ne sont pas en centre éducatif fermé, sujet de l’article.
            Les socio et psychopathe ont toujours existé, certains ont même finis dans les livres d’histoire. Le risque zéro n’existe pas, une excellente prévention et une excellente justice réduiront le risque de crime mais ne le mettrons jamais à zéro, et il sera toujours trop haut et innacceptable.
            Si on ne sait pas déceler les psychos, on peut pas enfermer les jeunes (pourquoi qu’eux ?) sur un soupcon, je ne vois donc pas ou vous voulez en venir.

        2 autres commentaires
  • Persil
    Persil
    Reveur
    • Posté à 14h14 le 09/08/2012
    • 183431
      Reveur

    L’état pourrait leur payer une place dans un bon pensionnat, quitte à utiliser les mêmes moyens de pressions pour que les jeunes y restent.

    Au lieu de se retrouver entre délinquants, ces jeunes se retrouveraient entourés de jeunes dont la plupart n’applaudiraient pas leurs histoires de rue... Les jeunes non délinquants pourraient avoir sur eux une influence bien plus efficace que les éducateurs, malgré tous les efforts de ces derniers.

    Ils fréquenteraient des jeunes ayant une toute autre vision de leur avenir. Les non délinquants pourraient convaincre les délinquants qu’il est possible de s’en sortir tout en restant dans la légalité.

    Les non délinquants gagneraient en compréhension d’autrui et auraient moins de chances de se montrer intolérants par la suite.

    Les délinquants pourraient nouer des amitiés durables avec des jeunes issus d’un tout autre milieu social que le leur et ces amitiés bénéficieraient aux deux parties par la suite.

    Pour finir, le côté « enfermement » serait tempéré par la possibilité dont disposent ces élèves de rentrer chez eux durant les vacances.

    • labrisure
      labrisure répond à Persil
      Personnage exceptionnel
      • Posté à 14h17 le 09/08/2012
      • Internaute 48949
        Personnage exceptionnel

      « Au lieu de se retrouver entre délinquants, ces jeunes se retrouveraient entourés de jeunes dont la plupart n’applaudiraient pas leurs histoires de rue... Les jeunes non délinquants pourraient avoir sur eux une influence bien plus efficace que les éducateurs, malgré tous les efforts de ces derniers. »

      MOuahahahahahahaha Vous n’avez jamais été à l’école ? Vous n’avez pas remarqué que c’est ce qu’on applique depuis des décennies sans succès, avec même un effet contraire, puisque ce sont les plus nuls qui tirent les meilleurs vers le bas. Ca porte un nom : l’égalitarisme.

      • lisen
        lisen répond à labrisure
        chercheuse
        • Posté à 16h26 le 09/08/2012
        • Internaute 146227
          chercheuse

        je crois qu’il n’a jamais été confronté à la violence surtout. et qu’il confond, « petit cancre turbulent » et sociopathie. mais oui , mettez un violeur multirécidiviste dans un pensionnat, mixte, surtout pour qu’il apprenne le « vivre ensemble » avec les filles. et puis , il est certain, que le jugement négatif de ses camarades garçons, au harcèlement sexuel ou aux attouchements (mais bien sur 10 jeunes garçons de 15 ans s’unissant pour défendre une jeune fille , je me marre) : mélangez tout ça et vous obtenez au mieux un viol collectif , au pire une fille de treize ans ligotée à un arbre, et découpée en morceau.
        ON peut faire la même avec ceux qui sont condamnés pour violences aggravées par la torture, racket , vol avec violence, proxénétisme aggravé, meurtre ?
        Et surtout ne rien dire à ses camarades , ou aux parents de ses camarades, pour éviter qu’il soit injustement stigmatisé , le pauvre.
        ça ne vous rappelle rien ? cherchez bien , c’est dans l’article ...

         
        • AutistReading
          AutistReading répond à lisen
          Au snack elle prend pas de kebab
          • Posté à 10h54 le 12/08/2012
          • 184876
            Au snack elle prend pas de kebab

          Vous délirez complètement.

          « mettez un violeur multirécidiviste dans un pensionnat »
          Il n’avait pas été reconnu coupable, encore.

