Tribune 18/07/2012 à 11h54

Automobile : sauvons les emplois en prenant le virage écologique

Mounir Satouri, Président du groupe EELV au Conseil régional d’Idf.


Pour tous les Cassandre, écologistes et autres prophètes de la fin de l’automobile, le choc avait beau être attendu, il n’en est pas moins douloureux. Les 8 000 suppressions de postes annoncées par PSA Peugeot-Citroën, emportant avec elles des dizaines de milliers d’emplois indirects, confirment cruellement le déclin industriel français.

Comme les mines en leur temps, les usines automobiles auront fait la grandeur d’une époque, fournissant des emplois aux classes populaires, entretenant la fuite en avant des économies de marché et garantissant le rayonnement international des élites françaises. Mais à la fin, pas de « happy end ». Le secteur périclite, enfermé dans une vision court-termiste qui, aujourd’hui, favorise les stratégies boursières et le dumping social, et ce sont toujours les mêmes qui trinquent. Fatalité ?

Il n’est pas trop tard pour renverser la vapeur. Chaque euro déboursé dans l’urgence en direction d’une filière automobile prisonnière du même modèle économique sera un euro perdu. Chaque euro déboursé dans une logique de transformation de long terme de la filière, à l’inverse, sera un euro gagné. Sinon, à l’image des 8 milliards d’euros mobilisés par l’Etat au plus fort de la crise, nous allons tout droit vers un gigantesque gâchis.

Nous sommes devant une opportunité historique : le sauvetage des emplois aujourd’hui menacés peut être le point de départ de cette transformation. Nous avons plus que jamais besoin du savoir-faire des ouvriers spécialisés de l’industrie automobile. Nous avons besoin qu’ils construisent les véhicules du futur dont nous aurons encore besoin, plus de transports en commun, plus de batteries pour les éoliennes et les panneaux photovoltaïques.

La mobilisation de leurs compétences sera indispensable pour s’engager dans de nouvelles productions, dans le recyclage et surtout dans de nouveaux modèles économiques basés notamment sur le partage de véhicules plus petits et moins polluants. Certains exemples sont positifs : l’équipementier automobile Bosch s’est, en 2011, réorienté vers le montage de panneaux solaires, ce qui a permis de pérenniser 200 emplois.

Une réindustrialisation écologique

C’est dans cette alliance de lucidité et de responsabilité que réside l’espoir d’une réindustrialisation française et européenne. La nouvelle majorité doit prendre ses responsabilités, et savoir rappeler aux constructeurs celles qui sont les leurs.

Un nouveau cadre devra sanctionner les abus d’entreprises qui, bien que bénéficiant d’aides publiques, ont des stratégies de valorisation défavorables à l’emploi. Les collectivités locales, et notamment les régions, doivent sans attendre faire valoir la pertinence de leur échelle pour agir concrètement sur les bassins de vie et d’emploi. Elles doivent dès maintenant réorienter leurs aides à la filière automobile, pour en faire un instrument de reconversion.

L« accompagnement des mutations appelle un engagement sans précédent en matière de formation professionnelle, dans une logique de sécurisation des parcours. Pour ce faire, l’établissement de “ CV de site ” pourra permettre de préparer au mieux les reconversions industrielles.

Le marché est saturé

Pour aller de l’avant, nous devons d’abord dépasser le mythe de la berline individuelle. Oui, une voiture est un incroyable outil de liberté. Oui, pour beaucoup d’entre nous, c’est un outil de travail indispensable. Oui, c’est aussi une extension de notre foyer, un espace qui nous appartient et dans lequel nous nous sentons comme à la maison.

Mais soyons réalistes : avec six véhicules pour dix habitants, les marchés sont saturés !

De plus en plus de ménages n’en n’ont plus les moyens, ou plus l’utilité. Déjà, dans les grandes villes, les habitants se tournent vers d’autres modes de déplacement. Victimes de leur succès, les transports en commun sont saturés.

Le nombre de deux roues explose, entraînant à leur tour de nouvelles nuisances. Dans un monde qui compte plus d’un milliard de voitures, la planète atteint des seuils de tolérance qui appellent de nouvelles conceptions de la mobilité.

