Législatives : qui connaît monsieur Falorni ? A La Rochelle, un local sur le chemin de Royal

Montage de Ségolène Royal à Paris en octobre 2011 et Olivier Falorni à La Rochelle en avril 2012 (ALEXANDER KLEIN/XAVIER LEOTY/AFP)
(De La Rochelle) Le Parti socialiste voulait, paraît-il, pousser la candidature d’une femme pour remplacer Maxime Bono, maire de La Rochelle et député sortant. Mais c’est un homme qui a voulu incarner à sa façon la parité. Olivier Falorni, l’ex-premier secrétaire PS de Charente-Maritime, a proposé d’inverser les rôles avec sa suppléante.
Un second tour à haut risque pour Royal
Rien n’y a fait. Le bureau national a imposé Ségolène Royal dans la première circonscription de Charente-Maritime, sans procéder à un vote préliminaire. Olivier Falorni, désormais exclu du Parti socialiste, se présente sous l’étiquette Majorité présidentielle et dans le rôle de la victime :
« Elle a dû faire pression sur le PS. Cette candidature, c’est un caprice. Elle a instrumentalisé l’idée de la parité à son profit. Il ne fallait pas une femme mais LA femme ».
Dans un sondage Ifop pour Sud-Ouest publié le 1er juin, l’ex-compagne du chef de l’Etat arrive en tête des intentions de vote au premier tour avec 33% des voix, devant Falorni (26%). La candidate de l’UMP, Sally Chadjaa, qui recueillerait 19,5% voix, n’est pas certaine de pouvoir se maintenir.
Jérôme Fourquet, directeur du département opinion de l’Ifop, cité par le quotidien :
« Sur la base d’un taux de participation attendu autour de 60%, elle est au seuil de la qualification fixé à 12,5% des inscrits. Ségolène Royal pourrait bien se retrouver opposée en duel à Olivier Falorni. L’électorat de droite, qui ne l’apprécie guère, pourrait la faire battre. »
Ségolène Royal, une vieille routarde
Ségolène Royal, qui n’a pas souhaité répondre à nos sollicitations, est plus expérimentée que Falorni. En 1988, elle est parachutée de Paris dans les Deux-Sèvres, et remplace Jean-Paul Jean la veille de la fin des inscriptions sur les listes électorales.
En 1995, elle décide de se présenter aux élections municipales de Niort. Battue par le vote des militants, elle est imposée par la direction nationale mais perd face au socialiste sortant.
Face à la star médiatique qui vise à présent la présidence de l’Assemblée nationale, Olivier Falorni se rassure sur les marchés et organise la résistance sur le mode « jamais avec un parachute ». Sylvain, 50 ans, et Micheline, 60 ans, s’exclament :
« Pour être député, il faut être rochelais ! Ségolène Royal, on ne la verra pas alors cela ne sert à rien qu’elle soit élue députée. »
La Rochelle, « belle et rebelle »
Serrages de mains, tapes sur l’épaule, mots de félicitations et d’encouragements de la plupart des passants qui l’interpellent et lui expriment leur soutien (y compris des électeurs ayant voté pour Nicolas Sarkozy à la présidentielle) , Olivier Falorni se considère soutenu par les Rochelais « au-delà de [ses] espérances » :
« Les Rochelais me le disent spontanément : tenez bon, c’est courageux, on est avec vous... [...] Comme disait Michel Crépeau [élu cinq fois maire de La Rochelle entre 1971 et 1999 et député de la Charente-Maritime, ndlr], La Rochelle est belle et rebelle. »
Sa candidature n’est pas uniquement anti-Ségolène, affirme-t-il :
« J’avais déjà prévu de me présenter. J’ai même été le premier à candidater. Je suis donc entré en résistance. »
« Elle ne s’est fait aucun réseau »
Un comité de soutien d’Olivier Falorni a été créé pour organiser la campagne du candidat rochelais après l’investiture de Ségolène Royal. Son président, Jean-François Fountaine, est chef d’entreprise, conseiller municipal de La Rochelle (PS) et vice-président de la communauté d’agglomération :
