Tribune 28/05/2012 à 23h31

Nos propositions pour éviter que le sommet Rio+20 ne soit un échec

Gro Harlem Brundtland et Fernando Henrique Cardoso



De gauche à droite : Gro Harlem Brundtland, Fernando Henrique Cardoso, Ela Bhatt, Jimmy Carter, Martti Ahtisaari, Desmond Tutu et Mary Robinson (Jeff Moore/The Elders)

L’ancien Premier ministre de Norvège, ex-directrice générale de l’Organisation mondiale de la santé, et l’ancien président du Brésil, membres des Elders, disent leur profonde inquiétude à trois semaines de la conférence des Nations Unies sur le développement durable, Rio+20.

Tous deux participent à Elders+Youngers, un dialogue intergénérationnel sur l’avenir de la planète initié par The Elders, un groupe d’éminents dirigeants mondiaux qui œuvrent ensemble pour la paix et les droits de l« homme.

Cela fait longtemps que nous sommes engagés dans la vie publique. Nous, membres des Elders, savons que le changement prend du temps. Nous ne sommes donc pas du genre à nous inquiéter si les choses évoluent à petit pas.

Mais le manque d’urgence dans la préparation du Sommet de Rio+20, prévu du 20 au 22 juin, met notre sens de l’optimisme à rude épreuve. Cette rencontre est une occasion historique d’envisager un avenir durable et équitable pour notre planète. Or, pour l’heure, force est de constater que cette occasion risque d’être gâchée.

Tous les échos que nous recevons nous laissent penser que nous sommes bien loin d’un accord sur la marche à suivre. Les pays sont divisés, tant sur les objectifs que sur les moyens.

Le gouffre est tel que les diplomates qui doivent se réunir cette semaine à New York, au siège des Nations Unies, pour définir le plan d’action qui sera signé par les dirigeants mondiaux lors de la conférence de Rio, ont dû demander cette semaine de négociation supplémentaire. A moins que les clivages ne soient surmontés d’ici la semaine prochaine, les chances de réussite du sommet paraissent lointaines.

Rappelons-nous le succès du Sommet de Rio en 1992

Nous sommes donc profondément inquiets. La réussite – ou l’échec – de Rio aura de profondes conséquences, à la fois sur les aspirations des 3,5 milliards de jeunes qui vivent aujourd’hui sur la planète, et sur le monde que nous laisserons aux générations futures.

C’est notre génération de dirigeants mondiaux qui, lors du premier Sommet de Rio, en 1992, a reconnu que la croissance économique ne pouvait être notre seul objectif. Rompant avec la vision qui prévalait jusque là, nous avons reconnu que, dans un monde aux ressources finies, le développement économique devait aller de pair avec le progrès social et la protection de l’environnement, dans le respect du droit de chaque pays à se développer.

Ces vingt dernières années, le concept du développement durable a révolutionné la pensée de millions de gens. La prise de conscience de notre responsabilité partagée a ouvert la voie aux Objectifs du Millénaire pour le développement.

De nombreux pays ont pris des mesures pour réduire la pollution et investir dans les énergies renouvelables. Les entreprises ont pris l’habitude de regarder au delà du court terme et ont commencé à mesurer l’impact social et environnemental de leurs décisions.

Climat, eau, inégalités : tout s’aggrave vite

Mais plus nous apprenons, plus nous nous réalisons la gravité de l’enjeu. Ni le courage, ni la volonté politique n’ont encore émergé pour traduire les bonnes intentions en actions efficaces et collectives. Ce courage et cette volonté politiques relèvent de notre responsabilité commune. C’est à chacun d’entre nous de faire pression sur nos gouvernements.

En attendant, nous voyons tout autour de nous les effets de notre inaction. Nos schémas de production et de consommation non durables continuent d’imposer des demandes excessives à nos diverses ressources, dont l’eau. Nous continuons d’altérer le climat en polluant notre atmosphère.

Les inégalités s’accroissent entre les pays et au sein de ceux-ci. La crise financière et la flambée des prix des denrées alimentaires compliquent la situation. Une personne sur sept dans le monde ne mangera pas à sa faim aujourd’hui.