Préparer une société avec moins d’autos

C’est ainsi toute notre vision du partage et de l’organisation de l’espace public que nous devons repenser. Nous avons construit nos villes et nos banlieues pour l’automobile. Nous avons construit nos maisons loin de nos lieux de travail, parce que nous pouvions nous déplacer toujours plus vite.

Nous avons rassemblé les commerces dans d’immenses centres commerciaux, et coulé d’immenses dalles de béton pour nous y garer. Mais cet étalement dans l’espace a ses limites. La raréfaction des énergies fossiles va brutalement nous rappeler à la réalité des distances. Avec un pétrole à 200 dollars le baril, comment remplirons-nous les chariots, les coffres et les frigos des pavillons périurbains ?

Rapprocher le domicile et le travail

Des solutions existent pour rapprocher le domicile du travail, pour densifier les villes afin que chacun puisse avoir accès à un logement et à des services publics de proximité. Cela suppose la redéfinition des règles du jeu de l’urbanisme, avec des limites collectivement fixées.

Au-delà de l’encouragement d“un développement local, il s’agit d’inventer de nouvelles manières de se déplacer, plus propres et plus partagées.

C’est en construisant la ville de demain que nous sauverons les emplois d’aujourd’hui. Cela commence par un soutien sans faille aux salariés et à leurs familles. Les usines d’Aulnay, de Rennes ou d’ailleurs ne doivent pas fermer. C’est en leur sein que se joue notre avenir à tous.

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  • Tassin
    Tassin
    Inquiet
    • Posté à 12h50 le 18/07/2012
    • Internaute 70606
      Inquiet

    Y’a de bonnes pistes dans cet artcile.
    C’est rare de voir chez EELV quelqu’un qui a compris que la problématique liée à la bagnole n’est pas le mode de propulsion (pétrole/électrique) mais bel et bien l’organisation du territoire qu’elle engendre jusqu’à nous en rendre dépendant.

  • Autruchette
    Autruchette
    Dieu est mort !
    • Posté à 13h19 le 18/07/2012
    • Internaute 134171
      Dieu est mort !

    Purée... Cela doit bien faire 20 ans que l’on sait l’importance de revoir notre politique urbaine, familiale et sociale... Cela fait bien 20 ans que l’on en parle dans les milieux libertaires.
    Si la situation des salariés de PSA ou des autres ouvriers remerciés par leur entreprise de France et de Navarre n’était pas aussi dramatique, je leur foutrais bien mon pied au cul !

  • Le Yéti
    Le Yéti
    voyageur à domicile
    • Posté à 13h29 le 18/07/2012
    • Internaute 6095
      voyageur à domicile

    « Sauvons les emplois »

    Ce n’est pas un peu fini, cette comédie ? Vous n’allez rien sauver du tout, Madame. Le temps du plein emploi est mort depuis plus de quarante ans et ce devrait être un PROGRÈS.
    Le but de l’économie n’est pas de fournir des emplois – fussent-ils verts – mais de produire les biens et des services nécessaires pour satisfaire les besoins de la population.
    Grâce aux progrès de la productivité, on y parvient sans plein-emploi (depuis plus de quarante ans). Le but est désormais de répartir les richesses produites en en faisant bénéficier tous les citoyens, y compris ceux qui n’ont pas d’emploi.
    Continuer à croire et à faire croire le contraire est irresponsable.

    • Rivendell
      Rivendell répond à Le Yéti
      Toléré par [censored] Guéant.
      • Posté à 14h32 le 18/07/2012
      • Internaute 102483
        Toléré par [censored] Guéant.

      OK, mais le partage des richesses, doit également s’accompagner d’un partage du travail. Donc non, le chômage n’est pas une fatalité, et encore moins un bénéfice : c’est un problème, un frein à l’égalité (puisque divisant la France en deux camps : ceux qui travaillent et qui produisent, et ceux qui ne produisent pas alors qu’ils sont en capacité physique de le faire). Et pour ça il y a pas 35 000 solutions : il faut diminuer le temps de travail hebdomadaire.

