Le détecteur d’ondes portable, utile ou joujou lumineux ?
Au septième étage d’un immeuble parisien, un grésillement digne d’un modem 56 K taquine les tympans de Jean-Louis et sa compagne, retraités. Le bruit provient d’un petit boîtier au nom tordu, l’ESI 24, capable de détecter les ondes de haute fréquence.
Dehors, une antenne-relais pose crânement à 30 m de distance. A l’approche de la fenêtre du salon, l’appareil s’emballe et huit diodes commencent à clignoter, indiquant un signal de « forte anomalie ».
Les symptômes décrits par les personnes hyperélectrosensibles sont reconnus par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cependant, les causes de ces symptômes restent débattues.
L’OMS n’a pas trouvé de base scientifique permettant de relier les symptômes de l’électrosensibilité à une exposition aux champs électromagnétiques.
Dans le couloir de l’appartement, la fréquence, exprimée en microwatts par mètre carré, baisse d’un coup. Un simple mur diminue la puissance des menaces fantômes.
Surprise dans la chambre : dix loupiotes voient rouge. Incrédule, Jean-Louis passe une tête par la fenêtre.
A 20 m, une autre antenne dont il ne connaissait pas l’existence est plantée sur un toit voisin...
Selon le rapport Bioinitiative sur l’électrosensibilité publié en 2007 (qui reste controversé), les personnes vivant à proximité d’antennes-relais (ou WiFi, téléphone domestique sans fil) s’exposeraient à de nombreux troubles : maux de tête, coups de chaud, respiration difficile, insomnies, acouphènes, vertiges...
Ne souffrant d’aucun symptôme, le ménage s’inquiète pourtant. En 2011, les champs électromagnétiques des téléphones portables ont été classés par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) de l’Organisation mondiale de la santé, (OMS) parmi les « cancérogènes possibles » pour l’homme (catégorie 2B comme les gaz d’échappement des voitures).
L’utilisation est simple : observer les diodes
L’utilisation est simple : appuyer sur « on » et observer les diodes. Nous l’avons fait nous-mêmes à Rue89, sans avoir été soufflés. Plus les diodes sont nombreuses à clignoter, plus l’exposition aux ondes est grande. Cet appareil a été créé par Vincent Joly en 2011, trentenaire formé à l’école suisse hôtelière de Glion :
« Je devais écrire un mémoire pour la fin du cycle : j’ai choisi de plancher sur les rayonnements qui perturbent le sommeil des clients.
Puis j’ai souhaité créer un outil pour permettre au grand public de mesurer les rayonnements auxquels ils sont exposés. J’ai mis trois ans avant de sortir le premier boîtier, avec l’aide de l’entreprise allemande EPE Conseil. »
L’objet peut aussi capter les champs électriques de basses fréquences (pylônes, lampes de chevet, transformateurs, radio-réveils, fours).
Le business de la peur des ondes
Vincent Joly vend l’ESI 24 à 240 euros – le prix des appareils utilisés par des professionnels peut atteindre 1 100 euros. Un business qui fonctionne : 8 000 exemplaires ont déjà été écoulés dans le Bénélux, la France et l’Allemagne depuis 2011. L’entrepreneur explique sa démarche :
« Il ne s’agit pas de profiter de la peur des ondes, mais d’alerter les personnes sur la question de l’électrosensibilité. A Salzbourg en Autriche, le seuil maximum, dénoncé par les opérateurs locaux, fut fixé à 0,6 volt par mètre mais il n’est plus appliqué (alors qu’en France on peut être exposé jusqu’à contre 61 volts par mètre).
L’ESI 24 permet de prendre des bonnes habitudes, par exemple d’éteindre son WiFi ou son téléphone mobile. »
Inutile en extérieur
Problème, son détecteur est inefficace hors de chez soi, vu qu’il capte aussi les hautes fréquences présentes dans l’environnement. Dans le métro et les rues, toutes les diodes se mettent à clignoter façon stroboscope, assaillies par les appels des portables en circulation : impossible, par exemple, de mesurer la puissance émise par une antenne-relais.