Nos propositions

L’extrême pauvreté accentue la dégradation de notre environnement. Difficile de se concentrer sur le long terme lorsqu’on doit chaque jour se battre pour nourrir sa famille.

Le Sommet de Rio offre aux dirigeants du monde l’occasion de relever ces défis et de donner un coup d’accélérateur aux progrès de ces vingt dernières années. La tâche est immense, mais plusieurs domaines critiques méritent une attention plus particulière.

1

Redéfinir des objectifs universels

Premièrement, nous devons tirer les enseignements de la réussite des Objectif du Millénaire pour le développement. Les efforts doivent être intensifiés avant la date butoir de 2015, mais ils ont prouvé que des objectifs communs étaient porteurs d’action collective.

La définition d’Objectifs de développement durable, englobant les dimensions économique, sociale et environnementale du développement, pourrait galvaniser les efforts pour bâtir une croissance économique qui permette de réduire la pauvreté et les inégalités tout en préservant l’environnement. Ces objectifs devraient être de nature universelle, mais déclinés en fonction de la situation de chaque pays.

2

Créer un conseil du développement durable

Deuxièmement, nous n’avons pas encore trouvé le bon mécanisme pour garantir que le développement durable soit une priorité pour tous. Nous pensons que la création d’un Conseil du développement durable au sein des Nations Unies, doté d’un mandat clair et des moyens suffisants, pourrait faire une réelle différence.

3

Pour une énergie durable pour tous

Troisièmement, nous devons davantage soutenir l’initiative Énergie durable pour tous du Secrétaire général des Nations unies. Le manque d’accès universel à une énergie moderne et durable a une incidence majeure non seulement sur le changement climatique et la lutte contre la pauvreté, mais aussi sur la santé.

Les fumées produites par le bois, le fumier et le charbon utilisés pour la cuisine et le chauffage constituent un des principaux problèmes mondiaux de santé publique. De gros investissements doivent être consentis pour accélérer l’abandon des combustibles fossiles et améliorer l’efficacité énergétique.

4

Sans oublier les femmes

Enfin, le véritable développement durable s’articule autour d’avancées plus rapides en matière d’égalité hommes-femmes. Partout dans le monde, les femmes se heurtent à des obstacles qui les empêchent de jouer leur rôle dans nos économies, nos parlements et nos sociétés. Nous irons droit dans le mur si nous ne donnons pas à la moitié de l’humanité la possibilité de réaliser son potentiel.

Il est de notre responsabilité à tous – entreprises, membres de la société civile et individus – d’aider nos économies à croître d’une manière qui profite à tous et qui préserve notre planète pour les générations futures.

Ce n’est qu’en travaillant ensemble que les gouvernements parviendront à créer les conditions propices au succès du développement durable. Voilà pourquoi Rio +20 doit être un moment de courage et de vision.

Aller plus loin
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  • Cestclair
    Cestclair
    Il ya un loup
    • Posté à 07h56 le 29/05/2012
    • Internaute 186981
      Il ya un loup

    C’est curieux mais on ne parle pas de l’abandon du nucléaire comme de la top priorité pour sauver l’humanité, mais de l’abandon des énergies fossiles et de la lutte contre fumées produites par le bois, le fumier et le charbon utilisés pour la cuisine et le chauffage...

    Les écologues français nous auraient menti ?

    • Darknono
      Darknono répond à Cestclair
      « par exemple : (médecin) » (...)
      • Posté à 15h58 le 29/05/2012
      • Internaute 127126
        « par exemple : (médecin) » (...)

      Pour le bois, on commencait à entendre parler des méfaits de sa combustion jusqu’à ce que...

      les Français se tounent à nouveau vers lui comme moyen de chauffage, depuis : plus rien

      Adiu

    • Zeki
      Zeki répond à Cestclair
      Curieux de tout
      • Posté à 17h32 le 29/05/2012
      • Internaute 64085
        Curieux de tout

      Les microparticules, les toxiques chimiques, cancérogènes prouvés, on s’en fout ! Ce qui compte c’est nos pets et nos rots qui sont depuis considérés comme toxiques et menaçant l’humanité à terme. La lutte contre la menace, scientifiquement fictive selon moi, du CO2 se substituant à toutes les menaces qui ont déjà été prouvées mais qui n(’arrangent pas les multinationales qui financent ce délire global.