          « mixte, surtout »
          Et allez la SF...

          « ON peut faire la même avec ceux qui sont condamnés pour violences aggravées par la torture, racket , vol avec violence, proxénétisme aggravé, meurtre »

          Change pas de main, je sens que ça vient.

          Pathétique...

        1 autres commentaires
    • Moorice
      Moorice répond à Persil
      assis
      • Posté à 14h45 le 09/08/2012
      • Internaute 112628
        assis

      oui, et à la récré les enfants feraient de grandes farandoles en chantant leur amour pour autrui.

    • Hurleur
      Hurleur répond à Persil
      sans
      • Posté à 15h10 le 09/08/2012
      • Internaute 189289
        sans

      Admettons , que l’on fasse comme vous dites , il faudrait donc payer les études de ces délinquants, car le contraste entre le pensionnat et le lycée de 3 eme zone ou ils vont finir par atterrir a cause de leurs dossier scolaire ....
      Ou alors ne pas prendre en compte leurs dossier scolaire ? , A ce tarif la ,autant apprendre nos gosses a voler des voitures....

    • lisen
      lisen répond à Persil
      chercheuse
      • Posté à 16h15 le 09/08/2012
      • Internaute 146227
        chercheuse

      on parle de violeurs, de tueurs, d’enfants ultra violents et MULTI RÉCIDIVISTES . Et pour rappel , le récidiviste qui a tué la petite fille, avait justement été placé en pensionnat, mélangé à d’autres élèves, dans l’espoir qu’il en retire quelque chose. Elle vous remercie surement de votre mémoire courte.

      • AutistReading
        AutistReading répond à lisen
        Au snack elle prend pas de kebab
        • Posté à 17h14 le 09/08/2012
        • 184876
          Au snack elle prend pas de kebab

        « les CEF se sont petit à petit ouverts aux sortants de prison, donc aux jeunes déjà condamnés, et sont devenus un lieu d’exécution d’une fin de peine ou d’une modalité d’une mise à l’épreuve, puis surtout ont été habilités à accueillir des primo-délinquants [...]. »

        ça ne vous rappelle rien ? cherchez bien , c’est dans l’article ...

         
        • lisen
          lisen répond à AutistReading
          chercheuse
          • Posté à 11h01 le 10/08/2012
          • Internaute 146227
            chercheuse

          « Primo délinquant “ : primo -violeurs, primo violence aggravée, primo racket ...
          Non toujours pas .

          • AutistReading
            AutistReading répond à lisen
            Au snack elle prend pas de kebab
            • Posté à 11h27 le 10/08/2012
            • 184876
              Au snack elle prend pas de kebab

            « on parle de violeurs, de tueurs, d’enfants ultra violents et MULTI RÉCIDIVISTES » disiez-vous.

            Ben non, on ne parle pas que de MULTI RÉCIDIVISTES.

            Mais bon, ce ne sont pas vos gamins, vous vous en branlez...

            • lisen
              lisen répond à AutistReading
              chercheuse
              • Posté à 18h33 le 11/08/2012
              • Internaute 146227
                chercheuse

              mais justement, mes gamin je m’en branle pas, j’aimerai éviter que de gentils esprits éclairés et soit disant « humanistes » plein de crotte aux yeux, mettent leur vie en danger, au nom de la protection de petits sociopathes, dont la place, est ailleurs : en centre éducatif fermé.

              • AutistReading
                AutistReading répond à lisen
                Au snack elle prend pas de kebab
                • Posté à 23h30 le 11/08/2012
                • 184876
                  Au snack elle prend pas de kebab

                Mère courage et ses enfants...

                Et nique les enfants des autres.

                Belle moralité...

        4 autres commentaires
  • labrisure
    labrisure
    Personnage exceptionnel
    • Posté à 14h16 le 09/08/2012
    • Internaute 48949
      Personnage exceptionnel

    Peut être remplacer par des militaires les « éducateurs » que l’on peut trouver dans n’importe quelle colonnie de vacances ?