      • Le Yéti
        Le Yéti répond à Rivendell
        voyageur à domicile
        • Posté à 15h45 le 18/07/2012
        • Internaute 6095
          voyageur à domicile

        Ok pour le partage du travail bien sûr, mais :

        1/ certaines tâches, hautement spécialisées, ne sont guère partageables ;
        2/ même avec un partage poussé au maximum du travail, il n’y aurait pas encore assez d’emplois pour tous (et je le répète : c’est un progrès).

         
        • nikodiem
          nikodiem répond à Le Yéti
          plus conscient
          • Posté à 11h24 le 20/07/2012
          • Internaute 120529
            plus conscient

          si il peut y avoir assez d’emploi, mais faut accepter d’etre moins payer, donc de vivre avec moins, de moins consommer, bref de baisser le niveau de vie !
          Le monde agricole pourrait embaucher plein de gens, mais faudrait accepter d’etre mal payer pour pas que les produits aient un coup exorbitant ! comme dit bourguignon, avant yavait 4 millions d’agriculteurs, maintenant ya 4 millions de chomeurs !

          pour revenir sur la perénité de l’industrie de l’automobile avec une perspective écologique les industriels sont vraiment à coté de la plaque. les gadjets et le confort nuisent considérablement à l’avenir de l’indsutrie dans sa conformation actuel !
          les progrets technologiques au niveau des moteurs et donc de la baisse de la conso ont completement été bouffé par l’augmentation du poid les bagnoles. je roule dans un break des années 90 et elle pese moins lourd qu’une polo d’aujourd’hui, qui pourtant consomme moins que la mienne. Je pense sérieusement qu’il faut revenir aux 2cv de 500kg, mais avec les technologies de moteurs d’aujourd’hui et là on fera chuter les conso. le 1 ou 2L/100km peut etre envisager. les meilleurs consomations aujourd’hui ne sont encore qu’à 4,5L/100km.
          avec des bagnoles prototypes des universitaires ont réussi à faire plus de 1000km avec 1L d’essence, parce que leur bagnole est profilés et légère !
          mais non l’industrie continue d’avoir une politique de dévellopement de l’amélioration du produit et pas de l’ensembles des produits : on a beau avoir des voitures qui consomment de moins en moins, si ya de plus en plus de bagnoles ca sert à rien ! ! ! !
          mais je crois que dans notre société c’est impossible... on ne sait faire que de la fuite en avant.

        1 autres commentaires
  • Karavi
    Karavi
    obsolescence programmée ((
    • Posté à 13h38 le 18/07/2012
    • Internaute 113192
      obsolescence programmée ((

    Nous sommes d’accord.
    Mais il ne faut pas que ça se limite à des théories.
    Qu’attend - on pour agir ?

  • Rivendell
    Rivendell
    Toléré par [censored] Guéant.
    • Posté à 13h41 le 18/07/2012
    • Internaute 102483
      Toléré par [censored] Guéant.

    Il y a un hic : ce qui arrive aujourd’hui à l’automobile (délocalisation vers les pays émergents ou le marché est en plein essor et la main d’œuvre pas chère), va arriver tôt ou tard aux autres industries : Bosch en sauvant 200 emplois (sur combien ? l’article ne le dit pas) en se mettant au panneau solaire n’a fait que reculer le problème (et faire du bon vieux greenwashing, ce qui explique peut-être le manque de détail sur le ratio emplois « sauvés“/ emploi détruits) : viendra un temps (s’il n’est pas déjà venu) ou la construction de ces panneaux se fera exclusivement dans je ne sais quel pays ou les gens sont payés 1 euro par semaine.

    A terme si on ne veut pas que le pays soit entièrement désindustrialisé, il va falloir d’autre solution que proposer des pansements du genre celui que nous propose cet article à savoir : ‘on produit plus de voiture en France ? Passons nous en en construisant de nouveaux quartiers et en développant les transports en commun. On produit plus les matières premières ou les engins pour ces chantiers ? heu... on revient à la charrette.’ Il va falloir une politique de démondialisation, de protectionnisme, de réglementation du marché : Peugeot ne veut plus produire en France ? ok. Rachat de l’usine par l’Etat pour un euro symbolique (puisqu’ils n’en veulent plus...), diminution du prix des voitures produites en diminuant les marges, création d’un label pour garantir qu’un produit est manufacturé en France (pour que le consommateur puisse orienter ses achats), taxe sur les produits importés, création d’un ‘Buy American act’ à la mode de chez nous, boycott par les services de l’Etat des produits importés. Et ça, c’est efficace et ça peut durer aussi longtemps que la volonté politique le désire.