Valérie, qui veut prouver la dangerosité d’un émetteur Orange situé entre un lycée et un collège, côté place de Clichy à Paris, estime pourtant que le boîtier lumineux est utile :
« Il permet quand même de détecter les sources d’agression dans un lieu fermé. Cet appareil serait utile pour visiter des appartements : on pourrait débusquer les antennes-relais et évaluer la pollution électromagnétique dans l’habitat. »
La 4G ne va rien arranger
Pour Myriam Galbrun, responsable du Centre de recherche et d’information indépendant sur les rayonnements électromagnétiques (Criirem), l’ESI 24 n’est pas un gadget, mais il manque de lisibilité :
La question des unitésLe W/m2 mesure l’exposition à une onde, le V/m le champ électrique qui lui est associé. Les V/m sont une unité de champ électrique, une des composantes des ondes radio. Pour une onde se propageant dans le vide ou dans l’air, une relation simple permettrait la conversion des W/m2 en V/m.« Cet appareil offre une appréciation utile des rayonnements : il détecte davantage qu’il ne mesure. Son vrai problème, c’est qu’il ne convertit pas les microwatts en volts par mètre, l’unité de mesure de référence. »
Un défaut qui pourrait bien devenir superflu lorsque débarquera la 4G, attendue pour début 2013. Selon l’avocat Richard Forget, qui soutient la norme à 0,6 volt par mètre, la nouvelle technologie sans fil va « considérablement augmenter le nombre de personnes souffrant d’électrosensibilité, avec la hausse des fréquences utilisées ». Et doper le potentiel d’acheteurs du détecteur d’ondes.
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charcutier-zingueur
charcutier-zingueur
Non, pour moi ce n’est pas inutile en extérieur , ça permet au contraire de mesurer à quel point on est pollué par ce nouveau fléau !
Vous avez oublié dans votre article de mentionner l’association « Robin des toits » qui oeuvre pour que la lumière soit faites sur ces ondes. Ces ondes électromagnétiques sont dangereuses mais ne touchent pour le moment que les plus vulnérables d’entre nous. Perso, je pense faire parti de ces gens sensibles aux ondes car depuis une 10 aine d’années, je sens que mon organisme est en lutte permanente et mon métabolisme perd ses repères...(10 ans, c’est à peu près le moment où les forfaits de téléphones portables ont explosé en France)
Le rapport bio-initiative est contesté mais il faudrait pousser le raisonnement plus loin et regarder de plus près les organigrammes des divers opérateurs...(ça c’est un premier point)
Il y a maintenant des centaines de publications scientifiques sur le sujet démontrant la dangerosité du phénomène...(c’est à mettre à la poubelle ?)
J’ai été sensibilisé la première fois (il y a 5 ans)par un agent technique chargé de l’hygiène et sécurité dans mon travail. Cette personne aux larges connaissances a éveillé ma conscience en me tenant des propos troublants sur des résultats scientifiques sortis au niveau Européen mais pas divulgués dans l’immédiat par risque de catastrophe économique...
La deuxième fois, un collègue, ex-militaire et spécialisé dans les radars m’a expliqué pourquoi il se protégeait dans une cage de Faraday lors de ses manipulations prolongées...
Il m’a fallut quelques mois pour comprendre que les lourdeurs de tête, les sensations de compressions et de chaleur étaient en corrélation directe avec l’installation du Wifi quelques mois plus tôt ...En téléphonant avec mon DECT sans fil de maison la sensation était décuplée ...j’ai alors tout remis en filaire et mes sensations ont cessé sur le champs ...
J’ai encore pléthores d’exemples , en voyageant dans d’autres pays aux normes largement plus basses, en me protégeant, en allant dans des zones presque sans ondes ...
Ce n’est pas une prétention que de connaître les réactions de son corps ...
Les hypers électrosensibles ne sont pas des psychopathes et encore moins des malades imaginaires ...
L’OMS y va tout doux mais c’est quand même un indicateur d’avoir classé les Ondes magnétiques en catégorie B2
En cherchant sur le WEB , vous trouverez des vidéos d’un reportage passé à la télévision il y a peu (« Mauvaises ondes »)...regardez bien la façon de répondre de certains scientifiques, observez leur malaise, ça en dit long !
Il suffirait pourtant d’abaisser les seuils à 0,6 Volt/mètre pour que tout rentre dans l’ordre ...(déjà testé avec succès dans certains pays et certaines régions)
Vous voulez des explications, c’est ici ....Robin des toits




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