  • cynoque
    cynoque
    Zonard
    • Posté à 14h45 le 09/08/2012
    • Internaute 89872
      Zonard

    Petites erreurs dans ce paragraphe :
    « Interrogé sur BFM-TV et RMC, Jean-Michel Delarue, contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGPL), estime quant à lui que même si les centres éducatifs fermés ne sont pas la meilleure des solutions, ils doivent “ rester une alternative possible [...] pour remettre ces enfants dans le droit chemin ”. »
    Le lien CGPL renvoie vers un site CGLPL (avec un L en plus, pour « lieux »).
    Jean-Marie Delarue est appelé Jean-Michel.

    • Sarah Pinard
      Sarah Pinard répond à cynoque
      Auteur(e) de l'article Rue89
      • Posté à 15h24 le 09/08/2012
      • 183969
        Rue89

      Merci ! Je l’ai modifié.
      Bien à vous,
      S.P

  • AutistReading
    AutistReading
    Au snack elle prend pas de kebab
    • Posté à 15h28 le 09/08/2012
    • 184876
      Au snack elle prend pas de kebab

    Mettre les enfants dans un placard.

    Ce n’est pas une technique de parents alcooliques, ça ?

    • Hurleur
      Hurleur répond à AutistReading
      sans
      • Posté à 17h24 le 09/08/2012
      • Internaute 189289
        sans

      Si, si , mais avez vous la bonne solution aux problemes ?

      • AutistReading
        AutistReading répond à Hurleur
        Au snack elle prend pas de kebab
        • Posté à 09h47 le 10/08/2012
        • 184876
          Au snack elle prend pas de kebab

        Ben faudrait abolir le système de concurrence chez les adultes, histoire que les gamins pensent entraide plutôt que nique l’autre.

        Déjà, si tous les gamins étaient assurés d’avoir un job utile et rémunérateur, et que leurs parents aient un job utile et rémunérateur, il y aurait moins de warriors niktout tentant de faire leurs preuves chez Al Capone.

        Et puis, si on arrêtait la répression sexuelle des enfants, il y aurait aussi moins de jobards du cul (violeurs, apprentis-maquereaux ou prostitués).

  • grosnaze
    • Posté à 17h38 le 09/08/2012
    • Internaute 27732

    Encore un coup de noir/blanc ici pour/contre alors qu’il y beaucoup a dire et surtout expliquer ce que c’est vraiment.

    C’est un endroit ferme symboliquement par une clôture non franchissable aisément et un portail ferme. La contention est assure par la menace judiciaire brandie par le juge des enfants et dépend du contrat qu’il passe avec le jeune.

    l’Établissement est soit public encadre par la PJJ soit prive associatif. L’encadrement est de 24 personnels a temps plein pour environ 10 jeunes en pratique beaucoup moins.

    La population devait être celle de la dernière chance hors de plus en plus admettent des primo et petits délinquants. Strictement ferme sans sortie au départ ils s’assouplissent. La tranche d’age concernée est celle des 13 15 ans (appelée 13 16ans). Il n’y a pas de règle stricte générale pour ce type établissement chacun se débrouillant comme il peut avec son projet pédagogique.

    Ceic pose si l’idée est bonne la réalisation est moins évidente et la contention (rappel elle est judiciaire) atteint rapidement ses limites

    On lira le rapport de visite « du CEF de Beauvais (1 des premier) le 7 /1/2009 visite un peu idéalisé mais qui donne une assez bonne idée du problème
    Lien

    On peu se poser la question de la pertinence en particulier le cout budgétaire et en personnels de ce type de structure qui apporte finalement peu par rapport a un foyer classique si ce n’est des contraintes virtuelles qui entrainent des tensions invivables.

    Pour le reste on se trouve en fait devant un choix de traitement de la délinquance des mineurs.

    Soit le mineur est considéré et traite comme un adulte ou peu s’en faut cas des pays anglo saxons. La discussion n’a plus lieu d’etre

    Soit on continue sur la voie de l’ordonnance de 45 qui dit dans l’esprit qu’un mineurs n’a pas entière conscience de ses actes c’est un adulte en devenir pour qui l’éducatif doit être la règle et la sanction l’exception. Depuis sa creation a la Libération l’ord de 45 a été modifiée et considérablement durcie depuis les lois Perben de 2002 et ce a de multiple reprise en particulier depuis 2007.

