Guy de Saint-Cyr a escaladé des volcans des milliers de fois. Au plus près du cratère, il prend son appareil photo. Diaporama et histoires de huit volcans, tous différents.
Guy de Saint-Cyr a une histoire avec chaque volcan. Untel « est très méchant ».
Un autre « a été sympa avec moi ». Sa première fois avec un volcan, il a dû la raconter des milliers de fois, aux touristes en quête de sensations fortes qu’il amène au plus près des cratères. A Lyon, dans son agence de voyages surchauffée – pour ne pas perdre l’habitude ? –, il s’y plie volontiers :
« En 58, j’ai lu dans Le Progrès que le Stromboli était entré dans une phase d’intense activité explosive. Je me suis dit que j’allais voir mon premier volcan. A cette époque-là, il n’y avait aucun touriste. La plage était noire, le bateau ne pouvait pas s’approcher. Une barque est venue nous chercher.
On est monté tous seuls avec un copain. Ça nous a pris deux jours. Au sommet, on a vu ces gerbes de lave qui montaient de partout. On pouvait plus se décrocher. Ce jour-là, je me suis dit : “Je veux devenir géologue.” »
Guy de Saint-Cyr avait 18 ans. Depuis, il promène son accent lyonnais sur les îles les plus lointaines, en quête de lacs de lave et de bombes volcaniques.
Son rêve : l’Erebus
Celui qu’il rêve de faire et qu’il n’a jamais vu, c’est l’Erebus, un lac de lave dans l’Antarctique.
« Mais pour y aller, il faut être sous le couvert d’une mission scientifique. Et c’est très cher, dans des conditions très difficiles. »
A 72 ans, Guy de Saint-Cyr a escaladé des volcans des milliers de fois. Plus de 100 ascensions pour certains. Il continuera « tant (qu’il) peut marcher ». Entre deux excursions avec des touristes, il prend le temps d’y aller seul, comme avant :
« Là je fais des choses que je ne peux pas faire avec les gens. Je me permets quelques conneries. »
Entre deux récits passionnés de ses plus grosses « conneries », il nous a décrit ses volcans préférés.
- Mont Ibu, Indonésie : « Une explosion, c’est la guerre »
- Le Tungurahua, Equateur : « Ca, c’est un gros méchant »
- Le Krakatau, Indonésie : « Il a failli me tuer plusieurs fois »
- Yasur, Vanuatu : « Sous les cendres, ça crépite sur le casque »
- Kilauea, Hawaii : « La lave fait un bruit de verre pilé »
- Dallol, Ethiopie : « Le mariage d’un volcan et de l’eau »
- Merapi, Indonésie : « Les nuées ardentes, un panache à plus de 500°C »
- Lengai, Tanzanie : « Sa lave est noire comme de l’huile de vidange »
« Une activité comme ça, c’est fantastique. Là, on est à 70 mètres du cratère. La photo est prise de nuit. Là-dedans, il y a des bombes volcaniques, les plus petites sont de la grosseur d’un poing, les plus grosses de plusieurs tonnes.
Quand elle sort, elle est de 1100 degrés environ. Elle redescend à 600 degrés et si elle est grosse comme le poing, vous pouvez la prendre dans votre main au bout de 20 minutes.
Quand une bombe tombe dans le sol, elle creuse un cratère de 50 centimètres, un mètre, elle soulève de la cendre et on ne voit plus rien. Une explosion, ça tombe de partout, c’est la guerre. Ça siffle. Ça dure une dizaine de secondes. Mais on s’abrite derrière des rochers, là où l’on ne risque rien. »
73, cours de la liberté
69406 Lyon Cedex 03
Tél. : 04 78 60 51 11
Fax : 0478606322
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Pédant galvanisé
Pédant galvanisé
J’ai toujours autant d’admiration pour ce type, qui vit mon rêve tous les jours !




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