« Le comité s’élargit au fil du temps. 780 personnes ont donné leur nom [plus de 400 personnes sont notées comme “ amis de Ségolène ” sur sa liste de soutien, ndlr]. Mais il y a également des personnes qui nous soutiennent plus discrètement car elles ne peuvent pas se mettre la mairie ou Ségolène Royal à dos. »
Ségolène Royal, elle, serait seule :
« Il faut toujours qu’il y ait le maire ou d’autres élus pour la guider. Elle ne s’est fait aucun réseau, ni à La Rochelle, ni dans la région. »
Pas un candidat « vu à la télé »
Olivier Falorni, « lui », est né à La Rochelle, d’une famille rochelaise, il est professeur d’histoire-géographie dans un lycée professionnel de la ville et maire-adjoint chargé des Finances depuis 2008, et contrairement à « elle », il n’est pas « vu à la télé » :
« Les trois-quarts des personnes inscrites sur son site [la liste de soutien de Royal, ndlr] ne sont pas de la circonscription et au moins la moitié ne sont pas du département. Moi, les trois-quarts sont de la circonscription et le quart restant vient du département. »
Nanou Jaumouillié, la secrétaire légitimiste de la section locale du PS, se retrouve, comme tous ceux dans son cas, prise en sandwich :
« La candidate du PS se retrouve toujours interrogée sur la candidature d’Olivier Falorni, rarement sur les projets concernant la circonscription. C’est désolant et consternant. »
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Je veux pas dire, mais le sondage ifop est... très optimiste pour la gauche dans cette circonscription.
En 2007, le candidat UMP avait obtenu au premier tour plus de 21.000 suffrages (36% des suffrages exprimés), bien au dessus de la barre des 12,5% des inscrits (96.000 à l’époque, 99.000 maintenant) contre 24.000 pour le candidat PS (41%)
Aux présidentielles, Hollande a obtenu 33% des 79.000 suffrages exprimés au premier tour (16% pour les autres candidats de Gauche/Ext gauche) et 55,6% des 81.000 suffrages exprimés au second.
Alors, certes le FN va récupérer une partie des électeurs sarkozystes de 2007, mais à moins d’une improbable démobilisation massive des autres électeurs UMP, je vois pas comment la candidate UMP peut perdre deux électeurs sur cinq par rapport à son collègue de 2007 pour passer sous la barre qualificative, comment les candidats de gauche -extrême comprise- peuvent passer de 49 à 66% des suffrages au premier tour en même pas deux mois, ni comment deux candidats issus d’un partit qui obtenait 41% il y a cinq ans peuvent maintenant flirter avec les 60%.
D’un côté, je serai très content de voir un tel scénario se produire (surtout s’il se produit à l’échelle nationale : un PS à 48% des suffrages à lui tout seul : rien que pour la mine déconfite de Copé j’aurais envie d’y croire), de l’autre... C’est bien trop beau pour être vrai : je serai pas du tout étonné si le soir de l’élection on découvre que Royal et Falorni étaient tous les deux surestimés de 5-10 points.
EDIT :
Haaaaaaa, Moi qui avait du mal à croire le sondage IFOP, une hypothèse quelque peut complotiste (mais les histoires de « complots » électoralistes sont souvent plus crédibles que la moyenne) le rendrait plus clair : l’UMP pourrait essayer de faire voter ses électeurs pour Falorni dès le premier tour, sacrifiant sa candidate officielle histoire de récupérer Falorni après le second, Besson Style.
Dans ce cadre là, Royal récupérerait quelque chose comme 75-80% de l’électorat PS et Falorni rattraperait son retard via les intentions de vote d’un gros tiers des électeurs UMP. Ça expliquerait effectivement les résultats prévus.




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