    Sauf que la volonté politique vous ne l’avez pas. Vous êtes en train de faire des plans sur la comète, plans qui, en plus, n’ont aucune efficacité, puisqu’ils nécessitent d’utiliser une industrie que vous vous résignez (ou vous réjouissez, parce que ça pollue moins ?) à voir disparaitre. C’est très joli, les petits oiseaux chantent dans un ciel non pollué par les industries que vous voyez disparaitre d’un bon œil au chant du ‘je vous l’avais bien dit !’, mais c’est construit on ne sait pas par quel moyen, étant donné que les engins de chantiers, les bus, les trains et tout ce qui est nécessaire à votre petit rêve n’est plus produit en France.

    La désinstriualisation est une impasse et tous ceux qui ne s’y opposent pas, soit par opportunisme économique soit par résignation ou romantisme écologique (ou tout cela à la fois), nous mènent droit à la ruine, au chômage monstrueux, à la pauvreté généralisée, à l’exclusion des habitants des zones rurales et j’en passe.

    • soimeqchau
      soimeqchau répond à Rivendell
      Salarié
      • Posté à 14h15 le 18/07/2012
      • Internaute 163695
        Salarié

      Le problème, c’est que tous les politiques qui ont voté tous ces textes européens se sont interdits de mener la moindre politique protectionniste, la moindre saisie des biens des industriels défaillants, le tout au nom de la concurrence libre et non faussée. Pendant que les délocalisations continuent, si on veut vendre des Airbus en chine, il faut y construire une usine... CQFD.

      • Rivendell
        Rivendell répond à soimeqchau
        Toléré par [censored] Guéant.
        • Posté à 14h40 le 18/07/2012
        • Internaute 102483
          Toléré par [censored] Guéant.

        Et oui, on vend notre pays, notre savoir industriel au plus offrant... pendant que nous importons, on accepte de construire des usines à l’étranger, ou on forme les gens pour les utiliser et les recopier. Peu importe qu’il soit évident que tôt ou tard, ils se serviront des connaissances que nous leur avons vendu pour nous vendre les produits que nous aurions pu produire nous même si on avait gardé une capacité de production ou si on avait pas vendu nos brevets : peu importe, ces pays sont prêts à payer pour ces secrets industriels, ça fait un gros paquet de fric qui tombe d’un seul coup, et à la fin de l’année, à court terme, les actionnaires sont contentset le PDG reste à son fauteuil doré.

        Et pendant ce temps, on vire des pauvres types pour espionnage industriel, juste parce qu’ils ont pris leur pause au mauvais étage... Lien

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 13h45 le 18/07/2012
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    Bien sûr, il faut préparer la voiture et la société de demain au déclin des énergies fossiles, mais au delà de la problématique des transports, c’est tout le tissu industriel qu’il faut repenser.
    En dehors de toutes considération sur le nucléaire, dans son livre « la femme qui résiste » A. Lauvergeon ex PDG d’AREVA et grand commis de l’Etat donne quelques pistes intéressantes dans le chapitre « l’Etat stratège »
    Dans les années 1960-1970, 6 grands programmes sont lancés, le spatial, les télécoms, le TGV, le nucléaire, l’aéronautique et le plan calcul, cinq ont débouché et ont crée des géants (France-Télécoms-EADS-Alcatel, Asthom,....) seul le plan calcul a été un échec. Un Etat stratège doit savoir impulser et accompagner la création, voir la fusion des entreprises afin de pérenniser leurs savoirs faire et leurs brevets. Peugeot est une entreprise privée qui n’a pas su faire les bonnes alliances. Ses dirigeants ont privilégié le profit à court terme au détriment de l’avenir du secteur. A force de confier les directions d’entreprises à des financiers en écartant celles et ceux qui ont de véritables connaissances de leur secteur, on arrive à des catastrophes comme Doux ou à des délocalisation comme Peugeot. Et si de plus on rajoute une bonne louche de déréglementation, on aboutit à un pays de vieux et de touristes, la Grèce en quelques sortes

  • karlM
    karlM
    Précaire
    • Posté à 14h09 le 18/07/2012
    • Internaute 21378
      Précaire

    « Avec un pétrole à 200 dollars le baril, comment remplirons-nous les chariots, les coffres et les frigos des pavillons périurbains ? »

    Vous avez une boule de cristal ?