      L’écologie a été détournée par les mondialistes néolibéraux au moins à partir des années 70 comme l’illustre la WWF. (voir ce commentaire Lien )

      C’est en résumé une justification morale à des décisions politiques énergétiques et fiscales discutables : on vends la lutte contre l’émergence des BRIC comme la lutte pour la planètes et les générations futures. C’est en somme le clergé du système mondialiste néolibéral.

      The first global revolution pose l’invention de l’ennemi parmi d’autres : le global warming :
      « Dans la recherche d’un nouvel ennemi pour nous unir, nous sommes arriver à penser que l’idée que la pollution, la menace de réchauffement climatique, les pénuries d’eau, la famine etc, ferait l’affaire.... Tous ces dangers sont causés par l’intervention humaine et c’est seulement par le changement d’attitudes et de comportements qu’ils peuvent être surmontés. L’ennemi réel alors, est l’humanité elle-même. »
      The first global revolution, publié en 1991 par le club de Rome Lien

      Depuis on a eu notre président à nous européens, l’inconnu au charisme d’une serpillière trempée, vom rumpuy, qui est allé faire la danse du ventre au bilderberg, sa véritable intronisation, où il promettait de défendre l’idée d’une éco-taxe afin de pallier au manque de financement de l’UE !

      « ...
      Mr Van Rompuy, 62, who was appointed to the newly-created £320,000-a-year post at last week’s special EU summit, set out his stall on direct Euro-taxes during a private speech at a recent meeting of the Bilderberg group of top politicians, bankers and businessmen. The group officially meets in secret, but when selected details of his remarks leaked out, his office was forced to issue a public statement on his behalf.

      “The financing of the welfare state, irrespective of the social reform we implement, will require new resources,” he said. “The possibility of financial levies at European level needs to be seriously reviewed.”
      ... » Lien

      J’avais déjà et à plusieurs reprise pointé du doigt le role des industriels, comme les pétroliers, dans cette histoire de global warming qui greenwashent comme par magie leur pollution, prouvée comme toxique, au profit de leurs efforts de lutte contre le CO2 anthropogénique, dont on pense qu’il causerait peut etre une catastrophe future.

      CV de Rajendra K. Pachauri (président du GIEC créée à la demande du G7 epar l’ONU) :
      membre :
      -du conseil d’administration de l’Indian Oil Corporation de janvier 1999 à septembre 2003
      -du conseil d’administration de GAIL (en) d’avril 2003 à octobre 2004 (G pour gaz)
      -du National Thermal Power Corporation d’août 2002 à août 2005

      les lobbies pétroliers sont dénoncé derrière les think tank de climatosceptiques mais occultés quand ils servent l’agenda des climato-croyants :
      Avant 2002 l’industrie pétrolière faisait son lobbying anti-GW par l’intermédiaire de groupes comme le Global Climate Coalition.
      En 2002 les choses ont changé, la Global Climate Coalition défunte a été remplacée...mais par des groupes PRO-GW ! ! !
      Commençant en DECEMBRE 2002 le Global Climate and Energy Project (GCEP) (225 millions de dollars) mis en place avec la Stanford University et...ExxonMobil, General Electric, Schlumberger, and Toyota !

      Exxon Mobil
      A investi 100 millions de $ dans le Global Climate and Energy Project, avec la Stanford University, et d’atres programmes ou institutions comme la Massachusetts Institute of Technology, Carnegie Mellon University et l’ International Energy Agency Greenhouse Gas Research and Development Program.
      Ils avaient investi 55 millions pour s’opposer aux GW Lien

      British Petroleum
      « Companies composed of highly skilled and trained people can’t live in denial of mounting evidence gathered by hundreds of the most reputable scientists in the world. »
      Lord Browne, Mars 2002
      Lien
      C’est aussi 8 milliards investis dans les énergies renouvelables.