    L’historique du glissement des positions sur la délinquance des mineurs et la création des CEF est assez bien décrite ici (avec des bémols sur la fin.
    Lien

    Désole pour la longueur mais le problème est tout sauf manichéen et marre des approximations

    • michel 13
      michel 13 répond à grosnaze
      • Posté à 20h10 le 09/08/2012
      • Internaute 49378

      Très bon résumé d’une situation complexe. Il n’y aura certainement jamais de solution unique, car chaque cas de délinquance est certainement différent des autres, il ne peut y avoir que des solutions différentes. Les CEF ne semblent pas être la meilleure des solutions mais y en a-t-il d’autres crédibles et efficaces permettant à un jeune délinquant de trouver sa voie et de se réintégrer dans une société qui ne fera pas grand chose pour lui ?

  • racourci
    racourci
    étudiant
    • Posté à 18h42 le 09/08/2012
    • Internaute 136620
      étudiant

    Le problème c’est que même si la prison n’est pas la solution il faut bien des sanctions alors les CEF pourquoi pas.

    Vu que de toute façon sur les sanctions possibles c’est soi limitation de la liberté de circuler soi amende.

    Le travail d’intérêt généraux je suis pas pour pcq à quoi bon payer quelqu’un et donc créer un emploi quand tu peux avoir un travailleurs gratis.

    Après mon colocataire de Singapour me disait que là-bas il avait peu ou pas de problème de sécurité, mais en même temps taguer une rame de métro ramène coups de matraque sur le cul.

    On pourrait déjà foutre des caméras partout comme en Angleterre ce qui serais d’une aide précieuse dans le cas de personne disparus, et puis un peu moins de flic à la circulation et plus à l’ordre public.

  • célajavableue
    célajavableue
    retraité
    • Posté à 18h46 le 09/08/2012
    • Internaute 155990
      retraité

    Ouverts ou fermés donnons à nos jeunes du travail , les tribunaux seront désengorgés. Stop vieux con que je suis il n’y a plus de boulot ; ah bon !

  • ghostdog
    ghostdog
    Educateur à melun
    • Posté à 09h40 le 10/08/2012
    • Internaute 31541
      Educateur à melun

    moi qui suis éducateur dans un CEF depuis 7 ans, je pense que c’était une erreur de vouloir transformer des foyes classiques en CEF. Traditionnelement, ces foyers pjj se situent à proximité des centres villes et cet environnement favoriserait les traffics entre les jeunes du CEFet ceux de l’extérieur avec tous les lots d’incidents et violences qui en découlent. L’objectif d’un CEF, dans un premier temps, est de permettre une rupture dans les habitudes du jeune pour qu’il se pose et non l’inverse. De plus, il est très difficle de transformer une équipe éducative d’un foyer classique en personnel du CEF.

  • Manganese
    Manganese
    Otage de l'Etat français
    • Posté à 17h04 le 12/08/2012
    • 182506
      Otage de l'Etat français

    Pour ! ! ! ! ! ! ! ! mes à leur frais ou au frais de leurs parents .... Et oui, il faut assumer ces erreurs et prendre c’est responsabilité ! ! et comme ont dit chacun sa m...

  • fringale
    fringale
    Vintage victime..
    • Posté à 09h02 le 13/08/2012
    • 181823
      Vintage victime..

    Finalement, même les contres sont « pour ».
    Manque simplement de moyens, d’un personnel d’encadrement qualifié, et regret que les « .. CEF se sont petit à petit ouverts aux sortants de prison, donc aux jeunes déjà condamnés, et sont devenus un lieu d’exécution d’une fin de peine ou d’une modalité d’une mise à l’épreuve, puis surtout ont été habilités à accueillir des primo-délinquants [...].
    L’idée de base est bonne je trouve mais sabrée, détournée, et va finir en eau de boudin faute de volonté politique. Une simple habitude bien française.

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