    La terre regorge d’hydrocarbures (gaz de schiste, hydrate de méthane) la folie humaine ne sera pas limitée par ce manque.

    Par contre les inégalités exponentielles entre humains doivent être dénoncées, (logement, travail, accès à une alimentation de qualité, au chauffage)
    De même que le travail « outil de subordination » qui doit être radicalement ré-envisagé comme solution d’épanouissement personnel et de coopération entre les peuples

    Ne vous trompez pas de combat.

  • la choukette
    la choukette
    libre penseur si possible
    • Posté à 14h50 le 18/07/2012
    • Internaute 90914
      libre penseur si possible

    une tribune d’un membre d’EELV c’est toujours une grande tranche de rigolade,

    entre les fausses bonnes idées et les idées préconçues des urbains sur la vie rurale,

    EELV nous gate et tente de nous faire oublier ce que ce parti est devenu spécialiste de la compromission pour obtenir des ministères, un petit parti du système à la botte du PS,

    l’écologie néo libérale tout un programme ! ! ! !

  • aurelie82
    aurelie82
     ?
    • Posté à 14h50 le 18/07/2012
    • Internaute 152781
       ?

    Merci pour cette tribune qui replace l’automobile dans un contexte plus global.
    Il est indiqué dans l’article : « Mais soyons réalistes : avec six véhicules pour dix habitants, les marchés sont saturés ! De plus en plus de ménages n’en n’ont plus les moyens, ou plus l’utilité. “
    Gardons en effet bien en tête que 20% des foyers français n’ont pas de véhicule (chiffres de l’INSEE). Et cela n’est pas valable qu’en zone urbaine. Il y a des zones rurales où l’on trouve entre 14 et 21 % des foyers sans véhicule. Et quand on parle de voiture éléctrique, ou d’autres solutions vertes de ce type,on ne pense jamais à ces personnes qui ne pourront jamais s’acheter de véhicule, et qui n’ont pas pour autant accès aux transports en commun. Ce serait intéressant que les journalistes se penchent aussi sur cette précarité énergétique qui touche 1/5 de la population en zone rurale aussi. Il ne s’agit pas d’une minorité, mais d’une part croissante de la population, qui concerne les personnes à mobilité réduite, les jeunes, les personnes à très bas revenus, les personnes sans permis, les personnes âgées. Cela créé des enclavements psychologiques très forts et inimaginables pour la plupart des urbains. Certaines personnes n’ont un rayon de mobilité que de 4 kms (marche). Il y a des départements où il n’y a aucun transports en commun, hormis le train. Mais pour ceux qui habitent parfois à 40 kms du train, il ne leur ait pas d’une grande utilité. Arrêtons de penser le tout automobile et ouvrons un peu les yeux !

  • aurelie82
    aurelie82
     ?
    • Posté à 14h50 le 18/07/2012
    • Internaute 152781
       ?

    Merci pour cette tribune qui replace l’automobile dans un contexte plus global.
    Il est indiqué dans l’article : « Mais soyons réalistes : avec six véhicules pour dix habitants, les marchés sont saturés ! De plus en plus de ménages n’en n’ont plus les moyens, ou plus l’utilité. “
    Gardons en effet bien en tête que 20% des foyers français n’ont pas de véhicule (chiffres de l’INSEE). Et cela n’est pas valable qu’en zone urbaine. Il y a des zones rurales où l’on trouve entre 14 et 21 % des foyers sans véhicule. Et quand on parle de voiture éléctrique, ou d’autres solutions vertes de ce type,on ne pense jamais à ces personnes qui ne pourront jamais s’acheter de véhicule, et qui n’ont pas pour autant accès aux transports en commun. Ce serait intéressant que les journalistes se penchent aussi sur cette précarité énergétique qui touche 1/5 de la population en zone rurale aussi. Il ne s’agit pas d’une minorité, mais d’une part croissante de la population, qui concerne les personnes à mobilité réduite, les jeunes, les personnes à très bas revenus, les personnes sans permis, les personnes âgées. Cela créé des enclavements psychologiques très forts et inimaginables pour la plupart des urbains. Certaines personnes n’ont un rayon de mobilité que de 4 kms (marche). Il y a des départements où il n’y a aucun transports en commun, hormis le train. Mais pour ceux qui habitent parfois à 40 kms du train, il ne leur ait pas d’une grande utilité. Arrêtons de penser le tout automobile et ouvrons un peu les yeux !