      On peut trouver des choses intéressantes dès que l’on cherche, de la boite d’investissement de Gore au plan d’harmonisation fiscale des mondialistes.
      –––––––––––––––––––––––––––––-
      J’aime bien aussi ce groupe :
      U.S. Climate Action Partnership (USCAP)
      Les 14 membres fondateurs :
      -Alcoa, BP America, Caterpillar Inc., Duke Energy, DuPont
      -Environmental Defense, FPL Group, General Electric, Lehman Brothers
      -Natural Resources Defense Council, Pew Center on Global Climate Change
      -PG&E Corporation, PNM Resources, and World Resources Institute

      En avril 2007 c’est ConocoPhillips et AIG qui rejoignent l’USCAP.

      En juin 2007 :
      -American International Group (AIG), Alcan, Boston Scientific, ConocoPhillips
      -Deere & Company, The Dow Chemical Company, General Motors Corp.
      -Johnson & Johnson, Marsh, PepsiCo, Shell
      -Siemens, The Nature Conservancy, The National Wildlife Federation

      Et en juillet 2007 :
      -Chrysler, Ford Motor Company
      Lien
      –––––––––––––––––––––––––––––––––––-
      Ou le Business for Innovative Climate and Energy Policy créé en novembre 2008 par Starbucks, Nike, Sun Microsystems, Timberland and Levi Strauss & Co puis rejoint par Aspen Skiing Company, Clif Bar & Company, eBay, Gap Inc., Jones Lang LaSalle, The North Face, Seventh Generation et Symantec.
      Lien

  • MarxForEver
    MarxForEver
    Fioraso murdered Zola
    • Posté à 14h37 le 29/05/2012
    • Internaute 124072
      Fioraso murdered Zola

    Je reprends cette phrase, de la tribune : « englobant les dimensions économique, sociale et environnementale ».

    En effet elle m’inquiète, car le terme « environnemental » n’y apparaît qu’en 3ème position, ce qui n’est pas anodin chez des gens habitués à communiquer.

    Depuis la crise économique de 2008, j’observe effectivement une énorme marche arrière dans le domaine de la gestion de l’environnement. On a redonné la primauté à l’économie, laissé le champ libre aux anti-environnementalistes, si bien qu’on voit même reapparaître les colibets qu’on adressait aux écologues dans les années 90 (en gros un ingénieur écologue est un type payé à regarder pousser les paquerettes en fumant de l’herbe). A une époque de chômage de masse, nous peinons à trouver de l’argent pour la formation de nouveaux professionnels ! De plus en plus l’écologie devient un prétexte à d’autres formes d’exploitation de la nature tout aussi destructrices, comme le tourisme. Voilà pourquoi je m’alarme de voir le terme environnemental figurer en 3è position dans un texte écrit par des gens censément préoccupés de développement durable.

    Faut-il recommencer la pédagogie ? Expliquer à nouveau que l’histoire nous enseigne que ce sont les polycrises qui tuent les civilisations ? . Rome ne s’est pas effondrée à cause d’un facteur unique.

    Or c’est bien dans une polycrise que nous sommes. Pendant que les lumières médiatiques sont braquées sur la crise économique, la crise environnementale se développe toute à son aise. Pour le réchauffement climatique, nous sommes sortis des clous depuis si longtemps, qu’il est maintenant inarrêtable, du fait de l’inertie de l’atmosphère. Donc, même si on sort de cette crise économique-ci, ce sera pour entrer sans délais dans de nouvelles :
    - bouleversement des filières agricoles : finie la rentable production de pinard et quant à importer le lait et la viande d’Argentine : n’y comptez pas car le pétrole devint rare et donc cher
    - apparition de nouvelles maladies, de nouveaux ravageurs agricoles
    - crises urbaines : la ville de Dunkerque (709000 habitants) est à une altitude située entre +0 et +17mètres : quels contribuables vont payer les digues ou le relogement des habitants suite à la montée des eaux ? Les villes espagnoles sont en déficit hydriques depuis les années 90 et risquent de devenir inhabitables
    - crise industrielle : un certain nombre d’industries ne pourront plus fonctionner ou deviendront dangereuses par manque d’eau (Fukushima a bien montré comment les 350 piscines de déchets nucléaires du continent européen avaient besoin d’une alimentation constante en eau pour ne pas exploser)

