Non 18/06/2012 à 19h39

Dieudonné et son rire aux obsèques de Roger Garaudy

Mathieu Deslandes | Rédacteur en chef adjoint Rue89


Dieudonné aux obsèques de Roger Garaudy le 18 juin 2012 à Champigny-sur-Marne (BERTRAND GUAY/AFP)

(De Champigny-sur-Marne) Plusieurs petits groupes se sont formés devant le crématorium, en attendant l’heure des obsèques de Roger Garaudy, ce lundi.

Les sujets de conversation permettent d’identifier à quel « Roger » chacun a eu affaire : le chrétien, le communiste orthodoxe, le député, l’intellectuel exclu du PCF, le tiers-mondiste, le musulman, le négationniste.

Soudain, toutes les discussions convergent. On commente l’arrivée d’un homme : Dieudonné. Ses amis, comme Ginette Skandrani – exclue des Verts en 2005 pour crypto-négationnisme – se précipitent pour le saluer. Il rit fort. Mais du côté de la famille, on tord le nez : « Pas lui, pas eux... »

L’équipe du crématorium relaie une demande des proches : « Pas de signes religieux à l’intérieur. » Mais chacun entre comme il est arrivé.

Au-dessus du cercueil, un écran fait défiler les couvertures des livres de Garaudy, puis des photos de lui. Avec Thorez, Eluard, Castro. Avec Sartre, Jean-Paul II, Dom Helder Camara. Avec Paulette, sa veuve, qui est là, courbée, au premier rang.

« Mais cela n’excuse pas ta dérive négationniste »


Roger Garaudy en janvier 1998 (ERIC FEFERBERG/AFP)

Une centaine de personnes écoute les discours d’hommages se succéder. Un petit homme rose prend la parole. C’est Gaston Viens, l’ancien maire d’Orly. Comme Garaudy, il a été « exclu du parti ». Ils ont été proches amis :

« C’était douloureux pour toi d’être rejeté comme tu l’as été, méprisé, traîné dans la boue après avoir été tellement respecté comme un des grands intellectuels communistes de l’époque. »

« Mais cela n’excuse pas ta dérive négationniste », ajoute Viens, en rappelant qu’il a été déporté à Buchenwald. Il murmure :

« Je ne lui ai pas demandé d’explication, parce qu’il n’y a pas d’explication. »

Une partie de l’assemblée regarde ses chaussures.

Les premières notes de « Que serais-je sans toi ? » tirent des larmes aux premiers rangs. Tous les tubes du « compagnon de route » Ferrat y passent. Mais c’est Brel, avec « La Quête », qui est proposé comme clé de compréhension des multiples vies de Garaudy.

Devant le cercueil se suivent ceux qui croient au Christ, à Allah, aux lendemains qui chantent ou à rien de tout cela. Dieudonné, lui, est déjà sorti. Une télé iranienne veut l’interviewer. Sur les registres de condoléances, il laisse ces mots : « Mes respects. Chapeau bas. » Puis on l’entend rire encore.

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  • MrMouss
    MrMouss
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    • Posté à 19h54 le 18/06/2012
    • Internaute 187432
      Content

    Grand classique : Dieudonné rit à une blague qu’il est le seul à avoir compris...

  • big némo
    big némo
    charcutier- coiffeur et je m'en (...)
    • Posté à 22h09 le 18/06/2012
    • Internaute 86763
      charcutier- coiffeur et je m'en (...)

    Je sais pourquoi Dieudonné riait en sortant : pas d’une blague qu’il aurait été seul à comprendre, mais à ce que sa venue aux obsèques de Garaudy allait donner comme commentaires.

  • jmc06-
    jmc06-
    chasseur de gorille
    • Posté à 10h03 le 19/06/2012
    • Internaute 75030
      chasseur de gorille

    Un négationniste qui se fait cramer , c’est rigolo quand même, trouvez pas ?

  • Blowup70
    Blowup70
    professeur
    • Posté à 16h41 le 19/06/2012
    • Expert 109937
      professeur

    Très belle et très juste intervention de Viens, sur un philosophe pour qui j’ai longtemps eu de l’admiration. Comme quoi, on peut être digne sans éluder les problèmes, faire comme si...

    Oui, « il n’y a pas d’explication ».

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