  • Bimbol
    Bimbol
    Gratouilleur de mammouth
    • Posté à 15h11 le 18/07/2012
    • Internaute 44940
      Gratouilleur de mammouth

    il y a une toute petite phrase qu’on retrouve très souvent dans les édito écolo et pour laquelle on n’a jamais trop d’explications : « densifier les villes »
    ça fait partie des (nombreux) détails qui m’empêchent de me retrouver pleinement dans ce que vous proposez.
    Car concrètement, ça veut dire quoi ? moi je comprends « s’entasser dans des tours ». Et ça me va moyen, qui n’est pas plus heureux en ayant accès à un jardin perso, même petit (30m² pour moi) ? Ou alors on peut faire des grands terrasses transformées en jardin dans les tours ?
    Bref, ça m’intéresserait pas mal d’en savoir plus pour la prochaine intervention écolo sur le site (oui je peux faire l’effort d’aller chercher par moi-même, mais je parle ici des édito qui me sont proposés d’office)

    • Ryuu
      Ryuu répond à Bimbol
      Informaticien parisien
      • Posté à 15h19 le 18/07/2012
      • Internaute 28569
        Informaticien parisien

      C’est que vous faites une erreur fatale. Je vous explique :
      Certes, les gens sont en moyenne plus heureux avec un petit jardin perso. (pas mon cas, j’aime pas m’occuper des plantes et un jardin pas entretenu, c’est moche). MAIS, d’un point de vue écologique, si chacun à un jardin perso, c’est une catastrophe. Ca signifie que chacun à son propre matériel de jardinage (même limité).
      En plus, densifier la population fait apparaitre des économies d’échelle importantes.
      Enfin, et c’est là que vous avez tout faux : qui a dit que l’écologie recherchait le bonheur des gens ? Elle cherche surtout à éviter leur malheur futur...

    • tlaloc
      tlaloc répond à Bimbol
      Retraité
      • Posté à 20h23 le 18/07/2012
      • Internaute 47359
        Retraité

      Plus il a d’hommes sur terre plus il y aura des tours et des villes surpeuplées.

    • aurelie82
      aurelie82 répond à Bimbol
       ?
      • Posté à 05h19 le 19/07/2012
      • Internaute 152781
         ?

      Densifier la ville, ne veut pas pour moi dire que l’on va habiter dans une tour sans jardin. Si on prend les éco-quartiers construits actuellement comme à Fribourg, on se rend compte que les personnes habitent dans des espaces très denses, mais avec beaucoup de nature autour d’eux. En effet ces quartiers sont beaucoup plus denses que les cités des années 70, qui quand on regarde bien étaient souvent entourées de grands espaces verts, et très peu denses. Je n’ai pas les chiffres avec moi, mais je sais que grande tour ne veut pas forcément dire densification. Si on prend des quartiers comme le quartier Vauban à Fribourg, beaucoup d’habitations ont des jardins personnels, et sinon des jardins collectifs. Il y a aussi des initiatives comme des carrés de 1 à 2 m2 autour des arbres, où les personnes passent un contrat avec la mairie pour en faire leur mini-jardin et les entretenir.
      Quand on parle d’espaces urbains denses, on peut aussi regarder l’urbanisme de nos villages créé il y a plusieurs siècles. Parfois il est très dense. Les maisons sur deux ou trois niveaux, et parfois de trois à quatre mètres de largeurs (soit environ 100m2) sont mitoyennes des deux côtés (et ne perdent ainsi pas ou peu d’énergie), et les jardins sont organisés en pourtour de ces îlots. Certes ces jardins ne sont pas forcément grands, parfois, moins de 50m2, mais est-ce que ce n’est pas souvent suffisant pour la plupart d’entre nous ? L’idée de la densification de la ville diffère de celle des lotissements, ou quand on regarde bien, les maisons sont posées au milieu d’une parcelle, et où les côtés de cette parcelle ne sont souvent pas exploitées. Quand on regarde bien dans les lotissements, il y a des pertes de terrain énorme. Alors certes, nous sommes dans le culte de la maison « individuelle », mais est-ce que cela doit vouloir dire pour autant qu’on ne peut pas être mitoyen ? Pour réfléchir sur cette question de la redensification urbaine, notamment des lotissements déjà construits, j’ai découvert récemment un très bon concept : http://bimby.fr/