    Marx disait : « la nature est le corps immatériel de l’homme, qui ne peut la détruire sans se détruire lui-même » et aussi « le cycle du produit n’est pas de la chaine de fabrication à la poubelle, mais de la matière première à la matière première ». Depuis lui on sait que sans nature, il n’y a pas d’économie. Alors continuez de mettre l’économie en 1er dans vos raisonnements et vos discussions et à la fin il ne vous restera rien du tout.

    • Darknono
      Darknono répond à MarxForEver
      « par exemple : (médecin) » (...)
      • Posté à 16h03 le 29/05/2012
      • Internaute 127126
        « par exemple : (médecin) » (...)

      évidemment d’accord avec vous.

      Peut-être que la troisième place n’est pas synonyme de 3ème « priorité, pour paraphraser notre ancien Président qui trouvait une priorité par mois !

      Les exemples que vous citez sont, je trouve pertinents.

      Mais “on” doit espérer booster l’économie quand on devra remédier à ces difficultés, et donc attendre qu’elles arrivent. Ironie...
      Adiu

  • MarxForEver
    MarxForEver
    Fioraso murdered Zola
    • Posté à 13h31 le 29/05/2012
    • Internaute 124072
      Fioraso murdered Zola

    J’ajoute aussi par rapport au point 2 qui traite de l’abandon des énergies fossiles, que le fumier n’est pas une énergie fossile.

  • Schrödinger
    Schrödinger
    Poli et gentil. Très rue89.
    • Posté à 14h14 le 29/05/2012
    • Internaute 41709
      Poli et gentil. Très rue89.

    « C’est notre génération de dirigeants mondiaux qui, lors du premier Sommet de Rio, en 1992, a reconnu que la croissance économique ne pouvait être notre seul objectif. »

    Conclusions très optimismes je trouve sur ce sommet qui en fait n’eut aucune conséquences réelles que la signature de vagues document non contractuels, n’engageant pas ses signataires, ne menant à aucune politique globale...

    « De nombreux pays ont pris des mesures pour réduire la pollution et investir dans les énergies renouvelables. »

    Ceci est simplement un mensonge...

  • Darknono
    Darknono
    « par exemple : (médecin) » (...)
    • Posté à 15h56 le 29/05/2012
    • Internaute 127126
      « par exemple : (médecin) » (...)

    Je n’ai lu que le titre mais merci pour insuffler un peu d’humour dans notre quotidien politique.

    Cela me tarde de découvrir un autre sujet de la même teneur.

    Adiu

  • filipe filipe
    filipe filipe
    humaniste
    • Posté à 17h21 le 29/05/2012
    • 185804
      humaniste

    les médias et RUE 89 devrait pas censurer les projets pour créer des emplois et protéger la planète et les animaux
    voir http : / : emploi-solidaire.voila.net
    écrire : filipe83110@yahoo.fr ou envoyer SMS 0605113159 si vous voulez travailler avec moi a la réalisation des projets.

  • huutaa
    huutaa
    Même pas avec des pincettes.
    • Posté à 17h45 le 29/05/2012
    • 183774
      Même pas avec des pincettes.

    Le G8 a déjà donné la mesure et de ce que sera le G20 et de l’inanité des mesures proposées dans cette tribune.
    Le g20 sera un succès pour les industriels, les banques et les pays riches. Faire de la politique et des annonces de dame patronnesse est peut être en dessous de la réalité de se type de réunion et en dessous des enjeux.