      • Bimbol
        Bimbol répond à aurelie82
        Gratouilleur de mammouth
        • Posté à 15h52 le 20/07/2012
        • Internaute 44940
          Gratouilleur de mammouth

        merci, c’est le genre de retour qui m’intéressait.
        car j’ai beau vivre à côté d’un quartier entièrement neuf (borderouge à tlse) on ne voit rien de tout ça, c’est juste le paradis des promoteurs, pas celui des habitants. ça devrait se faire dans le nouveau quartier des arènes, j’irais voir ça.

        après il me semble qu’il y a d’autres compromis envisageable, il faudrait faire le calcul mais par exemple notre maison (de ville) est séparée en 2, avec petit jardin de chaque coté (<40m²). Et bien cet espace est complètement utilisé, et on mutualise les outils et matériaux du jardin. A coté il y a des maison séparées en 3 ou 4 qui fonctionnent sur le même principe. on peut ainsi vivre dans l’illusion d’avoir une maison individuelle avec 4 familles sur 250m² de terrain.
        Au delà ça me semble plus compliqué, trop de monde = moins de bonne volonté de partage

  • setori
    setori
    retraité
    • Posté à 16h08 le 18/07/2012
    • Internaute 43503
      retraité

    Je viens de commander une YARIS hybride : voiture écologique fabriquée en France .TOYOTA qui la fabrique est établi à VALENCIENNES .Je ne pense pas que ce soit une usine en voie de disparition .Question : pourquoi les constructeurs français n’ont pas pris ce virage de l’hybride ? RENAULT avait « sorti » un prototype ,la NEXT,il y a lurette belle mais son PDG de l’époque ne crut pas en la filière .Funeste décision ! Faudrait qu’il y ait un débat entre TOYOTA et PEUGEOT pour savoir pourquoi une entreprise étrangère sur le sol Français ,prospère alors qu’une entreprise Française périclite .Où est l’erreur ?

    • tlaloc
      tlaloc répond à setori
      Retraité
      • Posté à 20h25 le 18/07/2012
      • Internaute 47359
        Retraité

      Tout à fait juste. La voiture hybride est la moins mauvaise solution.

  • Rhetoric-killer
    Rhetoric-killer
    dommage contextuel
    • Posté à 10h06 le 19/07/2012
    • 183041
      dommage contextuel

    Aucune réformette n’arrangera rien dans l’histoire pour ’l’emploi.’ Renoncer à la bagnole individuelle ne s’accomplira que par la contrainte. Leur demander de laisser tomber cette habitude de l’orgasme quotidien ’inject-on’ sera compris par les gens comme militer pour ’abdiquer la liberté d’expression’. (Remarquez, on a bien des abrutis qui applaudissent marine la pine quand elle dit ’je mettrai fin à la libre circulation des biens et des personnes ! ’ en meeting, mais c’est hors sujet)

    Après je ne vois guère le rapport entre la démonstration et le dernier paragraphe. En quoi si on repense l’organisation de demain avec moins de voiturisme il est important que soient préservés tels quels ces emplois ? Non, il faut directement reconvertir les employés à construire les nouvelles structures, à condition d’appliquer la politique d’urbanisme global comme elle est exposée.

    Et comme dit le Y, imaginer un discours un peu moins obsédé par le travail à tout prix 60 heures par semaine et jusqu’à 78 ans inclus. La réhumanisation de la vie passe par une sérieuse cure de désintoxe à l’industrie, qui si elle n’est pas administrée volontairement, graduellement, sera imposée des circonstances naturelles, qui ne rigoleront plus du tout pour ce que peuvent supporter les systèmes nerveux de chacun.

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