    « Publiée ce week-end, la déclaration en 40 points des huit gouvernants des pays les plus industrialisés a insisté sur l’importance de la sécurité énergétique, souhaitant la garantir notamment par les forages profonds en mer et l’extraction des gaz de schiste. Le point 11 de la profession de foi de ce G8, portant sur l’échange de technologies et de bonnes pratiques énergétiques, évoque ainsi clairement ces techniques pourtant largement décriées, que ce soit suite au film Gasland de Josh Fox ou après la marée noire causée par l’explosion de la plate-forme Deepwater Horizon dans le Golfe du Mexique :

    Nous avancerons dans cette poursuite de la sécurité énergétique avec une attention renouvelée aux risques et à la durabilité. Nous nous engageons à établir et partager de bonnes pratiques en matière de production énergétique, incluant l’exploration des zones extrêmes et l’utilisation de technologies telle que le forage offshore à très grande profondeur et la fracturation hydraulique, là où elles sont autorisées, afin de permettre le développement sécurisé de ressources énergétiques, tenant compte des préoccupations environnementales portant sur la vie des zones exploitées.

    Ainsi en est-il du terme “ sustainable ” (traduit en français par soutenable ou durable) qui est mis à toutes les sauces. Il qualifie parfois la fameuse “ croissance ” mais aussi “ le cadre macroéconomique ”, les “ politiques de consolidation fiscales ”, “ l’énergie ”, le “ développement ”, la “ croissance de la productivité agricole ”, et même “ l’économie Afghane ” et le “ développement économique de l’Afghanistan ”. Bref, au G8, tout et n’importe quoi peut-être “ sustainable ”.

    Cela ne pouvait qu’inciter notre curiosité à regarder de plus prêt le chapitre “ Energie et changement climatique ”, placé en deuxième, et voir comment il était articulé au premier chapitre, celui de l’“ Economie globale ” promouvant cette fameuse “ croissance ”. Et ce d’autant plus que quelques jours avant le G8, Fatih Birol, l’économiste en chef de l’Agence Internationale de l’Energie s’était inquiété de voir “ définitivement refermée la porte pour limiter le réchauffement climatique à 2°C ”. Rappelons ici que 2°C est la limite au delà de laquelle les scientifiques considèrent que les conséquences des dérèglements climatiques seront non maîtrisables. Nombre sont d’ailleurs ceux qui considèrent qu’il ne faudrait pas dépasser 1,5°C.

    le G8 promeut les techniques qui ont conduit aux catastrophes écologiques de Deepwater Horizon et des gaz de schiste. Et que le G8 encourage d’aller forer toujours plus loin, toujours plus profond et de façon toujours plus dangereuse pour trouver quelques gouttes de pétrole ou quelques bouffées de gaz supplémentaires. A notre connaissance, la promotion de la fracturation hydraulique une première au sein du G8 (voir ici pour retrouver l’intégralité des déclarations du G8). Le tout pour permettre, dans la suite de la phrase, “ le développement sécurisé de ressources énergétiques ”.

    Et voilà le nœud du problème, à savoir ce qu’ils appellent la “ sécurité énergétique ”. A laquelle on aimerait qu’il soit adjoint la “ sécurité climatique ”. Mais ce n’est pas le cas. Pour eux, la sécurité énergétique consiste à poursuivre la production d’énergies fossiles, et à assurer l’accès et l’approvisionnement de leurs économies quel qu’en soit le coût ! Pour cela, il faut développer les sources d’énergie, les interconnecter avec des marchés intégrés, y compris financiers, et des méga-infrastructures qui permettent le transfert d’énergie entre les pays. Lire cette interview pour comprendre comment l’UE promeut la sécurité énergétique en Europe.

  • huutaa
    huutaa
    Même pas avec des pincettes.
    • Posté à 17h59 le 29/05/2012
    • 183774
      Même pas avec des pincettes.

    Ne pas savoir dépasser de genre de posture et de propositions c’est etre aveugle, au mieux et au pire complice.

    G20-G8, ou la passion des faux problèmes
    46 commentaires

    mercredi 1er juin 2011, par Frédéric Lordon

    On ne pourra pas dire que le G20-G8 n’a pas d’idées : il en a au moins deux. Une idée théorique (variable) et une idée pratique (fixe). Une idée théorique affichée pour mieux dissimuler l’idée pratique inavouée. À vrai dire, l’idée pratique n’est pas neuve, elle est maintenant d’un robuste classicisme et comme une marque de fabrique en train de se patiner : tout faire pour ne rien avoir à faire – contre la déréglementation financière – et envoyer des leurres en tous sens. C’est simplement l’idée théorique – le leurre – dont elle se sert comme d’un paravent qui est régulièrement renouvelée, sans doute pour éviter la lassitude du public et mieux donner l’air de la grande activité. Quelques effets d’apprentissage suffisent pour se faire à l’idée que les « sujets » poussés sur le devant de la scène du G20-G8 sont claironnés en exacte proportion de ce qu’ils sont inoffensifs. »
    Lien

  • huutaa
    huutaa
    Même pas avec des pincettes.
    • Posté à 18h00 le 29/05/2012
    • 183774
      Même pas avec des pincettes.

    « Une différence majeure, écrit le politologue dans son dernier ouvrage (1), nous sépare du temps des concerts européens fondateurs : au XIXe siècle, cinq Etat prédominants en excluaient une dizaine ; aujourd’hui, 8 en excluent 184, tandis que le G20 en exclut encore 172 ! » Et cette exclusion est, selon lui, « doublement fautive, car, objectivement, elle diminue les chances de régulation, subjectivement, elle sème la frustration, l’humiliation, le ressentiment et donc la violence ».

    La « noblesse occidentale » s’accroche à ses privilèges. Elle les justifie désormais non plus au nom de la lutte contre le communisme, mais d’une synthèse de références chrétiennes, de paternalisme et de messianisme, de prétention à l’universalité et à l’incarnation des idées de liberté, de démocratie et d’Etat de droit. Sous ce manteau « culturel », « purement imaginaire, l’Occident décrit un espace qui n’a aucune signification objective, géographique, historique ou sociologique ». Et il s’incarne dans un pacte militaire, au sein de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), qui « devient un instrument de conversion de l’idée de “Nord” en celle d’“Occident” ».
    Lien

  • soutenable lourdeur du néant
    • Posté à 18h07 le 29/05/2012
    • Internaute 134590

    Vous pourriez préciser qu’il s’agit de la même Brundtland qui signa le rapport du même nom en 1986 (ou 87, chais pus...).

    Ce rapport Brundtland est fondamental car c’est lui qui amène sur la scène décisionnelle internationale le concept de « développement durable » pour la première fois.
    Ce rapport est la pierre fondatrice de TOUTE la politique de DD depuis presque 30 ans, à l’origine des problématiques reprises durant la première conférence de Rio92 et dans l’ensemble des initiatives suivantes.

    Un détail sur l’importance de la dame pour le concept de développement durable qui pourrait être très pertinent pour les lecteurs. Non ?

  • pbjardin
    pbjardin
    celib
    • Posté à 12h22 le 01/06/2012
    • 175965
      celib

    il faut juste faire un petit rappel : l’eau est le 3em secteur le plus corrompu après l’armement et le BTP ! Alors que c’est une ressource vitale pour l’humanité. Que font nos gouvernants pour moraliser tout cela, où trempent-ils aussi dans cette corruption, ceci expliquerai cela ?
    Alors que l’on voit bien que la ressource eau va finir par se raréfier. Ce qui montre bien que les économies d’eau doivent se faire au quotidien par chacun d’entre nous ! pour info 60 millions de consommateurs, dans son numéro de juillet 2011, teste des douchettes à économie d’eau et préconise la pose de matériel d’économie d’eau sur les robinets et WC.
    L’étude montre qu’une famille de 4 personnes peut réduire de 30% sa facture d’eau (de 150 m3 /an à 100 m3) soit 50 m3 d’économie d’eau par an, tout en gardant le même confort.
    Il est indiqué que ces matériels d’économie d’eau permettent au final une économie entre 217 et 267 € /an ce qui représente 45% de la facture d’eau (30% d’économie pour l’eau et 15% supplémentaire sur l’énergie).
    plus d’infos sur Lien

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